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Oberhausen

ˈOːbɐˌhaʊzn

Autour des 50 ans du Manifeste d’Oberhausen

Oberhausen, prononcez ˈOːbɐˌhaʊzn, est une ville de province de la région de la Ruhr à l’ouest de l’Allemagne. Le monde entier la découvrit sous une lumière plutôt amusante lors de la Coupe du monde 2010 : son aquarium public abritait Paul le poulpe qui nous prédisait avec exactitude les résultats des matchs de foot (!). La ville est autrement et plus sérieusement connue pour son festival de courts métrages établi en 1954. Considéré comme un des plus vieux et plus importants festivals de cinéma au monde, les "Internationale Kurzfilmtage Oberhausen" ont vus passer des réalisateurs aussi divers et marquants que : Werner Herzog, Roman Polanski, Wim Wenders, Chris Marker, Joris Ivens, Martin Scorsese, Stan Brakhage, Keneth Anger, Vera Chytilova… Impossible de vous citer tous les auteurs majeurs et mineurs qui ont marqué ce festival qui en soixante ans n’a rien perdu de sa convivialité et de sa pertinence. Dans la "Mecque du court métrage", comme d’aucuns ont parfois défini ce festival, il est avant tout question de "Cinéma", le format court y étant présenté comme une de ses possibles formes d’expression et non pas comme simplement un format à la durée courte et contraignante. Le festival n’a rien perdu non plus de son esprit moderne et visionnaire, car encore aujourd’hui nombreux sont les réalisateurs qui y sont découverts avant de circuler dans des festivals du monde entier. C’est par exemple ici qu’il y a quelques années nous découvrîmes Miguel Gomes, réalisateur du film "Tabu" que nous présenterons en janvier prochain.
Festival qui n’a pas froid aux yeux, il a été théâtre de quelques grands coups d’éclat, tel que le "Manifeste d’Oberhausen" qui donna naissance au nouveau cinéma allemand des années ’60 et puis ’70. Le Manifeste fêtait cette année ses 50 ans. Nous nous joignons aux festivités !

"Le cinéma d’Allemagne de l’Ouest s’enlise dans une voie sans issue" s’écriait Chris Marker en 1954 dans la revue Positif. Pas question pour les jeunes auteurs allemands de se laisser embourber, mais bien de se battre pour affirmer une liberté artistique face aux longs métrages jugés conformistes de leurs aînés et à la mainmise de ces derniers sur les appareils de production cinématographique, dans une Allemagne n’ayant encore pas totalement fait ses adieux au passé. Leur engagement passe d’abord par l’expérimentation individuelle, via des courts métrages souvent autofinancés dans lesquels ils rivalisent d’audace et de créativité, puis par le collectif, au sein du groupe D.O.C. 59 et surtout en appelant, dans un Manifeste signé pendant le festival d’Oberhausen de 1962 par 26 réalisateurs, à la prise de pouvoir d’un Nouveau cinéma allemand libre dans sa forme et indépendant économiquement. Cet appel débouchera en 1965 sur la création d’un fonds de soutien au jeune cinéma allemand (Stiftung Kuratorium junger deutscher Film). À l’occasion du 50ème anniversaire de la publication du Manifeste, le festival international d’Oberhausen a lancé un vaste programme de restauration de ces magnifiques courts métrages. Le P’tit Ciné s’associe au cinéma Nova et à la Cinematek pour vous proposer un cocktail de films dont l’audace transcende les genres cinématographiques.

