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Ruggero Deodato

Derrière l’un des plus grands classiques de l’horreur moderne se cache un homme discret et affable, qui a appris le métier aux côtés de réalisateurs tels que Roberto Rossellini, Joseph Losey et Sergio Corbucci. Le nom de Ruggero Deodato restera pourtant éternellement associé à son chef-d’œuvre macabre, "Cannibal Holocaust". Dans ce film, un petit groupe de reporters part pour l’Amazonie à la recherche de la dernière tribu cannibale et y disparaît sans laisser de traces. Seules les bobines tournées pendant leur expédition sont retrouvées, dont le contenu dépasse toute description. Présenté sous forme de found footage, le film aura par la suite une grande influence, notamment sur quelques grands succès de ces dernières années : "The Blair Witch Project", "Cloverfield" ou "Paranormal Activity". Mais ce classique du cinéma d’épouvante va plus loin que cela. Sous le spectacle horrifiant, on peut aisément déchiffrer la critique d’une tendance au sensationnalisme médiatique. "Cannibal Holocaust" a laissé une telle empreinte qu’on en a fini par oublier que Deodato possède à son actif une filmographie fournie. En invitant le maestro italien, nous tenterons de remédier à cet état de fait. Cependant, quel que soit le genre dans lequel il opère, son désir de choquer n’est jamais loin !



The Long Road Back from Hell

Reclaiming Cannibal Holocaust

Xavier Mendik, 2011, video, vo , 40'

Dans ce documentaire fascinant et bien exécuté, Xavier Mendik, expert en cinéma culte, parle du contexte dans lequel "Cannibal Holocaust" a été créé. Le docu sera suivi d’une rencontre avec Deodato.

17.03 > 18:00
3,5€ / 2,5€


Ruggero Deodato, 1980, 35mm, vt ang , 95'

Animaux mutilés, tués, viols, empalements, villages brûlés, autant de scènes choquantes qui valent au film le plus célèbre de Deodato une réputation ultra sulfureuse. La musique culottée de Riz Ortolani, la moustache de Robert Kerman (acteur porno très présent dans les films cannibales), l’introduction du genre "found footage" et le discours anti-médias complètent les éléments d’un voyage au bout de l’enfer qui fit couler beaucoup d’encre avec, entre autre, des accusations de "snuff movie" bien naïves.
"Cannibal Holocaust" et ses suiveurs représentent le dernier sursaut d’un certain cinéma italien qui joue sa dernière carte : être moins puritain que le cinéma américain. Une tentative d’aller au bout du concept du cinéma d’exploitation, en se servant d’une liberté de réalisation, discutable mais réelle, qui deviendra inconcevable quelques années plus tard. C’est aussi une exploitation de la veine "Rednecks", l’un de ses fleurons, véritable coup de pied dans la fourmilière hippie et son utopie rousseauiste.

17.03 > 20:00
5€ / 3,5€


Ruggero Deodato, 1987, 35mm, vt ang , 87'

À l’heure où les films post-apocalytiques fleurissent, on assiste parallèlement à l’éclosion de leur équivalent dans le passé, les films qualifiés de Sword and Sorcery. Ils mélangent donc combats à l’épée virils et éléments magiques qui, souvent, servent des scénarios légers... Succédanés de "Conan le Barbare", ils en reprennent l’univers, souvent le ton. Mais les budgets sont peu adaptés à l’ambition, même si les affiches font souvent rêver. L’on y retrouve des réalisateurs italiens tentant désespérément de suivre les standards américains, tels Antonio Margheriti ("Yor, the Hunter from the Future"), Lucio Fulci ("Conquest"), et même Umberto Lenzi ("Ironmaster"). Certains acteurs à la musculature avantageuse sont aussi spécialistes des deux genres comme George Eastman, présent dans "The Barbarians". Le film de Deodato arrive assez tard dans cette vague et assez logiquement, est celui qui verse le plus dans la parodie, ne nous offrant pas un, mais deux barbares, jumeaux costauds à l’humour désarmant. Jeunes filles en peau de bêtes ou quasi nues, monstres hilarants, épées gigantesques, odieux méchant (Richard Lynch), "The Barbarians" est un plaisir coupable, qui a usé plus d’une bande VHS. Le genre, objectivé et dénigré par les sinistres et les imbéciles qui ne voient la beauté que dans les belles choses, mourut à l’aube des 90’s avant d’être englouti par les boursouflures richissimes de l’Heroic Fantasy post "Lord of the Rings".
Cette pépite marque aussi la rencontre entre un certain cinéma italien de divertissement et le légendaire groupe Cannon des duettistes israéliens Golan et Globus. Un film au sommet, qui aurait dû mettre la puce à l’oreille aux deux cousins qui couleront ensuite, notamment à cause de "Masters of the Universe" : on est toujours punit par où l’on a péché...

17.03 > 22:00
5€ / 3,5€ Combi 2 films > 7,5€ / 6€


The House on the Edge of the Park

La casa sperduta nel parco

Ruggero Deodato, 1980, video, vt ang , 91'

Deodato réalise ici un "home invasion" froid et brutal, dans la pure veine des films d’exploitations. On y retrouve David Hess dans le rôle d’un psychopathe pervers sexuel, qui n’est pas sans rappeler son interprétation dans "Last House on the Left" de Wes Craven. Accompagné d’un simple d’esprit (Giovanni Radice, également connu pour avoir joué dans "City of the Living Dead" de Lucio Fulci), ils se voient invités dans une soirée mondaine et comptent bien mener la danse. Très vite, leurs hôtes comprendront qu’ils n’ont plus vraiment les choses en main… Malgré un synopsis peu original, le film se démarque par une réalisation imaginative - notamment aux niveaux des éclairages -, par sa violence crue, et pour son propos sur la vengeance pour le moins controversé, même pour un film d’exploitation. Deodato reçu par ailleurs beaucoup de critiques à l’époque, notamment pour son approche du viol, où la victime finit par prendre du plaisir à être agressée. Un "home invasion" dur, à voir si vous osez !

17.03 > 24:00
5€ / 3,5€ Combi 2 films > 7,5€ / 6€


Live Like a Cop, Die Like a Man

Uomini si nasce poliziotti si muore

Ruggero Deodato, 1976, video, vo st ang, 100'

Ruggero Deodato a réalisé le néo polar "Live Like a Cop, Die Like a Man" à une époque où les films policiers détonants maintenaient les salles italiennes plus que pleines. Considéré par beaucoup comme un des meilleurs films du genre, il démarre en force avec une course poursuite, plus que légendaire, filmée sans autorisation en pleine heure de pointe à Rome. Deux jeunes acteurs - Ray Lovelock ("The Living Dead at the Manchester Morgue") et Marc Porel ("Don’t Torture a Duckling") - incarnent des ripoux véreux, machistes, sexistes et nihilistes, qui n’hésitent pas à user de leur droit de tuer, au nom de la loi. Au final : un duo kitschy comique et une série incessante de scènes d’action ridiculement ultra violentes. Pure fun !

18.03 > 18:00
5€ / 3,5€


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prog: 1601
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