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Driving Miss Crazy

L’histoire cinématographique est riche en protagonistes déséquilibrés, mais rares sont les personnages qui réussissent à autant glacer le sang des spectateurs qu’une femme en perte de pédales. Les films d’horreur, d’exploitation et de genre offrent un terrain des plus fertiles pour la germination de la folie féminine. Les thrillers et drames psychologiques ne sont toutefois pas en reste, avec leur abondance en tantes, mères ou sœurs paranoïaques, obsessionnelles, hystériques et dangereuses. Notre sélection de films couvre une vaste période, allant des années 50 à 90 : une période turbulente en ce qui concerne la lutte pour les droits de la femme et sa position dans un monde à dominante masculine, ainsi que pour la libération de ce qu’on appelle le ‘sexe faible’ du carcan stéréotypé de la culture populaire.

Ce vaste programme (au Cinéma Nova et à la Cinematek) puise son inspiration dans le livre de la curatrice (Fantastic Fest), journaliste (Fangoria) et auteure canadienne Kier-La Janisse : “House of Psychotic Women : An Autobiographical Topography of Female Neurosis in Horror and Exploitation Films” (Fab Press, 2012). Elle présentera plusieurs films lors de la première semaine du festival.



Andrzej Zulawski, 1981, HD, vo st fr, 124'

Le mariage d’Anna (Isabelle Adjani) et de Mark (Sam Neil) bat sévèrement de l’aile. Leur vie de couple ne se résume plus qu’à des échanges d’insultes et des scènes d’automutilation violentes. Malgré les efforts de son mari pour la retenir, Anna laisse leur fils à l’abandon et entame une liaison secrète. Sous la direction d’Andrzej Zulawski ("L’important c’est d’aimer", 1975, "Szamanka", 1996) alors au plus haut de son art, Isabelle Adjani livre une performance transcendante, qui hantera à jamais l’histoire du cinéma. Elle incarne ici la psychose féminine personnifiée. Rejet viscéral d’une identité plate qu’on lui impose, les yeux exorbités, elle se tord et se convulse. En tentant d’exorciser son rôle de mère, d’épouse et de femme, elle devient démon... Un film choc devenu culte, à ne manquer sous aucun prétexte.

03.03 > 21:30
5€ / 3,5€


A Lizard in a Woman’s Skin

Una lucertola con la pelle di donna

Lucio Fulci, 1971, HD, vo ang st fr, 102'

Un prisme qui reflète les tropes du giallo et tisse son histoire selon sa logique onirique propre : ainsi devons-nous comprendre le chef-d’œuvre du réalisateur de films d’horreur Lucio Fulci. Carol (Florinda Bolkan) est l’épouse respectable d’un avocat brillant qui lui-même n’a pas trop de problèmes avec les mœurs légères de la voisine (Anita Strindberg). Dans son sommeil, Carol est en proie à des cauchemars dans lesquels elle et sa voisine se retrouvent dans un sombre jeu de séduction. Sont-ce des fantômes de ses désirs refoulés ? Ou y a-t-il plus que cela ? En tout cas, lorsque la voisine est assassinée, la police voit en Carol la principale suspecte. Ce film contient une scène suffisamment provocatrice pour que Fulci et le responsable des effets spéciaux, Carlo Rambaldi, soient convoqués au tribunal. Un puzzle psycho-sexuel viscéral sur une musique pulsatile dd’Ennio Morricone !

04.03 > 21:30
5€ / 3,5€ Combi 2 films > 7,5€ / 6€


Nocturne

Shock

Mario Bava, 1977, 35mm, vo ang , 93'

Après un séjour en clinique de désintoxication, Dora revient dans la maison qu’elle a occupé il y a sept ans avec son premier mari et leur fils Marco. Dora a une nouvelle relation, mais cette nouvelle situation familiale ne suffit pas à exorciser les démons de son premier mariage.
L’esprit de son défunt mari est toujours là - et il est là pour Marco. "Shock" est une adaptation contemporaine du Bava "gothique", mis au point tout au long de son œuvre . C’est un final exceptionnellement oppressant que Bava a réalisé en enrôlant le talent littéraire de son fils Lamberto pour son chant du cygne. Ce travail en commun combine la sensibilité de l’ancienne et de la nouvelle génération du cinéma d’horreur italien, et le flair subtil de Bava qui distille les tactiques de choc de son fils chéri.