En bonus….
En bonus à cette programmation "anniversaire", trois séances spéciales pour mieux cerner la liberté de ton alors en vigueur chez cette nouvelle génération de cinéastes. Pour commencer, un focus sur le signataire le plus connu, le plus actif aussi et sûrement le plus polémique : Alexander Kluge. Les trois films présentés, portraits oscillant entre fiction et documentaire, sont des perles des années 1960 rarement montrées. Ensuite, pleins feux sur le rôle joué par le festival EXPRMNTL de Knokke-le-Zoute dans la découverte des nouveaux talents allemands. Pour ce faire, nous vous présentons une compilation de courts métrages qui y furent montrés en 1963. Enfin, nous pénétrerons dans les coulisses du festival d’Oberhausen où Jean-Marie Straub n’a cessé de mener des actions de contestation à l’encontre des décisions de la direction de l’événement (distribution de tracts, projections parallèles...). En 1965, par exemple, il organisa une séance de minuit dans le cadre de laquelle furent projetés les films magnifiques de cinéastes dont le travail était alors peu reconnu, tels Peter Nestler et Rudolf Thome. Entre animation, expérimental, documentaire et fiction...

"Il est certain que toute évocation de l’histoire du cinéma allemand doit commencer un nouveau chapitre lorsqu’elle arrive au Manifeste d’Oberhausen. Le Manifeste d’Oberhausen a eu des répercussions multiples en son temps et bien au-delà. C’était la première éruption d’un mouvement de protestation, un symbole d’espérance – ou bien il a été considéré comme tel. Il présageait d’un changement de climat qui est allé au-delà de la RFA, qui a inspiré ou anticipé d’autres évolutions cinématographiques à l’étranger." (Ulrich Gregor/ Berlin Film Festival)

Oberhausen heute….
Cette rétrospective autour du Manifeste sera aussi l’occasion de faire une incursion dans le travail éditorial que le festival développe aujourd’hui, en vous proposant un focus sur trois auteurs allemands contemporains : Michel Klöfkorn, Rainer Komers, et Carsten Aschmann. Un des mérites du festival est en effet de suivre sur plusieurs années le parcours d’ auteurs qui par leurs approches innovent le langage cinématographique. Contrairement à d’autres festivals qui ne misent que sur la quantité de films programmés et sur le nombre de spectateurs, à Oberhausen c’est le souci de contextualiser le cinéma qui compte. Ainsi, "cinéma contemporain" et "cinéma d’hier" s’y côtoient sans embarras, et les programmations peuvent y être tour à tour sérieuses ou ludiques, sagement intellos ou audacieusement insolentes. Dans la myriade d’activités parallèles que mène le festival, il faut savoir qu’à Oberhausen se trouve aussi une des plus riches collections européennes de courts métrages des soixante dernières années. Nous vous en présenterons quelques perles lors de la séance "Surreal/Political".

Vous voilà donc prévenus : un rendez-vous à ne pas rater, explosion des genres garantie !

(Voir aussi la séance de films pour enfants liée au festival)



Le cinéma de papa est mort...

nous croyons au Nouveau Cinéma !

« En s’écroulant, le cinéma conformiste allemand entraîne dans sa chute le fondement économique d’une attitude intellectuelle que nous rejetons. Il donne aussi au nouveau cinéma une chance de voir le jour. Au cours des dernières années, les courts métrages de jeunes auteurs, réalisateurs et producteurs allemands ont récolté un grand nombre de prix dans des festivals internationaux et donc la reconnaissance de la critique internationale. Les succès remportés par ces créations démontrent que l’avenir du cinéma allemand appartient à ceux qui ont prouvé qu’ils parlent un nouveau langage cinématographique. En Allemagne, comme déjà dans d’autres pays, le court métrage est devenu l’école et le champ d’expérimentation du long métrage. Nous proclamons notre ambition de créer le nouveau cinéma allemand. Ce nouveau cinéma a besoin de nouvelles libertés. Il doit se libérer du conformisme corporatiste, de l’influence des partenaires commerciaux, de la tutelle des groupes d’intérêt. La production du nouveau cinéma allemand peut compter sur notre apport intellectuel, formel et économique. Nous sommes prêts à assumer ensemble les risques économiques. Le cinéma de papa est mort. Nous croyons au Nouveau Cinéma ».
Oberhausen, 28 février 1962

