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Shaw Brothers

Le studio légendaire des frères Run Run et Runme Shaw a commencé à Singapour dans les années 20 par la production de films muets qu’ils distribuaient eux-même à travers toute l’Asie du Sud-Est. En 1957, ils se sont établis à Hong Kong et se consacrèrent alors aux ’wu-xia pian’, soit les films de kung-fu traditionnels, sous l’influence des films samouraïs japonais. Ils développèrent si bien leur studio qu’ils sont très vite devenus les plus grands producteurs de cinéma indépendant. Vers le milieu des années 60, un tournage démarrait tous les 9 jours ! Offscreen porte cette année son attention sur la période la plus glorieuse de l’histoire de Shaw. En partant de classiques incontournables tels que "The 36th Chamber Of Shaolin" ou "Eight Diagram Pole Fighter" jusqu’au sensuel "Intimate Confessions of A Chinese Courtesan", le très kitsch "Five Element Ninjas" ou les authentiques classiques culte "Human Lanterns" et "The Boxer’s Omen", nous vous proposons des perles de kung-fu pour tous les goûts ! Tous les films sont montrés en 35mm et en ’shaw-scope’ et la plupart seront introduits par le grand spécialiste et connaisseur de film hongkongais Tony Rayns.



The 36th Chamber Of Shaolin

Shao Lin san shi liu fang

Lau Kar Leung, 1978, 35mm, vo st cn & ang, 115'

Gordon Liu (vu plus récemment dans "Kill Bill") brille ici dans un film considéré comme l’un des plus essentiels du catalogue Shaw. Liu joue San De, un jeune étudiant idéaliste et opposant à l’occupation des Mandchous. Quand son maître, son père et ses condisciples sont assassinés par l’horrible général Tien Wa, San De jure de se venger et part au temple Shaolin pour apprendre l’art martial sacré. Là-bas, il doit subir un entrainement intense à travers les 35 chambres de Shaolin. La réputation de "La 36ème Chambre de Shaolin" n’est pas étonnante : le metteur en scène Lau Kar Leung, lui-même maître en arts martiaux, est généralement considéré comme l’un des meilleurs chorégraphes que le cinéma de kung-fu ait jamais connu. Ses scènes de combat fluides et dynamiques, mises en image de façon impressionnante, restent de nos jours parmi les meilleures du cinéma d’action. L’homme en question est d’ailleurs toujours actif et s’occupe pour le moment, à ses 75 ans, des chorégraphies du film "The Grandmaster", une sorte d’ode au genre, par Wong Kar Wai.

Présenté par Tony Rayns

17.02 > 20:00
5€ / 3,5€ Combi 2 films > 7,5€ / 6€


Eight Diagram Pole Fighter

Wu Lang ba gua gun

Lau Kar Leung, 1983, 35mm, vo st cn & ang, 98'

Dans la scène d’ouverture hallucinante et cauchemardesque, sept frères sont attirés dans une embuscade. Deux seulement parviennent à en réchapper. Le jeune Alexander Fu Sheng perd totalement la tête, courant en furie à travers les chambres vides du domicile familial. Toute la responsabilité va alors reposer sur les épaules de Gordon Liu. Tragiquement, cette situation nous renvoie à la réalité. Le très populaire Alexander Fu Sheng aurait dû jouer le rôle principal, mais il est décédé pendant le tournage. À 28 ans seulement, il meurt dans un accident de voiture, tel un James Dean de Hong Kong, en rentrant du tournage. Le script a été réécrit avec de petites allusions au triste événement et le film fut retravaillé comme un hommage à la charismatique superstar. Gordon Liu endosse à présent le rôle principal. Le respect pour leur collègue tant aimé les pousse tous à donner le meilleur d’eux-mêmes dans ce chef-d’œuvre obscur ayant pour sujet la loyauté, la fraternité et... les sanglantes représailles !

Présenté par Tony Rayns

17.02 > 22:00
5€ / 3,5€ Combi 2 films > 7,5€ / 6€


The Avenging Eagle

Long xie shi san ying

Sun Chung, 1978, 35mm, vo st cn & ang, 90'

Des nouilles chinoises à la sauce bolognaise... On a ici l’impression d’avoir atterri dans un western spaghetti, comme si on chevauchait son destrier, traversant des villages du désert, en quête de vengeance et de pénitence...
Ti Lung, orphelin, fut élevé par le chef d’une bande de ravisseurs. Après être devenu lui-même un tueur sans scrupules, il finit par en découdre avec sa conscience et tourne le dos à cette bande. Il s’en va découvrir le monde. Mais ses potes n’encaissent pas - ils le recherchent et veulent sa peau. Il ne voit alors qu’une solution : en finir avec le vieux chef de clan. Il rencontre un maître qui manie l’épée et qui a les mêmes intentions que lui. Ils forment ainsi un duo improbable. Liés par un même but, ils ont cependant beaucoup à se cacher mutuellement... L’histoire nous entraîne par une force dramatique et des scènes d’action spectaculaires mais c’est, visuellement également, un film fort qui, comme nul autre, parvient à insuffler de la vie dans les décors irréels des studios de la Shaw. Surtout : ne ratez pas le final délirant de moral !

