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Sous la douche, le ciel

A la veille des élections communales et provinciales du 14 octobre prochain, alors que les annonces décomplexées des bonimenteurs de tout bord envahissent les médias à une époque où le détricotage des solidarités s’accélère par les gouvernements successifs, le cinéma Nova se propose, à l’initiative du Centre Video de Bruxelles, d’organiser un cycle de trois projections/débats à partir des thèmes qui traversent leur dernière production : "Sous la douche, le ciel", un documentaire d’Effi et Amir. Les discussions tourneront autour du rapport ambigu qui s’installe entre des citoyens portant un projet concret de société et des pouvoirs publics aux politiques défaillantes qui poussent ces mêmes citoyens à agir. Des associations de terrain seront invitées à témoigner et à mettre leur pratique en débat dans des domaines aussi divers que le social, l’urbanisme ou la culture. Sans oublier des moments plus festifs, car sans convivialité, il n’y a plus de vie en société !

En collaboration avec le Centre Video de Bruxelles (www.cvb.be]



Film + débat

Sous la douche, le ciel

Effi & Amir, 2018, BE, DCP, vo fr st nl, 85'

"Sous la douche, le ciel" suit durant 5 ans le parcours du combattant d’un groupe de citoyens voulant offrir un véritable service de sanitaires aux plus démunis de Bruxelles, DoucheFLUX, où ils puissent "se refaire une beauté et redresser la tête". D’emblée, ils savent qu’ils ne pourront compter que sur eux-mêmes, leurs paroles et leurs rêves, pour persuader à tous de l’urgence de leur projet, suite au constat d’immobilisme des politiques vis-à-vis des chiffres alarmants de la précarité. A la tête du collectif, Laurent d’Ursel, plasticien iconoclaste aux allures de Don Quichotte à bicyclette. On le suit dans ses démarches auprès de services administratifs obtus ou de potentiels investisseurs privés afin de trouver, acheter et rénover un bâtiment compatible à leur projet. Parallèlement, la parole des membres de cette association bigarrée s’enchaîne, mêlée à celle de personnes ayant comme seule demeure la rue et à qui les premiers veulent rendre la dignité…

Documentaire témoin, "Sous la douche, le ciel" prend par moment des allures de film à suspense, les coups de théâtre s’y enchainent jusqu’à la création effective de DoucheFLUX en mars 2017. L’émotion n’est jamais loin, le rire non plus. Mais le film du duo d’artistes pluridisciplinaires, Effi (Weiss) et Amir (Borenstein), est aussi parcouru d’une réflexion sur la citoyenneté et de son rapport avec les pouvoirs publics. Formellement maîtrisé, que ce soit dans les mises en situation de la parole des protagonistes, les passages de cinéma direct, sa bande son travaillée, ou ces moments de respiration d’un Bruxelles apaisé propice à la méditation et à l’imaginaire du spectateur, "Sous la douche, le ciel" finit par nous persuader que changer cette société à notre niveau de simple citoyen est possible… à condition de s’accrocher et d’y mettre toute son énergie vu les antagonismes en place d’un système plus que jamais grippé.

En présence des réalisateurs à chaque projection

01.06 > 20:00 + 09.06 > 20:00 + 17.06 > 17:00
6€ / 4€


Débat #1

De l’action à la professionnalisation

Situé au n°84 de la rue des Vétérinaires à Anderlecht, DoucheFLUX n’est pas qu’un bâtiment dévolu au mieux être des sans abris et des sans papiers. C’est aussi un laboratoire d’idées, un magazine de sensibilisation, une émission radio ("la voix de la rue" sur Radio Panik), etc. Cette propension à sortir de l’ombre les exclus de notre société est aussi l’une des raisons d’être de Chez nous - Bij ons, un espace de rencontre installé depuis 1998 au n°60 de la rue des Chartreux, dans le centre de Bruxelles, qui offre repas, détente et assistance. Chez nous - Bij ons est entre autre à l’origine du PispotFestival, où activités festives et réflexives visent à "ouvrir le champ des possibilités d’action aux plus défavorisés".

La discussion se tournera sur les difficultés tant organisationnelles qu’institutionnelles rencontrées par ce genre de projets, une fois passée l’initiative citoyenne. Outre les écueils de la professionnalisation de leurs actions, les associations témoigneront de leur engagement à donner la parole aux exclus et à sortir de l’impasse purement gestionnaire de la grande pauvreté par des pouvoirs publics dont, paradoxalement, ces mêmes associations dépendent …

En présence de membres de DoucheFLUX & de Chez nous - Bij ons

www.doucheflux.be
http://users.skynet.be/cheznous.bijons

A la suite des discussions, le public est convié à rejoindre le foyer du Nova où Brandon Burger & Ricky Billy proposeront une animation musicale "rooth street & rock(abilly)"… 

01.06 > 21:30
Gratis


Débat #2

de l’"utilité publique" aux "commons"

CommonsJosaphat est une plate-forme indépendante d’habitants de quartier, de militants et d’associations visant à proposer des alternatives aux politiques urbanistiques actuelles de la Région bruxelloise, en particulier sur l’avenir de l’une de ses réserves foncières : les 24 hectares de friche de l’ancienne gare de formation Josaphat, à cheval sur Schaerbeek et Evere. Pour ce faire, ils développent une réflexion sur les biens communs dont l’origine remonte aux "commons" anglais, où la notion de communauté l’emportait sur l’individualité.

