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100 Years Nikkatsu

Nikkatsu a beau être le plus ancien des cinq grands studios de cinéma japonais, ses productions dégagent toujours une aura novatrice et vigoureuse. Dans les années 60, le studio s’est posé en précurseur de la Nouvelle vague japonaise. Alors que les réalisateurs de l’époque puisaient leur inspiration dans le cinéma occidental pour produire des films énergiques marqués par un anarchisme jovial, un rebelle visionnaire comme Seijun Suzuki mettait en scène des fusillades brutales entre yakuza, en ayant recours à des couleurs délirantes ou une monochromie rigide. La baisse des entrées à laquelle ont été confrontés les studios de cinéma du monde entier au début des années 70 ont fait prendre au studio Nikkatsu un virage à 180°. Il ne produira plus que des films érotiques, sous l’appellation ’roman porno’. Une nouvelle vague de réalisateurs s’est empressée de saisir cette occasion pour se livrer, dans ce cadre, à des expérimentations au niveau de la forme et du style. Pour célébrer le centième anniversaire de la Nikkatsu, Offscreen a sélectionné les films les plus singuliers de son riche catalogue.

Jasper Sharp est le co-fondateur d’un site Internet de référence en matière de cinéma japonais : Midnight Eye. Il est également l’auteur de Beyond the Pink Curtain, un ouvrage impressionnant consacré aux films érotiques japonais, ainsi que de The Historical Dictionary of Japanese Film, le livre par excellence sur l’histoire cinématographique japonaise. Il nous fera le plaisir d’être présent pour introduire une partie de ces séances.



Branded to Kill

殺しの烙印 (Koroshi no rakuin)

Seijun Suzuki, 1967, 35mm, vo st ang, 91'

Jo Shishido est Goro Hanada, un tueur à gages chevronné avec une passion pour le riz bouillant. Après avoir raté son dernier job, commandité par l’énigmatique Misako, le bourreau devient lui-même la cible de ses collègues. La descente dans la folie d’Hanada constitue l’intrigue de cette histoire disjonctée, une incursion qui coûtera à Seijun Suzuki son poste chez Nikkatsu. Le studio, s’attendant au typique film yakuza, a été pris de court par la moquerie flagrante des conventions du genre, arrêtant effectivement la distribution du film. Néanmoins, "La marque du tueur" est reconnu comme un des piliers de la Nouvelle vague japonaise, inspirant par la suite des réalisateurs tels que Jim Jarmusch et Quentin Tarantino.

16.03 > 20:00
5€ / 3,5€ Combi 2 films > 7,5€ / 6€


Youth of the Beast

野獣の青春 (Yajū no seishun)

Seijun Suzuki, 1963, 35mm, vo st ang, 92'

Le trentième film de Suzuki aura été celui de sa consécration. C’est dans ce film qu’il a pu déployer toute la flamboyance de son style. Un ex-flic au chômage déboule comme une furie dans le quartier général d’une bande de yakusa, balance les beignes à la volée et pointe son flingue sur le chef de gang, pour lui demander du travail. Impressionné par tant d’audace, celui-ci lui propose d’aller éliminer le chef d’une bande rivale. S’ensuit une descente brutale dans des bas-fonds remplis de gangsters, de dealers et de maquereaux, où Suzuki offre un véritable festin visuel tout en couleurs chatoyantes. Un remake du film, réalisé par John Woo, est prévu pour 2014, ne ratez donc pas cette chance de voir l’original !

16.03 > 22:00
5€ / 3,5€ Combi 2 films > 7,5€ / 6€


Gate of Flesh

肉体の門 (Nikutai no mon)

Seijun Suzuki, 1964, 35mm, vo st ang, 90'

Dans une Tokyo d’après-guerre, les truands se livrent à des conflits territoriaux acharnés. Maya, une jeune fille famélique et abandonnée, s’intègre dans une bande de prostituées émancipées qui sont unies par un principe inéluctable : ne jamais coucher avec quelqu’un gratuitement, sous peine d’humiliation, torture et expulsion. Shintaro Ibuki, un ex-soldat défiant joué par le mythique Joe Shishido, infiltre la demeure des femmes et devient aussitôt une source de tension entre elles ainsi qu’une présence perturbante pour Maya, pour qui Shin incarne un bonheur longtemps perdu… Un superbe exemple des débuts du pinku, "La barrière de chair" met en scène une sensualité crue exaltée par la cinématographie hallucinante de Suzuki.

Séance introduite par Jasper Sharp.

