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Déchets industriels

La machine implacable du doute et de la révolte radicale produit ses déchets. Miettes d’une tour de Babel aux fragments aussi épars que les langues dans le monde, monde où se côtoient utopies, matérialisme, cynisme et propagande. L’homme mutant post-industriel éclate les frontières des domaines, de la morale, du corps, devient homme-machine, révolutionnaire conservateur, bipolaire ! Assez discuté, roulons-nous dans l’ordrure !



Compilation

Déchets industriels

video, 93'

Une compilation de dizaines d’heures d’archives glanées auprès de collectionneurs quasi-uniquement au format VHS, soigneusement sélectionnées pour n’en garder que le pire... Des dernières performances de Throbbing Gristle aux interviews télévisées du provocateur Boyd Rice - que l’on peut voir narguer des protestants dans sa tenue de "grand prêtre de l’Église de Satan", avant de passer de kitchissimes vinyles dans un bar de San Francisco..., en passant par des clips, live et performances souvent extrêmes de groupes phares de la scène tout comme d’obscurs et passagers expérimentateurs. Les séances de "déchets industriels" font défiler à un rythme parfois épileptique curiosités, bizarreries, expériences et simples contemplations. Des documents parfois très rares, et un regard plus cru sur les nombreux visages de la "scène industrielle". Pour la première séance du 3 décembre, Nicolas Ballet (doctorant en histoire de l’art contemporain à Paris 1 Panthéon-Sorbonne et chargé d’études et de recherche à l’Institut national d’histoire de l’art à Paris, préparant actuellement une thèse portant sur les productions visuelles des musiques industrielles dans les années 1970 et 1980) viendra présenter les vidéos des groupes SPK et Test Department.

Compilation réalisée avec l’aide de Michel du magasin Elektrocution (Brüxxel), Sylvie Cartiaux et Stéphane Merenne du label Nuit et Brouillard http://www.nuitetbrouillard.com/ et Nicolas Ballet.

03.12 > 21:00 + 12.12 > 18:00 + 13.12 > 19:00
Gratis


Films

Iconoclast

Larry Wessel, 2010, video, vo ang st fr, 85'+62'+86'

Fresque de quatre heures réalisée par Larry Wessel, documentariste autonome spécialisé dans le bizarre, le kitsch et le provocateur, "Iconoclast" dresse dans un portrait royal d’un seul personnage : Boyd Rice. Insaisissable, capable du meilleur comme du pire, à l’énergie toujours vivace, inventeur-destructeur, provocateur régulièrement accusé de fascisme, un temps ami de Charles Manson, disciple et successeur d’Anton Lavey à la tête de la "Church of Satan", "mentor" et inspirateur de Marilyn Manson, créateur de Tiki Bars et collectionneur de Barbies, adversaire au cours des décennies du prédicateur radio protestant Bob Larson, spécialiste des "pranks" de mauvais goût, inventeur dans les années 70 du vinyle "écoutable à n’importe quelle vitesse" doté d’un autre trou permettant de le lire de travers… il reste très difficile de se faire un avis sur Boyd Rice à la fin de ce film. Mais au delà de Boyd Rice, sorte de porte d’entrée dans un monde étrange, le documentaire de Larry Wessel, avec une forme ironiquement ultra-décalée (zappant du nazisme à la musique hawaïenne de Martin Denny), dresse un surprenant panorama de la sous-culture américaine et mondiale de la seconde moitié du XXe siècle et de ses acteurs. Comme un "nœud culturel", l’on peut y retrouver disséminés des portraits et interviews de figures présentes dans les autres films de ce programme, comme Genesis P’Orridge (Throbbing Gristle), Anton La Vey, l’aura de la "family" Manson, Rozz Williams et bien d’autres... ainsi que des curiosités culturelles comme le Scopitone, la mode du Tiki ou les exorcismes contemporains des prédicateurs américains. Chacune des trois parties de ce documentaire (Lemon’s Grove et son citron géant, San Fransisco, et Denver), structuré chronologiquement, recèle son lot de curiosités tout horizons mêlés, où sous-tend une vision distanciée, surréaliste et libre de ce que l’on nomme "réalité".

Un documentaire sous-titré et présenté en Europe pour la première fois, projeté ici avec un ticket unique pour les trois parties.