04.03 > 23:30
5€ / 3,5€ Combi 2 films > 7,5€ / 6€


Dennis Hopper, 1980, 35mm, vo ang , 94'

Sous ses faux airs de dure à cuire, la jeune Cebe (Linda Manz) se sent abandonnée de tous. Son père (Dennis Hopper), conducteur de camion ivrogne, est au cachot et sa mère (Sharon Farrell), simple serveuse, est toxicomane. À l’âge où l’on recherche désespérément une idole, les adultes qui entourent Cebe la déçoivent et la délaissent. Même Elvis est mort. Près de dix ans après "The Last Movie" (1971), Dennis Hopper retourne derrière la caméra pour son troisième film. Empreint de la culture punk, ce portrait brut et pourtant délicat d’une adolescente déboussolée est un chef-d’œuvre rare. "Out of the Blue" représente une montée crescendo vers une conclusion violente et nihiliste, orchestrée à merveille et avec justesse. À découvrir avec une nouvelle copie 35mm pour une projection exceptionnelle.

05.03 > 19:30
5€ / 3,5€


Singapore Sling

O anthropos pou agapise ena ptoma

Nikos Nikolaidis, 1990, 35mm, vo ang st fr, 111'

Un détective privé enquête sur la disparition d’une femme et tombe entre les griffes de deux détraquées vivant dans une résidence isolée. Il devient ainsi l’esclave sexuel d’une mère armée d’un gode ceinture et de sa fille au fétichisme singulier, toutes deux adeptes de la régurgitation érotomane et de la dépravation mentale. Ce qui commence comme un film noir classique se transforme rapidement en un théâtre de décadence nauséabonde. Otto Preminger et son chef d’œuvre "Laura" (1944) sont ici catapultés dans le cauchemar freudien du réalisateur grec Nikos Nikolaidis. Dans son univers excentrique se développe l’histoire tordue d’un jeu de torture et de manipulation ; un univers dans lequel les deux protagonistes, quelque peu dérangées, nagent dans la boue comme dans la dentelle. Un film choquant et répulsif, et pourtant d’une rare beauté.

06.03 > 21:30
5€ / 3,5€


Eckhart Schmidt, 1982, HD, vo st ang, 92'

Le vie de la jeune Simone ne tourne qu’autour d’une chose : le chanteur "R". C’est une véritable obsession : elle pense que ses chansons d’amour lui sont destinées et elle lui envoie constamment des lettres qui restent naturellement sans réponse. Elle décide donc d’aller attendre "R" à l’entrée du studio télé où il doit enregistrer une émission. Au moment où celui-ci sort de sa voiture, l’émotion est trop forte et elle tombe dans les pommes. Transportée dans les coulisses du studio, elle trouve là l’occasion d’enfin (!) approcher son idole. Ils atterrissent au lit et Simone lui déclare son amour mais "R" voit cela d’un tout autre œil... à la suite de quoi l’amour de Simone se transforme en une vengeance sanglante... Un film culte avec la musique New Wave allemande (NDW) de Rheingold, le groupe de Bod Steiger qui joue "R" et toute la controverse autour des scènes où Désirée Nosbusch, mineure alors, joue nue.

