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Tabu

Janvier 2013, le Cinéma Nova fête son anniversaire. 16 années à programmer des films de cinéastes indépendants aux approches atypiques, souvent méconnus des médias et des grands festivals, à suivre avec intérêt le parcours de nombre d’entre eux… Parfois, certains voient soudain un de leurs films primé par des festivals de première catégorie et obtenir ainsi un écho plus important. C’est aujourd’hui le cas de Miguel Gomes, jeune réalisateur portugais qui, après quelques films passés quasi inaperçus chez nous, fait pour la première fois l’objet d’une distribution dans notre pays. Il faut dire que son nouveau film, "Tabu" ("Tabou" en français), collectionne depuis un an les prix (notamment au dernier festival de Berlin et tout récemment au festival de Gand, où il a été élu "meilleur film"). Sortant actuellement sur les écrans de 40 pays, personne ne tarit d’éloges à son égard.

Ce n’est pas pour ajouter notre voix à ce concert de louanges que nous avons choisi de donner à ce film une place inhabituellement grande dans notre programmation, et par la même occasion de faire une entorse à notre principe de ne montrer que des films qui n’ont pas l’occasion d’être vus ailleurs. En 2009, le Nova avait été la seule salle en Belgique à sortir le précédent long métrage de Miguel Gomes, "Ce cher mois d’août". Nous étions tout autant envoûtés par la sensibilité et la richesse particulières de ce film d’apparence tout simple, qu’admiratifs devant sa démarche et sa liberté de réalisation. Et voilà que "Tabu" nous impressionne au moins autant ! Fort d’une belle matière, d’une intuition, d’un talent pour l’improvisation qui n’a d’égal que son talent pour s’écarter d’un scénario, Gomes prend un plaisir manifeste à mélanger les registres et les genres, jouer sur les ruptures et les décalages… Un autre élément saillant transpire de ses films : il ne se comporte pas en auteur, mais plutôt en gamin qui entraîne ses copains dans ses jeux. On sent très fortement la dimension collective qui a régné dans l’élaboration et la fabrication de ses films. La dernière scène de "Ce cher mois d’Août" nous montrait d’ailleurs l’ingénieur du son, Vasco Pimentel, s’opposant au réalisateur borné qui ne voulait que des sons réels. Entretemps, ils se sont mis d’accord et nous proposent avec "Tabu" un traitement du son très particulier qui rend hommage au cinéma muet, à l’image du film entier qui puise dans le passé pour mieux inventer son propre langage cinématographique.

L’enthousiasme général dont jouit désormais Gomes nous paraît donc bien justifié, même s’il aurait pu s’exprimer avec autant de force lors de la sortie de ses deux précédents films. Voilà qui nous a donné l’envie de consacrer une rétrospective intégrale à ce cinéaste qui n’a que six courts et trois longs métrages à son actif ! Cela s’étalera sur sept semaines (du 10 janvier au 24 février) et démarrera en présence de Miguel Gomes et de quelques membres de son équipe (les 10 et 11 janvier).

Et puisque la musique est un véritable fil rouge dans son cinéma, le Nova organise également trois concerts uniques (les 11 et 18 janvier et le 23 février) pour fêter la sortie de son nouveau film et entrer dans son univers, nous l’espérons, de la plus belle manière qui soit.



Januari 2013. Cinema Nova viert haar verjaardag. Al 16 jaar lang programmeren we films van eigenzinnige onafhankelijke filmmakers die vaak niet erkend worden door de media en de grote festivals, maar wiens parcours we nieuwsgierig volgen… Soms gebeurt het dat een film van zo’n cineast door A-festivals wordt opgepikt, waardoor hij een grotere weergalm krijgt. Dat gebeurde onlangs met Miguel Gomes. Na enkele films die hier zo goed als onopgemerkt bleven, krijgt deze jonge Portugese regisseur met zijn nieuwste film voor het eerst een echte release in ons land. Deze film, "Tabu", kaapt al een jaar lang prijzen weg (op de laatste Berlinale, en net nog op het festival van Gent, waar hij tot "Beste Film" werd verkozen). De film speelt nu in 40 landen, en oogst niets dan lof.

