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Weekend #1

Lieu

Marolles

A plusieurs reprises au cours de ces dernières années, le Cinéma Nova s’est intéressé aux Marolles à travers des films évoquant le caractère frondeur et populaire de ce quartier comptant de nombreux logements sociaux, sa résistance aux tentatives d’expulsions, à la touristification et à la "sablonisation"… Pourtant, jamais le Nova ne s’était encore déplacé dans les Marolles. Et puis, au début de cette année, il y eut "Le chantier des gosses". La sortie de ce film tourné juste avant l’Expo 58 et exhumé presque 60 ans après sa réalisation, suscita beaucoup d’émotion et un engouement hors du commun : près de 8000 spectateurs ont accouru au Nova puis au Vendôme pour le découvrir et se plonger dans les réalités de la vie d’alors dans les impasses "glaireuses" de ce quartier "populeux" situé en plein cœur de la capitale (comme l’écrivait la presse de l’époque). Un quartier qu’on cherchait à cacher à tout prix de la vue des touristes et qu’on leur exhibe aujourd’hui comme un reliquat de l’âme "authentique" de Bruxelles. Nous ne pouvions pas passer à côté de l’occasion de projeter ce film sur les lieux mêmes de son tournage et d’organiser tout un week-end du PleinOPENair dans les Marolles. Il était temps !

- Rampe du Palais de Justice, entrée via place Poelaert ou rue des Minimes (coin rue Wynants – rue du Faucon), 1000 Bxxl ⎟ Tram : 92, 93 (Poelaert) ⎟ Bus : 27, 48 (Jeu de Balle) ⎟ Métro : 2, 6 (Louise) ⎟ Bus de nuit : N12 Jeu de Balle – dir. Stalle (dernier > 2:17), Bourse (dernier > 2:25).

25.07 > 20:00 + 26.07 > 18:00


Fantazio, nomade urbain formé sur la ligne 6 du métro parisien, et son comparse Francesco Pastacaldi ont été enlevés par les Tamouls Kavitha Gopi et Paul Jacob, punks indiens puisant dans les chants et poèmes de l’Inde ancienne pour nourrir une musique traditionnelle et d’avant-garde. Après 18 années de quête tumultueuse à écumer salles, bistrots, théâtres ou prairies, après 2500 concerts à défendre une improvisation sauvage et à chanter des petites et grandes histoires d’errance avec des gens d’horizons différents, Fantazio se retrouve enfin domestiqué, dressé par ces deux bandits indiens, pour unir la culture punk, l’hindouisme ancien, le rockabilly, le hip-hop et le burlesque. Pour créer une passerelle entre les joyaux des différentes disciplines segmentées, volées et cachées par les démons des mondes modernes occidentaux. C’est décidé, leur mission sera de décongeler les cœurs somnolents de nos mornes consciences par de la transe védique punk-rockabilly électrique et des poèmes anciens !

www.fantazio.org

25.07 > 20:00 + 25.07 > 24:00


Jean Harlez, 1956-1970, 35mm, vo fr st ang & nl, 83'

En trimballant sa caméra dans les rues des Marolles, Jean Harlez réalisait un rêve : montrer la vie dans un quartier pauvre, faire du cinéma en se mêlant à la vie, avec des gens de la rue. L’histoire est celle de la résistance d’une bande de galopins contre ceux qui veulent voler leur terrain vague pour y faire pousser des barres de logement. "Qu’ils les canardent à coup de lance-pierres ou qu’ils se réapproprient leur terrain de jeu, ils préfigurent déjà le combat populaire qui se développera, quinze ans plus tard, contre l’extension du Palais de Justice". Mais l’intérêt principal du film est ailleurs : "On parlera, à raison, de l’influence du néoréalisme italien dans le souci quasi documentaire de dépeindre la réalité avec un minimum de mise en scène, sans l’enjoliver d’aucune manière. Ici, les acteurs sont les habitants du quartier, qu’Harlez met un point d’honneur à filmer dans leur cadre de vie quotidien. Il n’y a pas de décors, il y a la rue, ses pavés et ses trottoirs, les pauvres logis, les échoppes et les bistrots. Et surtout, il y a cette complicité empreinte de sympathie qui unit le cinéaste à ces gosses frondeurs et à leurs parents. Elle confère au film un ton naturel qui en fait une formidable machine à remonter le temps. C’est un Bruxelles disparu qui revit sous nos yeux, dans ses moindres détails" (d’après Cinergie, janvier 2014).