Bodo von Blüthner, Boris von Borresholm, Christian Doermer, Bernhard Dörries, Rob Houwer, Ferdinand Khittl, Alexander Kluge, Walter Krüttner, Dieter Lemmel, Hans-Jürgen Pohland, Raimond Ruehl, Edgar Reitz, Peter Schamoni, Detten Schleiermacher, Haro Senft, Franz-Josef Spieker, Hans Rolf Strobel, Heinz Tichawsky, Herbert Vesely, Heinz Furchner, Pitt Koch, Ronald Martini, Fritz Schwennicke, Wolf Wirth, Hans Loeper, Wolfgang Urchs

Le tournant des années ’60 marque une effervescence artistique importante dans les rangs de nos jeunes amis signataires, qui s’essaient à un cinéma à la croisée des chemins, bouleversant les codes traditionnels. Un seul mot d’ordre : explorer ! Explorer les liens entre musique et cinéma, entre formes et genres, Histoire et mémoire…



Première soirée, premier plongeon au cœur de l’Allemagne du début des années ’60. Des propositions cinématographiques pleines de malice qui dressent en creux le portrait d’une société se relevant avec peine de la guerre et des idées qui l’avaient amenée.

Séance en présence de Christian Doermer, signataire, acteur et réalisateur.

+ Granstein

Christian Doermer, 1965, 35mm, vo st fr, 12'

Entre Dorothy Lange et Walker Evans, une photographie réaliste et sensible de l’Allemagne de 1965.

+ Brutalität in Stein [La brutalité de la pierre]

Alexander Kluge, 1960, 35mm, vo st fr, 11'

O tempora, o mores… Une plongée dans les origines du délire architectural du IIIème Reich.

+ Kurzportrait einer Landschaft [Bref portrait d’un paysage]

Pitt Koch, 1964, 35mm, vo st fr, 11'

Une région juste à côté des Hautes Fagnes – mais côté allemand. Si loin si proche, la proximité géographique n’exclue pas l’exotisme total.

+ Das Unkraut [La mauvaise herbe]

Wolfgand Urchs, 1962, 35mm, sans dial, , 11'

Une ville envahie par des chardons, des habitants ayant décidé de se défaire de toute responsabilité. Ça donne un film d’animation multi-récompensé.

+ Notizen aus dem Altmühltal [Quelques notes à propos de la vallée d’Altmühl]

Hans Rolf Strobel, 1961, 35mm, vo st fr, 17'

Essai sociologique sur une région bavaroise laissée de côté par le miracle économique.

+ Es muss ein Stück vom Hitler sein [Ça doit être un morceau d’Hitler]

Walter Krüttner, 1963, 35mm, vo st fr, 11'

Montez dans l’autocar, bonnes gens, et partons visiter le château où vécurent Hitler et Eva Braun. Hallucinant et brillant documentaire.

07.12 > 20:00
5€ / 3,5€


Au programme de cette séance : expérimentations formelles et sonores, mêlant grâce documentaire et animation, portées notamment par la musique du seul compositeur signataire du Manifeste, Hans Loeper.

+ Salinas

Raimond Ruehl, 1959, 35mm, vo st fr, 11'

La récolte dans une grande saline de la Méditerranée, portée par les compositions sonores d’Hans Loeper. Et une question : un homme est-il seulement un corps au travail ?

+ Die widerrechtliche Ausübung der Astronomie [L’exercice illégal de l’astronomie]

Peter Schamoni, 1967, 35mm, vo st fr, 12'

Un double hommage à Max Ernst et à l’astronome E.W.L Tempel que le peintre admirait et auquel il consacra un livre.

+ Trab Trab

Detten Schleiermacher, 1959, 35mm, vo st fr, 11'

Trab Trab s’essaie avec un sourire malicieux à une synthèse entre le dadaïsme et une nouvelle objectivité. Au son, toujours Hans Loeper.

+ Süden im Schatten [Le Sud à l’ombre]

Franz-Josef Spieker, 1962, 35mm, vo st fr, 9'

L’hiver sur la côte italienne : les hôtels sont vides. Les affaires ne reprendront que dans six mois. Il faut quand même vivre pendant ce temps, on se débrouille. Au son ? Loeper !