We geven deze film ongebruikelijk veel aandacht in onze programmatie. Dit is eigenlijk vanzelfsprekend voor ons. In 2009 was Nova de enige filmzaal in België die Gomes’ vorige film uitbracht, "Aquele Querido Mês de Agosto" (Ce cher mois d’août). We waren betoverd door de fijngevoeligheid en schijnbare eenvoud van deze film, we bewonderden zijn originele aanpak... "Tabu" heeft ons op dezelfde manier gecharmeerd ! De film is niet alleen visueel en inhoudelijk een pareltje. Gomes gaat intuïtief te werk en toont zijn talent voor improvisatie door af te wijken van het scenario. Hij schept er duidelijk plezier in om genres door elkaar te schudden, speels met conventies te breken en de grenzen ertussen op te schuiven… Opmerkelijk is dat Gomes zich niet alleen als een auteur profileert, maar even goed als een makker die met zijn vrienden filmt. We voelen duidelijk het collectieve aspect van filmmaken. Zo zien we bijvoorbeeld in de laatste scène van "Aquele Querido Mês de Agosto" hoe de geluidsman, Vasco Pimentel, woorden heeft met de koppige regisseur, die uitsluitend de oorspronkelijke geluidsband wil gebruiken. Intussen komen ze terug goed overeen : in "Tabu" brengt het geluidsconcept hulde aan de stille film. Door een duik te nemen in het verleden, ontwikkelt de film zijn eigen filmtaal.

De waardering die Gomes nu geniet, is dus wat ons betreft volledig terecht. Die had zelfs veel eerder mogen komen, met zijn twee vorige films. Reden genoeg voor ons om een retrospectieve van zijn hele oeuvre te programmeren, zes kortfilms en drie langspeelfilms ! Dit programma is gespreid over zeven weken, van 10 januari tot 24 februari. Het startschot wordt gegeven door Miguel Gomes zelf en enkele leden van zijn filmcrew, op 10 en 11 januari.

Omdat muziek een rode draad vormt doorheen zijn films, organiseert Nova ook drie exclusieve concerten (op 11 en 18 januari en 23 februari) om de release van zijn nieuwe film te vieren en jullie op de best mogelijke manier kennis te laten maken met zijn bijzondere universum.



On January 2013, Cinema Nova celebrates its anniversary. 16 years programming films by independent directors whose atypical approach to filmmaking is often ignored by mainstream media and festivals, but whose career we’ve followed throughout… Some of them have been surprised to discover one of their films awarded at a first category festival, garnering unforeseen attention. Such is the case of Miguel Gomes, a young Portuguese director whose films were largely overlooked but whose work is finally being distributed in our country. It’s worth noting that his new film, “Tabu”, has been collecting prizes for the past year, notably at last year’s Berlin Festival and most recently at the Ghent Film Festival where it won the Grand Prix for Best Film. Currently released in 40 countries, there has been no shortage of praise for “Tabu”.

The reason we are giving this film such an unusually prominent spot in our program – and thus infringing our principle of only screening movies that don’t get shown elsewhere – is not to add our voice to the cries of exaltation that it is already receiving. In 2009, Cinema Nova was the only theatre in Belgium to release Miguel Gomes’s previous feature, “Our Beloved Month of August”. We were just as captivated by the sensibility and breadth of this seemingly simple film as we were appreciative of its approach and stylistic freedom. “Tabu” has impressed us just as much ! Heavily endowed with a beautiful subject matter, a strong talent for improvisation whose only match is his talent for distancing himself from the script, Gomes visibly enjoys mixing up registers and genres and toying with ruptures and contrasts. Another arresting element transpires from his films : he does not assume the role of the director, but that of the young boy who leads his friends into his game. The collective dimension that rules the creation and production of his films is palpable to all. The last scene of “Our Beloved Month of August” reveals to the audience the sound engineer, Vasco Pimentel, next to the director who only wanted real sounds in the film. Since then, the pair got together again to endow “Tabu” with a rather particular sound treatment that pays tribute to silent film, consistent with the entirety of the film which draws lessons from past in order to better invent its own cinematic language.

