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Vampires Suck !

Parmi toutes les créatures surnaturelles, celle du vampire est de loin la plus représentée dans l’histoire du cinéma. Dracula affiche, à lui seul, déjà plus de 200 apparitions cinématographiques au compteur et décroche ainsi la palme des suceurs de sang les plus appréciés. Le vampire continue à fasciner et est synonyme de succès au box office, comme en attestent les franchises “Twilight” et “Underworld”. Cette popularité a toutefois ses désavantages. Le vampire est devenu un personnage dont on a usé et abusé. Mais il est également très polyvalent, comme nous le montre cette édition d’Offscreen avec une sélection de 21 films de vampires qui transgressent le genre pour en faire sauter toutes les conventions. Cette sélection soit hyper-réaliste, moderne, exotique, hybride ou tout simplement démentielle, donne une tournure unique au mythe du vampire. Le genre s’abreuve ainsi de récits prenants sur la condition humaine, la sexualité, l’addiction, la maladie ou la mortalité.



Bill Gun, 1973, US, 35mm, vo st fr & nl, 110'

Film américain au casting exclusivement noir, "Ganja and Hess" n’est pourtant pas assimilable à la Blaxploitation. "Film d’auteur" esthétisant, mais film de genre incontestablement, il sortit plusieurs fois avec différents montages et titres pour tenter de séduire tel ou tel public, ce qui n’aboutit jamais réellement. Stylistiquement, son approche psycho-sociologisante du genre, l’alternance de scènes intenses et une certaine torpeur 70’s nonchalante pourrait faire penser à George Romero.
On retrouve d’ailleurs Duane Jones, le héros de "Night of the Living Dead", en anthropologue classe, barbu et sexy, engagé dans une relation intense avec la veuve Ganja Meda (Marlen Clark, "Switchblade Sisters" et "Opération Dragon") de son assistant (Bill Gunn lui même). Relation perverse car George Meda avait auparavant, sans raison, poignardé Hess avec un poignard antique et maudit, avant de se suicider.
La musique et la transe sont les autres éléments symboliques moteurs du film où chants africains, cérémonies religieuse protestantes (le sang du Christ...), et même Albert Ayler invoquent le déracinement, le syncrétisme et l’assimilation.
Skipe Lee en fit un remake controversé en 2014, "Da Sweet blodd of Jesus". Incontestablement la découverte de ce module !!!

11.03 > 19:30
6€ / 4€


George A. Romero, 1978, US, 35mm, vo st fr & nl, 95'

Martin est un jeune homme peu ordinaire, sortant la nuit vêtu de noir, pour soutirer à ses victimes le sang dont il se nourrit. Vous avez-dit vampire ? Rien n’est moins sûr, malgré les fantasmes des religieux et de la vieille génération, qui en cette fin des années 1970 croit encore - de manière très partagée - aux démons et à la possession...
Spécialiste du film d’horreur-métaphore sociale, Georges Romero, après avoir modernisé le mythe de la sorcière à la lumière du post-psychédélisme dans "Season of the Witch", revisite à nouveau les archétypes classiques en retournant le mythe du vampire. Évoquant davantage les serial killer fleurissant un peu partout aux Etats-unis à cette époque (l’arrestation du "fils de Sam" est contemporaine du tournage du film), le saigneur troque la noirceur gothique du XIXème siècle contre celle, plus froide et cynique, de son époque. A remarquer, un caméo du mythique réalisateur (décédé l’été dernier) en prêtre quelque peu sceptique, citant l’"Exorciste" !

11.03 > 21:30
6€ / 4€


Ricky Lau, 1985, HK, DCP, vo st fr & ang, 96'

Avec "Mr. Vampire", nous vous présentons le jiangshi, le vampire chinois bondissant. L’idée ici est que la rigor mortis des membres des revenants est si raide, qu’ils ne peuvent plus se déplacer que par petits sauts en gardant les bras grands ouverts. Autre originalité : ces suceurs de Qi - ou souffle de vie - peuvent être contrôlés par des parchemins magiques chargés d’incantations taoïstes collées sur le front et, retenir notre respiration nous rend invisible à ces prédateurs bondissants. Enfin, si l’ail ne leur fait rien, le riz collant par contre est une arme redoutable...
"Mr. Vampire" fut un tel succès lors de sa sortie Hong-Kongaise qu’il est à l’origine d’une franchise. Ricky Lau, le réalisateur de ce premier tome tourna lui-même pas moins de quatre épisodes de 1986 à 1992. Véritable folie mêlant kung-fu, film d’horreur et comédie, ce film emprunte autant à la tradition chinoise qu’au slapstick. Au menu : personnages loufoques, fantômes effrayants, moines combattants, armes magiques et autres têtes volantes !