+ Das Magische Band [Le ruban magique]

Ferdinand Khittl, 1959, 35mm, vo st fr, 21'

Avec une manière bien à lui de mixer animation et documentaire, Khittl revient sur les origines de la bande magnétique.

08.12 > 19:00
5€ / 3,5€


En plus de 50 films, Alexander Kluge n’a cessé d’explorer d’une manière extrêmement inventive les liens entre documentaire et fiction. Les trois portraits présentés ici, qui datent tous des années 1960, n’en font pas exception : de "Frau Blackburn", 95 ans (et grand-mère du cinéaste) qui est entraînée à la fois dans un récit de sa vie et dans une mystérieuse affaire de cambriolage, via un médecin (“Ein Arzt aus Halberstadt”), le père du réalisateur, qui, venant d’une petite ville de RDA, fait un voyage à Munich et n’y retrouve plus ses repères, jusqu’à "Leni Peickert", une directrice de cirque qui est obsédée par l’idée utopique d’un nouveau type de cirque, Kluge crée des histoires de vie fortes en brouillant les pistes entre imagination et réel. “La sociologie et le conte ne sont pas, comme on pourrait le penser, des contraires, mais des pôles de la même chose qui se présente différemment selon qu’on compte sur la capacité de l’être humain de supporter les faits ou de sa capacité de créer des désirs.” (A. Kluge)
“Die unbezähmbare Leni Peickert” (L’indomptable Leni Peickert) est d’ailleurs la suite du fameux film "Die Artisten in der Zirkuskuppel : ratlos" (Les Artistes sous les chapiteaux : perplexes), Lion d’Or à la Mostra de Venise en 1968.

+ Frau Blackburn, geb. 5. Jan. 1872, wird gefilmt [Mme Blackburn, née le 5 janvier 1872, est filmée]

Alexander Kluge, 1967, 16mm, vo st fr, 14'

+ Ein Arzt aus Halberstadt [Un médecin d’Halberstadt]

Alexander Kluge, 1969-70, 16mm, vo st fr, 29'

+ Die unbezähmbare Leni Peickert [L’indomptable Leni Peickert]

Alexander Kluge, 1967-69, 16mm, vo st fr, 33'

07.12 > 22:00
5€ / 3,5€


Si depuis ses débuts le festival d’Oberhausen se fait fort de réunir des auteurs dénichés aux quatre coins du monde, il porte aussi une attention toute particulière sur le cinéma allemand. Nous cueillons donc l’occasion pour vous présenter trois auteurs, tous déjà primés à Oberhausen, et dont la réputation a dépassé les frontières allemandes.

Carsten Aschmann

C’est une mission quasi impossible que de tenter de classer les films de Carsten Aschmann. Fiction, documentaire, expérimental… les frontières se mélangent et se brouillent. Ses films sont quelques fois des films-essais, quelques fois des expériences principalement sonores et visuelles qui nous plongent dans des réalités hors du commun. D’une manière ou d’une autre, tous les films de Carsten Aschmann semblent nous questionner sur notre façon de percevoir la réalité. A ceci près que le réel n’est jamais éloigné du monde de l’imaginaire, sage ou tordu qu’il soit . Issu du cinéma expérimental, c’est surtout au niveau du montage qu’on percevra un lien avec celui-ci. Tous les films de Carsten Aschmann sont en effet le résultat d’un impressionnant travail de recherche, de sélection et d’assemblage d’images et de sons. Le cinéma qui en découle est surprenant et assurément unique en son genre.

