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"Funeral Parade of Roses" and other Matsumoto’s experiences

Méconnu en dehors de l’archipel, Matsumoto Toshio (1932 - 2017) est une figure centrale du cinéma japonais d’après-guerre. Théoricien incontournable des années 60, il participe à sa vivacité à l’heure de bouleversements politiques fondamentaux au Japon. Pionnier dans l’expérimentation, il ouvrira de nombreuses portes au cinéma dit expérimental. C’est en 1969 qu’il réalise le film qu’il lui survivra par delà les frontières : "Funeral Parade of Roses". C’est aussi à cette époque qu’il posera les balises de sa théorie du "néo-documentaire". Il en appelle à un cinéma dont la qualité quitte le seul domaine de l’objectivation de ce qui est filmé pour s’emparer de la confrontation entre le sujet-filmé et le sujet-filmant.
Dès 1992, il fréquente régulièrement la ville de Yamagata où il enseigne à l’université des Arts et du Design. Il participe régulièrement au festival où il est soit invité à des séminaires, soit invité à montrer ses films. On l’y entendit un jour clamer que le concept de néo-documentaire pouvait enfin s’épanouir grâce au festival de Yamagata.
Matsumoto Toshio est décédé l’an passé. Cette même année, le festival lui a rendu hommage.



Funeral Parade of Roses

薔薇の葬列

Matsumoto Toshio, 1969, JP, 35mm, vo st ang, 107'

Univers du queer dans les quartiers de Ginza et Shinjuku à la fin des années 60. Une période remuante au Japon où l’on perçoit l’émergence d’une libération de la parole et des mœurs sur fond de crises politiques internes violentes et de l’apogée de la contestation sociale. C’est dans ce contexte que Matsumoto réalise son premier long métrage : une adaptation déroutante d’un Œdipe transgenre qui concrétise avec force et virtuosité son concept de néo-documentaire.
Nappé d’un noir et blanc brut et d’un montage virevoltant, "Funeral Parade of Roses" déshabille les bisbilles et autres luttes intestines qui gangrènent l’univers clos des bars queer. Eddie, interprété par la célébrité drag Shinnosuke "Peter" Ikehata, devient l’attraction majeure du milieu et tente de s’emparer de la gestion du bar phare de cette scène alternative, le "Bar Genet". La caméra sensuelle de Matsumoto se veut caresse quand elle approche l’épiderme frissonnant de tétons dévoilés, virevoltante aux heures de fêtes ou documentaire quand l’on quitte la diégèse pour partir à la rencontre du set et des acteurs. Peter y parle d’Eddie, de son incarnation, ses distances, ses ressemblances.
Tandis que le film à son tour se dévoile, c’est tout un jeu sur le cinéma et les mythes fondateurs - l’Œdipe mutant - qui s’impose et annonce, depuis son titre, que les joutes enjouées et cruelles se vivent dans l’inconscience du drame de leur fin à venir.
Des années que nous souhaitions vous présenter cette perle méconnue du cinéma mondial, la voici en 35mm !

07.04 > 20:30 + 15.04 > 20:00 + 22.04 > 18:00 + 27.04 > 20:00 + 29.04 > 22:00
6€ / 4€


En écho à la séance d’ouverture du festival de Yamagata de 2017, nous vous proposons une sélection de courts métrages de Matsumoto Toshio. Pionnier de l’expérimentation au Japon, il entame sa carrière de réalisateur en 1955 par un film de commande pour la promotion du vélo, "Ginrin". Co-réalisé avec Jikke Kobo et Tsuburaya Eiji, "Ginrin" évoque les fantasmes d’un vélo. Un délire doux et coloré qui, selon le festival de Yamagata, ouvrira une nouvelle ère du cinéma expérimental nippon.
Documentaire d’avant-garde conçu pour la télévision "Nishijin" ambitionne d’évoquer les contradictions inhérentes à la lutte contre le pacte de sécurité liant USA et Japon par le prisme de la vie quotidienne du quartier des artisans de la soie de Nishijin à Kyoto. Ce travail documentaire très précis sera pourtant à l’origine du licenciement de Matsumoto par la télévision publique.
Bien plus tard, en 1975, il conçoit "Everything Visible Is Empty", un film qui explore le langage et son expression graphique sur le chant cinq fois répété du Sutra du cœur de la Mahayana Bouddhiste. Un jeu rythmique entêtant.
Nouvelle technique, nouvelle approche, dans "Relation", Matsumoto se joue de la vidéo et de l’insert pour manipuler le temps et l’espace et poser une réflexion visuelle à leurs sujets.

+ Ginrin [銀輪]

Matsumoto Toshio, Higuchi Genichiro & Yabe Masao, 1955, JP, 35mm, , 10'

+ Nishijin [西陣]

Matsumoto Toshio, 1961, JP, 16mm, vo st ang, 26'

+ Everything Visible Is Empty [色即是空]

Matsumoto Toshio, 1975, JP, 16mm, , 8'

+ Relation [リレーション〈関係〉]

Matsumoto Toshio, 1982, JP, 16mm, , 10'

07.04 > 19:00
6€ / 4€


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