prog: 1550
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Transgression

Transgression : The Extreme Underground

Nick Zedd, Wilhelm Hein, No Wave & Vienna Actionists films

transgression [trænzˈgrɛʃən]
[n] the action of going beyond or overstepping some boundary or limit
[n] the act of transgressing ; the violation of a law or a duty or moral principle

Depuis les années 1960, l’Âge d’Or hollywoodien n’est plus qu’un conte de fée fané, ses mythes se craquèlent et implosent. À force d’aseptiser la culture, de désinfecter l’espace médiatique et de repousser les trouble-fêtes dans le hors-champ de l’espace public, le puritanisme américain a produit ses propres germes déviants, qu’il est incapable de faire disparaître. Au début des années 1980, à New York, se développe le Cinéma de la Transgression, une sorte d’écho filmique au courant musical No Wave (Teenage Jesus and the Jerks, DNA...). On y retrouve des cinéastes comme Nick Zedd, Richard Kern, David Wojnarowicz, Tessa Hughes-Freeland et de nombreux autres. Leurs films se vautrent dans le vomi et les excrétions suintants du corps social américain ; ils parodient les valeurs morales et les institutions démocratiques dans un crachat anarcho-nihiliste qui ne laisse pas entrevoir de solution politique (en cela ils se différencient radicalement des cinéastes underground des générations précédentes). Les films sont bruts, sales et s’inscrivent dans une éthique de l’amateurisme : les créateurs ne doivent pas rendre leurs travaux rentables ni acceptables. Cette esthétique "trash" (dans le sens premier du mot) vient à la fois de la nécessité de créer avec ce qui est disponible et des pratiques "Do It Yourself", mises en avant par le punk quelques années plus tôt. À la même période en Europe, plus précisément en Allemagne, des cinéastes (comme Birgit et Wilhelm Hein, Werner Nekes) abordaient les mêmes thèmes avec une extrême violence. Certains d’entre eux étaient issus du cinéma abstrait et structurel et participèrent à l’actionnisme viennois qui sévissait dans les années 1960.

In collaboration with BUTFF, Worm & Vzw Marcel.

-  Tickets combi disponibles pour chaque soirée → 5 / 3,5 €



You Killed The Underground

or The Real Meaning of Kunst Bleibt, Bleibt

Wilhelm Hein, 1989-2011, 16mm, vo ang , 65'

D’une durée totale de 14 heures, ce film est un assemblage de plus de 10 ans d’enregistrements que le pionnier punk Wilhelm Hein a tournés et accumulés. Le titre provient d’un texte d’une performance de Jack Smith lors de la Foire de l’Art de Cologne en 1974. C’est un voyage visuel à travers le cinéma underground qui fonctionne comme une revue burlesque des stratégies et possibilités esthétiques. Provoquant, didactique et polémique, ce mélange entre document et performance est un coup de pied dans les conventions. Wilhelm Hein nous en amène la première bobine, sur laquelle on retrouve notamment des enregistrements inédits de Nick Zedd.

Suivi d’une rencontre avec Wilhelm Hein et Nick Zedd.

15.09 > 20:00
3,5€ / 2,5€ 5€ / 3,5€ (soirée / avond)


- "Depuis qu’il n’y a plus de vie après la mort, le seul enfer est celui de prier, d’obéir aux lois, de s’abaisser devant l’autorité, le seul paradis est celui de pécher, d’être rebelle, de s’amuser, de baiser, d’apprendre de nouvelles choses et de détruire autant de règles qu’on peut. Cet acte de courage s’appelle la transgression."

Ses influences vont de Jack Smith ou Kenneth Anger à John Waters. En 1979, son premier film, "They Eat Scum", sort en super8 dans les salles underground new-yorkaises. Le public est loin d’être conquis. Le film se démarque des autres productions par sa facture bordélique et son humour décalé et violent. Il récolte l’indifférence voire l’hostilité des médias traditionnels et alternatifs. Les années suivantes, Nick Zedd est rejoint par d’autres réalisateurs, d’abord Richard Kern en 1984 avec lequel il tourne "Thrust in Me", puis Tommy Turner, Casandra Stark, Tessa Hughes-Freeland, Kembra Pfahler, etc. Dans un mouvement à la fois fédérateur et auto-promotionnel, il écrit le "Manifeste du Cinéma de la Transgression" et sort le fanzine "The Underground Film Bulletin" (de 1984 à 1990) dont il est l’auteur principal, sous le pseudo d’Orion Jeriko.

