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Echoes of Ji.hlava

Pour la cinquième fois, le Nova est ravi d’accueillir les "Echoes of Jihlava", une sélection de films présentés lors de la 20e édition (octobre 2016) du maintenant familier festival du film documentaire de Jihlava, en République tchèque. Cette année, les thématiques principales s’articulent autour de l’organisation du groupe, de la communauté, et la tension entre les modes de vie traditionnels et le monde libéral moderne. Tension qui sera transformée lors du premier week-end, en une performance surprise autour du film "Tall Tale", créée spécialement pour l’occasion...

En collaboration avec le festival de Jihlava, la région Vysocina et le Centre tchèque de Bruxelles.

www.dokument-festival.com



Tomáš Bojar, Rozálie Kohoutová, 2016, CZ, vo cs st ang, 76'

Où l’on suit une équipe de foot tsigane en troisième division tchèque. Plaidant une protestation suite à des violences, nombre d’équipes concurrentes refusent de jouer contre elle, Fc Roma détenant ainsi le record de matchs gagnés par forfaits. Les deux personnages principaux sont ici l’entraîneur déterminé, démuni, touchant, et le gardien de but le dimanche, éboueur la semaine, pilier de l’équipe par son implication. On y observe la dynamique qu’entraîne cette initiative dans la région, le monde du football amateur, proche de ce que l’on peut en connaître dans nos contrées, et la spécificité de cette équipe d’un quartier communautaire, ce qu’elle renvoie ou illustre des crispations de la société tchèque. L’humour aide le film comme ses protagonistes à rendre joyeux et légers des situations pourtant affligeantes, à l’image de ces séquences de matchs où les équipes adverses, et surtout leurs publics, éructent de glaçants propos racistes, les mêmes que l’on entend à l’encontre des minorités dans beaucoup de pays du monde, mais qui raisonnent crûment dans ce milieu particulier. Ce film enthousiasmant, bien construit et assurément l’une des bonnes surprises de cette année à Jihlava, est co-réalisé par Rozalie Kohoutovà, jeune réalisatrice éclectique et très prolifique ! Pas étonnant que "FC Roma" ai reçu l’un des prix du meilleur documentaire tchèque au festival de Jihlava.

En présence de Rozálie Kohoutová le 09.02

09.02 > 20:00   + 19.02 > 17:00
6€ / 4€


Sea Tomorrow

Zavtra more

Yekaterina Suvorova, 2015, KZ, vo kk st ang, 88'

La disparition de la mer d’Aral fut longtemps le symbole monstrueux du productivisme soviétique et de ses grands travaux. A l’heure où ces problématiques se rappellent de manière récurrente au bon souvenir du monde libre, une plongée dans ce territoire paraît pertinente. Katerina Suvorova suit différents personnages qui semblent vivre dans un film d’exploitation post-apocalyptique : pêcheurs avec des filets quasi-vides, vieux cultivateur d’une terre aride en ex-bord de mer, jeune hydrobiologiste obligée d’étudier la boue de l’ancien lit de la mer, et ouvriers pirates travaillant et dormant dans des carcasses de bateaux échoués au milieu de rien. Alors qu’on annonce un retour de l’eau, la Mer, monde ancien et monde moderne se mélangent, et pas toujours dans l’ordre prévu, dans un espace où les enjeux environnementaux rejoignent les tensions communauté / globalisation, économie locale / libéralisme international dans un vertigineux sac de nœuds. La réalisation maîtrisée, soucieuse de narration fluide, sans académisme, belle sans être esthétisante, permet d’y voir un peu plus clair.

09.02 > 22:00 + 16.02 > 20:00
6€ / 4€


The Dazzling Light of Sunset

Daisis Miziduloba

Salomé Jashi, 2016, GE, vo ka st ang, 74'

Dariko est la seule journaliste de l’unique station de télévision locale d’une petite ville de Georgie. C’est à travers ce prisme que Salome Jashi choisit d’évoquer la Georgie contemporaine, tiraillée entre traditions fascinantes mais limitantes, et monde moderne et libéral, libérant mais destructeur de liens, d’échelles. De la découverte d’une espèce rare de hibou, au suivi de la féroce politique locale, le quotidien de la petite station télé en offre elle même un portrait intrigant, tout comme celui de la salle de spectacle locale où l’on assiste à des répétitions, spectacles et cérémonies qui rythment le film. Ajoutons que dès la scène d’ouverture, la présence de musique traditionnelle géorgienne donne le ton, grave et puissant, du combat d’un peuple pour trouver sa place dans un Caucase tendu et changeant. Comme nous, le film a séduit le jury de Between the Seas, qui lui a donné le prix dans cette section est-européenne.

