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Offscreenings

Une sélection d’avant-premières ou d’inédits sortant des conventions. Toujours à la pointe du cinéma contemporain, ces films sont pour la plupart réalisés dans des conditions d’indépendance artistique et économique, et se distinguent par une radicalité de forme et de contenu.



Ouverture

Keyhole

(Ulysse, souviens-toi !)

Guy Maddin, 2011, 35mm, vo ang st fr & nl, 91'

Ulysses Pick (Jason Patric), un gangster autoritaire, se cache avec sa bande et des otages dans une vieille maison, encerclée par la police. Ulysses a longtemps cherché cette maison, qu’il reconnait à peine malgré qu’elle fut sienne. Hantée par les souvenirs du passé, chaque pièce de la demeure abrite un secret. Accompagné par Denny, une jeune femme aveugle noyée et revenue étrangement à la vie, et son fiancé Manners, Ulysses va commencer une longue quête, une odyssée dans les profondeurs de ses souvenirs. Parcourant chaque pièce de sa maison, une par une, il passe de souvenir en souvenir, jusqu’à atteindre la chambre à coucher où est enfermée sa femme, Hyacinth (Isabella Rosselini). Film au noir et blanc soigné (qui évoque souvent le cinéma muet), aux atmosphères surprenantes et à l’approche surréaliste, "Keyhole" est un nouveau film ‘vintage’ de Guy Maddin ! Tout comme ses deux précédents longs métrages ("Brand Upon the Brain !", "My Winnipeg"), le « souvenir » en est le thème central. Maddin mêle le genre ‘maison hantée’ avec un mélodrame de gangster tout droit sorti des années 30, et nous livre une quête mystérieuse qui lève peu à peu ses secrets.

+ Maska

Quay Brothers, 2011, video, vo st ang, 24'

"Maska" est la dernière perle des frères Quay ("Institute Benjamenta"), tirée d’une nouvelle de Stanislas Lem. Dans un monde féodal dominé par la technologie, la belle Duenna a été créée pour une raison bien particulière. Mais il lui faudra choisir
entre l’accomplissement de sa tâche et l’amour…

07.03 > 19:30 + 10.03 > 18:00
5€ / 3,5€


Guilty of Romance

(Koi no tsumi)

Sono Sion, 2011, video, vo st ang, 112'

La jeune policière Kazuko est appelée pour enquêter sur une épouvantable scène de meurtre, où des mannequins apparemment banals cachent un crime macabre. Ses recherches l’amènent à découvrir l’histoire croisée de deux femmes : Izumi, épouse complaisante et effacée d’un célèbre écrivain cherchant une alternative à sa vie routinière, et Mitsuko, brillante professeure de littérature, cachant sa vie parallèle de femme de la nuit. La rencontre hasardeuse d’Izumi et Mitsuko entraîne une marée d’événements chaotiques et néfastes, où l’impact du sexe, de la violence et des jeux de pouvoir fermera progressivement toute issue. Au carrefour ensanglanté entre "Belle de Jour" et "Mulholland Drive", le réalisateur Sono Sion ("Cold Fish", "Love Exposure") révèle une réflexion sur l’identité, couplée à la sexualité, toutes deux montrées de manière impitoyable à travers ce thriller sombre et décalé.

16.03 > 20:00
5€ / 3,5€


Les siciliens Daniele Ciprì et Franco Maresco sont des cinéastes atypiques, révoltés et scandaleux, au parcours forcément mouvementé. Le binôme, aujourd’hui dissous, commence sa collaboration dans les années 1980 sur une télévision locale. Il développe ensuite son univers à la Rai 3 avec "Cinico TV", une série de vignettes satiriques tournant en dérision la société italienne, sans jamais avoir peur d’en faire trop. Autodidactes et expérimentateurs, inspirés autant par les classiques hollywoodiens que par le porno et le free jazz, ce sont des artistes reconnus en Italie, mais également des champions pour se faire décrier par les chantres de la culture bien-pensante. Ils ont connu moult déboires avec la censure et c’est seulement cette année que leur premier film, tourné en 1995, est sous-titré pour l’étranger et sort en salle en France. Nous profitons de cette occasion pour remontrer le film suivant du duo, "Totó qui vécut deux fois", qui forme un beau diptyque avec "L’oncle de Brooklyn". Nous vous recommandons vivement de vous plonger dans l’univers esquissé par ces deux œuvres, de laisser vos préjugés sur la beauté et la laideur au vestiaire, d’oublier tout ce qu’on a pu vous inculquer sur le sacré et le scatologique, et de vous ouvrir à l’universalité de ces histoires locales improvisées en dialecte palermitain. Le soleil tape dur en Sicile...