14.03 > 21:30
6€ / 4€


Guillermo del Toro, 1994, MX, vo st ang, 92'

Un antiquaire trouve dans le socle d’une vieille statue d’archange une étrange araignée mécanique. Il ignore pourtant que celle-ci est une invention alchimique, le Cronos, censé apporter la vie éternelle. Alors qu’un vieux milliardaire et son homme de main (l’acteur fétiche de Del Toro, Ron Perlman) prêts à l’acquérir à tout prix remontent la piste du Cronos, notre antiquaire se retrouve piqué par la machine. Provoquant une perpétuelle soif, le Cronos tant convoité va devenir pour lui un plaisir secret et une addiction puissante…
Le premier film de Guillermo del Toro porte en germe, les composantes de sa filmographie : créativité folle adepte des machines, insectes et modifications corporelles ; place des enfants et leur imaginaire, et surtout un goût invétéré pour le fantastique. S’éloignant (comme plus tard dans "Blade II", aussi avec Ron Perlman) du mythe classique du vampire, il y ajoute ici celui de la pomme de la connaissance - le savoir alchimique et luciférien - et le prix de la jeunesse éternelle.

18.03 > 19:30
6€ / 4€


Abel Ferrara, 1995, US, 35mm, vo st fr & nl, 82'

Après une agression étrange où elle est mordue sauvagement par une femme séduisante, une étudiante en philosophie est poussée sur les terrains obscurs de la pensée et de l’expérience. Devenue accro au sang humain, elle croise au détour de ses nuits urbaines des situations et des personnages nocturnes tel un Christopher Walken en prédateur élitiste et lettré, attaquant sa victime en glosant sur Burrough, Sartre ou Baudelaire. À l’image du roman "Vampyr" (1921) de Hanns Heinz Ewers liant vampirisme, cynisme et inhumanité, le vampire de Ferrara actualise la vision de l’horreur humaine. Tourné en vingt jours à New York, cité-jungle déjà décor de "Driller Killer", "MS.45" ou "The King of New York", dans un noir et blanc aussi cru qu’esthétique, Ferrara explore toujours plus loin l’agressivité humaine en transposant à son tour une vision historique, politique, et philosophique du vampire : un aristocrate nietzschéen, qui, au vu de ce que coûte son "fix", se place par-delà le bien et le mal.

18.03 > 21:30
6€ / 4€


La comtesse aux seins nus

Female Vampire

Jess Franco, 1975, BE-FR, 35mm, vo fr , 96'

Impensable de passer à côté de Jess Franco dans ce module Vampire déviant. Il y avait même l’embarras du choix, mais cette " Comtesse aux seins nus" semblait finalement évidente. C’est le premier rôle principal de Lina Romey, sa muse, sa femme, qui l’accompagnait lors de sa venue dans les premières années du festival. Le film fait aussi un peu partie du Nova puisqu’une peinture grand format, tiré d’une scène du film, hante notre couloir depuis longtemps. On y retrouve les obsessions (mot qui semble formé pour lui) du cinéaste lubrique ultra-prolifique (un méta Woody Allen sous plusieurs aspects donc...) à la grammaire cinématographique plus fournie que maîtrisée, avec ses prétentions littéraires, son amour des paysages du sud, etc.
Les codes gothiques du vampire sont mollement présents mais bien dynamités par Franco puisque Lina Romey (Irina Karlstein) abuse hommes et femmes sur l’île de Madère, bien loin des Carpates. Sans dévoiler trop de la trame érotique du film, disons que Vampires Suck !, aurait pu être l’un des nombreux titres de ce "classique" Eurociné.

23.03 > 21:30
6€ / 4€


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prog: 2280
pos: aval