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Syrian Nouvelle vague

À l’initiative de Ciclope, Eye on Palestine et mr arkadin, en collaboration avec le Pianofabriek, l’AIF et Cinemaximiliaan, le Nova accueille l’ouverture et la clôture d’un cycle consacré à la Nouvelle Vague syrienne et à son réalisateur phare : Omar Amiralay. En présence d’Ossama Mohammed, réalisateur du documentaire "Eau Argentée, Syrie autoportrait", accompagnée d’un concert de Noma Omran, qui a composé la musique de ce film, cette ouverture prend la forme d’un hommage à la résistance politique et à l’amitié. D’un côté un cinéaste trop tôt disparu, de l’autre ses amis cinéastes, au milieu un pays, aujourd’hui ravagé. Auteur d’une douzaine de documentaires (programmés au PianoFabrik et dans d’autres centres culturels), Amiralay a réalisé deux types de portraits : la vie quotidienne des Syriens d’une part, celle de personnages clés du monde d’arabe d’autre part. Proche de ses sujets et des spectateurs, il a pu contourner la censure et mettre à mal la propagande du régime. Le cinéma aura été pour lui à la fois espace de résistance politique et construction d’une mémoire collective. À ses côtés, toute une avant-garde artistique a travaillé, s’est unie, a collaboré. "Shadows and Light" en clôture ainsi qu’une rencontre avec des acteurs essentiels de cette Nouvelle Vague permettra de saisir l’intensité des liens qui a animé ce cinéma militant. Leur travail est essentiel pour comprendre la Syrie d’aujourd’hui, quand les batailles sont désormais aussi d’images.



Courts métrages

Essay on the Euphrates Dam

فيلم محاولة عن سد الفرات

Omar Amiralay, 1970, SY, video, sans dial, ar , 12'

Dans les années 70, de retour à Damas après ses études en France, Omar Amiralay est désireux d’instaurer un nouveau cinéma documentaire en Syrie. La télévision d’État, désireuse de vanter les réalisations du parti Baas au pouvoir, lui commande un film sur la récente construction du barrage de l’Euphrate. Tourné en 16mm, Amiralay filme la grandeur du chantier, l’audace des ouvriers... Dans le désert, pasteurs et paysans se battent contre la sécheresse et le dénuement. Ce barrage, c’est l’avenir.
Cette première œuvre, qui loue la modernisation de son pays entreprise par le parti en place, Amiralay la qualifiera plus tard "d’égarement de jeunesse". Chacun de ses films, depuis, sera comme une façon de racheter celui-là, bien trop emballé par les effets du pouvoir. Le ton changera, pour devenir de plus en plus critique et libre à l’égard du régime d’Hafez El-Assad.

+ Step by Step [خطوة خطوة]

Ossama Mohamed, 1978, SY, HD, vo ar st ang, 25'

Syrie, fin des années 70, la vie quotidienne dans une zone rurale où l’éducation est minimale. Les jeunes villageois ont le choix entre une vie de labeur, travaillant la terre comme leurs parents l’ont fait, ou celle d’ouvriers migrant vers la ville. Piégés entre idéologies religieuses et politiques, complètement fascinés par l’autorité, beaucoup de ces jeunes finissent par choisir l’armée. Ce premier film d’Ossama Mohammed (censuré en Syrie où il n’a jamais été montré) brouille les frontières entre documentaire et fiction, produisant un tour de force poétique. Ce portrait effrayant présente de façon perspicace comment le régime Baas a transformé des générations de paysans en citoyens-soldats et a envoyé les pauvres dans les villes pour qu’ils deviennent des travailleurs migrants.

22.04 > 20:00
4€ / 3€


Wiam Simav Bedirxan & Ossama Mohammed, 2014, DCP, ar st ang, 92'

En 2011, Ossama Mohammed allait à Cannes participer à un débat intitulé "Cinéma et dictature". Il y montra des images de prisonniers politique syriens et ne put rentrer en Syrie. Quand la révolution éclate, il vit déjà en exil en France. Impossible de rester, impossible de rentrer, "Eau argentée, Syrie autoportrait" raconte la solitude de cette déchirure et la terreur qui fait rage en Syrie. Construit d’abord à partir d’images composites, les unes filmées à Paris dans son quotidien (éclats de ciel, moment de pluie, aperçu du métro), les autres trouvées sur internet (terribles, brutales, obsessionnelles comme des cauchemars), le film plonge dans l’insoutenable, en une espèce de tentative désespérée pour apprivoiser l’effroi. Puis, grâce à d’autres images que lui envoie Wiam Simav Bedirxan (dont le prénom signifie "eau argentée"), une jeune femme kurde restée à Alep, il se transforme en un dialogue où le cinéma et l’amitié, traces encore fragiles de vies et de possibles, regagnent peu à peu le terrain de ce champ de bataille mental et cinématographique.