The general enthusiasm roused by Gomes seems rather justified in our eyes, even if he could have expressed himself with the same amount of energy in his previous films. That is what prompted us to devote an entire retrospective to this filmmaker whose oeuvre is made up of six short films and three full-length films with diegetic sound !

The retrospective will last all of seven weeks (from January 10th to February 24th) and it will kick off in the presence of Miguel Gomes and a few members of his crew (January 10th and 11th).
And since music is a guiding element in Gomes’s cinema, the Nova will also organize three rather unique concerts (January 11th and 18th, and February 23rd) in order to celebrate the release of his new film and to enter his universe in what we hope will be the most alluring way imaginable.



Tabu

TABOU

Miguel Gomes, 2012, PT, 35mm, vo st fr & ang, 118'

Aurora n’en finit pas de se lamenter auprès de sa voisine, de se montrer injuste avec sa femme de ménage et de déplorer que sa fille ne vienne plus la voir. Avant de mourir, Aurora fera un mystérieux vœu : elle veut revoir un homme, Gian Luca Ventura. Celui-ci a un pacte secret avec elle, et une histoire à raconter ; une merveilleuse tragédie sentimentale qui s’est passée il y a cinquante ans, peu avant le début de la guerre de colonisation portugaise. Cette histoire débute ainsi : "Aurora avait une ferme en Afrique au pied du Mont Tabu"

"Le projet du film est de montrer le colonialisme comme du Hollywood raté".
— Miguel Gomes

"Tabu" débute par un prologue en noir et blanc, film dans le film, où un explorateur est mangé par un crocodile qui devient mélancolique. Puis vient l’histoire de Pilar, femme vieillissante qui, dans un Lisbonne contemporain, vit seule, mélancolique elle aussi. Entre ses activités de catholique altruiste, un peintre un peu lourd qui lui fait la cour et une polonaise venue pour une rencontre de Taizé qui lui fait faux bon, on découvre sa vieille voisine, Aurora. Celle-ci claque tout son argent au casino à mesure qu’elle perd la tête et suspecte sa servante africaine, Santa, de faire du vaudou à son encontre. Sur son lit de mort, Aurora demande à revoir un homme dont personne ne connaissait l’existence jusqu’alors. Pilar et Santa découvriront que cet homme existe bien mais qu’il n’a plus toute sa tête…

Après ce "Paradis perdu", c’est au "Paradis" qu’est convié le spectateur dans la seconde partie du film, constituée comme un flashback. L’amant d’Aurora nous y conte en voix off leur histoire d’amour poignante, dans une Afrique de cinéma asynchrone dont subsistent les images mais dont le son est contemporain. Nous voilà plongés entre réalisme et merveilleux, entre grotesque et tragédie. Dans un univers de réminiscences coloniales, de musique de circonstance et de romances sans second degré pénible mais où règnent au contraire poésie, humour, présent et ancien… Et un sentiment de liberté comme savent le transmettre les œuvres majeures lorsqu’elles trouvent le ton juste. Il faut dire que si "Tabu" trouve sa voie, c’est en jouant sur la notion de sentiers, battus ou non, voire même de pistes, que l’on suit ou pas, mais qui ont toujours une signification. La liberté vient en grande partie du brouillage de ces pistes, du sentiment de pouvoir changer de cap à tout moment.

