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squelettes/rubrique-3.html

Ji.hlava

Un festival international de documentaire en plein cœur des Sudètes, dans la région Vysocina, à Jihlava. Hasard heureux, il a le même âge que le Nova. Son initiateur, Marek Hovorka, est originaire de cette petite ville à l’architecture logiquement germanisante. Bien qu’il s’agisse d’un grand festival documentaire en Europe, il y règne une ambiance particulière et plutôt familiale, avec une vraie force, celle d’être un festival pour le public plutôt que pour un parterre de professionnels blasés. Ainsi, quasi chaque séance est remplie de Tchèques, jeunes ou moins jeunes, curieux de découvrir sujets étonnants et formes cinématographiques aventureuses.

Mélange d’humour et de pertinence, le festival propose quelques spécificités engageantes : le prix Opus Bonum (sélection internationale), remis par un juré unique, souvent un réalisateur atypique, qui doit choisir un vrai coup de cœur ; le prix Czech Joy (sélection tchèque), choisi entre autre par le gagnant de l’année précédente et un habitant de la ville ; le prix Fascinations (sélection expérimentale), attribué par une famille entière. Pendant trois soirées, nous vous présenterons quelques-uns des gagnants et de nos coups de cœur de l’édition 2012, en présence de plusieurs réalisateurs et d’une partie de l’équipe du festival (qui amènera dans ses valises des surprises à partager dans le foyer du Nova). Outre tout cela, notons que le festival de Jihlava accueille aussi le plus grand marché du documentaire est-européen (East Silver Market). On y a repéré quelques perles que nous vous proposerons en temps opportun…

31.01 + 01.02 + 02.02 + 03.02
En collaboration avec le festival de Jihlava, la région Vysocina et le Centre tchèque.

www.dokument-festival.com



Fortress

Pevnost

Klara Tasovska & Lukas Kokes, 2012, video, vo ru st fr & ang, 70'

Une incursion en Transnistrie, alias République moldave du Dniestr comme on l’appelle officiellement, bien qu’elle ne soit reconnue que par peu d’Etats. Au-delà de la curiosité que provoque cette enclave soviétique, où il n’est pas facile de filmer, on assiste à une démarche cinématographique convaincante. Bien sûr, l’aspect politique ne manque pas de sel dans un pays où le président, répondant au doux nom de Smirnov, a tout du dictateur d’opérette d’une bourgade de province. La capitale Tiraspol constitue d’ailleurs le principal centre urbain, où vivent des communautés linguistiques variées où domine le russe. L’un des enjeux politiques y est de savoir à quel point l’allégeance au voisin russe est souhaitable, et si on a vraiment le choix.
Ces voisins des Moldaves, des Roumains et des Ukrainiens, en dehors de l’intérêt qu’ils portent au statut politique de leur pays (considéré par beaucoup comme voyou puisque suspecté de vivre de commerces illégaux divers), se construisent des vies faites de bateaux-disco endiablés, de parcs d’attractions vieillissants, de séduction, d’eau-de-vie, etc. Les clips de campagne de Smirnov pour les élections 2011 valent à eux seuls le détour ! Avec un tel habitus de dictateur, peut-on vraiment perdre les élections ? Peut-être… C’est là toute l’ambiguïté transnistrienne.

- En présence de Klara Tasovska & Lukas Kokes.
Prix Czech Joy (meilleur documentaire tchèque), 2012.

+ Traces

Agáta Foukalová, 2012, video, sans dial, , 8'

Une histoire légendaire d’amitié racontant la mort tragique de deux skieurs en mars 1913, dans un style minimaliste et des paysages enneigés.

Sélection Fascinations / exprmntl.cz, 2012.