+ Les gens du quartier

Jean Harlez, 1955, 35mm, vo fr st ang & nl, 14'

Suivant la dernière tournée du marchand de coco (la "limonade du prolétaire", à base de réglisse), déambulant avec sa belle fontaine sur le dos, ce document précieux tourné par Jean Harlez parallèlement au tournage du "Chantier des gosses", s’attache à montrer les petits métiers de rue dans les Marolles, pour la plupart disparus aujourd’hui.

+ Lost & Found

Antje Van Wichelen, 2013, stop motion, sans dial, , 10'

Une errance textile dans Bruxelles, où les gants se trouvent, s’unissent, se déplacent pour retrouver un rôle. Vous ne les regarderez plus de la même façon. Un film en stop-motion, enregistré la nuit dans les rues de Bruxelles (notamment dans les Marolles), avec la caméra de Pascal Baes et une bande sonore créée par Aki Onda.

25.07 > 21:30


Lieu de débrouille, de brocante, de ferraille, d’immigration, les Marolles ont accueilli de nombreux Tziganes à une époque pas si lointaine. Bilo, violoniste de renom, Bonbon et Paul, guitaristes de toujours, font partie des figures locales qui ont longtemps écumé les rues et les bistrots du quartier. Les y revoici pour un hommage musical à la culture d’accueil du quartier envers tous types de populations. Ils entameront le bal avec l’âme de la musique tzigane et du jazz manouche, son humour et sa nostalgie.
David Becker, lui aussi issu de la communauté des "Gens du Voyage", est connu pour son groove et son sens de l’improvisation qui raconte toujours une histoire, celle du peuple manouche, ses errances, ses souffrances, ses combats et ses espoirs. Il jouera avec Marolito, guitariste ouvert sur de nombreux horizons et dont le nom de scène évoque les Marolles, en hommage à la rue des Radis d’où sa famille fut expropriée. Une rencontre entre guitare flamenca et guitare de jazz manouche, cordes de cuivre et de nylon, mélodies de l’est et latines, chants de l’errance d’avant Django en résistance contre ce monde sédentaire qui ne laisse plus de place aux nomades… Un voyage tsigane qui invite à la métamorphose et la créolité.

26.07 > 18:00


Films

Il Tetto

Le toit

Vittorio De Sica, 1955, 35mm, vo st fr, 91'

Dans une Rome à l’industrialisation florissante, l’habitat démocratique et l’équipement public font cruellement défaut. Au point que des pans entiers de quartiers sont construits sauvagement sur des terrains vagues. Vittorio De Sica emprunte ce décor d’après-guerre pour planter sa comédie dramatique… Tout juste mariés, Luisa et Natale subissent la crise du logement et doivent cohabiter avec la famille du jeune homme. Jusqu’au jour où ils décident de fuir cette promiscuité déplaisante au prix d’une séparation forcée. Luisa, qui estime les doigts d’or d’aide-maçon de Natale, le convainc alors d’agir pour conjurer leur sort : contourner la loi en édifiant clandestinement un abri solide que les autorités ne pourront détruire si il est construit en une nuit et avant l’aube, toit compris… Ecrit par son compère Cesare Zavattini, "Il Tetto" sera le dernier film néoréaliste de l’auteur du "Voleur de bicyclette", en hommage au mouvement italien qui, par ses thèmes et ses moyens de production, aura influencé pour longtemps nombre de cinéastes à travers le monde.

+ L’arbre à palabre

Mohamed Ouachen, 2001, video, vo fr , 26'

"L’arbre à palabre" est le fruit d’un projet donnant la parole aux habitants des Marolles concernant la venue des nouveaux bancs sur la place de l’Épée ( où se trouvait jadis le terrain vague du "Chantier des gosses"). C’est là que Mohamed Ouachen entend parler pour la première fois de "sablonisation " (gentrification des Marolles ). Intrigué , il veut aller un peu plus loin et comprendre pourquoi remplacer des bancs par des nouveaux…

26.07 > 21:30


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