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Gaz de schiste, pétrole, etc.

Nouvel Eldorado dans la quête d’autonomisation énergétique, le gaz de schiste ne cesse de chauffer le chaud et le froid. Présenté comme le messie américain dans la baisse des prix, son exploitation en Europe se retrouve soit bloquée, soit abandonnée pour cause de prévisions déraisonnablement optimistes, en Pologne par exemple. Pourtant, terrés dans leur roche, le gaz et le pétrole de schiste n’ont pas dit leurs derniers mots. Disséquée par Lech Kowalski et Josh Fox, son exploitation questionne autant par les méthodes développées que par les procédés agressifs portés par les exploitants. Mobilisateurs parfois, souvent éloquents, les films présentés illustrent les conséquences territoriales et sociales directement liées à l’extraction du gaz de schiste.



Josh Fox, 2010, video, vo st fr, 107'

Tout démarre par une proposition faramineuse de la compagnie de gaz américaine pour louer le terrain de Josh Fox à pas moins de 100.000$ ; offre présentée comme indolore et patriote au futur réalisateur de "Gasland". Plus tard, il prend acte du dispositif légal développé par Dick Cheney en 2005, alors vice-président de Bush junior, pour permettre aux producteurs de gaz de passer outre les réglementations strictes sécurisants la propreté de l’eau, de l’air et l’accès à l’eau potable. Les signes sont alors clairs et suffisants pour alerter Josh qui démarre une enquête au travers des États-Unis. Il questionne de près l’impact au quotidien de la fracturation hydraulique, nécessaire à l’exploitation de cette "Arabie Saoudite" gazière américaine, sur les populations locales. Robinet explosif, remontée radioactives, marais en ébullition, acheminement d’eau potable par camions... Au choc du passe-droit s’ajoute celui du constat. "Gasland" c’est aussi l’accomplissement d’un fantasme de réalisateur. Le monde s’oriente grâce à ce film. À l’autre bout de l’Atlantique, la mobilisation ardéchoise en 2011 contre les géants du gaz et leurs projets de fracturation fut grandement facilitée par la diffusion gratuite, virale et massive de "Gasland". Une victoire : le schiste ne révèle toujours pas son gaz en France !

30.11 > 17:00  
Gratis


Josh Fox, 2013, video, vo st fr, 125'

Si le premier "Gasland" facilita la mobilisation française, rien n’est moins sûr pour ce qui est des États-Unis, de l’Australie, de la Pologne... où les projets d’exploitation de gaz de schiste se multiplient. Décidé à mener la lutte contre les lobbys gaziers, l’administration en quête d’autonomie énergétique et les spots reluisants à la gloire du gaz naturel plus blanc que blanc, Josh Fox repart à la rencontre des citoyens confrontés au schiste et à l’eau contaminée. Il fait ici le point sur la tristesse d’un état des lieux commun à toutes les régions frappées par cette promesse d’une radieuse promotion d’un gaz propre et émancipateur. Toujours aussi peu avare en détails, "Gasland : Part II" illustre le fantasme aveuglant d’un Eldorado porté par le trop peu séparable binôme exploitant-État.

La projection des deux "Gasland" sera l’occasion de faire un pas de côté et de discuter de la situation du schiste en Europe et en Belgique en compagnie d’Antoine Simon, spécialiste de la question au sein de l’ONG "Friends of the Earth" Europe.

30.11 > 21:00  
Gratis


Drill Baby Drill

La malédiction du gaz de schiste

Lech Kowalski, 2013, video, vt fr st fr, 84'

Immigré polonais, de l’Angleterre à la France en transitant par les États-Unis, Lech Kowalski renoue avec ses racines depuis quelques années. Après avoir suivi la vie de punks squatters fabricants de Combat Shoes (dans Boot Factory), il rencontre désormais des fermiers en lutte contre le géant de l’énergie Chevron, dans un petit village de l’est polonais. À grands coups de comparaisons avec la Pennsylvanie où l’exploitation du gaz de schiste sévit depuis de nombreuses années, Lech Kowalski dépeint les tentatives de manipulation et la langue de bois du gouvernement polonais et de Chevron ; leurs coups de force illégaux et les stratégies de défense des habitants de la région. D’une proximité interpellante dans de nombreuses régions du monde, un certain mode opératoire illégal et agressif des autorités financières et politiques est ici décortiqué jusque dans ses plus fines bassesses, pour mieux créer des modes de résistances et, efficacement, les communiquer.

http://www.lechkowalski.com/

12.12 > 21:00 + 21.12 > 19:00
Combi 2 films > 7,5€ / 6€


Lech Kowalski, 2010, video, vo ang st fr, 62'