Pour Miguel Gomes, "Tabu" est "un film de fantômes". La puissance déchue du Portugal y plane, comme l’amour meurtri des principaux protagonistes ou la disparition du cinéma muet. C’est aussi ça, le "paradis perdu". Un cinéma de matière, où les personnages disparaissent en même temps que la matière qui les filme. On trouve bien sûr dans "Tabu" des références à Murnau : par le titre même du film, celui des deux parties (ici inversées), le prénom d’Aurora, mais aussi par l’imaginaire que fait naître la rencontre entre image et son. L’Afrique cinématographique rappelle brumeusement les grandes heures d’Hollywood, et l’on touche au sublime du Tarzan de Van Dyke… Les acteurs semblent eux aussi sortis d’un autre âge dans la partie africaine du film : la beauté sensuelle de la jeune Aurora et le charme moustachu d’un Errol Flynn moderne ne sont pas étrangers à la fascination qu’exerce le "Paradis".

La figure récurrente du crocodile, qui sert de symbole à différentes occasions mais est aussi là pour lui-même, s’avère l’un des fils rouges les plus sensuels et mélancoliques qui soit. Un élément poétique forcément, un mot magnifique, difficilement prononçable par les enfants, et tout à fait désarmant prononcé en portugais.

- Le 10 janvier, la première séance de "Tabu" sera introduite et suivie d’une rencontre avec Miguel Gomes, Mariana Ricardo, Bruno Duarte en Nuno Pessoa.

"Tabu n’est pas un film de références cinéphiliques, un pastiche ou un hommage, mais plutôt un film qui retrouve les origines du cinéma, les émotions et les surprises que pouvaient procurer aux premiers spectateurs les images projetées sur un écran blanc. (…) Passé et présent, Portugal et Afrique, slapstick et mélodrame, vie et mort, hommes et animaux, serviteurs et maîtres, silences et chansons sont les ingrédients d’un poème d’images et de sons qui ressuscite avec beaucoup de mélancolie un monde éteint, un âge d’or, un paradis perdu, qui fait rire et pleurer à cause de ses péripéties mais aussi parce qu’on a le sentiment pendant la projection d’assister à un miracle égaré dans une époque qui ne le mérite pas. Ils sont rares les films qui donnent l’impression de réinventer le cinéma, de nous offrir une expérience inoubliable, où tout est grâce. Tabu est de ces films".
— Olivier Père, journaliste et programmateur de cinéma

- Le film sera projeté jusqu’au 24 février (voir grille horaire).

10.01 > 20:00 + 12.01 > 19:00 + 12.01 > 21:30 + 13.01 > 17:00 + 13.01 > 19:30 + 13.01 > 22:00 + 17.01 > 22:00 + 18.01 > 19:30 + 19.01 > 19:00 + 19.01 > 21:30 + 20.01 > 17:00 + 20.01 > 22:00 + 25.01 > 19:30 + 25.01 > 22:00 + 26.01 > 21:30 + 27.01 > 17:00 + 27.01 > 19:00 + 27.01 > 21:30 + 31.01 > 19:00 + 02.02 > 18:00 + 03.02 > 22:00 + 08.02 > 22:00 + 09.02 > 19:00 + 09.02 > 21:30 + 10.02 > 21:30 + 15.02 > 22:00 + 16.02 > 19:00 + 17.02 > 19:00 + 17.02 > 21:30 + 23.02 > 19:00 + 24.02 > 18:00
5€ / 3,5€


Miguel Gomes, 2012, PT, 35mm, vo st fr & ang, 118'

Aurora is een excentrieke oude dame. Ze doet niets anders dan zich beklagen bij haar buurvrouw. Haar thuishulp behandelt ze onrechtvaardig en ze jammert dat haar dochter haar nooit komt opzoeken. Voor ze sterft, heeft Aurora nog één mysterieuze wens : ze wil een man weerzien, Gian Luca Ventura, met wie ze een geheim pact heeft. Hij heeft een verhaal te vertellen : een prachtige liefdestragedie die zich vijftig jaar eerder afspeelt, net voor het uitbreken van de Portugese kolonisatieoorlog. Zo begint het verhaal : "Aurora had een boerderij in Afrika, aan de voet van de berg Tabu"