Michel Klöfkorn

Michel Klöfkorn s’est fait une réputation certaine dans le cinéma d’animation, en Allemagne comme à l’étranger. Mais c’est avant tout en tant qu’expérimentateur hors pair que nous voulons le présenter. Il fait partie de cette classe d’artistes/cinéastes, devenue trop rare dans le cinéma, pour qui l’expérimentation signifie tester les possibilités et les limites d’un outil d’enregistrement, visuel et/ou sonore, tout en gardant un ancrage dans la vie quotidienne. Un fait, un détail tiré du "quotidien" est souvent à l’origine de ses films. Des films marquants pour leur virtuosité technique, mais qui jamais ne sont dépourvus d’une "âme". Une douce ironie, ainsi que la conscience des enjeux politiques et sociaux qui nous entourent sont des aspects toujours présents dans les films de Michel Klöfkorn. Après avoir été réalisateur de vidéos-clips pour toute une bande de musiciens allemands, et de films d’animation pour la télé Arte, il se concentre maintenant sur des projets plus personnels. Il n’a certainement pas fini de se bonifier !

Rainer Komers

Le parcours cinématographique de Rainer Komers se déploie sur déjà plus de trois décennies, et n’a fait que se raffiner au fil des années. Sa filmographie s’inscrit dans le registre du cinéma documentaire. Son travail évoque ces mouvements cinématographiques d’avant-garde qui tout en étant fascinés par le progrès technologique en ont critiqué l’impact sur l’homme et son environnement. Libérés de tout dialogue, ses derniers films sont des surprenants "trips" visuels qui nous plongent dans des paysages, urbains ou ruraux, tous étrangement exotiques, même si situés à peu de kilomètres de chez nous. Rainer Komers filme la civilisation humaine dans son état de décadence peut-être irréversible, et pourtant on est fascinés par ces images imprégnées d’une beauté insolite. Soulignons que les bandes son mériteraient à elles seules d’être écoutées dans l’obscurité de la salle de cinéma, sans image, tant le travail d’enregistrement des sons et de montage est sophistiqué et hors du commun. Certaines sont signées Michel Klöfkorn…



Michel Klöfkorn

& Rainer Komers

En présence de Michel Klöfkorn et Rainer Komers

+ B 224

Rainer Komers, 1999, 35mm, sans dial, , 23'

Un voyage visuellement surprenant qui nous fait découvrir la B 224, "mythique" autoroute qui traverse la région de la Ruhr.

+ Echtzeit [Real-time]

Michel Klöfkorn & Oliver Husain, 1996, video, sans dial, , 6'

Clip musical, au style documentaire, pour Sensorama.

+ Das Elend der Angestellten [The Misery of Employees]

Michel Klöfkorn, 2006, video, sans dial, , 6'

+ Star escalator

Michel Klöfkorn & Oliver Husain, 1998, video, sans dial, , 4'

Autre clip musical pour Sensorama.

+ Flüssiges Papier [Fluid Paper]

Michel Klöfkorn, 2010, video, sans dial, , 4'

Époustouflante animation avec du papier.

+ Interview mit einer Autobahn

Michel Klöfkorn, 2008, video, sans dial, , 4'

Mix de performance et collage d’images pour un questionnement sur le monde.

+ N.N.

Michel Klöfkorn, 2009, sans dial, , 11'

Une armée d’insectes faussement technoïdes déferle sur le monde. Surprenant !

+ Ampelsitzen

Michel Klöfkorn, 2007, video, vo st ang, 1'

"Pub" réalisée dans le cadre du projet "Commercials for a Concept".

+ Ich fahre mit dem Fahrrad in einer halben Stunde an den Rand der Atmosphäre [I Ride to the Edge of the Atmosphere in a Half Hour on my Bicycle]

Michel Klöfkorn, 2011, video, vo st ang, 1'

"J’essaye de comprendre le monde, l’économie, la société… et je roule sur mon vélo".

+ Zeitraffer

Michel Klöfkorn, 2012, video, sans dial, , 4'

Clip vidéo pour Flug 8.

08.12 > 21:00
5€ / 3,5€


En présence de Rainer Komers

+ Nome Road System

Rainer Komers, 2004, 35mm, sans dial, , 26'

Nome, à l’extrême pointe Ouest de l’Alaska, est une petite ville (moins de 4000 habitants) créée en pleine période de la ruée vers l’or. Une route la relie à quelques autres lieux isolés, pour le reste il n’ y a que la toundra arctique. Au travers de ce film surprenant, où il n’ y a ni interviews ni voix en off, Rainer Komers nous plonge dans un univers encore hantés par les chercheurs d’or.

