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Pellicola e basta

Un titre inspiré d’un festival dédié à des films et performances réalisés en pellicule, en 2007 à Grenoble. Car l’amour du cinéma argentique est un point commun entre nos quatre invités. Mais ce n’est pas le seul. L’un d’entre eux est actif dans une salle indépendante en Allemagne, les autres dans des ateliers ou laboratoires français ou belges qui permettent encore de travailler tous les formats argentiques : super 8, 16 mm et 35 mm. Tous réalisent des films in-catégorisables (que d’aucuns qualifient de documentaires expérimentaux), s’apprécient, échangent ou collaborent entre eux. Autant de raisons pour les inviter à venir ensemble montrer leurs derniers films respectifs.



Autrement, la Molussie

Anders, Molussien

Nicolas Rey, 2012, 16mm, vo de st fr, 81'

Penseur et essayiste allemand, mari d’Hannah Arendt, affublé d’un pseudonyme marquant l’anonymat et la différence, Günther Anders écrivit "La catacombe de Molussie" entre 1932 et 1936. Il fallut attendre sa mort en 1992 pour que ce roman soit publié en Allemagne. Avec l’avènement du nazisme, le manuscrit avait échappé de peu à la destruction grâce à l’éditeur de Brecht qui le maquilla en livre de voyage. Mais Anders n’avait trouvé personne pour l’éditer , et après-guerre il n’en voyait plus l’intérêt. Aujourd’hui, ce texte prophétique où des prisonniers d’un Etat fasciste imaginaire se transmettent des histoires à propos du dehors, n’a toujours pas été traduit en français. Sans l’avoir lu, Nicolas Rey en fit un film… Il demanda à Peter Hoffmann d’en lire et d’en traduire des fragments. Restait à filmer ce pays imaginaire. Pas besoin d’aller bien loin pour ça. Le tournage se fit avec de la pellicule périmée, développée en autoproduction puis montée en 9 bobines présentées dans un ordre aléatoire... Soit 362.880 combinaisons possibles. On peut donc raisonnablement considérer que chaque projection est une première mondiale !

01.12 > 19:00
5€ / 3,5€ 6€ / 5€ (soirée / avond)


Séance composite autour de la première bruxelloise du film "Miramen" issu du Labo de Bruxelles et de la sortie du mini-album du co-auteur de la musique du film, Prairie ("I’m So In Love I Almost Forgot I Survived A Disaster" sur Spank Me More).
La projection sera suivie d’une session d’écoute manipulée par Prairie en compagnie de Lucille Calmel à la voix et Kika aux projecteurs super 8.
Une exposition d’images-mirages tirées de "Miramen" est également à voir au Nova durant toute la programmation.

+ Miramen

Khristine Gillard & Marco Rebuttini, 2011, super8 > video, sans dial, , 22'

Miramen — du provençal, mirage.
La Camargue est une île qui demande à l’homme qui l’habite de faire corps avec elle. Ce monde de l’entre deux, entre terres et eaux, est celui de la rencontre du fleuve, de la mer et de la communauté des étangs. Un monde de gestes (ceux du gardian-centaure, du pêcheur d’étang, du tellinier, du chasseur des marais) inscrits dans les corps et les paysages. Là veille la Bête.

http://soundcloud.com/prairiehounds

01.12 > 21:00
3,5€ / 2,5€ 6€ / 5€ (soirée / avond)


Nathalie Nambot, 2010, 35mm, vo st fr, 56'

En 1922, le grand écrivain russe Ossip Mandestam, déporté dans un camp de Sibérie où il disparut en 1938, écrivait : "Mon siècle, ma bête, qui saura plonger dans tes pupilles ?". De cette question, Nathalie Nambot fait son point de départ. Son film traîte du retour et du recommencement, de la persistance de la vision, d’où remontent des fantômes de l’Histoire qui continuent de hanter le présent. De la mer gelée de Kronstadt jusqu’à Moscou, des lisières calmes au cœur de la ville, quelques voix nous guident : les mots d’Ossip et Nadejda Mandelstam, d’Anna Akhmatova, et la colère abrupte de Cassandres du temps présent. A travers poèmes ou récits documentaires, ils disent une histoire commune d’amour et d’amitié en prise avec l’époque de 1938 et sa violence. La poésie, comme un couteau, dissèque l’époque. "Ami, entends-tu" est un chant de résistance.

02.12 > 19:00
3,5€ / 2,5€ 6€ / 5€ (soirée / avond)


La dernière année

The Last Year

Peter Hoffmann, 2011, 16mm > video, vo fr , 78'

Rasiguères, village perdu des Pyrénées, voit revenir chaque année les saisonniers pour les vendanges. Peter Hoffmann est l’un d’eux. Un mois intense de vie en commun... Réminiscence, à la veille de leur disparition, des temps où l’on travaillait ensemble dans les champs. Les traditions et les gestes, aussi vieux que la vigne, sont repris à leur manière par les saisonniers d’aujourd’hui. Leurs chansons et leurs fêtes, les histoires et les événements éphémères, les jours de soleil et de pluie, tout s’inscrit dans le cours du temps et dans la mémoire du lieu. Jusqu’au jour où la machine à vendanger mettra définitivement fin à cette continuité. Pour Hoffmann, travail de la vigne et travail de la caméra sont indissociables. Dans les deux cas, on se débrouille. Ses images trahissent un souci de filmer le travail mais tout autant la sève des hommes, nous offrant une galerie de portraits magnifiés par l’usage de la pellicule. Le temps qui passe, la dernière année, la disparition de la pellicule...

02.12 > 21:00
5€ / 3,5€ 6€ / 5€ (soirée / avond)


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prog: 1689
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