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Face/Off

Face / Off

"Je est un autre" (Rimbaud)

Ce module se concentre sur quatre films qui abordent le thème de la transplantation faciale et de ses conséquences sur la personnalité. Il n’y sera pas question des subtils John Travolta et Nicolas Cage, mais de classiques étranges représentant des contextes et styles différents : film noir des années ’40, horreur française, nouvelle vague japonaise et néo-noir des années ’60. Tous utilisent le thème de la chirurgie plastique pour présenter une parabole existentielle sur l’identité et la personnalité, questionnant autant l’individu que la société. Quatre cauchemars faustiens qui créent une atmosphère de paranoïa et de folie, tant dans le sujet abordé que dans la forme cinématographique utilisée, avec montage désorientant, jeu sur les points de vue, photographie expressionniste, et chaque fois dans un noir et blanc magnifique. Loin du vulgaire qui entoure aujourd’hui le thème de la chirurgie esthétique, nous sommes ici dans le registre de la fantaisie, qui sert quatre films étonnants à (re)découvrir absolument.



Georges Franju, 1960, 35mm, vo st ang, 88'

Un chirurgien kidnappe de belles jeunes femmes et tente, par des techniques expérimentales, de greffer leur visage sur sa fille Christiane. Cette dernière a été gravement défigurée dans un accident de la route dont son père se sent responsable. Bien que ses expérimentations lugubres échouent toutes, il se refuse à stopper ses traitements sadiques motivés par un amour inconditionnel... "Les yeux sans visage" se révèle être un film inclassable bien que catalogué dans les films d’horreur. Dans ses moments les plus extrêmes, il est étonnamment clinique et aseptisé, pouvant tout aussi bien basculer dans le cruel et le grotesque, mais aussi la poésie et le tragique. Un film unique en son genre donc, qui, de par sa facture mais aussi le charismatique Pierre Brasseur en médecin démoniaque, mérite son statut de chef d’oeuvre.

24.02 > 20:00
5€ / 3,5€


Delmer Daves, 1947, 16mm, vo , 106'

Dans ce classique du film noir, Lauren Bacall et Humphrey Bogart brillent dans les rôles principaux. Le film est surtout célèbre pour sa première partie, entièrement filmée du point de vue de Bogart, sans que l’on voit son visage.
Bogart est Vincent Parry, un prisonnier condamné pour le meurtre de sa femme. Il vient de s’évader et trouve refuge auprès d’Irène Janssen, une femme aisée qui semble en savoir davantage sur son procès qu’elle ne le laisse paraître.
Parry, déterminé à prouver son innocence et à retrouver celui qui l’a piégé, se retrouve mêlé à un sombre complot où toujours plus de victimes succombent autour de lui.

25.02 > 20:00
5€ / 3,5€


The Face of Another

Tanin no kao

Hiroshi Teshigahara, 1966, 35mm, vo st fr & ang, 124'

Un homme gravement défiguré se voit remettre par son psychothérapeute un masque, très réaliste, réalisé sur mesure. Quand il le porte, il parvient à séduire sa femme. Mais elle prétend ensuite qu’elle a simplement "joué le jeu". L’on découvre que le masque ne modifie pas seulement son apparence mais aussi son comportement et sa personnalité. Le fait que Teshigahara ne soit pas seulement cinéaste, mais aussi sculpteur et peintre, se ressent pleinement dans ce film tant son style visuel et intrigant a recourt à des points de vue de caméra inhabituels, par des collages d’images muettes, ou encore par des zooms et mouvements de caméra nerveux. Un jeu de doublement et de répétition d’images et de scènes se manifeste en permanence. Ce film est souvent considéré comme la dernière partie d’une trilogie, précédé par "Pitfall" et "La femme des sables".

26.02 > 20:00
5€ / 3,5€


John Frankenheimer, 1966, 35mm, vo st fr & nl, 107'

Bien qu’Arthur Hamilton connaisse un mariage heureux et une carrière réussie, il n’éprouve plus aucune satisfaction dans la vie. Par un ami qu’il croyait mort, il entre en contact avec "La compagnie", une entreprise puissante qui le contraint à prendre une décision tragique et irrévocable. Paré d’un nouveau visage, d’une magnifique maison à Malibu et d’une nouvelle carrière en tant qu’artiste, il s’emploie sous l’identité de Tony Wilson (rôle atypique de Rock Hudson) à profiter de cette seconde chance. Mais sa vie idéale présente rapidement des fissures.
Ce film difficile à répertorier, en partie thriller psychologique, en partie science-fiction futuriste signé John Frankenheimer ("The Manchurian Candidate") transpire la paranoïa et la folie. La photographie expressionniste en noir et blanc et la bande-son oppressante confèrent une atmosphère glaciale et sinistre. Nous vous présentons ce film rare en clôture du festival. À découvrir absolument !

27.02 > 20:00
5€ / 3,5€


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