Présenté par Tony Rayns

18.02 > 20:00
5€ / 3,5€ Combi 2 films > 7,5€ / 6€


Human Lanterns

Ren pi deng long

Sun Chung, 1982, 35mm, vo st cn & ang, 95'

Monsieur Lung et Monsieur Tan sont deux hommes riches qui n’ont rien d’autre à faire que de se pourrir la vie mutuellement. Humilier l’autre en public est un grand hobby pour eux, mais Monsieur Tan y va vraiment fort lorsqu’il invite pour une garden-party, en grande pompe, la prostituée avec qui Monsieur Lung a une romance... Lung est furieux et agite nerveusement son éventail, avant de quitter finalement la fête. Il décide, pour se venger, de souffler à Tan le très prisé prix du plus beau lampion lors de la prochaine fête des lumières, ce dernier étant fier comme tout de cette si chic lanterne. Quel plan diabolique ! Il se rend chez un ermite mystérieux qui fabrique les plus beaux lampions et lui demande son aide. L’excentrique personnage semble cependant utiliser une technique inhabituelle : les plus beaux lampions sont faits, selon lui, à partir d’une peau humaine fraîchement écorchée… Un mélange lugubre de kung-fu et d’horreur grotesque, avec des décors exubérants qui semblent tremper dans les couleurs flamboyantes d’un film de Mario Bava.

18.02 > 22:00
5€ / 3,5€ Combi 2 films > 7,5€ / 6€


Chor Yuen, 1972, 35mm, vo st cn & ang, 90'

Ainu est enlevée et vendue au bordel de Madame Chan. Toutes griffes dehors, elle essaye de s’échapper comme un chat sauvage, mais sa tentative échoue et elle atterrit dans le fond d’une cave. La belle Madame Chan vend la virginité d’Ainu aux enchères, à quatre hommes. La bave aux lèvres, ceux-ci se succèdent entre les jambes d’Ainu, le plus offrant en premier. Par la suite, après une tentative de suicide ratée, Ainu ne veut plus qu’une chose : la vengeance. Elle séduit sans peine Madame Chan, lesbienne, mais ceci ne semble être qu’une première étape dans son plan ingénieux…
Fortement influencé par des productions japonaises similaires comme "Lady Snowblood", il s’agit d’un magnifique film de vengeance féminine, dans des décors abondants où les couleurs éclaboussent l’écran. La bande originale est particulière : une ligne de basse sensuelle couplée à une musique traditionnelle chinoise offrent un résultat complètement psychédélique. Au moment du final, la violence éclate, les épées sortent, on perd quelques membres et le sang coule à flot.

Présenté par Tony Rayns

19.02 > 20:00
5€ / 3,5€ Combi > 10€ / 7,5€


Five Element Ninjas

Ren zhe wu di

Chang Cheh, 1982, 35mm, vo st cn & ang, 107'

Deux clans de kung-fu se crêpent constamment le chignon. Leurs coiffures ridicules et leurs costumes blancs comme neige font plutôt penser à un groupe de pop synthétique allemande des années 80. Mais l’affaire se corse. Se battre jusqu’à la mort ou, au moins, jusqu’à ce que le perdant en appelle aux ninjas japonais. Ninjas ! Les ninjas rouges, les ninjas dorés. Les ninjas déguisés en arbres. Ou des ninjas souterrains, qui font jaillir de terre leurs lances. Ninjas ! La bataille est perdue. Mais malgré leurs ventres déchiquetés, les danseurs disco synthétiques continuent à se battre, jusqu’à ce que, dans un dernier soupir, ils trébuchent sur leurs intestins. Mais l’un d’entre eux survit, et commence un entraînement de tueur de ninjas - exit the ninja ! Le productif Chang Cheh a créé un univers de kung-fu bizarre, peuplé de ces ... hum ... danseurs de disco-pop allemande, plein de combats qui ressemblent presque à des acrobaties de cirque, mais où on y a été franchement sur le sang et les entrailles de cochons. Un coup de cœur du public et un spectacle complètement barge. Avec des ninjas !

19.02 > 22:00
5€ / 3,5€ Combi > 10€ / 7,5€


Kuei Chih-hung, 1983, 35mm, vo st cn & ang, 104'

Le kung-fu n’était pas le seul genre dont les Shaw raffolaient. Ils ont aussi fait des films d’horreur complètement déjantés dont voici le titre le plus mal-famé. Cette histoire de revanche démarre sans grandes promesses, mais lorsqu’un moine éjaculant avec enthousiasme apparaît ou que le personnage principal se suspend au-dessus des chiottes pour vomir une gigantesque murène, la réalité se fissure de plus en plus jusqu’à totalement exploser en mille morceaux, submergeant le spectateur d’un déluge incessant d’images grotesques. Des têtes à moitié dévorées volent en l’air, des sorciers mâchent des culs de poulets et des dames nues comme des vers frottent nonchalamment leurs yeux baveux lorsqu’elles émergent de crocodiles éventrés. Des chauves-souris explosent, des gens se changent en pudding, des corps écorchés convulsent en donnant le rythme à des momies violettes qui se trémoussent avec raideur... et ça continue ! Votre première réaction sera d’avoir la bouche grande ouverte d’étonnement, mais c’est plutôt le fou rire qui sera le seul remède contre cette folie continuelle !

19.02 > 24:00
5€ / 3,5€ Combi > 10€ / 7,5€


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prog: 1478
pos: aval