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Week-end #2 (31.07 & 01.08)

Pour une fois nous ne sommes pas sur une de ces fameuses zones d’intérêt régional, identifiées par le Plan de développement international comme digne d’attirer les investisseurs. Le site des anciens entrepôts Godin, d’environ 5 ha, est pourtant coincé entre le canal et les voies ferroviaires, deux éléments dignes d’en faire un site stratégique à l’instar de Tour et Taxis et de Schaerbeek-Formation. La Senne frémit en souterrain juste derrière le site. Le marché matinal et le centre européen de fruits et légumes sont ses premiers voisins. Juste en face, de l’autre côté du canal, nous apercevons le parc du Domaine Royal.

Les poêleries Godin ont pris place à cet endroit en 1858, succédant à une fabrique d’indiennerie (textile) datant de 1829. Le bâtiment, toujours existant, surnommé la « cathédrale » est probablement le dernier témoin industriel bruxellois de cette époque. Godin était un industriel adepte du mouvement du ’socialisme utopiste’, précurseur des tendances auto-gestionnaires. Il envisagea son usine comme un « Palais social » (voir le site connu de Guise en France) combinant lieux de production et d’habitation (logements, crèches, jardins, écoles). Le seul bâtiment classé de cet ensemble est aujourd’hui le corps de logements dénommé Familistère, appartenant aujourd’hui au CPAS de la Ville de Bruxelles.

Cette entreprise coopérative associant les travailleurs au devenir de l’industrie ferma ses portes en 1968. Le site resta occupé, aux mains d’acteurs privés qui y maintinrent une activité de petite industrie, tournant actuellement autour de la récupération de pièces automobiles et du recyclage de pneus.

C’est sur ce site chargé d’histoire industrielle que le PleinOPENair viendra poser son écran le temps d’un week-end. Profitez-en car des projets d’envergure se dessinent sur le lieu faisant table rase du passé. Exit Godin et son architecture industrielle sociale. Place au ’fun-shopping’ !

En effet, depuis deux ou trois ans, le site a été racheté par le groupe Mestdagh, filière bien connue de la grande distribution alimentaire, associé au groupe immobilier Equilis et lié à Fortis Real Estate. Equilis est promoteur de nombreux projets commerciaux à Verviers, Charleroi, Rixensart...

Le groupe ne compte donc nullement installer au bord du canal un de ces bons vieux supermarchés de l’alimentation (il est vrai que le site s’y prête peu), mais bien un méga-centre commercial de 50.000 m2 (pour les ordres de grandeur, le City 2 en fait 35.000) avec des unités de plus de 500 m2 susceptibles d’attirer de grandes enseignes comme Décathlon. Pour attirer le chaland, le projet se complète d’un centre de welness et se voit baptiser du doux nom de « Just under the sky » : « Rire, jouer, flâner, se divertir, rencontrer, rêver. En chacun de nous sommeille un enfant qui s’envole dans l’azur du ciel, se glisse dans le bleu profond de l’eau » (texte de présentation du projet à la presse, novembre 2008). Le projet censé créer, selon ses concepteurs, un trait d’union entre la périphérie et la ville, se présente comme une structure massive repliée sur elle-même, atteignant jusqu’à 30 m de haut et entouré de 1740 places de parking. Feu Godin doit se retourner dans sa tombe. Et les petits noyaux commerçants rayonnant aux alentours (De Wand, Helmet et Marie-Christine) ne doivent pas en mener large. Dans ces quartiers, de 1950 à aujourd’hui, le commerce s’est réduit de moitié, les grandes structures mangeant les petites. C’est ce que les professionnels du terrain appellent eux-mêmes la cannibalisation. Dans le même temps, les centres de beauté et autres sauna ont été multipliés par 10 alors qu’ils sont fréquentés uniquement par une clientèle très argentée.

Les ambitions de Mestdagh ne s’arrêtent pas à cette portion de 5 ha au bord du canal. A terme c’est toute cette rive, allant jusqu’au square De Trooz, qui pourrait se voir délestée de son affectation économique et industrielle pour y recevoir du logement de standing, comme l’envisage aussi le promoteur Aténor quelques dizaines de mètres plus loin. Espérons que la Ville de Bruxelles et la Région ne cèdent pas une fois de plus au chant des sirènes et laissons-nous emplir, au moins le temps d’un week-end, de toute cette force du passé industriel du canal de Bruxelles.