En présence de Salomé Jashi, le 19.02

10.02 > 19:30 + 19.02 > 19:00  
6€ / 4€


Yellowing

亂世備忘

Tze Woon Chan, HK, vo cmm st ang, 133'

"Yellowing" suit de l’intérieur les manifestations à Hong Kong de septembre et octobre 2014, appelées "la révolution des parapluies", en référence à ces ustensiles imperméables qui protégeaient les manifestants des gaz lacrymogènes. C’est la remise en cause par les autorités chinoises de l’autonomie spéciale dont bénéficiait l’ancienne colonie britannique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, qui déclencha les protestations. En partie issus du milieu étudiant, des centaines de milliers de protestataires occupèrent les principales artères de Hong Kong. Impliqué lui-même dans le mouvement, le réalisateur a suivi caméra au point son évolution en brossant le portrait d’activistes dont le premier dénominateur commun est la jeunesse. Moments d’euphorie, de désillusion, d’entre-aide, de discussion entre courants divergents, de confrontation avec la police ou une partie de la population hostile au mouvement, jalonnent les 20 chapitres qui constituent "Yellowing". Un témoignage unique sur les aspirations démocratiques d’une jeune génération apprenant la désobéissance civile, arme pacifique et commune à d’autres contestations de par le monde.

10.02 > 21:30
6€ / 4€


Films-Performance

A Tall Tale

Bajka

Lucia Babjaková Nimcová, 2016, SK, sk st ang, 34'

Suite de vignettes, en plans fixes, où des Ukrainien(ne)s interprètent, face caméra, des chants traditionnels. Ces séquences, qui se répondent, construisent au fur et à mesure, grâce au montage simple et lisible, un portrait de l’Ukraine contemporaine par le filtre de son folk-lore (ce que le peuple connait, d’où il vient). La place de la religion, la grivoiserie, le couple comme compagnonnage, où l’on s’assoit, comment chante-t-on ? Qui écoute qui ? Autant d’informations révélées, de questions posées qui trouvent leur place quand la musique est celle de tous les jours, loin du divertissement et du spectacle, et qu’une caméra en est le témoin.

En présence de Lucia Babjaková Nimcová.

+ Islands of Forgotten Cinema [Kino otok]

Ivan Ramljak, 2016, HR, hr st ang, 35'

L’europe de l’est communiste avait vu fleurir dans chaque ville, parfois village, des centres culturels faisant la part belle au cinéma. C’est particulièrement vrai dans la Yougoslavie d’alors, dont les îles croates. C’est à ces cinémas désaffectés que s’intéresse Ivan Ramljak. Utilisés souvent à d’autres choses, le réalisateur nous les montrent dans leurs nouveaux atours, tout en laissant six témoins évoquer en voix off leurs souvenirs de films et de la vie intense de ces cinémas d’alors. Émouvant, drôle, poétique, sobre et malin, ce film souligne avec justesse ce que le cinéma comme média, comme lieu, peut faire raisonner chez ses visiteurs, comme enjeux personnels, émotionnels, informatifs et collectifs.

+ Perf surprise [Lucia Nimcova & Lazara Rosell Albear]

Lucia Nimcova, réalisatrice de Tall Tale, et Lazara Rosell Albear, cinéaste-performeuse originaire de Cuba découverte au Nova en juin dernier, étaient collègues de promo au Wiels en 2016 en tant qu’artistes en résidence. Elles profitent donc de leurs dernières semaines sur place pour nous concocter une performance images et sons spécialement pour cette séance !

11.02 > 21:00  
6€ / 4€


A Hole in the Head

Diera v hlave

Robert Kirchhoff, 2016, SK, sk st ang, 90'

Récoltant à travers l’Europe le témoignage des derniers survivants Roms des camps de la mort du Troisième Reich, Robert Kirchhoff fait œuvre de résistance à l’oubli, face à la mémoire sélective d’une Europe toujours xénophobe envers ce peuple sans patrie. Reconnu par les historiens, le génocide des tsiganes a été fort peu commenté après guerre, inversement à celui des juifs. Peu a été fait pour en dénombrer les morts ou entretenir leur mémoire. Or, cette dernière est fragile, d’autant lorsque ce sont de vieilles personnes qui relatent des faits traumatisants subis alors qu’elles étaient enfants. A l’image terrifiante de ce "trou dans la tête" pratiqué par les nazis sur certains d’entre eux, les trous de mémoire sont courants, comme certains propos étonnants, voire incongrus, auxquels le film rend pourtant toute la valeur de vérité, avec justesse et subtilité. Fort stylisé, dépourvu d’images d’archives, évoquant l’horreur sans la montrer, se laissant certaines libertés de mise en scène pour mieux contrer la dramatique absurdité des traumatismes et injustices d’hier et d’aujourd’hui, "A Hole in the head" habite encore longtemps le spectateur, une fois les témoins redevenus silencieux.