12.03 > 21:30
5€ / 3,5€


Bryan Forbes, 1964, 35mm, vo ang , 121'

Une curiosité sous-estimée qui, 51 ans après sa sortie, n’a rien perdu de sa force. Bill Savage (Richard Attenborough) est un homme soumis à son épouse tyrannique (Kim Stanley) qui se croit clairvoyante. Elle veut la reconnaissance de son talent comme voyante et elle ordonne à Bill d’enlever une écolière. Elle se rend alors chez les parents inquiets, et leur offre son assistance comme médium.
Pour leur prestation, les deux acteurs ont été couverts de prix. Kim Stanley, actrice de théâtre légendaire, n’en a pas moins refusé le rôle de Madeleine dans "Vertigo" de Hitchcock et réalise ici, grâce sa maîtrise de la "méthode" de Lee Strasberg, une performance très particulière aux britanniques Pinewood Studios. Un thriller brillant et éprouvant nerveusement, avec un affreux psychopathe à l’honneur !

13.03 > 17:00
5€ / 3,5€


Mais ne nous délivrez pas du mal

Don’t Deliver Us From Evil

Joël Séria, 1971, 35mm, vo fr st ang, 102'

Anne (Jeanne Goupil dans son premier rôle) et Lore (Catherine Wagener) vivent le début de leur adolescence dans une institution religieuse rébarbative. C’est tout naturellement qu’elles décident de se consacrer au mal. Les jeux plus ou moins innocents, pour tester le monde qui les entoure, deviendront franchement malfaisants. Le film construit progressivement le malaise qui naît de cette dévotion pour le mal, base de cette belle amitié. Le film sera d’ailleurs interdit par la censure, sous pression de l’église. Sous des dehors provocateurs, ce très beau film, le premier de Joël Séria, propose des nuances en jouant aussi bien sur l’érotisme et le fantastique que sur le drame psychologique autour de cette amitié adolescente. Le film est inspiré, très librement, du même fait divers néo-zélandais qui inspirera Peter Jackson pour "Heavenly Creatures".

18.03 > 21:30
5€ / 3,5€ Combi 2 films > 7,5€ / 6€


Nocturne

MS .45

Abel Ferrara, 1981, 35mm, vo st fr, 80'

Thana (Zoë Lund), jeune couturière muette pour le moins introvertie, se fait violer dans une ruelle de New York. Auparavant chassée, elle devient chasseuse et prend en main l’application de la justice. Armée d’un calibre 45, elle décide d’en finir avec la gent masculine, en dégommant ceux qui osent croiser son chemin. Actrice culte, Zoë Lund se transforme ici en ange de la mort, dans son tout premier rôle, alors âgée d’à peine 17 ans. Réalisé par Abel Ferrara, au balbutiement de sa carrière, "Ms .45", à mi-chemin entre film d’art et d’essai et film d’exploitation, rejoint rapidement la liste des films de "Rape & Revenge". Sous-genre à l’arrière-pensée féministe dont font notamment partie "Thriller : A Cruel Picture" (Bo Vibenius, 1973), "Female Convict Scorpion" (Shunya Ito, 1972) et qui fut remis au goût du jour dans le "Kill Bill" (2003) de Quentin Tarantino.

18.03 > 23:30
5€ / 3,5€ Combi 2 films > 7,5€ / 6€


Ted Post, 1973, HD, vo ang , 84'

Une jeune assistante sociale visite la bien étrange famille Wadsworth, composée d’une mère tyrannique acariâtre, de deux filles adultes et d’un fils de 21 ans qui vit en couche culotte dans un berceau. Elle se prend très vite d’affection pour cet "enfant", ce qui agace son superviseur mais aussi, assez rapidement, les femmes Wadsworth. Grâce à la mise en scène élégante du film et la déclinaison de femmes cintrées qui le peuplent, on passe un curieux moment devant "The Baby". L’astuce consiste à ne faire de ce "bébé" qu’un prétexte puisque les femmes sont les réels personnages principaux du film où les hommes sont réduits à une impuissance juvénile.
Le traitement amusé et terrifiant de cette histoire, sans concession pour la banlieusarde américaine des années 70, fait du film l’une des plus réjouissantes découvertes de ce module.

19.03 > 21:30
5€ / 3,5€


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