- "Nous proposons que tous les films d’école soient brûlés et que tous les films chiants ne soient plus jamais réalisés. Nous affirmons que le sens de l’humour est un élément essentiel déprécié par les académiciens gâteux, qu’un film qui ne choque pas ne vaut pas la peine d’être regardé. Toutes les valeurs doivent être contestées. Rien n’est sacré."



Nick Zedd, 1979, video, vo , 75'

15.09 > 22:00
3,5€ / 2,5€ 5€ / 3,5€ (soirée / avond)


Compilation

Nick Zedd #1

+ Llick your Idols

Angélique Bosio, 2004, video, vo ang st fr, 60'

+ Why Do You Exist ?

Nick Zedd, 1998, 16mm, vo , 11'

+ War Is Menstrual Envy [excerpt 1]

Nick Zedd, 1992, double 16mm, vo , 20'

+ Whoregasm

Nick Zedd, 1988, double 16mm, vo , 11'

+ Smiling Faces Tell Lies

Nick Zedd, 1995, double 16mm, vo , 11'

La plupart de ces films sont projetés en 16mm en double écran. Ils étaient initialement prévus pour être vus de cette manière, bien que ce soit rarement le cas.

16.09 > 22:00
3,5€ / 2,5€ 5€ / 3,5€ (soirée / avond)


Compilation

Nick Zedd #2

+ The Bogus Man

Nick Zedd, 1980, video, vo , 11'

+ Thrust In Me

Nick Zedd & Richard Kern, 1985, video, vo , 8'

+ Police State

Nick Zedd, 1987, video, vo , 18'

+ War Is Menstrual Envy [excerpt 2]

Nick Zedd, 1992, video, vo , 10'

+ Ecstasy In Entropy

Nick Zedd, 1999, video, vo , 15'

+ Tom Thumb

Nick Zedd, 1999, video, vo , 3'

+ Electra Elf Begins

Nick Zedd, 2005, video, vo , 35'

18.09 > 22:00
3,5€ / 2,5€ 5€ / 3,5€ (soirée / avond)


Né en 1940, Wilhelm Hein a débuté en tant que cinéaste dans les années ’60 avec des collages bruts, sortes d’attentats audiovisuels contre les sens. En tant que pionnier de l’underground allemand et du cinéma d’avant-garde, il n’a pas seulement réalisé des films radicaux et expérimentaux (jusque dans les années ’90 avec sa femme de l’époque, Birgit Hein). Figure de l’attitude punk, il est aussi collectionneur (par exemple des travaux des actionnistes viennois - voir ci-contre) et documentaliste, témoin privilégié de la culture anti-establishment.



Le premier de ces deux programmes est dédié au mouvement new-yorkais No Wave de 1976 à 1982, lorsqu’un groupe hétéroclite de réalisateurs radicaux prirent leurs caméras dans éthique DIY empruntée au punk. Ce programme inclut "L.E.S." qui présente le Lower East Side comme un paysage post-apocalyptique, ainsi qu’une série de portraits d’héroïnomanes et un documentaire rare sur le légendaire CBGB (avec des extraits de concerts du début du punk et des interviews des Ramones, The Dead Boys et de Richard Hell and the Voidoids). Cette compilation comprend aussi "Orphans", vidéo anti-musique qu’Ivan Lernera réalisa pour Teenage Jesus and the Jerks, et "She Had Her Gun All Ready", psychodrame punk de Vivienne Dick qui oppose Lydia Lunch et Pat Place, trouvant son apogée dans une épreuve de force sur des montagnes russes à Coney Island.

+ L.E.S.