En présence de Robert Kirchhoff le 18.02

12.02 > 18:00 + 18.02 > 21:00  
6€ / 4€


Spectres are haunting Europe

Fantasmata planiountai pano apo tin Evropi

Maria Kourkouta, Niki Giannari, 2016, GR, vo el st ang, 99'

Maria Kourkouta propose ici un travail formel en vue de rendre compte des conditions et d’un bout d’histoire de milliers de personnes fuyant le moyen-orient pour l’Europe, et se retrouvant bloqués en Grèce. Une première partie les présente, au moyen de longs plans séquences, dans le dénuement, de longues files d’attentes sous la pluie, dans la boue, ponctués d’annonces officielles de haut-parleurs les informant de la fermeture des frontières. Les chants, les jeux, ne suffisent pas à faire oublier les conditions extrêmes, l’incertitude de l’avenir proche. La seconde partie se focalise sur une action de blocage d’un train sur la voie ferrée et du dialogue qui s’ensuit, constituant le cœur battant du film. La troisième partie, plus personnelle, dotée d’une voix off qui narre les intentions de son auteure, est filmée caméra au poing, en pellicule 16mm noir et blanc, média de prédilection de Maria Kourkouta. Différentes approches et temporalités donc pour évoquer cette situation effroyable au cœur de l’Europe et sujet de discussions dans tout l’occident. Un film constat, âpre, qui a gagné cette année le prix de la section Opus Bonum, la compétition internationale du festival.

En présence de Maria Kourkouta

12.02 > 20:30  
6€ / 4€


Compilation

Shorts from Ji.hlava

Une compilation de quelques courts-métrages marquants glânés lors du séjour d’une délégation du Nova à Jihlava 2016…

+ The Bridge [Міст]

Oksana Nosach, Olena Moskalchuk, Dmitriy Burko, 2016, UA, uk st ang, 8'

Documentaire de création mêlant prises de vue réelles, images d’archives et animation, sur la vie autour d’un vieux pont désaffecté, le Rybalski à Kiev (hors compétition à Jihlava).

+ The Horses of a Cavalry Captain [Die Pferde des Rittmeisters]

Clements von Wedemeyer, 2015, DE, de st ang, 11'

Des images tournées derrière le front de 40-45 par un capitaine passionné des chevaux de la Wehrmacht, montées et commentées avec lucidité par le petit fils du cinéaste amateur nazi.

+ I Wish [Ojalá]

Antonio Anton, 2016, ES, es st ang, 7'

Reconstruction à rebours des vœux télévisuels de l’ancien roi d’Espagne, Juan Carlos, mettant en exergue les discours creux assenés au peuple durant ses 38 ans de règne…

+ When You Awake

Jay Rosenblatt, 2016, US, ang , 12'

Montage de found footage à partir d’une séance d’hypnose, prétexte à quelques délires visuels sur la psyché humaine.

+ Summer [Estate]

Trocker Ronny, Ronny Trocker, 2016, FR, sans dial, , 7'

Une plongée allégorique dans la représentation d’une photo de presse de 2006 où des réfugiés rescapés d’un nauvrage se retrouvent parmi les vacanciers indifférents d’une plage méditerranéenne.

+ Out of Autofocus

Mikhail Basov, 2016, RU, sans dial, , 2'

Plan épuré sur un ballet d’oiseaux de mer, tel un haïku abstrait.

+ Engram of Returning

Daïchi Saïto, 2015, CA, 35mm, sans dial, , 19'

Tourné en 35mm Scope, "Engram of Returning" se veut une expérience visuelle à partir de l’abstraction rythmée et colorée d’éléments disparates, alors qu’une performance d’un saxophoniste donne le ton. Grand gagnant de la section expérimentale Fascinations dont une partie du jury n’est autre qu’une famille lambda.

18.02 > 19:00
6€ / 4€


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