31.01 > 21:00
5€ / 3,5€


The Blockade

Blokada

Igor Bezinović, 2012, video, vo st fr, 93'

Tourné dans un rythme haletant, caméra à l’épaule, "The Blockade" offre une vue unique, de l’intérieur, sur la protestation d’étudiants la plus massive, la plus longue et la plus politiquement significative que la Croatie ait connue depuis 1971. Celle-ci a commencé en avril 2009 à la Faculté d’humanités et des Sciences Sociales à Zagreb. Basé sur la lutte contre la commercialisation de l’enseignement supérieur, le blocus de l’Université a duré 34 jours et suscité un mouvement qui s’est étendu a plus de 20 facultés à travers le pays, avant de s’essouffler. Durant cette période, les étudiants ont expérimenté une forme d’autonomie et de démocratie horizontale, et se sont frottés à des pouvoirs plus forts qu’eux.
Outre l’intérêt même de cette mobilisation dans laquelle il nous plonge littéralement, "The Blockade" pose des questions universelles, filmant comme rarement un collectif et un mouvement social, son organisation, ses assemblées quotidiennes, ses stratégies, ses questionnements, ses retournements de situation, ses alliances ratées, ses trahisons…

Mention spéciale du jury Between the Seas (meilleur documentaire d’Europe centrale et de l’est), 2012.

01.02 > 19:30
5€ / 3,5€ Combi 2 films > 7,5€ / 6€


Caroline Sascha Cogez & Dechen Roder, 2012, video, vo st ang, 48'

Dechen, 19 ans, vit avec sa mère et son petit frère à Thimphu, la capitale du Bhoutan. Dechen rêve de devenir une chanteuse célèbre et a été choisie pour participer à l’émission "Druk Super Star", sorte de "Star Academy" locale dans un contexte de télévision en plein développement (le Bhoutan est le dernier pays au monde à avoir autorisé la télévision, en 1999). Tandis que la compétition avance, Dechen explore l’histoire de sa grand-mère, qui fut autrefois une chanteuse talentueuse. Dans sa quête d’identité, Dechen découvre une histoire familiale sombre, dans laquelle bénédictions et malédictions se côtoient.
"She Sings" suit le passage de l’enfance à l’âge adulte de cette mystérieuse jeune fille, dans un pays en pleine transition. Un documentaire poétique et organique qui nous emporte à la rencontre de sirènes, des singes magiques, des mamies ivres et de la musique pop Bhoutanaise. Un voyage entre vie traditionnelle et moderne, entre individu et collectif, entre mythes et réalité.

- En présence de Caroline Sascha Cogez.
Sélection Opus Bonum, 2012.

+ Fata Morgana [Mirage]

Srdjan Keca, 2011, video, vo st fr, 42'

Dubaï comme décor d’une méditation audiovisuelle contrastant la vie majestueuse et exubérante de la grande ville avec la vie difficile et morne de ses habitants. Le film capture Dubaï après que la crise économique a interrompu une ère de construction fiévreuse, et crée une impression délicate où de longs plans à travers la ville s’alternent avec des plans serrés de femmes allongées sur la plage et des images de tempêtes de sable enterrant des ouvriers du bâtiment.

Prix Between the Seas (meilleur documentaire d’Europe centrale et de l’est), 2012.

01.02 > 21:30
5€ / 3,5€ Combi 2 films > 7,5€ / 6€


Jero Yun, 2012, video, vo st fr & ang, 65'

La nature double de la Corée, 64 ans après sa partition, continue à affecter les vies des habitants du Nord et du Sud. Enlèvements, extorsions ou trafic humain font partie de leur quotidien. Jero Yun, ressortissant sud-coréen qui habite la moitié de sa vie en France, se lance dans une traversée solitaire de la Mer Jaune, où de nombreuses batailles navales ont fait couler du sang depuis la séparation des deux Corées. À Dandong (Chine), la ville frontière, il part à la recherche d’évadés nord-coréens risquant la prison à vie en cas d’arrestation par la police chinoise. Puis, partant d’Incheon (Corée du Sud), il traverse les villes chinoises de Dandong, Qingdao, Shanghai, explore la zone grise de ces jumeaux politiques et recueille les témoignages bouleversants d’évadés nord-coréens et de victimes des trafiquants.
Tourné avec un téléphone portable (mais ça ne se voit pas), ce film intimiste est la première étape d’un projet plus large qui donnera lieu dans le futur à un documentaire pour la télévision et à un site internet.

- En présence de Jero Yun.
Sélection Opus Bonum, 2012.