+ Milltown, Montana

Rainer Komers, 2009, 35mm, sans dial, , 34'

Milltown, dans l’Ouest de l’état du Montana, a été une des plus larges et riches régions minières des États-Unis. Aujourd’hui les terres y sont contaminées par toutes sortes de substances toxiques et le paysage est marqué par les stigmates d’une industrialisation sauvage. Dans ce décor post-apocaliptico-industriel, la caméra de Rainer Komers y saisit une beauté malgré tout majestueuse. Encore une fois sans l’appui d’aucune voix en off, ce film est un saisissant voyage visuel. La richesse de la bande son, signée Michel Klofkorn, ajoute une dimension encore plus intense.

09.12 > 19:00
5€ / 3,5€


En présence de Carsten Aschmann

+ Nice Movie

Carsten Aschmann, 2008, video, vo st ang, 17'

Adoptant la forme du journal-filmé, "Nice Movie" est un film au ton bien décalé qui critique sans détour l’attitude voyeuriste qui souvent va de pair avec le tourisme faussement exotique.

+ Gas Avalon

Carsten Aschmann, 2011, video, vo st ang, 14'

Nous sommes dans le monde de Gas Avalon, où les repères au temps et à l’espace sont différents des nôtres. Fiction, réalité ? On est face à un univers décalé et indéfinissable, qui par moments nous rappelle ceux de David Lynch.

+ Ketamin – Hinter dem Licht [Ketamine - Behind The Light]

Carsten Aschmann, 2009, video, vo st ang, 21'

"Quelle route ai-je choisie ?" demande une voix. "Notre Terre est magnifique", répond un vieil homme du fond du néant. Un voyage grisant dans la vie et la mort.

+ Waterscope

Carsten Aschmann, 2012, video, vo st ang, 22'

Écologie, technologie, économie, histoire, science... "Waterscope" est une sorte de traité filmique sur l’eau. À ceci près que les films de Carsten Aschmann revêtent toujours une dimension artistique hors du commun, et "Waterscope" encore une fois le prouve.

09.12 > 21:00
5€ / 3,5€


Surreal/Political

Oberhausen Archives

Le festival ne se déroule qu’une fois par an, mais le reste de l’année l’équipe ne chôme pas ! Parmi les nombreuses initiatives que le festival développe en prolongement à son événement festivalier annuel, il y a une activité qui occupe une place fondamentale : il s’agit des archives et de la distribution. Il faut en effet savoir que depuis ses débuts, le festival d’Oberhausen achète chaque année un certain nombre de courts métrages qui l’ont marqué, certains primés, d’autres pas. Le festival compte ainsi une collection de près de 2000 titres. La richesse et la réputation de cette collection tient certainement au choix des courts métrages qu’elle détient, avec par ailleurs une section importante consacrée aux cinéastes des Balkans et de l’ex bloc communiste. La compilation Surreal/Political, que nous propose l’équipe du festival, en est la preuve. Au travers de huit courts métrages, devenus au fil du temps des vrais classiques, nous traversons une histoire du cinéma d’animation où le politique se confronte à des approches assurément surréalistes. Des petites perles !

+ Schwarz-Weiss-Rot [Noir-blanc-rouge]

Helmut Herbst, 1964, 35mm, sans dial, , 6'

+ Les jeux des Anges

Walerian Borowczyk, 1964, 35mm, sans dial, , 12'

+ Hobby

Daniel Szczechura, 1968, 35mm, sans dial, , 8'

+ Asparagus

Suzan Pitt, 1978, 35mm, sans dial, , 18'

+ Tango

Zbigniew Rýbczynski, 1981, 35mm, sans dial, , 8'

+ Knopka [Le bouton]

Robert Saakjanz, 1990, 35mm, vo st ang, 8'

+ The Death of Stalinism in Bohemia

Jan Švankmajer, 1990, 35mm, sans dial, , 10'