06.12
Partie 1 : 17:00
Partie 2 : 19:00
Partie 3 : 21:00

6€ / 5€


Shinya Tsukamoto, 1989, video, vo st fr & ang, 67'

Un homme se réveille un matin avec un boulon lui sortant de la joue et se transforme en un être mutant mi-homme, mi-métal. De nouvelles "prothèses" apparaissent, sexe d’acier rotatif, pieds propulseurs, ganglions métalliques indéterminés. Après d’étranges scènes quotidiennes, alors que sa puissance grandit, il rencontre et affronte un autre homme d’acier jusqu’à une conclusion inattendue... Accompagné par la bande son tendue et industrielle de Shu Ishikawa faite de synthés glaçants et de chocs de métal, porté par une photographie expressionniste et un montage percutant souvent frénétique, le film de Tsukamoto enchaîne les scènes cauchemardesques et surréalistes : fétichisme sexuel de l’acier et de la machine, transformation du corps, esthétique des accidents de voiture évoquant le roman "Crash" de J.G Ballard. Filmé et monté "à l’ancienne", mais doté d’un esprit manga parfois ultra-rapide, "Tetsuo" est un film précurseur du cyberpunk puissant et hirsute.

12.12 > 20:00 + 20.12 > 21:00
Gratis


Sogo Ishii, 1986, video, sans dial, , 57'

Les allemands de Einstürzende Neubauten (littéralement "bâtiments neufs s’effondrant") sont apparus lors de la seconde vague du mouvement industriel. Prenant le mot "industriel" dans une assertion beaucoup plus premier degré, il jouent de la perceuse, du marteau-piqueur, du caddie et de bien d’autres formes, amplifiés par l’électricité. Leur attaque directe des murs de salles de concert au marteau-piqueur leur interdira la scène pendant quelques temps. Sogo Ishii, réalisateur de "Electric Dragon 80,000 Volts", filme ici leur passage au Japon au début et probablement aussi au moment le plus radical de leur carrière. Performances dans de gigantesques et désertiques hangars, un morceau dansé par des performeurs de Butoh, ainsi qu’un étonnant "concert industriel acoustique" (porte-voix en guise de micro, guitare sèche et percussions diverses) dans le centre ville en chantier d’une grande ville japonaise, "Halber Mensch" joint l’image au son pour évoquer le champ de bataille moderne des grandes villes.

12.12 > 22:00 + 19.12 > 20:00
Gratis


Derek Jarman, 1985, HD, sans dial, , 81'

Errance homo-érotique, magique, onirique et rituelle, "The Angelic
Conversation" mêle des images archétypales rappelant les contes, à de très rares images industrielles, le tout mené par de jeunes hommes. Cette errance poétique est ponctuée de sonnets de Shakespeare lus par l’actrice anglaise Judi Dench. Ami de longue date des membres de Throbbing Gristle avec qui il a déjà travaillé sur "In the Shadow of the Sun", Derek Jarman invite ici le nouveau groupe de l’ex-TG Peter Christopherson : COIL, un projet musical beaucoup plus mystique et à l’orientation clairement homosexuelle ; parfois dur, parfois planant, mais toujours obscur. En résulte un essai filmique sur l’ "être" d’une grande beauté plastique, visité par les mêmes lumières et fumées rendues matérielles par le processus cinématographique de Derek Jarman (qui travaille encore avec son système de découpe du mouvement) mettant à la fois le dispositif en avant, et installant une atmosphère de rêve.

+ Pig [Why God Permits Evil]

Nico B & Rozz Williams, 1998, HD, sans dial, , 21'

Sous-titré "Why God Permits Evil ?" , "PIG" décrit une ésotérique et symboliste séance sadomasochiste en plein désert. "PIG" est le film testament de Rozz Williams suicidé par pendaison le premier avril de l’année suivante. Chanteur de Christian Death et auteur avec le performer Ron Athey du groupe expérimental Premature Ejaculation (qui signe la bande-son de "PIG") et élevé dans une secte protestante fanatique, Rozz n’a cessé de briser les "péchés" chrétiens en cultivant une sensibilité surréaliste.

13.12 > 17:00
5€ / 3,5€


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