22.04 > 21:30
6€ / 4€


Pour terminer la soirée, un duo inséparable de Bruxellois au joli son groove…

22.04 > 23:00


Cinemaximiliaan organise depuis deux ans des séances de cinéma pour et avec des nouveaux arrivants. Ses activités se développent également vers la production audiovisuelle. L’association invitera réalisateurs et musiciens arrivés en Belgique de Syrie ou d’ailleurs à venir dialoguer avec Ossama Mohammed, cinéaste en exil, autour de la construction des images de la Syrie d’hier, d’aujourd’hui et surtout, de demain. Cinéma, musique et dialogues seront au coeur de cette rencontre.



Concert

Noma Omran

Des Notes Syriennes

Pour qui aura vu "Eau argentée, Syrie autoportrait", la musique restera entêtante comme une inlassable prière. Cette voix bouleversante, c’est celle de Noma Omran, qui a signé la musique du film de son mari Ossama Mohammed. Chanteuse spécialisée dans le chant lyrique, elle est considérée comme l’une des grandes spécialistes de l’ancestral Maqâm syriaque. Diplômée de l’Institut Supérieur de Musique de Damas, elle vit en exil à Paris depuis 2011 où elle travaille. Accompagnée par les ouds et les percussions des frères Al Jaramani (Khaled fait partie d’Interzone, fondé avec Serge Teyssot-Gay et d’autres collectifs dont Bab Assalam avec son frère Mohanad), elle propose avec "Des notes syriennes" un voyage à travers la poésie et la musique classique arabe, de chants araméens du Vème siècle en prières soufi, jusqu’à ses propres compositions.

Avec Khaled Al Jaramani (Oud) et Mohanad Al Jaramani (Oud et percussions)

23.04 > 20:00
6€ / 4€


Shadows and Light

نور وظلال

Signé par trois des grands réalisateurs du pays, "Shadows and Light" est le portrait de Nazih Shahbander, pionnier du cinéma syrien, ingénieur génial qui dès 14 ans imagine des techniques d’enregistrement audio et réalise en 1928 le premier film sonore en Syrie, "Light and Shadows" ("Nur wa Zalem"). A travers lui se racontent l’histoire du cinéma syrien, son évolution et ses luttes politiques.

La projection sera suivie d’une rencontre avec
Kais al-Zubaidi : réalisateur et monteur irakien, il a travaillé en Syrie après des études à Bablesberg. Vit aujourd’hui à Berlin et supervise la mise en place des archives nationales palestiniennes.
Ismat Amiralay : frère d’Omar Amiralay, artiste syrien, il vit et travaille en Allemagne, a fondé une association qui préserve et diffuse le travail du cinéaste.



Marco Perri, 2017, BE, HD, vo fr & ar st fr, 25'

Interviews, images d’archives, extraits de films... ce documentaire tente de tracer les contours du cinéma syrien à travers le portrait d’Omar Amiralay, père du cinéma engagé syrien dont la filmographie aura croisé 40 ans d’histoire nationale, de l’ascension au pouvoir d’Hafez al Hasad jusqu’à sa mort. Portrait d’un homme et de sa passion pour le cinéma, ce film est aussi un hommage à l’amitié, ce trait-union entre toutes les révolutions, les avant-gardes artistiques, ce par quoi la Nouvelle Vague syrienne existe.

+ A Flood in Baas Country [طوفان في بلد البعث]

Omar Amiralay, 2004, FR-SY, video, vo ar st ang, 45'

Ouvert sur le premier film d’Amiralay, "Essai sur le barrage de l’Euphrate", ce cycle devait naturellement se clore sur sa dernière œuvre, le retour sur ce barrage à l’heure où il doit être démoli, 33 ans plus tard. Commençant par un extrait de ce premier film, Amiralay déconstruit son propre regard puis d’interviews de paysans en dignitaires du régime, en passant par l’école du village, il ramasse toute la logique dictatoriale du parti Baas dans cette œuvre testamentaire. Les images du lac, bercées par les clapotis de l’eau qui a engloutie l’histoire de cette région, laissent place aux murs des salles de classes et aux fenêtres grillagées. L’ouvert du regard et la profondeur de la mémoire sont remplacés par des horizons bouchés et les bourrages de crânes débités à la mitraillette. Les dernières images laissent planer une profonde nostalgie, celle de toute une génération qui a cru aux promesses du socialisme arabe avant d’être confrontée à l’autorité des régimes qu’elle avait pourtant soutenus.

En présence d’Ismat Amiralay, frère du réalisateur

13.05 > 21:30
6€ / 4€


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