09.12 > 17:00
5€ / 3,5€


En 1963 a eu lieu à Knokke la troisième édition du festival de films expérimentaux EXPRMNTL. Le Grand Prix ("Die Parallelstrasse", de Ferdinand Khittl, projeté le 16.12 à la Cinematek) est d’ailleurs le premier long métrage allemand à être primé dans un festival international depuis la fin de la guerre ! D’autres signataires y ont eu leurs films en compétition dont Vlado Kristl ("Madeleine, Madeleine") et Edgar Reitz ("Geschwindigkeit"). D’autres s’y trouvaient en présélection ("Protokoll einer Revolution" d’Alexander Kluge, un “reportage” sur une révolution fictive en Amérique du Sud, et "Machorka-Muff" de Danièle Huillet et Jean-Marie Straub, l’adaptation d’un texte d’Heinrich Böll qui aborde la résurgence toujours possible du nazisme dans l’Allemagne de l’après-guerre). Un signe que le cinéma allemand - grâce à l’inventivité et à l’audace de la nouvelle génération - commence enfin à nouveau à être montré et reconnu à l’étranger, en l’occurrence chez nous ! En supplément, le film d’animation superbe de Walerian Borowczyk ("Renaissance"), Prix de la Fédération internationale des ciné-clubs à Knokke en 1963 et qui passera un an plus tard... à Oberhausen !

Séance introduite par Xavier Garcia Bardon, programmateur cinéma expérimental au Bozar.

+ Renaissance

Walerian Borowczyk , 1963, 16mm, sans dial, , 9'

+ Madeleine Madeleine

Vlado Kristl , 1963, 16mm, sans dial, , 11'

+ Geschwindigkeit [Vitesse]

Edgar Reitz, 1963, 35mm, sans dial, , 13'

+ Protokoll einer Revolution

Alexander Kluge, Günter Lemmer & Peter Berling , 1963, video, vo st fr, 12'

+ Machorka - Muff

Jean-Marie Straub & Danièle Huillet, 1963, 35mm, vo st fr, 18'

14.12 > 20:00
5€ / 3,5€


À la suite du refus de son premier film "Machorka-Muff" en 1963 au festival d’Oberhausen, Jean-Marie Straub avait distribué des tracts dénonçant “le manque d’intérêt pour la démocratie” de la part du festival. Le film fut projeté hors programme afin que “les journalistes puissent se faire leur propre idée de la qualité cinématographique de ce film” (voir : séance "EXPRMNTL Knokke ’63"). En 1965, Straub pris à nouveau position en protestant contre le fait que des films “dont les réalisateurs avaient osé respecter le réel” avaient été refusés. Après avoir distribué cet “Anti-Manifeste”, il organisait une séance parallèle (à minuit !) avec quatre films dont trois de Peter Nestler qui “depuis trois ans est dans ce pays le réalisateur le plus authentique et le plus sûr” (Straub). Quelques journalistes et curieux purent ainsi découvrir ces films importants et d’une beauté rare : les rédactions lues par les écoliers eux-mêmes dans un village retiré de la montage suisse, la mise-en-images (sur une musique jazz) de la ville de Mülheim/Ruhr entre villas et cités ouvrières, le regard critique sur l’avènement de l’industrialisation et ses conséquences dans le quotidien d’un petit village (Ödenwaldstetten) et le premier film de Thome-Lemke-Zihlmann, “Die Versöhnung” sur la vie morne d’un jeune couple.

+ Die Versöhnung [La réconciliation]

Rudolf Thome, 1964, 35mm, vo st fr, 18'

+ Aufsätze [Rédactions]

Peter Nestler, 1963, 35mm, vo st fr, 10'

+ Mülheim/Ruhr

Peter Nestler, 1964, 16mm, vo st fr, 14'

+ Ödenwaldstetten, ein Dorf verändert sein Gesicht [Ödenwaldstetten, un village change de visage]

Peter Nestler, 1964, 16mm, vo st fr, 38'

14.12 > 22:00
5€ / 3,5€


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