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Weekend #2

Etalé sur 3 km2, Cureghem représente un cinquième du territoire d’Anderlecht. Cet ancien hameau des faubourgs bruxellois se développa autour de la Senne et du premier canal construit en 1827 avec son cortège d’industries, auxquels s’ajoutent l’Ecole des Vétérinaires (1835), les Abattoirs d’Anderlecht (1890), ainsi que l’essor des chemins de fer avec la gare de Cureghem (inaugurée en 1870 face du Quai de Biestebroeck et détruite en 1990) et celle du Midi. La fulgurance du développement économique, démographique et urbanistique du quartier n’eut d’égal que la puissance de son déclin à la fin du rêve industriel. Heureusement, les immigrés venus s’y installer y ont depuis développé de nouvelles activités, en partie basées sur le recyclage et la débrouille.
Aujourd’hui, Cureghem est fréquenté pour ses commerces alimentaires, de vêtements (quartier du Triangle), ses garages (Heyvaert), ou encore ses églises évangélistes. Plusieurs écoles professionnelles y sont basées. Mais, longtemps délaissé par les pouvoirs publics, Cureghem reste un lieu de transit et frôle avec les records de chômage (quasi 30%). Les nombreux contrats de quartier n’y ont pas changé grand chose. Comme quoi, investir dans la brique et dans l’espace public n’aide pas forcément les habitants à rehausser leur niveau de vie... Et l’implantation de restaurants ou hôtels de luxe du côté de la gare du Midi, de même que l’apparition de lofts et autres logements haut de gamme, ne font qu’accroître la dualisation sociale dans ce quartier dont on parle souvent négativement. Stigmatisé comme une "zone de non droit", marqué par l’image des "émeutes", Cureghem mérite plutôt qu’on s’intéresse à l’incroyable potentiel de sa population, l’une des plus mélangées (110 nationalités recensées) et des plus jeunes de Bruxelles !

Pour son second weekend, le PleinOPENair est accueilli dans la cour du CuroHall, juste en face des Abattoirs. Cette ancienne école reconvertie en 1997 en centre communautaire et interculturel, héberge plusieurs associations qui y développent leurs activités.

CuroHall, 7 rue Ropsy Chaudron, 1070 Bxl
> Plan d’accès
BUS : 46 (Liverpool - Conseil / Raad) • Bus de nuit / nachtbus : N13 (Conseil / Raad) dir. / richt. Annessens (dernier / laatse > 02:18) • METRO : 2 & 6 (Clemenceau)

19.08 > 19:00 + 20.08 > 19:00


Concert

Prezy-H

"Prezy" pour Président : une personne sensée en toute circonstance avoir un discours réfléchi. "H" pour Hôpital : là où pendant une convalescence le forçant à abandonner sa passion pour le sport, notre homme a décidé de se lancer dans l’écriture. Voici Prezy-H, Camerounais de Bruxelles, où il a débarqué après dix années passées en France. Proche de rappeurs comme Pitcho ou Uman, il a à son actif un album ("Le prix des rêves"), plusieurs EP et au moins un tube : le fameux "La famille". Adepte de l’autodérision lyricale, Prezy y fait preuve d’une sincérité et d’un franc parler à l’apparence parfois enfantine. Les morceaux mélodiques y côtoient des beats plus lourds, suivant l’inspiration d’une plume souvent humoristique et décalée, oscillant entre sujets graves et textes plus légers. Et sur scène, ça groove !

www.prezy-h.com

19.08 > 20:00


Spike Lee, 1989, 35mm, vo st fr & nl, 120'

Au son de la radio de Señor Love Daddy, les habitants de Bedford-Stuyvesant (Brooklyn) se réveillent sous la canicule de l’été. Seuls blancs du quartier, Sal et ses deux fils ouvrent leur pizzeria. Ils sont rejoints par l’indolent Mookie, qui va passer cette longue journée à livrer des pizzas dans le quartier, incarnant une sorte de médiateur entre des univers opposés : la communauté afro-américaine et le patronat blanc de la pizzeria.
Inspiré de la tragédie de Howard Beach au cours de laquelle un jeune Afro-américain fut lynché par une foule d’Italo-américains, ce film est un portrait coloré de Brooklyn et une réflexion sur le racisme et les relations complexes entre des communautés dont les droits sont parfois bafoués. A l’époque, le Hip-Hop est à son apogée (le personnage de Radio Raheem incarne cette voix engagée avec son ghettoblaster jouant "Fight the Power") et le phénomène de la gentrification fait son apparition dans les quartiers populaires...
Parsemé d’allusions culturelles et historiques, "Do the Right Thing" nous fait le bonheur d’éviter les dichotomies simplistes, s’attachant aux dialectiques amour/haine et pacifisme/violence, soulignant des antagonismes et des oppositions (droits de propriété/droits humains, opposition historique entre Martin Luther King et Malcolm X, etc.) pour mieux les faire voler en éclat... Un film chaud, chaud, chaud !

19.08 > 22:00


Concert

Mam’sika

Mam’Sika est la rencontre entre le jazz, l’Afrique, la musique de l’Est, l’improvisation et la transe. Ou comment la musique sublime et transfigure les frontières et les territoires. Mêlant des mesures impaires, des modes influencés de musiques du monde, de la funk, de l’électro et de l’improvisation, Mam’sika invente un "jazz nomade". Les textes en français, fon (bénin) ou en langage imaginaire laissent une grande place à l’imprévu et au dialogue scénique entre les membres du groupe.
Composé de Sika Gblondoumé, chanteuse, vocaliste, explorant la voix dans tous ses registres. De Cyril Blanc, percusionniste éclectique de congas, cajun, bongos et autre udu. Du guitariste Thierry Fornel, joueur de n’goni et de oud. Et de Hugues Vincent, violoncelliste sans filet.
Entre musiques traditionnelles et musiques d’aujourd’hui, Mam’Sika vous emmène en voyage…

www.mamsika.com

20.08 > 20:00


Court métrage

Corsaires TV

Corsaires, 2011, video, vo fr , 4'

Deux petits reportages réalisés par Corsaires TV, web télévision basée à Cureghem, consacrés à la Tiss Team : un groupe de tout jeunes rappeurs formé dans le cadre d’un atelier d’écriture dans le quartier du square Albert 1er.

20.08 > 21:30


Agostino Ferrente, 2006, 35mm, vo st fr, 93'

La Piazza Vittorio, à Rome, est devenue au fil des dernières années un quartier où les Italiens sont une minorité de la population qui y habite. Le boulanger est chinois, l’épicier du coin bengalais, et les parfums épicés se mélangent avec ceux de "la pizza al taglio". De nombreux habitants du quartier sont aussi musiciens, certains autodidactes, d’autres diplômés. Certains vivotent de leur musique en jouant dans les rues, d’autres préfèrent faire la plonge dans un restaurant pour gagner leur bout de pain quotidien. Faire d’un orchestre de musique mélangeant ces réalités diverses, un lieu de dépassement de nos morcellements et d’encrage sur un territoire urbain composite, tel est le pari d’une poignée d’habitants du quartier, et aussi le défi d’Agostino Ferrente qui, soulevant maintes questions tout en nous divertissant, réussit là un projet de film unique en son genre. Et cet orchestre hors norme n’est pas une fiction !

www.orchestradipiazzavittorio.it

20.08 > 22:00


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prog: 1535
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