"De idee achter de film is het kolonialisme tonen zoals een mislukte Hollywoodfilm".
— Miguel Gomes

"Tabu" begint met een proloog in zwart-wit, een film-in-de-film, waarin een ontdekkingsreiziger wordt opgevreten door een melancholische krokodil. Met een sprong in de tijd gaan we naar het hedendaagse Lissabon waar Pilar, een alleenstaande, ouder wordende vrouw, ook aan melancholie lijdt. Tussen haar activiteiten als katholieke altruïste, haar besognes met een zwaarlijvige schilder die haar het hof maakt en haar geannuleerde afspraak met een Poolse pelgrim op weg naar Taizé, ontdekken we haar oude buurvrouw Aurora. Die heeft al haar geld verspeeld in het casino en verdenkt haar thuishulp Santa van voodoo-praktijken. Op haar sterfbed vraagt Aurora naar een man van wie niemand het bestaan afwist. Pilar en Santa ontdekken dat deze man inderdaad bestaat, maar dat hij niet meer helemaal goed bij zijn hoofd is…

Na dit hoofdstuk "Verloren Paradijs" belandt de toeschouwer in het tweede deel van de film, "Het paradijs", dat geconstrueerd is als een flashback. Aurora’s geliefde vertelt ons in voice-over over hun schrijnende liefdesgeschiedenis in een asynchroon naverteld Afrika, met beelden van het verleden maar met klanken uit het heden. We bevinden ons tussen realisme en sprookje, tussen het groteske en de tragedie. Deze wereld speelt zich af in het koloniale verleden, met muziek uit die tijd, en allesbehalve doorsnee romances. De open landschappen suggeren een gevoel van vrijheid, maar eerst moeten er bergen verzet worden... "Tabu" speelt met het idee van paden die je al dan niet kan inslaan. Voor welk pad je ook kiest, ze zijn er niet zomaar. Op elk moment kan je kiezen, maar op elk moment kan ook alles plots omslaan. "Tabu" sleept je mee in een roes van vrijheid zoals alleen meesterwerken dat kunnen.

Miguel Gomes noemt "Tabu" "een film vol spoken". Hij verwijst naar de vergane glorie van Portugal, de uitgedoofde liefde tussen de hoofdpersonages, het verdwijnen van de stille film. Dat is immers ook "verloren paradijs". Een cinema van materie, net zoals film zelf trouwens, waar personages tegelijkertijd verdwijnen met de materie waarop gefilmd wordt. We vinden in "Tabu" verschillende verwijzingen terug naar Murnau : de titel van de film zelf, de titels van de hoofdstukken (hier omgedraaid), de naam Aurora, maar ook het samenspel van klank en beeld dat tot de verbeelding spreekt. Afrika doet denken aan het grote Hollywood van weleer, en aan Tarzan van Van Dyke. De acteurs uit dit deel van de film lijken ook al weggelopen uit een andere tijd : de sensuele schoonheid van de jonge Aurora en de besnorde charme van een moderne Errol Flynn dragen bij tot de pracht van dit "Paradijs".

- Op 10 januari wordt de eerste voorstelling van "Tabu" voorafgegaan en gevolgd door een ontmoeting met Miguel Gomes, Mariana Ricardo, Bruno Duarte en Nuno Pessoa.

- De film wordt vertoond tot 24 februari (zie uurrooster).