Coleen Fitzgibbon, 1976, video, vo , 24'

+ Orphans

Ivan Lerner, 1978, video, vo , 3'

+ Heroin

David Wojnarowicz, 1981, 16mm, vo , 3'

+ Punking Out

Maggi Carson, Juliusz Kossakowski & Ric Shore, 1978, 16mm, vo , 25'

+ She Had Her Gun All Ready

Vivienne Dick, 1978, video, vo , 28'

16.09 > 20:00
3,5€ / 2,5€ 5€ / 3,5€ (soirée / avond)


Ce second programme de notre focus sur la No Wave new-yorkaise illustre le contenu riche des films orientés vers la performance pour lesquels le mouvement est célèbre. Les films No Wave, très hétéroclites, trouvent leur unité dans le rejet des traditions et l’utilisation d’acteurs issus de la scène musicale underground. Une série de travaux seront présentés, allant du portrait d’un junkie dans le film de James Nares "Waiting for the Wind" à l’exploration du monde des Go-Go danseuses par Tessa Hughes-Freeland, aux attaques de Beth et Scott B dirigées directement contre leur public. On découvrira aussi "11 Thru 12", une performance filmée irrévérencieuse, ainsi que le réputé "Empty Suitcases" de Bette Gordon qui explore terrorisme et aliénation à New-York dans les années 80.

+ Letters to Dad

Beth B. & Scott B., 1979, video, vo , 12'

+ Waiting for the Wind

James Nares, 1982, 16mm, vo , 8'

+ 11 Thru 12

Andrea Callard, 1977, 16mm, vo , 11'

+ Baby Doll

Tessa Hughes-Freeland, 1982, 16mm, vo , 3'

+ Empty Suitcases

Bette Gordon, 1980, 16mm, vo , 52'

18.09 > 20:00
3,5€ / 2,5€ 5€ / 3,5€ (soirée / avond)


Birgit & Wilhelm Hein, 1988, 16mm, vo ang , 80'

“Trivial films are real psychodramas where primitive, mostly suppressed desires and imaginations are expressed”.

Avec un titre qui renvoie à la déesse mère des mythologies hindoues (celle qui donne à la fois la naissance, la mort et la castration), cet assemblage de found footage provenant de films de genre prétendument "triviaux" analyse les fantaisies sexuelles et violentes qui sont tabous dans la culture officielle mais qui font surface dans les films d’exploitation bon marché, en particulier les films d’horreur et les films de femmes en prison.

17.09 > 20:00
3,5€ / 2,5€ 5€ / 3,5€ (soirée / avond)


Compilation

Vienna Actionists

Transgression avant la lettre

Wilhelm Hein amène avec lui un programme unique composé de films réalisés par les actionnistes viennois, un collectif composé d’artistes singuliers, parmi lesquels Otto Mühl, Günter Brus et Hermann Nitsch. Entre 1960 et 1971, ceux-ci ont choqué le public avec un art performatif extrême : des happenings dans lesquels les protagonistes se montraient nus, exhibant des actes de violence sexuelle extravagants et s’arrosant de toutes sortes de fluides corporels. Ces précurseurs de la performance et du body art postulaient que l’exhibition du corps dénudé, la violence excessive et l’explosion des tabous étaient des thèmes centraux pour une critique sans compromis de la société de consommation et de ses excès. Ils ont été une source importante d’inspiration pour le Cinéma de la Transgression. Des cinéastes expérimentaux, comme l’autrichien avant-gardiste Kurt Kren, ont enregistré les performances d’actionnistes viennois sur pellicule. Deux programmes vous confronteront à leurs expérimentations extrêmes qui ne sont, qu’on se le dise, absolument pas recommandées aux âmes sensibles.

Le premier programme présente "Sodoma", compilation du travail de l’anarchiste Otto Mühl (16mm, 70 minutes). Après une petite pause sans (aucun) doute nécessaire, on vous servira encore l’unique "Impudenz im Grunenwald" d’Otmar Bauer et Otto Mühl, la performance "Zerreisprobe" de Günter Brus et quelques films de Kurt Kren (e.a. "Mama und Papa" et "Ana-Aktion").

17.09 > 22:00
3,5€ / 2,5€ 5€ / 3,5€ (soirée / avond)


squelettes/rubrique-3.html
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