Pour la visite du site du Familistère de Godin et ses entrepôts, rendez-vous le samedi 1/8 à 16h45 devant le Familistère 158 Quai des Usines.



Anciens entrepôts Godin / Godin fabriek (158-159 Quai des Usines / Werkhuizenkaai 158-159, 1000 Bxxl)

° Tram : 4 (Quai des usines / Werkhuizenkaai)
° Bus : 47 (Quai des usines / Werkhuizenkaai)
° Bus de nuit / nachtbus :
N18 ° Jules de trooz - dir. / richt.
Gare du Midi / Zuidstation (dernier / laatste > 02:29)

NAVETTE !!
Les 31.07 et 01.08, le PleinOPENair vous propose de venir et/ou de rentrer avec une navette gratuite qui fera plusieurs allers-retour du Nova vers les Entrepôts Godin et vice-versa (aller de 18h à 22h, retour de minuit à 03h).



Au sud de l’Europe, au coeur des garrigues, dans l’espace rêvé d’une Occitanie plus jamaïcaine que jamais, la musique de MAURESCA FRACAS DUB résonne et réveille les consciences. Il s’agit de ragamuffin dosé comme un pastaga, une mauresque bien fraîche pour réveiller les papilles et agiter le "balèti" (bal populaire). Vous pourrez entendre ce soir la musique d’une Occitanie métisse, touchant du doigt la diversité de ses villes et quartiers, de ses villages et campagnes. Car si MAURESCA chante Montpellier ou le port de Sète, fustige la politique immobilière transformant le sud en un paradis pour riches bourgeois et condamne les plages à devenir des "bronze culs", son ragamuffin est aussi le son des "bartàs", de la garrigue, la jungle de là-bas : repaire de brigands et refuge des voyageurs et des résistants. A l’instar de Massilia Sound System ou des Fabulous Trobadors, ils prennent le micro et gonflent les basses et boîtes à rythme en trafiquant le son, loin de la capitale, des unitarismes et du centralisme. Si le "ragga balèti" a été inventé à Marseille, il s’est propagé jusqu’à la garrigue languedocienne ! On the road, sus la rota, les 5 de MAURESCA propagent aussi ses semailles, loin de la "world-music-marchandise" et du repli identitaire, dans la fête et l’esprit d’un grand carnaval sans frontières.

http://www.myspace.com/maurescafracasdub
http://mauresca.free.fr

31.07 > 20:00 + 31.07 > 24:00


Sam Green & Carrie Lozano, 2009, video, vo st fr, 13'

Le South China Mall (SCM) est, depuis son ouverture en 2005, le plus grand centre commercial du monde. De l’espace pour 1.500 magasins, plusieurs parcs d’attractions intégrés aux décors reproduisant les plus belles villes du monde, une forêt tropicale intérieure, une rivière artificielle parcourue par des gondoles, un Teletubbies Center... De quoi rêver. Sauf que le SCM est aussi le plus grand mall fantôme du monde, avec un taux d’occupation de 0,8%. Le gestionnaire n’ose plus réclamer le loyer des 10 malheureux magasins ouverts de peur de les faire partir...
Développé par des cowboys de l’immobilier ayant une foi aveugle dans le Marché et la consommation, le SCM devrait faire faillite. Mais sa notoriété fait de son maintien une question d’honneur pour le gouvernement, qui est aujourd’hui le principal investisseur et qui va même jusqu’à offrir des bourses aux enseignes qui tenteraient l’aventure... Des consultants américains sont débarqués pour une campagne de revitalisation, dont l’apothéose est un nouveau nom : New South China Mall. Les managers gardent espoir ! En attendant, les vendeurs baillent...

31.07 > 21:30


Die Schöpfer der Einkaufswelten

Créateurs des mondes d’achat

Harun Farocki, 2001, video, vo st fr, 71'

Les centre commerciaux, ou "Mall", font partie intégrante de la vie de beaucoup de gens. On y retrouve la plupart du temps des fontaines ahurissantes et toujours les mêmes enseignes au milieu de stands bigarrés proposant de quoi se sustenter. On a parfois du mal à y croire mais ces lieux sont pensés ! Il y a donc des réunions de types qui dessinent et conceptualisent ces espaces. Ce sont ces gens que Harun Farocki filme, discutant sans retenue de la difficulté d’insérer un restaurant grec à colonnades en plastiques dans une ambiance "Miami Vice", ou de la manière de "forcer" les gens à passer par tel ou tel endroit du Mall pour voir toutes les vitrines.
Une vision Dantesque de ces mini-mondes bâtis par des démiurges écartelés entre études cadastrales et préoccupations esthétiques, des allemands bavards et efficaces qui rêvent d’Amérique.

