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Weekend #1

Bruxelles a un canal et donc des quais. Ceux-ci ont servi pendant des décennies comme lieu de chargement et de déchargement du charbon et de matériaux, utiles au fonctionnement des industries et à la construction de la ville. Aujourd’hui encore, nombre de ces quais accueillent des activités économiques productives. Le quai de Biestebroeck, situé juste après le pont de Cureghem au coeur d’Anderlecht, présente d’ailleurs ce visage industriel qui tend à disparaître quand on se rapproche du centre-ville. Et de fait, la nouvelle marotte des villes métropoles sur lesquelles Bruxelles doit s’aligner est de transformer les zones portuaires et autres friches industrielles en lieu de loisir et de plaisance dominé par des logements haut de gamme qui recyclent les traces de l’industrie en faire-valoir immobilier.

Le quai de Biestebroeck n’échappe pas à cette loi des villes vitrines du capital. La commune d’Anderlecht veut y développer un projet-phare urbanistique. Pour le bourgmestre, "le quartier du Bassin de Biestebroeck a besoin d’être totalement repensé, revu et corrigé pour mieux pouvoir le rentabiliser et le rationaliser. Cet endroit n’est pas aménagé en fonction de ce qu’est une ville moderne". Message bien reçu chez les architectes et autres promoteurs : mettons à profit le canal pour développer à cet endroit... une marina. Les yachts de luxe viendraient remplacer les péniches, et les logements de luxes, les grues et montagnes de ciment. 45 ha pour transformer ces quartiers industriels et populaires en baie destinée à une jet set digne du paysage cannois. Vous êtes intéressé ? Ce rêve de promoteur est peut-être à portée de main, mais certainement pas de toutes les bourses...

Quai de Biestebroeck, 1070 Bxl
> Plan d’accès
(Croisement chaussée de Mons - rue Wayez)
BUS : 116, 177, 118, 140, 144, 145, 170, 172 DeLijn (Biestebroeck) • Bus de nuit / nachtbus : 620 DeLijn (Biestebroeck) dir. / richt. Luchtaven (dernier / laatste > 02:24) • METRO : 5 (Aumale)

12.08 > 19:00 + 13.08 > 19:00


Concert

Degurutieni

Icône dandy de la scène underground d’Osaka, Arco Degurutieni est un poète multi-instrumentiste (il joue du violon comme de la double basse, de l’accordéon comme de la guitare...) dont le style musical démontre son amour pour la culture européenne. Accompagné du clarinettiste diabolique Yaburinko-Ne et du violoncelliste hystérique Atsuko Hatano, il mélange ces sons dans une musique bien à lui oscillant entre rock jazzy et pop électro. Sa voix sombre, qui n’est pas sans rappeler celle de Tom Waits, nous emmène dans un univers fantasmagorique, décadent et mélancolique. Leurs spectacles se dégustent comme on feuillette un grand livre d’images, peuplé de gangsters et d’images érotiques. Ceux qui les ont vu avec Matthieu Ha en Belgique en 2007 ne sont pas prêts de l’oublier. Revoici Degurutieni ! En concert sur les berges du canal et en accompagnement musical sur "A propos de Nice", ça promet d’être un grand moment...

http://degurutieni.blogspot.com

12.08 > 20:00 + 12.08 > 24:00


Court métrage

A propos de Nice

Jean Vigo, 1930, 35mm, muet, , 25'

Ha, Nice ! Son port de plaisance, sa promenade anglaise, ses bourgeois en vacances. Sans oublier ses quartiers populaires et son carnaval. Sous l’oeil acerbe de Jean Vigo et son opérateur Boris Kaufman, un "point de vue documenté" poético-subversif sur un haut lieu de villégiature de la Côte d’Azur où les riches s’ennuient et le populo rit. Classique joyeusement anar tourné en 1929, "A propos de Nice" sera accompagné ce soir par les musiciens de Degurutieni.