"You can read Tabu as a story about love, memory and melancholy ; as a rueful contemplation of Portugal’s colonial history ; or as a delirious celebration of story and the cinematic imagination. It is all of these, and in its delicate, even rather shy way, it’s the most joyously odd and surprising film of the year. It would take a truly reptilian soul not to love it".
Jonathan Romney – The Independent

10.01 > 20:00 + 12.01 > 19:00 + 12.01 > 21:30 + 13.01 > 17:00 + 13.01 > 19:30 + 13.01 > 22:00 + 17.01 > 22:00 + 18.01 > 19:30 + 19.01 > 19:00 + 19.01 > 21:30 + 20.01 > 17:00 + 20.01 > 22:00 + 25.01 > 19:30 + 25.01 > 22:00 + 26.01 > 21:30 + 27.01 > 17:00 + 27.01 > 19:00 + 27.01 > 21:30 + 31.01 > 19:00 + 02.02 > 18:00 + 03.02 > 22:00 + 08.02 > 22:00 + 09.02 > 19:00 + 09.02 > 21:30 + 10.02 > 21:30 + 15.02 > 22:00 + 16.02 > 19:00 + 17.02 > 19:00 + 17.02 > 21:30 + 23.02 > 19:00 + 24.02 > 18:00
5€ / 3,5€


Miguel Gomes, 2012, PT, 35mm, vo st fr & ang, 118'

Aurora is constantly whining to her neighbour, treating her maid unfairly, and bemoaning her daughter’s unwillingness to visit her. Before dying, Aurora makes a mysterious wish : to see a man named Gian Luca Ventura one more time. The latter shares a secret pact with her, and has his own story to tell : a wonderful sentimental tragedy that took place fifty years ago, right before the beginning of the Portuguese Colonial War. The story begins as follows : “Aurora had a farm in Africa at the foot of Mount Tabu…”

“The project of the film is to show colonialism assimilated to a failed Hollywood.” –Miguel Gomes

“Tabu” begins with a black and white prologue, a film within the film, where an explorer is gobbled up by a crocodile who, in turn, becomes melancholic. This bit is followed by the story of Pilar, an aging crow who, in modern day Lisbon, lives alone in a melancholy of her own. In between her activities as a devoted Catholic, the courtship of a somewhat annoying painter and the treason of a Polish woman on her way to a Taizé meeting, we discover her elderly neighbour, Aurora. When she’s not splurging her cash in casinos, Aurora is slowly losing her mind and suspects her African servant, Santa, of casting a voodoo spell on her. On her deathbed, Aurora demands the presence of a man whose existence was unknown to everyone. Pilar and Santa quickly discover that this man indeed exists, but his mind is no longer whole…

After this “Lost Paradise”, the spectator is ushered into “Paradise”, the second part of the film which is shown to be a flashback. We hear Aurora’s lover’s voice recount their sorrowful story, in an Africa seen through a sort of asynchronous cinema where the images are consistent with the time but the sound is contemporary. We find ourselves immersed in realism and wonder, the grotesque and the tragic, trapped in a universe filled with colonial reminiscences, circumstantial music and sincere romances that is nevertheless ruled by poetry, humour from the past and the present, and a feeling of freedom transmitted only by masterpieces once they find the right tone. Even if “Tabu” is right on track, it is only through fiddling with the very notion of trails and paths – whether they be beaten or pristine, whether we follow them or not, but which are always filled with meaning. Freedom stems greatly from interference with these paths, from feeling that the course can be changed wherever, whenever.

For Miguel Gomes, “Tabu” is “a film of ghosts”. The defeated power of Portugal hovers palpably over it, just like the bruised love of its protagonists and the disappearance of silent film. “Paradise Lost” indeed. We’re confronted with material cinema, where the characters disappear alongside the material which films them. References to Murnau abound in “Tabu” : the title of the film as well as the titles of the parts that compose it (which are inversed), the name Aurora, and the imaginary world which consolidates the convergence of image and sound. Cinematic Africa faintly echoes Hollywood’s golden days, and we can sensibly access the sublime of Van Dyke’s Tarzan… In the African part of the film, the actors themselves appear plucked from another era : the sensual beauty of the young Aurora and the moustached charm of a modern Errol Flynn are not uninvolved with the fascination exerted by “Paradise”.

The recurring figure of the crocodile, a mere symbol in many instances but often a character in itself, is one of the most sensual and melancholic threads in the film. A clearly poetic element, a marvellous word pronounced with difficulty by children which is nevertheless disarming when pronounced in Portuguese.