Totò Who Lived Twice

Totò che visse due volte

Daniele Ciprì & Franco Maresco, 1998, vo st fr & ang, 95'

Rappelant certaines comédies italiennes irrévérencieuses, ce film mêle folklore local et sujets universels. On a l’impression d’être dans une fresque documentaire même si tout est irréel et que l’on s’aventure parfois du côté du fantastique. Au travers trois histoires, Ciprì et Maresco dépeignent la vie de village en Sicile. Avec ses airs de récit biblique et ses motifs religieux, croisés avec l’imagerie mafieuse, cette comédie satirique n’épargne personne. On a du mal à identifier l’idiot du village dans la galerie de personnages de ces tableaux. Si certains sont minables, si les obsessions et "péchés" des uns et des autres sont tournés en dérision et si la laideur est sublimée, ce n’est pourtant pas la moquerie qui l’emporte. On est dans une dimension abstraite, sans jugement, que les réalisateurs créent habilement avec une magnifique photographie noir et blanc, au point que la laideur ambiante contraste avec la beauté de l’image.

Le film débute dans un cinéma où est projetée la scène mémorable de "L’oncle de Brooklyn" que la censure voulait faire interdire... Le ton est posé. Mais la censure s’attaquera plus durement encore à "Totò". Leonardo Ancona, psychologue et président de la commission de censure, a déclaré que le film était une offense contre le peuple italien et contre l’humanité tout entière ; et que Ciprì et Maresco étaient deux psychopathes haïssant le monde. L’interdiction pure et simple du film a créé un scandale en Italie, dont la conséquence première fut l’abolition de la censure cinématographique dans ce pays, l’un des derniers pays européens à la pratiquer à l’époque. Le film sortira en salle six mois plus tard (interdit aux moins de 18 ans), et des bataillons de catholiques fanatiques se planteront devant les cinémas pour en empêcher l’accès aux spectateurs. Quant au producteur, aux réalisateurs et au co-scénariste du film, ils seront accusés d’outrage et de tentative de fraude contre l’État. Le procès, d’une durée de deux ans, sera finalement remporté par les auteurs et producteur, privés durant cette période de toute subvention pour leurs projets.

16.03 > 22:00


The Uncle from Brooklyn

Lo zio di Brooklyn

Daniele Ciprì & Franco Maresco, 1995, 35mm, vo st fr & ang, 98'

Deux mafiosi nains imposent la présence d’un étrange personnage à une famille dégénérée vivant dans la banlieue post-apocalyptique de Palerme. Si on leur pose des questions, ils n’ont qu’à dire qu’il s’agit de "leur oncle de Brooklyn". Ils n’en sauront pas plus. Les jours passent et l’oncle est toujours là, mutique et impassible... Cette comédie étrange met en scène une collection de personnages que l’on imaginerait écartés de n’importe quelle production habituelle et fait le portrait d’une société que les bien-pensants préfèrent ignorer. Le fait même de montrer le Sud de l’Italie, crade, déshérité et parfois sauvage, est un acte politique dans le paysage culturel où le Nord propre et riche se veut la seule identité italienne.
"L’oncle de Brooklyn" était invisible depuis sa sortie controversée en 1995. Seule une version en VHS était sortie, sans sous-titre, ce qui limitait sa compréhension aux seuls adeptes du dialecte sicilien... Sans vraiment avoir été interdit, malgré des problèmes avec la censure à sa sortie, le film fut mis au placard par le producteur. La censure et les actions en justice frappant le film suivant de Ciprí et Maresco ne l’ont sans doute pas encouragé à sortir "L’oncle" du placard. Grâce à la persévérance d’une série de personnalités, le film ressort en 2011, restauré et, enfin, traduit pour l’étranger.