Cela fait 4 ans que l’appel à idées a été lancée par CommonsJosaphat. Quelle a été la réaction des autorités qui n’a appelé à aucune concertation ? En quoi ces "commons" peuvent suppléer la notion d’"utilité publique" souvent galvaudée par des représentants du peuple de plus en plus asservis par le capital ? Véritable tentative de démocratie participative au niveau de tout un quartier, on se doute que les embûches sont légion… Le débat en parlera.

En présence de Dominique Nalpas et Sophie Ghyselen de CommonsJosaphat.

http://commonsjosaphat.wordpress.com

09.06 > 21:30
Gratis


Débat #3

La subvention, pour le meilleur ou pour le pire

Fin novembre 2017, la ministre de la culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Alda Greoli, dévoile les contrats-programmes 2018-2022 pour les Arts de la scène. Les nouveaux venus sont enthousiastes, des compagnies plus anciennes sont abasourdies, comme le Magic Land Théâtre qui se voit supprimer totalement son unique subvention. Au départ itinérante, cette troupe devenue célèbre avec la création de l’impertinente Malvira (marionnette de "Lollipop", une émission TV pour les enfants), s’implante en 1994 dans un entrepôt qu’ils transforment en café-théâtre, en plein "quartier chaud" de Schaerbeek. Véritable institution, le Magic Land Théâtre propose depuis 40 ans des spectacles populaires où le rire et l’absurde font la joie d’un public varié toujours important. Malgré 10.000 signataires d’une pétition en leur faveur, la ministre n’a pas revu sa décision...

Fin décembre 2017, rebelote, cette fois pour le secteur audiovisuel : certains ateliers de production et salles de cinémas du centre ville bruxellois, dont le Nova, voient leurs subventions diminuées, tandis que le festival Filmer à tout prix perd l’entièreté de ses subventions (cfr notre édito d’avril 2018). Les explications de la ministre, après contestation, restent incohérentes et les solutions proposées confuses.

Ce soir, le Magic Land Théâtre et le cinéma Nova parleront de l’évolution de leurs rapports aux pouvoirs publics, jusqu’à ces décisions controversées en totale contradiction avec la diversité culturelle prônée par ces mêmes autorités… L’occasion aussi de croiser nos pratiques et rencontrer nos publics respectifs !

En présence de Xavier Doyen, comédien et coordinateur artistique du Magic Land Théâtre et, sous réserve, de son directeur, Patrick Chaboud.

www.magicland-theatre.com

17.06 > 18:30


De mauvaises langues diront : "quoi, encore les René Binamé au Nova ?!". Elles auront tort, car bien que ce groupe mythique soit fort proche de notre cinéma, en vingt ans d’existence le Nova les a invités à peine trois fois ! Et encore, la deuxième était pour un concert sur le pouce durant le PleinOPENair, et la dernière pour un live soundtrack, certes mémorable, mais qui n’avait que peu à voir avec leur répertoire. D’autres nous reprocheront de n’avoir programmé Daniel Hélin qu’une seule fois pour ce même festival en plein air, mais jamais au Nova. Et là, ils auront raison, d’autant que ce troubadour saltimbanque est bien trop invisible ces dernières années en nos contrées. Mea culpa, Daniel… Il s’est depuis rappelé à nos bons souvenirs ! En prenant connaissance l’an dernier de l’association détonante de tous ces lascars, nous guettions l’opportunité d’enfin les (re)programmer au Nova…

Daniel Hélin et ses Binamés clôtureront donc à leur manière festive un cycle de débats centrés sur les rapports citoyenneté-pouvoirs publics. Ils ne manqueront pas de dédier leur concert aux actions des premiers, et d’égratigner en chansons celles des seconds. En quelque sorte leur spécialité, René Binamé fêtant cette année ses 32 ans d’existence, une épopée composée de chansons libertaires aux riffs endiablés, alors que Daniel Hélin est à la veille d’être trentenaire en jonglerie de vers et autres textes-manifestes à l’imaginaire débridée, mis en musique en solo ou lors de collaborations musicales aussi diverses qu’engagées. Un vent anarco-ludique va souffler ce dimanche soir dans la salle, et vu la générosité de nos amis, il ne manquera pas d’être aussi chaleureux que tonifiant !

17.06 > 21:00
8€ / 6€


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