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Freak Jazz

Jürgen Böttcher, 2001, 35mm, vo st fr, 88'

A l’aube des années 80, une commande est passée en RDA d’une statue commémorative représentant Marx et Engels. Jürgen Böttcher, connu pour ses documentaires expérimentaux filme l’élaboration artistique de ce projet.
Désormais célèbre et anachronique, cette statue trône au cœur de Berlin, devant le Palais de la république, autre symbole controversé de l’héritage communiste allemand.
Böttcher décide au début des années 2000 de filmer le regard des passants devant cette statue, leurs attitudes, leurs réactions.
Fidèle à ses constructions personnelles, le cinéaste tire de ses images prises à deux époques distinctes, un film original ponctué d’interventions musicales in situ de Günter Sommer (batterie) et Dietmar Diesner (saxophone). Les deux musiciens deviennent en quelque sorte les acteurs, les narrateurs de même que les orchestrateurs d’une mise en abîme curieuse et déstabilisante, soulignant ainsi la force, le décalage, parfois le grotesque des images et des situations.
Cette première séance de la soirée sera l’occasion de découvrir une voix originale du cinéma documentaire allemand, qui propose ici un regard unique sur l’Art et l’Histoire ainsi que de découvrir en image la singularité et la force dégagée par Günter Sommer.

15.01 > 19:00
7,5€ / 6€ (soirée / avond)


+ Günter "Baby" Sommer

La venue de Günter "Baby" Sommer au Nova va ravir les amateurs de musique improvisée et de jazz européen, mais risque surtout de marquer les esprits, impressionner les rétines et retourner les oreilles de ceux qui ne le connaîtrait pas encore. Il n’y a d’ailleurs pas eu beaucoup d’occasion de le voir à Bruxelles, et cette soirée construite autour de lui va permettre, en partie, de réparer cette absence.
Résidant en (ex)RDA, à Dresde depuis toujours, Günter Sommer a joué des deux côtés du Mur, mais surtout de l’autre côté des barrières musicales. On le retrouve dans les années 70 avec Peter Brötzmann, Peter Kowald, Alex von Schlippenbach, Leo Smith, Conrad Bauer, Ernst Ludwig Petrowsky, mais aussi bien souvent en solo où il développe un jeu unique. Car le voir et l’entendre est toujours un spectacle total, il joue de la batterie, avec ses doigts, ses mains, des baguettes, des sabots de chèvres, ses coudes, et pleins d’objets étonnants et drôles. Baby Sommer propose en effet une musique espiègle, accessible et jouissive qui donne envie de chanter et c’est d’ailleurs ce qu’il fait ! En claquant des doigts, ou rechantant les patterns qu’il va ou qu’il vient de jouer, la musique qui sort de son instrument finit souvent par sortir par sa bouche.
Il a participé à de nombreux disques, notamment sur le label de Brötzmann FMP où l’on retrouve entre autres son premier disque solo, "Hörspiel", mais aussi un merveilleux live en duo avec Cecil Taylor, "Riobec". Et s’il est incroyable en solo, Sommer sait toujours marier son jeu si particulier à celui de ses partenaires, ce qui fait de lui un musicien très demandé. On peut l’entendre aux côtés de Barre Phillips, Sylvain Kassap, Louis Sclavis, avec les fous et les sages, célèbres ou non.
Ajoutons qu’il a toujours été ouvert et curieux des plus jeunes musiciens, qu’il enseigne et transmet sa passion, permettant ainsi à des générations de fous furieux de s’épanouir.
Pas étonnant qu’il ait un jour croisé la route d’Euphorium Freakestra, dont les deux principaux protagonistes l’accompagnent à tour de rôle ce soir, où deux générations d’allemands "de l’Est" nous emmènerons dans leur Weltanschauung décalée et ludique mêlant solo et duos...

+ Oliver Schwerdt

Oliver Schwerdt, jeune trentenaire, organise des concerts, des spectacles, écrit des livres, peint, monte des expos, co-réalise des films, et joue du piano depuis un âge indécent. Très attaché à la région qui l’a vu naître (Eisenach et ses environs), il hante les quartiers aux loyers bon marché de Leipzig depuis une douzaine d’années, déménageant au gré de la gentrification de cette ville passionnante. Il termine actuellement une thèse de doctorat consacré à Günter Sommer, tout en jouant le rôle de guide plus vrai que nature au musée des instruments. Il sait rallier les plus extrémistes des free jazzeux, les freaks bienveillants et les férus de dadaïsmes, et s’aliéner les grincheux. Il monte régulièrement des spectacles où musiciens reconnus (Phil Minton, Barre Philllips, etc) partagent la scène avec de jeunes musiciens doués ou non, des danseuses mais aussi des noms fictifs sur les affiches, des "figurants" fumant la pipe dans un fauteuil, bref, toute une cosmogonie de personnages délirants, participant une fois ou régulièrement à ces moments inoubliables. Il regroupe ces "créatures" consentantes sous la bannière d’Euphorium Freakestra, le collectif mouvant et improbable qu’il a fondé avec son acolyte Friedrich Kettlitz.

+ Friedrich Kettlitz

Friedrich Kettlitz est une force de la nature. Sa présence scénique, son absence d’inhibitions et son usage de la langue allemande font toujours plaisir à voir. Il fallait bien cela pour s’associer à Günter Sommer qui accompagne les élucubrations textuelles et vocales du gaillard. Il a d’ailleurs l’infime honneur de succéder à Günter Grass qui a à de nombreuses reprises travailler avec le percussionniste . Il faut pouvoir suivre l’esprit de ce jeune homme mélangeant références pointues et culture populaire inavouable, dont l’attitude n’a pas besoin de se forcer pour éviter toute branchitude. Son expression corporelle invraisemblable et ses yeux exorbitables à volonté captent l’attention sans effort. Friedrich est une sorte de pavé dans n’importe quelle mare ! Le texte qu’il lira s’intitule "Eine messerscharfe Idyllen-Phänomenei, Melasse und Winkel Fett", un chapitre déroutant du roman "Der Scheif Umläppert-Lasen" de Frautastem ! Une autre façon d’entendre l’allemand...

En partenariat avec le Goethe-Institut Bruxelles.

15.01 > 21:00
7,5€ / 6€ (soirée / avond)


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prog: 1456
pos: aval