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Weekend #3

Lieu

Haren

Haren, ce bout de terre annexé par la ville de Bruxelles en 1921 dans le cadre de l’agrandissement du Port, est l’un des derniers endroits ruraux de notre région. Aujourd’hui, sa densité et sa population (4000 habitants) risquent quasiment de doubler : Haren a été choisi par l’Etat pour accueillir le plus grand complexe pénitentiaire du pays, construit pour 1.190 détenus auxquels devrait s’ajouter un personnel d’autant de travailleurs. Il est vrai que la Belgique doit faire face aujourd’hui à une surpopulation carcérale jamais égalée : 12.000 détenus pour une capacité d’environ 9.400 places. Mais alors que de nombreuses voix s’élèvent pour une réforme en profondeur du système pénal afin de juguler cette escalade et rechercher des solutions alternatives à la prison, la seule solution proposée par les décideurs politiques consiste à construire toujours plus de prisons sans chercher à agir sur les causes du problème : augmentation des mises en détentions préventives, peines prononcées de plus en plus longues, libération de plus en plus difficile à obtenir, absence de réflexion sur les alternatives à l’enfermement. Quant aux habitants, ils s’inquiètent de voir rayer d’un trait un gigantesque espace vert ainsi que le sentier historique du Keelbeek qui les relie à Diegem. Ils contestent avec humour ce projet démesuré, notamment en brassant la bière "Evasion" que vous pourrez déguster en leur compagnie sous le ciel étoilé de ce qui ressemble encore à un village non pénitentiaire !

- Rue du Pré aux oies, 1130 Bxxl ⎟ SNCB : Haren-Sud ⎟ Bus : 64 (Tweelinck) ⎟ Navette : les 08 & 09.08, le PleinOPENair vous propose une navette gratuite qui vous conduira du Nova vers Haren (départs à 18h , 18h30 , 19h , 19h30 , 20h , 20h30 , 21h ) et vous ramènera de Haren vers le Nova (départs à 00h, 00h30 , 01h , 01h30 , 02h , 02h30) !

08.08 > 19:00 + 09.08 > 18:00


Si vous avez un petit creu de musiques exotiques, dansantes et festives, avec Alimentation générale vous allez en dévorer… et même pouvoir vous en bâfrer. La formation regroupe des musiciens professionnels issus aussi bien d’autres fanfares que de formations plus classiques. En promotion exceptionnelle, les compositions originales et les arrangements insolites de ses musiciens. La sauce est à base de grosse caisse, caisse claire, banjo, trompette, trombone et sax ténor. Les plats sont des rotis de funk, purée de jazz, potage de groove. Et comme dessert, de la pêche ! Le régime est hyper calorique et plein de vitamines, de la A jusqu’à la Z. Un régal pour les oreilles comme pour les yeux… et les pieds, car on bouge en mangeant. Donc venez en tenue sportive légère, il y aura du déménagement dans l’air.

www.alimentation-generale.org

08.08 > 20:00


Films

Le trou

Jacques Becker, 1960, 35mm, vo st ang, 115'

"Le trou" est un chef-d’œuvre d’entomologie pénitentiaire basé sur un fait réel. Ancien repris de justice qui a échappé à la guillotine par une grâce commuant sa peine en travaux forcés, José Giovanni publie en 1957 son premier roman, racontant la tentative d’évasion qu’il entreprit avec ses co-détenus. C’est le début d’une carrière alternant littérature et cinéma, qui débute avec la proposition de Jacques Becker d’adapter "Le trou" au grand écran. Giovanni y fait ses premiers pas comme scénariste mais aussi acteur, puisqu’il interprète ici son propre rôle. A ses côtés : des comédiens non professionnels (tel Michel Constantin, dont c’est la première apparition à l’écran) parmi lesquels d’anciens détenus dont la présence renforce la poésie, l’intensité et l’authenticité du film. La trame sonore, conçue comme une mise en partition des sons assourdis de la prison, contribue, elle aussi, à la fascination qu’exerce encore ce film cinquante ans après sa réalisation. Bien plus qu’un simple "film d’évasion" à suspense, "Le trou" s’offre comme une expérience de cinéma hors du commun dans laquelle les images révèlent l’univers invisible des sentiments et des valeurs. Un film sur la solidarité, la trahison et le hasard. A (re)découvrir sans hésiter.

+ Prisons des villes, prisons des champs

Ateliers urbains, 2014, video, vo fr , 22'

A l’heure où on évoque la fermeture des prisons de Saint-Gilles et de Forest et la construction d’un méga complexe pénitentiaire à Haren, que penser de ce transfert des prisons de ville à la campagne ? Est-ce vraiment une réponse pertinente au problème de surpopulation carcérale de la Belgique ? Quelles sont les priorités pour le réaménagement des anciennes prisons ? Qu’en pensent les riverains ? Pour ouvrir le débat, les Ateliers urbains ont réalisé ce court métrage avec des habitants de Haren, de Saint-Gilles et des travailleurs d’Inter-Environnement Bruxelles.

08.08 > 21:30


Concert

Glü

"La musique électronique est la réponse musicale l’ordinateur à l’homme , Glü est la réponse vivante de l’homme à l’ordinateur". Mélangeant drum’n bas, transe et breakcore, Glü défie la notion d’électro à sa racine et sublime son format en introduisant le musicien comme machine à jouer. Batterie, basse électrique, Rhodes et Korg sont les éléments clefs. Si le projet traduit parfois une forme d’urgence, Glü offre toujours une ouverture, un arc-en-ciel brutalement naïf dans la noirceur de son ciel musical. Par nappes successives, les pulsations commencent par chatouiller les oreilles humanoïdes puis décoller les semelles électriques. Reste à tomber la chemise synthétique et se laisser emporter par le gig.

www.leglu.com

09.08 > 20:00 + 09.08 > 24:00


Films

Scum

Alan Clarke, 1979, 35mm, vo st fr, 96'

Dans sa première version "Scum" (insulte argotique en anglais) appartenait à la catégorie des "drames documentaires" créés par la télévision britannique dans les années 70. Mais comme le bouillant Alan Clarke en avait fait un film trop noir, trop violent et trop réaliste pour la BBC, celle-ci le mit au placard et l’y enferma durant plus de vingt ans. Avec aplomb, Clarke en racheta les droits pour tourner cette version destinée au cinéma. Encore plus fougueux et haletant que l’original, c’est l’exemple type du film réalisé sur le fil du rasoir. Un regard sans concession sur un institut britannique de rééducation pour jeunes délinquants. D’une efficacité redoutable, "Scum" n’a pas pris une ride. Ray "Sexy Beast" Winstone nous y offre une interprétation poignante d’un jeune criminel qui se retrouve dans un régime où l’éducation, l’assistance psychologique et la correction ne sont pas de mise. Un univers impressionnant de colère rentrée et de violence sous-jacente, où la sauvagerie est générée par des humiliations permanentes, des rapports de pouvoir très marqués et une promiscuité néfaste. Quand on traite les humains comme des bêtes, ils finissent par se comporter comme tels.

+ In

Ateliers fugitifs, 1999, video, vo fr , 15'

Quinze ans après leur réalisation, les courts métrages des Ateliers fugitifs restent une des rares expériences de tournage cinématographique à l’intérieur d’une prison bruxelloise, qui plus est sous forme d’ateliers impliquant des détenus. "In" est une impression filmique du conditionnement révélant une journée ordinaire à la prison de Saint-Gilles.

09.08 > 21:30


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prog: 2019
pos: aval