D’un geste au calme incertain, Lech Kowalski dénonce la compromission d’un des piliers de l’histoire du cinéma documentaire, Robert Flaherty, avec l’industrie américaine du pétrole, la Standard Oil Company. Fruit de cette collaboration intrigante, le film "Louisiana Story", réalisé en 1948, tend à rassurer le spectateur quant à la sympathie naturelle et à la maîtrise technique des pionniers du forage pétrolier dans le Golfe du Mexique. Frappé par les images esthétisantes et niaises de ce film, Kowalski allume son ordinateur, sa caméra et confronte ces images d’un territoire mental idyllique aux témoignages amateurs postés sur internet suite à la titanesque marée noire de 2010 dans ce même Golfe. « J’ai utilisé deux types d’images différentes pour montrer comment le système, on parle ici du Rockefeller Group, manipule les artistes et manipule la réalité pour qu’elles correspondent à leurs besoins. »

http://www.lechkowalski.com/

06.12 > 19:00 + 12.12 > 19:00
Combi 2 films > 7,5€ / 6€


Mad Max II

The Road Warrior

Georges Miller, 1981, 35mm, vo st fr & nl, 85'

Après avoir vu sa femme et son fils sauvagement assassinés par une bande de motards cinglés, Max se venge. C’est de cette manière que se terminait le très étonnant premier long métrage de George Miller.
Pour ce second volet, le réalisateur australien flanque Mel Gibson de Bruce Dern (conducteur du fameux Autogyre !), acteur facétieux et iconique de l’Ozploitation. Bond dans le temps, raréfaction des humains et du pétrole, les choses se durcissent nettement et indiquent le nord du mythe Mad Max. Miller nous propose un mélange de Survival et de Western, sauce action post-apocalytpique très années 80. L’univers marque le genre durablement en instituant une sorte de cyberpunk de l’Outback, avec des ploucs à crêtes sans foi ni loi pratiquant une violence, une sexualité et un mélange des genres à rendre dingue le moins coincé de la Manif pour Tous. La question de l’énergie est au centre du film où on assiste à l’illustration ultime des prévisions de sauvagerie provoquée par la quasi disparition d’une ressource vitale.

06.12 > 21:00 + 20.12 > 21:00
5€ / 3,5€


Still Life

三峡好人

Jia Zhangke, 2006, 35mm, vo st fr & nl, 111'

Han Sanming, mineur de la province du Shanxi, part dans la cité ridée à moitié engloutie de Fengjie en quête de son ex-femme disparue depuis 16 ans, avant que le barrage des 3 Gorges ne déversent son eau et ne noie définitivement ville et souvenirs. Lacunaire, sa recherche s’éternise. Dans l’espoir de voir émerger de nouveaux indices, il rejoint l’industrie florissante de l’autodestruction urbaine pour survivre le temps nécessaire. Réalisé dans cette cité tatouée, "Still Life" croise les destins des personnages liés par la fuite d’un temps et d’un lieu aujourd’hui disparu. Une face est marquée par l’exil nécessaire et les ruelles grouillantes d’une vie qui se sait précaire ; l’autre, d’un monde élevé où se réjouissent d’orgueilleux entrepreneurs qui ont enfin dompté le plus grand fleuve d’Asie, le Yangzi Jiang (Yang-Tsé) et qui, d’un ordre lancé à leurs sous-fifres, illumine ce territoire majestueux d’un pont inutile en l’absence de barrage.

27.11 > 21:00 + 20.12 > 19:00
5€ / 3,5€


Aftershocks

The Rough Guide To Democracy

Rakesh Sharma, 2002, video, vo st ang, 68'

Quand l’Europe, nostalgique, pleure l’effondrement de son industrie minière, les compagnies indiennes chantent la terre fracturée et les villages exilés. Le 24 janvier 2001 la terre tremble dans la région du Gujarat et cause le décès de plus de 20.000 indiens et la destruction de dizaines de milliers d’habitations. Aux larmes des villageois désemparés les autorités répondent, rassurantes, qu’ils seront dédommagés et relogés... Mais loin de la terre de leurs ancêtres. Pour les puissants, cet événement est avant tout une occasion unique d’accélérer le processus d’extraction du lignite (type de charbon considéré comme peu rentable) coincé dans les sous-sols de ce territoire ruiné. Le projet originel d’aide bénévole à la reconstruction de Rakesh Sharma se transforme alors en un réquisitoire précis de la désinformation menée par les autorités sous couvert de transparence organisée. Les réunions s’enchaînent tandis que le réalisateur témoigne du projet cynique des officiels tentant de préparer le village suivant au destin qui l’attend... 

14.12 > 21:00 + 21.12 > 17:00
5€ / 3,5€


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