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Zolang er scheepsbouwers zingen

Zolang er scheepsbouwers zingen

Tant que chanteront les constructeurs de navires

Jan Vromman, 1999, video, vo nl st fr, 86'+81'+83'

1995. Jan Vromman entend parler à la radio de l’occupation du chantier naval Boelwerf par ses ouvriers. Il décide de s’y rendre, à Tamise, à la fois intéressé par leur lutte et fasciné par l’image de la construction de bateaux hauts comme des immeubles. Il a conscience d’être présent à un moment clé et d’en devenir un témoin, mais réalise que c’est toute l’histoire de cette industrie qui doit être racontée pour comprendre la faillite qui s’annonce (et qui sera définitive en 1997). Un travail de mémoire s’impose, cette histoire n’est pas écrite, n’est pas filmée, n’est pas dans les musées. Il a tous les éléments à portée de main, les vieux ouvriers dont il a gagné la sympathie sont encore là pour raconter, les documents et archives sont accessibles en cette période d’attention médiatique. Il collecte un maximum d’informations, le projet prend de l’ampleur. Il achèvera cette saga retraçant un siècle et demi d’histoire industrielle, économique, politique et humaine en 1999. "Tant que chanterons..." devient modestement un portrait complet de cette industrie, ancré localement à Boelwerf, mais qui en dit long sur l’évolution mondiale des visions économiques et des rapports de classes.

La prouesse de ce film en trois parties tient dans sa construction très soignée qui le rend fluide et clair. L’approche est à la fois didactique et personnelle. On prend le temps de se plonger dans ce monde, de se familiariser avec ses rouages et ses acteurs. Si la structure générale est chronologique, Jan Vromman nous fait naviguer dans l’histoire avec un rapport constant au présent. Ses réflexions sur le travail, sur le capitalisme et le syndicalisme interrogent évidemment aussi l’avenir. Il jongle avec les archives, les interviews, les images contemporaines prises sur le vif, des moments musicaux, des récitations de textes et poèmes et fait part tout au long du film de ses considérations et de ses questionnements. Le film est aussi touchant que passionnant.

Nous passerons ce 1er mai en compagnie de Jan Vromman pour revenir sur ce film très peu montré et seulement récemment sous-titré en français.

"(...) Nous nous préoccupons d’une maison d’Horta, d’une vieille partition de musique, et nous nous battons pour la survie d’une coutume. Mais comment traitons-nous l’héritage industriel et social ? Notre monde a été fabriqué par des mains et par des outils, il est le résultat du travail. Justement, l’histoire de ce travail est rarement à l’ordre du jour. Les évolutions des mentalités et des techniques sont étroitement liées entre elles. (...)"

Jan Vromman

http://www.scheepsbouwerszingen.be

01.05 > 18:00


Jan Vromman, 1999, video, vo nl st fr, 86'

"1995 : l’entreprise est occupée, le glas sonne pour le chantier naval. Cette constatation chargée d’émotion contraste avec l’histoire de la croissance et de l’épanouissement de la société. Le tonnage des bateaux explose. Les embarcations en bois deviennent des navires-citernes à gaz ultra modernes. Le nombre de salariés augmente. Il finira par y en avoir plus de 3.000. Sur le chantier, les vaisseaux grandissent, de la quille au nid-de-pie, de la proue à la poupe."

01.05 > 18:00


Roes (1969-1986)

Ivresse (1969-1986)

Jan Vromman, 1999, video, vo nl st fr, 81'

"Ce sont des années merveilleuses, un monde équitable où tout serait possible, d’autres rapports sociaux notamment… L’ouvrier conscientisé ne s’oppose pas seulement au patron pour défendre ses droits mais des tensions existent aussi avec les représentants officiels des syndicats. Mais le syndicalisme de combat devient un syndicalisme de concertation. En même temps, l’entreprise entre dans la tourmente."

01.05 > 21:00


Zware Kop (1986-1997)

Gueule de bois (1986-1997)

Jan Vromman, 1999, video, vo nl st fr, 83'

"Débâcle, faillite, occupation d’entreprise, deuxième faillite, deuxième occupation, liquidation, les derniers navires… L’histoire de cette agonie fait surgir les problèmes de l’emploi et de l’avenir. Dans l’angoisse de perdre notre bien-être matériel, nous n’osons plus nous poser la question d’un travail qui aurait du sens."

01.05 > 22:30


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