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Ulrich Seidl

Ses parents auraient préféré le voir devenir prêtre, mais le controversé réalisateur autrichien Ulrich Seidl (°1952) a cherché son salut dans le cinéma. Débutant comme documentariste, il développe un point de vue plutôt sombre sur l’humanité, comme en témoignent ses films "Der Ball", "Tierische Liebe" ("Animal Love") ou encore "Models". Il dévoile de préférence les côtés détraqués, tant bizarres que tragiques, de ses compatriotes, et s’attache à montrer la marge obscure de la société autrichienne. Dans ses films, le spectateur est placé en témoin devant des tableaux qui le mettent mal à l’aise et le rendent ainsi voyeur. De plus, Seidl manipule la réalité à sa sauce en mélangeant du matériau documentaire avec des mises en scène fictives. Mais ce qui marque en premier, c’est la volonté extrême des personnages de rendre le public complice de leurs gestes les plus intimes. Dès son premier long métrage de fiction, "Hundstage" ("Dog Days"), il joue avec les codes du documentaire, avec de longues séquences statiques notamment. Seidl travaille surtout avec des acteurs non professionnels qu’il rencontre dans la rue. Pendant le tournage, il laisse souvent libre cours aux improvisations. Son film "Import/Export" et la trilogie ambitieuse "Paradise" lui ont valu une certaine reconnaissance internationale. "Im keller" ("In the Basement"), son dernier opus que nous montrons en première au Nova, est une fois de plus un documentaire hargneux empreint d’humour noir dans lequel il dépeint l’Autriche comme un monde étrange habité par un peuple aux secrets bien cachés.



Im Keller

In the basement

Ulrich Seidl, 2014, DCP, vo de st fr & nl, 81'

Dans la cave... les Autrichiens satisfont leurs désirs les plus profonds et vivent leurs obsessions sans retenue : dépoussiérer des articles nazis, jouer au train électrique ou avec des poupées plus vraies que nature, ou encore pratiquer des actes sadomasochistes. Ces troglodytes ordinaires se font filmer par Ulrich Seidl lors de leurs occupations, et parlent librement de leurs peurs et de leurs désirs. Dans un style qui lui est propre, confrontant mais empathique, il aboli la frontière entre enregistrement passif et mise en scène et livre des tableaux vivants humains, intimes et glauques.
Selon Seidl, "la cave est le symbole de l’inconscient autrichien. C’est un lieu d’obscurité, un lieu de peur, un lieu de gouffres humains". Drôle et triste, cet essai cinématographique restera dans la tête des spectateurs.

12.09 > 20:00 + 17.09 > 20:00 + 27.09 > 18:00 + 10.10 > 22:00 + 18.10 > 22:00 + 25.10 > 22:00
5€ / 3,5€ Combi 2 films > 7,5€ / 6€


Hundstage

Dog Days

Ulrich Seidl, 2001, 35mm, vo de st fr & nl, 121'

Un mois d’août à Vienne. C’est la canicule annuelle, que l’on appelle plus communément "hundstage" (le jour des chiens). La banlieue viennoise grouille d’une humanité baignant dans une sueur malsaine. Les journées passent en se traînant en slip ou en bikini défraîchis, en attendant la tiédeur du soir où l’on se gave d’alcool, de sexe et de violence. Violence qui transpire par tous les pores des six personnages : une auto stoppeuse qui harcèle les conducteurs, un représentant de systèmes de sécurité en chasse derrière un casseur de voitures neuves, une institutrice nymphomane battue et humiliée par son amant, un vieux maniaque pervers... Seidl montre la vie dans ses replis les plus intimes et les plus fragiles. Il y a un scenario, mais les dialogues sont improvisés ; les acteurs jouent un rôle mais restent proches du leur dans la vie quotidienne. Ce film reste une fiction malgré qu’il soit d’un réalisme frappant. L’illusion du réel dans toute sa splendeur.

13.09 > 20:00 + 19.09 > 22:00 + 11.10 > 22:00
5€ / 3,5€


Einsvierzig + Der Ball

One Forty + The Dance

1980 + 1982, 16mm, vo de st ang 16 + 50 '

"Einsvierig", son premier court métrage est un "Ulrich Seidl" en miniature. Portrait bizarre et émouvant d’un nain d’1m40, Seidl le décrit comme un film sur un nain sans la sympathie hypocrite dans laquelle on tombe souvent dans les documentaires sur des handicapés. Il esquisse le portait d’un individu, une personnalité, quelqu’un avec qui l’on peut rire ou que l’on peut trouver ennuyeux, comme tout autre être humain.

Dans "Der Ball", un documentaire réalisé pendant ses études, il s’intéresse au bal des écoliers de Horn (sans oublier de s’attarder sur les variations infinie de la danse des canards) et règle ses comptes avec l’ambiance étroite, mesquine et prude de sa ville natale et de ses habitants. L’école de cinéma, pas très impressionnée, se retira de la production et jettera Seidl à la porte. Le jeune Seidl gagnera sa croûte comme chauffeur, magasinier et rédacteur de télévision avant de pouvoir refaire un film sept ans plus tard.

11.10 > 20:00 + 18.10 > 18:00
5€ / 3,5€


Constantin Wulff, 2014, video, vo de st ang, 52'

Le documentaire de Constantin Wulff sur ce cinéaste complexe et exceptionnel qu’est Seidl est composé d’entretiens courts et laconiques avec lui, ses acteurs et sa femme et co scénariste Veronika Franz. Il nous permet de comprendre où se situent les fascinations de Seidl : dans l’obscurité, derrière les façades irréprochables que la plupart d’entre nous ont érigées. Wulff nous invite sur le tournage des films de Seidl, une première et un aperçu dans son travail d’autant plus unique. Nous découvrons ainsi le cinéaste au travail lors des enregistrements de "Im keller" et lors des répétitions pour la pièce de théâtre "Böse Buben / Fiese Männer" : tranquille et concentré, mais également sévère et précis. Seidl sait exactement ce qu’il veut et il stylise la réalité si fortement que la frontière entre fiction et documentaire devient floue. Acteurs ou vrais personnages, Seidl leur demande d’explorer leurs frontières intérieures et de les repousser. Ensemble, ils entreprennent une quête vers les désirs et les obsessions les plus profonds qui restent bien souvent occultés.

12.09 > 22:00 + 17.09 > 22:00
5€ / 3,5€ Combi 2 films > 7,5€ / 6€


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