18.03 > 20:00


Tommy Wiseau, 2003, 35mm, vo , 99'

"The Room" n’est pas seulement un film, c’est avant tout un concept, un culte, une ode à la mégalomanie, analogie de la toute puissance créatrice dont Tommy Wiseau, mystique aux origines aussi sombres que l’abîme de ses pupilles, serait la divinité. Pour son premier long métrage, celui-ci occupe simultanément les rôles de producteur exécutif, scénariste, réalisateur et acteur, Wiseau tente ainsi de maitriser un univers qui finit fatalement par lui échapper.
Le récit narre les enjeux sentimentaux de Lisa, jeune blonde écervelée qui semble vivre une relation parfaite avec l’homme parfait, le banquier au grand cœur que tout le monde admire, Johnny (Wiseau). Le cœur ayant ses raisons, Julia ne peut s’empêcher d’éprouver des sentiments à l’égard de Mike, le meilleur ami de Johnny. S’ensuit une série de péripéties mélodramatiques prenant place au sein même de l’appartement de Johnny ("home invasion" ?), pimentés par des dialogues sans queues ni tête dont la saveur et l’absurdité n’ont d’égal que la prestation des acteurs que l’on espère en roue libre. Un nanar pur jus, devenu culte à L.A., qui imposa Wiseau comme gourou du cinéma indépendant.

Le film sera précédé par un message vidéo enregistré spécialement pour nous par Tommy Wiseau en personne !

23.03 > 22:00
5€ / 3,5€


David Sieveking, 2010, video, vo st ang, 96'

Lorsque le réalisateur David Sieveking se retrouve confronté à l’incapacité d’écrire un scénario, il tente de trouver l’inspiration dans la méditation transcendantale, suivant dans cette voie son idole David Lynch. Il s’inscrit dans un séminaire au prix exorbitant et essaye d’interviewer Lynch (aux cotés de Ringo Starr et Paul McCartney), qui explique comment la méditation peut augmenter sa créativité. David devient alors de plus en plus obsédé par la lévitation des mantras, la quelque peu obscure David Lynch Foundation et l’apprentissage du Maharishi Mahesh Yogi (hé oui, le même yogi chez qui les Beatles et leur potes hippies se sont rendus dans les années 60). Il finit par avoir de plus en plus de mal à concilier toutes ces recherches avec sa petite amie et leur relation, la rupture semble inévitable. Ce qui commence comme un banal documentaire auto-réflexif se transforme peu à peu en un conte hallucinatoire sur les sectes. Fans de David Lynch, accrochez-vous bien…

24.03 > 20:00
5€ / 3,5€


Courts métrages

Shortscreen

Offscreen a opéré pour vous une sélection de courts métrages étranges et insolites de 2011. Les réalisateurs belges présentés viendront introduire leurs films en personne.

+ Oh Willy...

Emma de Swaef & Marc James Roels, 2011, video, sans dial, , 17'

Les réalisateurs de "Zachte Planten" et "Mompelaar" ont collaboré, pour ce très beau film en stop motion, sur le sujet d’un garçon obèse visitant sa mère mourante dans un camp de nudistes.

+ Las Palmas

Johannes Nyholm, 2011, 35mm, sans dial, , 13'

Un film en stop motion drolatique, avec un vrai bébé dans son tout premier rôle.

+ The Trap

Alberto Lopez, 2012, video, sans dial, , 4'

Une expérience visuelle à l’image stylée en noir et blanc.

+ Yearning

Anatol Leclerc, 2011, video, sans dial, , 18'

Est-il possible, par une rencontre fortuite, de rendre le salut à un homme ayant abandonné tout espoir ?

+ Mission SS 154

Alexis Fradier, 2011, video, vo fr st ang, 8'

Un étonnant film de S.F. en animation, au montage serré, avec un vaisseau spatial superbement réalisé.

+ Countdown

Céline Desrumaux, 2011, video, sans dial, , 4'

Un court hommage à la conquête spatiale, sur la musique d’Apparat.

+ The External World

David O’Reilly, 2011, video, vo , 17'

Un court en animation, cinglé et hyperactif, peuplé de trouble-fêtes hurlants, avec de nombreuses références à la culture pop.

+ Birdboy

Pedro Rivero & Alberto Vázquez, 2011, video, vo st ang, 12'

Birdboy est un solitaire excentrique, vivant dans la forêt. Une animation touchante et pleine de poésie.

+ The Origin of Creatures

Floris Kaayk, 2010, video, sans dial, , 12'

Un film en image de synthèse, empli d’images fortes et inoubliables, dans lequel les organes et les membres agissent pour leurs fonctions les plus primaires.

15.03 > 22:00
5€ / 3,5€


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