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Boca do Lixo

"Boca do Lixo" signifie littéralement "la bouche des ordures", la "vidange" si vous préférez... Boca do Lixo, c’ est d’abord le surnom d’un quartier ouvrier au cœur de São Paulo, connu pour les activités criminelles et la prostitution qui y prennent place. C’est aussi là que s’établirent de jeunes réalisateurs, qui étaient dans le viseur de la Junte. Le quartier était à la fois leur QG et l’endroit où se trouvaient leurs studios. Ils y réalisaient des films afin d’exprimer les sentiments profonds de la société brésilienne, toujours avec des budgets microscopiques et des influences des cinéma de genre européens ou américains : horreur, western, film noir mais aussi porno. Le Brésil est un pays où le machisme est très présent et, en dépit du catholicisme conservateur ambiant, l’accent sera très souvent mis sur le côté sexy (et sexiste) des productions, poussé toujours plus loin. Peu de voix s’opposent ainsi à la diffusion de films sexistes et de pornochanchadas, les comédies porno locales...

"Boca do Lixo" devient rapidement le nom donné au courant cinématographique des anticonformistes, s’écartant du mélodrame classique des grands studios ou encore du mouvement "Cinema Novo", artistique et élitiste. Dans le meilleur des cas, cela donnait des films d’avant-garde mêlant subversion et exploitation, mais aussi ce qui fut appelé "Cinema Marginal", un corpus de films nihilistes en noir et blanc, parfois abstraits et dénonçant la pauvreté, inspirés du néoréalisme italien.

Nous vous présentons quatre films surprenants issus de ce mouvement, aussi populaire au Brésil qu’inconnu à l’étranger, en collaboration avec les festivals du film de Rotterdam, Open Doek et l’asbl Marcel.



The Margin

(A margem)

Ozualdo R. Candeias, 1969, 35mm, vo st ang, 96'

Ozualdo R. Candeias était chauffeur de poids lourd avant de devenir réalisateur. Il a laissé de côté le circuit du cinéma commercial afin de raconter cette histoire néo-réaliste à propos des défavorisés de São Paulo qui vivent le long de la rivière Tietê. "The Margin" est un travail contemplatif, sobrement tourné en noir et blanc, qui met en image de courts moments de la vie de quatre personnages : une prostituée noire qui entretient une liaison avec un homme blanc sans emploi, toujours en costume, et un obsédé qui harcèle une jeune fille blonde. Le Tietê n’est pas le seul décor du film, mais les personnages vivent toujours plus ou moins "en marge" : ils ont perdu leurs racines, sont désorientés et se retrouvent oppressés par les évolutions rapides de la ville. Avec des images d’une grande simplicité et un contenu métaphorique puissant, Candeias trouve l’occasion de faire un cinéma plus profond au sein de l’environnement avant tout commercial du courant Boca do Lixo.

07.04 > 20:00
5€ / 3,5€ Combi 2 films > 7,5€ / 6€


Cláudio Francisco Cunha, 1984, video, vo st ang, 84'

"Oh ! Rebuceteio" (traduction libre : "foutoir") nous montre un petit groupe de jeunes acteurs dans une production de théâtre expérimentale, qui font tout pour faire plaisir à leur metteur en scène narcissique (joué par Cunha lui-même). Pendant les répétitions, ils improvisent ainsi des actes sexuels libres et bizarres, chacun essayant agressivement de damer le pion à l’autre afin de voir qui pourra amener leur leader artistique au plus haut stade d’exaltation et de ravissement.
Cette parodie porno hardcore de la comédie musicale "A Chorus Line" est étonnamment l’un des films porno explicites les plus véhéments et sophistiqués jamais fait au Brésil. Il brise de manière ingénieuse le schéma habituel selon lequel on regarde le porno en amenant le spectateur à ne plus seulement regarder vers la scène, mais également vers celui qui regarde, c’est-à-dire à questionner ses propres désirs.

07.04 > 22:00
5€ / 3,5€ Combi 2 films > 7,5€ / 6€


Awakening of the Beast

(O despertar da besta)

José Mojica Marins, 1970, video, vo st ang, 93'

José Mojica Marins est incontestablement le réalisateur le plus renommé du cinéma underground et d’horreur brésilien. En réalité, il doit surtout sa renommée à l’alter-ego qu’il s’est créé, le mythique et terrible personnage Zé do Caixão (Coffin Joe). Ironisant sur la contre-culture des années 1960, "Le réveil de la bête" démarre comme un pseudo-documentaire sur les expérimentations d’un professeur qui teste les effets du LSD sur les déviances violentes et sexuelles de la population. Pour des raisons financières, le film est tourné à la fois avec de la pellicule noir et blanc et couleur (psychédélique !). Marins transcende les conventions du genre et réalise l’un des plus importants films politiques de cette période de dictature militaire. En raison du manque d’humour de la censure, le film fut interdit pendant 14 ans...

20.04 > 20:00
5€ / 3,5€ Combi 2 films > 7,5€ / 6€


Fuk Fuk Brazilian Style

(Fuk Fuk à Brasileira)

Jean Garret, 1986, video, vo st ang, 80'

"Fuk Fuk à brasileira", l’une des œuvres les plus remarquables de la période hardcore du Boca do Lixo, est en réalité une satire sur la lutte des classes sous les apparences d’une pornochanchada (les comédies porno très populaires au Brésil à l’époque). Dans ce mélange de slapstick et de surréalisme, le rôle principal de Siri est fait sur mesure pour le prolifique acteur-nain Chumbinho. Siri est le domestique d’un couple de riches, dont il est accessoirement devenu l’esclave sexuel. Ils le retiennent prisonnier, mais il parvient à leur échapper. C’est alors qu’il commence un voyage onirique à travers un monde souterrain fait de désirs sexuels refoulés. Tandis qu’il trimballe avec lui une caisse remplie de godemichés, Siri va faire l’expérience, entre autres, d’une petite aventure avec un couple en rut et d’une rencontre fortuite, sur la plage, avec un cheval qui parle. Enfin, il redevient à nouveau domestique, cette fois dans un bordel, où il découvre un vaisseau spatial en forme de pénis géant...

20.04 > 22:00
5€ / 3,5€ Combi 2 films > 7,5€ / 6€


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lang: fr
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prog: 1648
pos: aval