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Spaghetti Western

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Voilà un genre dont tout le monde a entendu parlé mais dont peu de personnes réalisent l’ampleur. Si l’on évoque la Nunsploitation ou le film Redneck, cela correspond à plusieurs dizaines de films sur plusieurs décennies, mais ici on parle de plus de 500 films entre 1964 et 1970 ! Si la naissance du Western Spaghetti est assez claire et doit tout au génial Sergio Leone, sa fin est plus floue. Cependant, dès le début des années septante, le genre est dominé par la parodie et le slapstick (Terence Hill et Bud Spencer) et finit par être quasiment éteint à l’aube des années quatre vingts. La plupart des Spaghetti Westerns sont tournés à Almeria en Espagne et chaque acteur parle dans sa propre langue, invalidant ainsi le concept de version originale, comme d’ailleurs chez Jess Franco !
Si Leone a posé les codes du genre, les caractéristiques de ses films ne sont pas celles de tous les spaghetti westerns. Les deux autres Sergio (Corbucci et Sollima) apportent d’autres dimensions comme vous pourrez le voir au Nova avec "Le grand silence", aux antipodes formelles (et dans la neige !) de la trilogie Dollar de Leone. Sollima propose encore une autre voie, avec des scénarii sournois tout en finesse et mutations dans un scope superbe. C’est le cas dans "The Big Gundown" à voir à la Cinematek et dans "Le dernier face à face" malheureusement absent de cette sélection, comme quelques autres films, pour cause de producteurs/distributeurs anachroniques et/ou aux doigts crochus...
Le personnage du héros amoral et sanguinaire se retrouve souvent, du plus austère au plus parodique, avec un nom qui claque : Sartana, Sabata, Ringo, Django... et régulièrement sous les traits de Klaus Kinski ou Lee Van Cleef, mais aussi Franco Nero et Thomas Milian.
La fin des années soixante voit s’accroître le nombre de films à caractère politique, "The Price of Power" en est un pertinent exemple. Apparait alors un sous-genre : le "Zappata" western, aux revendications sociales marxisantes, avec des titres comme "Quien Sabe ? (Bullet For The General)", "Compañeros" et d’une certaine façon "Il était une fois la révolution". C’est à cette vague qu’appartient "Requiescant", film très rare à l’ambiance tout à fait particulière. Enfin, pour illustrer le western italien inclassable, nous proposons "Django Kill !", l’un des ovni du genre !
Nous sommes heureux d’être en mesure de vous présenter ces quatre films rares en pellicule, véritable gageure, après des mois de recherches et de batailles acharnées. Nous vous invitons à voir à la Cinematek les classiques de Leone ou Sollima, ceux d’habiles et bluffants suiveurs ainsi que de véritables pépites dont le curieux "Blindman" avec Ringo Starr !

Le passionné notoire, réalisateur culte et spécialiste du genre, Alex Cox, présentera chacun des films montrés au Nova.



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The Price of Power

Il prezzo del potere

Tonino Valerii, 1969, IT-ES, 35mm, vo st en, 108'

Le film se déroule à Dallas en 1880, mais les événements évoquent ceux de 1963. Un président progressiste en visite dans la ville est abattu de sang-froid. Rapidement, on arrête un suspect, et ce dernier est assassiné lors de son transfert. Des agents d’Etat enquêtent et plus aucune information ne paraît. Des journalistes et d’autres personnes meurent dans des circonstances suspectes. La version officielle proclame que le meurtrier a agit seul. Bill Willer, avec l’aide d’un reporter honnête, veut faire éclater la vérité au grand jour : le pauvre type assassiné serait innocent, le président aurait été abattu par plusieurs tireurs recrutés par de riches racistes du sud et le vice-président tremperait dans le complot.
"The Price of Power" adapte l’histoire du meurtre de Kennedy dans un western : un exemple notable de spaghetti politique incontournable pour les fans d’Eurowesterns. Le réalisateur Tonino Valerii recycla pour ce film les décors et une partie du casting du célèbre film de Leone "Once Upon a Time in the West".

19.03 > 22:00


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Carlo Lizzani, 1966, IT, 16mm, v en, 92'

Un général américain décadent massacre tout un village mexicain. Sans le savoir, il laisse derrière lui un survivant - un jeune garçon (Lou Castel) qui sera adopté par une famille chrétienne. Plus tard, quand sa demi-soeur fugue pour devenir prostituée, il est chargé de la retrouver. Le voici piégé dans la lutte des classes entre ouvriers agricoles mexicains et le général raciste qui les exploite. En dépit de son éducation religieuse, il est devenu entre-temps un tireur chevronné surnommé ’Requiescant’ (parce qu’il prie pour le salut de l’âme de ses victimes). Lorsque notre héros apprend que le général est responsable du massacre de sa famille, il entreprend de se venger.
"Requiescant" est un western politique culte, à la réputation méritée. Le réalisateur Carlo Lizzani était communiste, et c’est manifeste dans son oeuvre. Pier Paolo Pasolini collabora au scénario et interpréta même avec un plaisir malin le rôle d’un prêtre révolutionnaire. "Requiescant" est stylé, morbide, souvent comique et en tout outrancier - comme tout bon western spaghetti qui se respecte.

19.03 > 24:00


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The Great Silence

Il grande Silenzio

Sergio Corbucci, 1968, FR-IT, 35mm, vo en st de & fr, 105'

Hiver 1898, dans les plaines enneigées de l’Utah : un groupe de paysans et bûcherons affamés pillent les routes et les villages environnants pour survivre à l’hiver. Afin de stopper les violences et promouvoir sa campagne électorale, le gouverneur de l’État est prêt à leur accorder une amnistie et à leur fournir des vivres. Pour ce faire, il envoie le shérif Burnett (Frank Wolff) préserver le calme et l’ordre jusqu’à ce que le traité soit signé. Mais c’est sans compter sur un groupe de mercenaires engagés pour assassiner les hors-la-loi, dont fait partie Tigrero (Klaus Kinski), vil chasseur de primes sans pitié, obsédé par l’argent et l’odeur de la mort. Venu de nulle part, un étranger muet à la gâchette rapide, Silence (Jean-Louis Trintignant), arrive au village et accepte de venger la mort d’un des hors-la-loi en se chargeant d’éliminer tous les chasseurs de primes. S’engage alors un combat entre le shérif et les mercenaires cruels et sans pitié, un combat pour la justice et l’égalité.

20.03 > 20:00


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Giulio Questi, 1967, IT-ES, 35mm, vo st en, 100'

Deux indiens trouvent un bandit blessé (’l’Etranger’, un rôle sur mesure pour Tomas Milian) rampant hors d’une tombe. Il fut laissé pour mort par son ancien complice Oaks et la bande... qui ont filé avec un butin d’or volé. Une fois guéri, l’Etranger fomente sa vengeance. Avec son pistolet chargé de balles en or, il arrive dans une petite ville. Il apprend que seul Oaks a échappé à la fureur sadique de la population et que l’or volé a disparu. L’Etranger est pris en tenaille entre deux factions rivales : celle des Mexicains, composée de muchachos vêtus de cuir noir, dirigés par le bandit Sorro, et celle des citadins menée par le tenancier du saloon (dont le perroquet prodigue ses commentaires sur l’action). Et ce n’est que le début...
"Django kill !" est un phénomène à part dans le sous-genre western spaghetti : peu de films sont aussi brutaux, surréels et gothiques. Réalisé par un familier de Fellini, Giulio Questi ("Death Laid An Egg"), c’est un des films préférés d’Alex Cox.

20.03 > 22:00


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