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José Ramón Larraz

José Ramón Larraz (°1928, Barcelone) est une figure particulièrement atypique du cinéma espagnol. Homme d’images, il développe au cours des années 50 et 60, d’abord en Espagne puis en France et en Belgique, une prolifique carrière à la fois comme dessinateur de bandes dessinées et comme photographe. Mais Larraz vise avant tout le cinéma. Une rencontre déterminante - celle de Josef von Sternberg à la Cinémathèque Royale de Bruxelles - l’encourage à concrétiser ses objectifs. Larraz met en chantier son premier film, et, anglophile convaincu, s’installe en Angleterre. C’est au cours de sa "période anglaise" qu’il va peaufiner son approche particulière du cinéma d’angoisse : sous l’influence d’auteurs comme Thomas Owen et Henry James, un cinéma "sensitif" - ou sensuel - paradoxalement plus proche de certains gialli que des productions horrifiques de la Hammer. Si la démarche de Larraz est originale, son œuvre, à la fois internationale et confidentielle, a longtemps été marginalisée. Le présent hommage tente d’éclairer le parcours de ce réalisateur franc-tireur.

José Ramón Larraz a malheureusement été contraint d’annuler sa venue à Bruxelles pour des raisons de santé. Cette programmation reste néanmoins une occasion exceptionnelle de découvrir son travail.



José Ramón Larraz, 1974, 35mm, vo ang st fr & nl, 87'

Le film le plus connu de José Larraz. Très sanglant, plus explicite dans le gore et avec un fort contenu érotique, ce qui en fait un favori des aficionados du cinéma d’horreur. Un couple de vampires lesbiennes (Anulka et Marianne Morris, mémorables), vivant dans un manoir isolé dans la campagne, accueille des personnes égarées... Les futures victimes, hommes et femmes, sont fascinées par l’apparente liberté sexuelle de leurs hôtes, sans savoir qu’elles ne désirent qu’une chose : assouvir leur insatiable soif de sang frais. Cette parabole sur le désir, sa beauté, sa bestialité, a subi les foudres de la censure britannique de l’époque. Les censeurs n’ont pas vu que la véritable provocation de Larraz était de concevoir, dans son style unique, un film de vampires débarrassé de ses racines chrétiennes profondes, de toute tentative moralisatrice, plongeant dans les excès du cinéma de genre pour exprimer sa fascination pour la femme. Un cinéaste "féministe" du reste assez isolé dans la sexploitation anglaise...

14.03 > 22:00
5€ / 3,5€


Celia Novis, 2011, video, vo ang st fr, 74'

La réalisatrice Celia Novis a côtoyé pendant 5 ans la silhouette énigmatique de José Ramón Larraz, et en a tiré un portrait fragmenté, esquissant au mieux l’homme dans sa complexité, dans le jeu de ses paradoxes. Solitaire et secret, mais recherchant le contact dès qu’il s’agit de (se) mettre en scène, franc-tireur et lucide, conteur et voyageur infatigable, José Larraz a vécu et épuisé de multiples vies professionnelles et sentimentales, et méritait bien d’être honoré de manière non conventionnelle, replacé au cœur de ses propres fictions. Le film de Celia Novis juxtapose extraits de films, séquences dessinées - juste retour des choses pour ce dessinateur prolifique - et images puisées dans sa vie récente, et éclaire le volet bruxellois de sa carrière, sur lequel planent les ombres de Josef von Sternberg et de Thomas Owen. Avec les voix - et les présences - des "Vampyres" Anulka et Marianne Morris.

16.03 > 18:00
5€ / 3,5€


The Coming of Sin

La visita del vicio

José Ramón Larraz, 1978, video, vt ang , 86'

"Vampyres" est le dernier film que Larraz réalisa en Angleterre. Les possibilités de tournage s’amenuisaient, et il dut se résoudre à travailler en Espagne. S’ensuit une série de contes érotiques épinglant une société cadenassée par les tabous sexuels. De cette période post-Franco émerge un de ses films les plus étranges. Tourné avec un budget dérisoire et sans acteurs professionnels, "La visita del vicio", dans les mains de Larraz, devint un objet onirique étonnant, avec des scènes de cette beauté évidente et folle qui auraient pu plaire à Buñuel. "La visita del vicio" est l’histoire de deux femmes dont la relation amoureuse est menacée par l’arrivée d’un homme. Désirs, pulsions de mort et origines sociales opposées s’entremêlent comme des corps blessés jusqu’au soubresaut final... Présenté dans sa version uncut !

16.03 > 24:00
5€ / 3,5€


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