On January 10th, the first showing of “Tabu” will be introduced by Miguel Gomes and followed by an encounter with the director as well as Mariana Ricardo, Bruno Duarte et Nuno Pessoa.

“Tabu" is not a film filled with cinephile references, nor is it a pastiche or a tribute ; it’s a movie that goes back to the origins of cinema, the emotions and surprises that an image projected onto a white screen could arouse in the first spectators (…) Past and present, Portugal and Africa, slapstick and drama, life and death, men and animals, servants and masters, silences and songs…these are the ingredients to a poem of image and sound which dejectedly resuscitates an extinguished world, a golden age, a lost paradise which makes one laugh and cry with its twists and turns but also because one gets the feeling of witnessing a lost miracle in a time that isn’t worthy of it. It is rare to find films which seem to reinvent cinema, which offer an unforgettable experience where everything is charming. Tabu is one of those films. – Olivier Père, journalist and film programmer.

- The film will be presented until February the 24th (see calendar for time and date of screenings).

10.01 > 20:00 + 12.01 > 19:00 + 12.01 > 21:30 + 13.01 > 17:00 + 13.01 > 19:30 + 13.01 > 22:00 + 17.01 > 22:00 + 18.01 > 19:30 + 19.01 > 19:00 + 19.01 > 21:30 + 20.01 > 17:00 + 20.01 > 22:00 + 25.01 > 19:30 + 25.01 > 22:00 + 26.01 > 21:30 + 27.01 > 17:00 + 27.01 > 19:00 + 27.01 > 21:30 + 31.01 > 19:00 + 02.02 > 18:00 + 03.02 > 22:00 + 08.02 > 22:00 + 09.02 > 19:00 + 09.02 > 21:30 + 10.02 > 21:30 + 15.02 > 22:00 + 16.02 > 19:00 + 17.02 > 19:00 + 17.02 > 21:30 + 23.02 > 19:00 + 24.02 > 18:00
5€ / 3,5€


Véritable ode au cinéma, "Tabu" sera sur l’écran du Nova pour 30 séances, du 10 janvier au 24 février 2013. Le Nova sera la seule salle en Belgique où ce film, tourné en 35mm et 16mm noir et blanc (ce qui donne à chacun de ses deux volets sa tonalité propre), sortira en 35mm. À notre époque où le numérique remplace la pellicule à une rapidité hallucinante et où montrer du cinéma argentique devient de plus en plus cher et difficile, vous pourrez donc encore faire l’expérience de ce film dans son format original, ce qui est devenu assez rare pour être souligné ! Les autres films de la rétrospective Miguel Gomes seront également projetés en 35mm.
"Tabu" sera diffusé en version originale sous-titrée en français, agrémentée d’un sous-titrage anglais effectué par les soins du Nova.



The film, a true ode to cinema, shot in black and white 35mm and 16mm (which give each part its own tonality) will be released in 35mm in Nova, the only theatre in Belgium where it won’t be a video projection. In an age where digital has taken over film at a dizzying rate and where film is an increasingly difficult and expensive medium, you can still experience this movie in its original format. The other films included in the Miguel Gomes retrospective will also be shown in 35mm.



"Tabu” is een waar eerbetoon aan het medium film, in Nova te zien van 10 januari tot 24 februari 2013 met 30 voorstellingen. Nova is de enige zaal in België die deze film op 35mm vertoont. Terwijl de digitale vertoonformaten overal de bovenhand halen, kan je in Nova nog eens je hart ophalen aan dit authentieke formaat dat de schoonheid van deze film extra in de verf zet ! De andere films van retrospectieve rond Gomes zijn ook op 35mm te zien.
"Tabu” is in zijn originele, Portugees gesproken versie te zien. De kopij heeft Franse ondertiteling, en daarom heeft Nova er bijkomend een Engelse ondertiteling aan toegevoegd.



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