31.07 > 22:00


Visiter les anciens entrepôts Godin, cet univers industriel du passé du canal bruxellois, est une expérience étrange et fascinante. D’autant plus que leur allure peu engageante recèle des trésors bien enfouis et préservés. Bruxelles Fabriques et Inter-environnement Bruxelles vous guideront au travers des dédales de cette histoire encore vivace. En effet, les entrepôts sont toujours utilisés à l’heure actuelle grâce à des activités de recyclages de pièces automobiles. Et si vous êtes trop impatients, vous pouvez déjà jeter un oeil sur son site virtuel...
http://godinlaeken.blogspot.com

Pour la visite du site du Familistère de Godin et ses entrepôts, rendez-vous le samedi 1/8 à 16h45 devant le Familistère 158 Quai des Usines.

01.08 > 17:00


Comme l’été dernier, la caravane rose GuaGua se joint aux PleinOPENair.
Elle se transformera pour l’occasion en glacier, proposant une crème au piment psychédélique ou encore un sorbet combinant audacieusement café et lavande !

01.08 > 19:00


Nous avions déjà invité Pram en 2001, nous nous sommes demandé ce qu’ils devenaient tant ils sont discrets. Pram est un groupe de Birmingham, formé à la fin des années 1980 par Matt Eaton et Rosie Cuckston (voix absente ce soir pour cause de maternité). Leur musique est une subtile rencontre d’expérimental soft-rock psychédélique et d’instruments-jouets, pour oreilles sensibles et rêveuses. Pram est l’orchestre d’un cabaret sur la lune, où des fillettes mènent des épopées secrètes. Les guitare, trombone, stylophone, theremin, clarinette, flute, glockenspiel, synthés, mélodica et batterie sont les objets enchantés qui jalonnent ce doux songe insensé. Suite à un set DJ en début de soirée, ils accompagneront plus tard, quand la nuit le permettra, les images du collectif "Film Ficciones".

http://www.myspace.com/pushthepram

01.08 > 20:00 + 01.08 > 24:00


Winkelhart

Night at the Mall

Ben van Lieshout, 35mm, sans dial, , 18'

Filmé principalement la nuit, Winkelhart est une déambulation dans l’énorme centre commercial ’Hoog catharijne’ d’Utrecht, ainsi que dans la gare toute proche. La jungle de béton et les recoins aveugles, les tunnels, les arcades semblent avoir leur propre vie, rythmée par la pulsation d’un néon intermittent. Graduellement, les constructions alentours émergent comme un organisme instable et cabossé, utilisé continuellement et de manière étonnante par les junkies, les éboueurs, les voyageurs et les clients des magasins. Très beau !

Le film repassera dans de meilleures conditions le vendredi 7 à la Cité Modèle, en avant-programme de "Cesky Sen", à la place du film sur Bonom initialement annoncé

01.08 > 21:30 + 07.08 > 21:45


Patrick Van Antwerpen, 1984, 35mn, vo st ang, 80'

Cinéaste belge singulier, discret et méconnu du grand public (moins de celui du Nova), le regretté Patrick Van Antwerpen a bâti une oeuvre à l’écart des standards de l’industrie cinématographique, réalisant des films artisanaux pouvant être "tantôt des pochades et tantôt des poèmes, drôles et pathétiques, parfois loufoques ou satiriques, toujours tendres et pudiques" (Boris Lehman). "Vivement ce soir", son unique long-métrage, représente sans doute la quintessence de son travail... Relatant une journée dans un supermarché typique de la région bruxelloise, ainsi que le quotidien d’une série de personnages y travaillant ou y faisant des emplettes, Patrick Van Antwerpen bâtit sa fiction par petites touches qui font mouche, où l’humour, à l’instar d’un Jacques Tati, manifeste notre pitoyable condition d’hommes et de femmes plongés dans un monde unidimensionnel et absurde. Un univers très belge, capté par un regard à la fois timide, sensible et naïf, où peut se glisser une ironie grinçante, voire un brin de révolte. Un film rarement montré, même à l’époque, et pourtant toujours aussi familier et juste dans son art de l’observation, malgré les 25 ans qui nous séparent de sa réalisation. Et de vous inviter sans plus attendre à découvrir ce plaisir cinématographique bien de chez nous... "Vivement ce soir" !

01.08 > 22:00


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