02.02 > 20:00
5€ / 3,5€ Combi 2 films > 7,5€ / 6€


Maiko Endo, 2011, 16mm > 35mm, vo st ang, 76'

Tourné d’une manière éblouissante en 16mm couleurs et noir et blanc, "Kuichisan" est une collection d’images organisées en fonction des sensations et des rythmes de sa bande sonore, davantage que par une logique narrative. Il s’agit à première vue d’un portrait imaginaire d’Okinawa, île japonaise contrôlée par les États-Unis jusqu’au début des années 1970. La caméra suit un garçon de 10 ans qui semble vivre à la périphérie de la société, dérivant parmi ses propres croyances, errant dans les rues, observant tout ce qui s’y passe et imaginant plus encore. Parmi ces moments documentaires apparaissent des bribes de récit, y compris des scènes avec l’actrice Eleonore Hendricks.
Filmé en 5 semaines et monté en presque 2 ans, "Kuichisan" est densément construit, fascinant et mystérieux. Sa réalisatrice, Maiko Endo, est une Japonaise née en Finlande, qui a quitté Tokyo en 2000 pour s’installer à New York. Violoniste, choriste pour le groupe Battles, compositrice de musiques de cinéma, "Kuichisan" est son premier film. Un film impossible à raconter, mais qui vous restera longtemps en tête et dans la rétine…

Prix Opus Bonum (meilleur documentaire international), 2012.

02.02 > 21:30
5€ / 3,5€ Combi 2 films > 7,5€ / 6€


Andrey Gryazev, 2012, video, vo st ang, 90'

"Tomorrow" démarre par un texte expliquant que si certaines scènes sont bien réelles, d’autres ne le sont peut-être pas. Une fois ce doute instillé dans la tête du spectateur, le documentaire peut commencer. Nous voilà plongés dans les pérégrinations d’un groupe pourtant bien réel d’artistes radicaux appelé Vojna. Ses membres, qui adoptent des modes d’actions et de vie très cohérents, ont déclaré la guerre à la Russie de Poutine et à ses valeurs. La guerre ? Une guerilla, plutôt, avec les moyens du bord, le goût du risque… et de l’inventivité. Pour Vojna, ces actions que le pouvoir désigne comme hooliganisme ou terrorisme, ne sont que joie et performance artistique. Qu’importe la sémantique : le résultat est le même et la répression s’abat sans cesse sur ses membres. Mais dès qu’ils en ont l’occasion, ceux-ci récidivent…
Tourné en caméra légère et sans budget, à l’origine pour documenter les performances du groupe, "Tomorrow" donne à voir le quotidien de Vojna, et plus particulièrement de son couple-fondateur Vor (Thief) et Koza (Goat) et leur enfant Kasper, une image peu commune de l’activisme underground en Russie.

- Sélection Between the Seas, 2012.

03.02 > 18:00
5€ / 3,5€ Combi 2 films > 7,5€ / 6€


Sandeep Ray, 2011, video, vo st ang, 74'

Alors que le film s’ouvre sur les préparatifs de l’anniversaire d’un jeune enfant bengali, un flashback nous ramène à la jeunesse de son père, Sarthak Roychowdhary, personnage principal de ce documentaire qui le suit pendant une vingtaine d’années. Sarthak nous apparaît soudain jeune étudiant, plein d’ambition, cultivé, présomptueux, enclin à une procrastination communicative, entouré de sa famille tenue à bout de bras par une mère intrusive et solaire. Leur maison devient le centre névralgique d’une vie familiale qui réagit aux échos urbains d’une Calcutta rugissante. Au fil du temps, les formats vidéos se transforment et captent au plus près les évolutions de cet adulte, s’affirmant en poète sensible et professeur attentif, répondant en sus au schéma de l’intellectuel bengali : pétri de culture communiste et de théories structuralistes, mais aussi bavard et facétieux. Pendant ses études, il rencontre une femme, curieuse, vive, aimante et critique qui complète et structure sa vie. Un personnage cinématographique extraordinaire qui rappelle les figures féminines fortes et fascinantes des films de Satyajit Ray ou de Ritwik Ghatak dont le fantôme hante plusieurs scènes de ce film. Une expérience bouleversante et revigorante, une "nostalgie du présent" universelle et juste.

Sélection Opus Bonum, 2012.

03.02 > 20:30
5€ / 3,5€ Combi 2 films > 7,5€ / 6€


squelettes/rubrique-3.html
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prog: 1724
pos: aval