22.03 > 20:00
5€ / 3,5€ Combi > 10€ / 7,5€


Secret Chronicle : She Beast Market

(秘)色情めす市場 (Maruhi : shikijô mesu ichiba)

Noboru Tanaka, 1974, 35mm, vo st fr & ang, 83'

Dans les quartiers glauques d’un Osaka écrasé par un soleil de plomb, Tome, tout comme sa mère, est une prostituée désinvolte qui passe de client en client sans état d’âme. Rien ne semble l’atteindre : ni ses disputes constantes avec sa mère qui l’accuse de lui voler des clients, ni l’appétit sexuel de son frère attardé mental, qu’elle satisfait d’ailleurs avec indifférence. Tant qu’elle n’a rien à perdre, elle se sent libre. Mais elle se rend bien compte que tout cela risque de changer un jour. Un chef-d’œuvre avant-gardiste du maître du "roman porno" Noboru Tanaka ("Watcher in the Attic"). La moiteur de l’été et la rudesse du monde dans lequel évolue Tome sont rendus dans une photo noir et blanc impressionnante. Un film à découvrir absolument sur grand écran !

Séance introduite par Jasper Sharp.

22.03 > 22:00
5€ / 3,5€ Combi > 10€ / 7,5€


World of Geisha

四畳半襖の裏張り (Yojōhan fusuma no urahari)

Tatsumi Kumashiro, 1973, 35mm, vo st ang, 72'

La chronique d’une maison de Geishas à l’aube de l’intervention japonaise en Sibérie en 1917. La maîtresse d’un bordel veille d’une main de fer à l’éducation de ses filles. Celles-ci doivent par exemple être capables de faire le ménage en tenant un œuf entre les fesses. L’une des premières règles de la maison est de ne jamais tomber amoureuse d’un client. Mais dès sa première passe, la jeune Sodeko tombe éperdument amoureuse... Un grand classique du genre "roman porno", mélangeant les scènes de sexe torride et le drame poignant. Grand admirateur du film, François Truffaut voyait des accents renoiriens dans cet "éloge de la beauté féminine et critique de la bêtise masculine".

Séance introduite par Jasper Sharp.

22.03 > 24:00
5€ / 3,5€ Combi > 10€ / 7,5€


The Warped Ones

狂熱の季節 (Kyonetsu no kisetsu)

Koreyoshi Kurahara, 1960, HD, vo st ang, 75'

Akira gagne sa vie en chapardant les portefeuilles des clients de sa fiancée prostituée. Jusqu’au jour où il se fait repérer par un journaliste qui le fait immédiatement envoyer en prison. À sa sortie, Akira est ivre de vengeance - pas seulement envers le journaliste mais envers la société toute entière. Le seul endroit où sa furie trouve un tant soit peu de répit est une boîte de jazz, décorée des posters de Dizzy Gillespie et de Thelonious Monk. Koreyoshi Kurahara offre ici la réponse japonaise au "À bout de souffle" de Godard, et réalise un classique de la Nouvelle vague japonaise : amoral, anarchique et nihiliste.

Séance introduite par Jasper Sharp.

23.03 > 18:00
5€ / 3,5€


A Colt Is My Passport

拳銃は俺のパスポート (Koruto wa ore no pasupôto)

Takashi Nomura, 1967, 35mm, vo st ang, 84'

Tueur à gages professionnel, Jo Shishido est engagé par un clan de yakuza pour descendre le chef d’une bande rivale, ce dont il s’acquitte avec une froide efficacité. Mais il déclenchera du même coup une implacable chaîne d’événements lorsque son commanditaire le jettera en pâture à la famille de la victime assoiffée de vengeance. Traqué de toutes parts, il fera tout pour sauver sa peau. L’un des meilleurs films de yakuza des années soixante, "A Colt Is My Passport" est un polar stylé au noir et blanc somptueux et à la bande-son inspirée par le western-spaghetti. Une œuvre immanquable qui mélange les genres à la perfection.

Séance introduite par Jasper Sharp.

23.03 > 20:00
5€ / 3,5€


Retaliation

縄張はもらった (Shima wa moratta)

Yasuharu Hasebe, 1968, 35mm, vo st ang, 95'

Après huit années passées derrière les barreaux, Sumukawa tente de renouer avec son ancienne famille de yakuza. Il retrouve le chef de bande en train d’agoniser sur son lit de mort et le reste du clan se délite sous les assauts d’un gang rival cherchant à s’approprier leur territoire. Bien décidé à reprendre les rênes, Sumukawa se lance dans une ultime lutte de pouvoir. Cette chronique d’une impitoyable lutte des clans traitée sur le ton voyeuriste réserve un second rôle de choix à la superbe Meiko Kaji (la célèbre "Femme scorpion"). L’occasion unique de voir ce film rare, aux mouvements de caméra énergiques, aux brusques explosions de violence et au cynisme bien trempé, précurseur de l’œuvre d’un Kinji Fukasaku dans les années 70.

24.03 > 18:00
5€ / 3,5€


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