12.08 > 21:30


Film

L’homme d’à côté

El Hombre de al Lado

Mariano Cohn & Gaston Duprat, 2009, 35mm, vo es st fr, 110'

Sous-titré "le voisin que Le Corbusier n’avait pas prévu", "L’homme d’à côté" a comme décor principal la maison Curutchet, unique bâtiment outre-Atlantique du célèbre architecte français. Leonardo, désigner arrogant et branché de Buenos Aires, y vit paisiblement avec sa femme et sa fille, jusqu’au jour où Victor, son inquiétant voisin, décide de percer une fenêtre dans le mur mitoyen donnant sur sa cour intérieure. Deux mondes antagonistes se rencontrent, le malaise allant en crescendo jusqu’au couperet final. Doté d’un humour noir qui en ravira plus d’un, cette fable évoque avec finesse ce que peut être un conflit de voisinage dans un quartier gentrifié. Ou comment des gens huppés peuvent difficilement s’accommoder d’une classe populaire ne partageant pas les mêmes valeurs. Une situation révélant aussi les faux semblants que ni l’harmonie d’un chef-d’oeuvre corbuséen, ni la culture élitaire de ses habitants ne pourront longtemps (se) cacher. Une comédie grinçante comme "bâtie" pour notre PleinOPENair, en exclusivité !

12.08 > 22:00


Concert

BooDooRoo

BooDooRoo c’est un fameux cocktail en soi : imaginez donc un oud électrique tout droit sorti des faubourgs perses aux effets hypnotiques accompagné de claviers, le tout oscillant entre l’Ethiopie et la pop nordique avec un groove sans répit. Ajoutez-y une voix chaude et éraillée qui tantôt chante, tantôt conte les désemparements d’une liberté nouvellement née… on pense à la Tunisie. BooDooRoo se définirait comme une "soul africaine anxieuse, un rock blues sous haute tension, du punk calligraphié aux accents arabes, aux histoires mordantes, aux pulsations citadines, empruntant autant à la culture Chaabi algérienne qu’à Hendrix ou Allen Ginsberg…". Cet OVNI musical envoûtant porté par six bruxellois est encore tout frais émoulu et n’a donc encore aucun support enregistré. Raison de plus pour venir à la découverte de ces musiciens aux origines tunisiennes, belges, françaises et sans frontières musicales.

www.myspace.com/boodoorooband

13.08 > 20:00


Court métrage

La bataille du canal

POA-PTTL, 2011, video, vo fr , 20'

Un vrai film historique mêlant le ton de l’humour noir à celui d’un faux reportage de propagande... Cette année, le PleinOPENair et Plus Tôt Te Laat (PTTL) vous proposent un avant-programme inspiré en droite ligne du langage du monde de la promotion immobilière, des pouvoirs publics et de la presse au sujet de leurs appétits sur le canal et ses abords. Il vous fera découvrir quelques-uns des projets pharaoniques que certains investisseurs privés caressent pour "réhabiliter" cette partie de Bruxelles, qu’ils perçoivent comme un nouvel Eldorado. Un plongeon qui vous fera rire ou pleurer, c’est selon...

13.08 > 21:30 + 19.08 > 21:30 + 26.08 > 21:30 + 27.08 > 21:30


Tizza Covi & Rainer Frimmel, 2009, 35mm, vo it st fr & nl, 104'

Patricia est une femme d’âge mûr qui vit avec son compagnon, Walter, dans une roulotte parquée sur une aire de camping, cachée derrière des palissades, dans la banlieue de Rome. Terrains vagues, bords de routes assourdissants et travées boueuses constituent leur décor quotidien. Avec leur neveu Tairo, un adolescent espiègle qui vit dans un camping-car voisin, ils tentent de gagner leur vie en faisant tourner leur petit cirque (quelques chèvres, un numéro de lancer de couteaux...) de banlieue en banlieue. Un jour, à la recherche de son chien, Patricia découvre une gamine de deux ans, portant sur elle un morceau de papier indiquant que sa mère viendra la rechercher dans quelques jours. Plutôt que livrer la jeune Asia à la police, Patricia la prend en charge avec l’aide de Tairo...
C’est autour de cette trame ténue, mais inspirée de faits réels, que va se construire ce film fort et sensible. La grande réussite des réalisateurs est d’amener une donnée fictionnelle (l’abandon d’une fillette) dans la vie de ses personnages, qui sont eux bien réels et jouent pour ainsi dire leur propre rôle. "La Pivellina" ("La débutante") résonne donc quasi comme un documentaire, sur les gens du voyage, l’abandon, l’entraide et la co-existence entre les générations. Tourné avec un tout petit budget, c’est un film d’une grande intelligence et d’une grande beauté.

13.08 > 22:00


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prog: 1535
pos: aval