prog: 1211
squelettes/rubrique-3.html

Films

Brett Gaylor, 2009, video, vo st fr, 80'

Partant du portrait de "Girl Talk", un DJ pratiquant le "mashup" (mélange de deux morceaux, souvent festif et ludique, mais aussi illégal), ce documentaire innovant questionne, face à la liberté d’expression, le bien-fondé de la propriété intellectuelle à l’ère du numérique. Des personnalités adeptes du "libre" y sont rencontrées : Lawrence Lessig, fondateur des Creative Commons (cc) ; Cory Doctorow, journaliste bloggeur et auteur de science-fiction publiant sous cc ; ou encore Gilberto Gil, le célèbre chanteur brésilien, un temps Ministre de la Culture du premier gouvernement Lula. Par une analyse subtile, RiP en vient à égratigner des icônes du divertissement de masse tels Walt Disney ou les Rolling Stones, qui ont bâti leur succès sur l’usurpation... Et d’invoquer une réaction urgente du "Mouse Liberation Front" ! Considéré comme le premier "documentaire Open Source", RiP a pris 6 années d’élaboration : Brett Gaylor - réalisateur indépendant et activiste web dont le projet "homelessnation.org" mériterait aussi d’être découvert - a partagé ses rushes ou "images sources" avec des centaines d’internautes, les incitant à remixer ses séquences et ainsi les enrichir. Et avec quel succès ! Un RiP 2.0 est d’ores et déjà sur les rails. Vous l’aurez compris, il s’agit d’une remise en question radicale de certaines valeurs et de certains droits aux relents arbitraires, qui nous concerne tous.

http://www.opensourcecinema.org

14.05 > 20:00 + 24.05 > 22:00 + 30.05 > 18:00


Craig Baldwin, 1995, 16mm, vo , 87'

Attention les yeux et les oreilles ! "Sonic Outlaws" est la rencontre de Negativland, pionniers du ’culture jamming’ et du collage sonore, et de Craig Baldwin, cinéaste et farfouilleur extraordinaire, spécialiste du détournement et de la "recontextualisation" d’images et de sons. A l’origine, il allait les piquer dans les salles obscures armé de sa caméra super8. Aujourd’hui il est projectionniste... Partant de l’affaire "U2 vs. Negativland" (poursuites pour violation du copyright et de "la marque" U2) Craig Baldwin crée, en miroir aux techniques que Negativland utilise dans son travail sonore, un film-collage frénétique puisant dans tous les recoins de la culture. Il élargit l’enquête en rencontrant une série de pirates culturels, barbares médiatiques et autres bidouilleurs en tous genres jouant avec les détritus de la société mercantile et donnant une nouvelle vie à cette matière vouée à l’usage unique et à l’oubli. La force, l’intelligence et l’humour de "Sonic Outlaws" résident dans le croisement du propos et de la forme même du film. Le collage devient un langage ; les images, les sons, et les décalages entre toutes ces informations illustrent de la manière la plus logique et la plus parlante les réflexions dont il est question.

14.05 > 22:00 + 22.05 > 20:00


Stolen Art

Une collection particulère

Simon Backès, 2008, video, vo fr , 58'

Enquêtant sur la mystérieuse collection d’"Art Volé", présentée en 1978 à l’étage d’une galerie new-yorkaise par l’artiste tchèque Pavel Novak, Simon Backès se questionne sur l’identité de l’Art, envisagé comme objet de propriété à la fois matérielle et intellectuelle. L’oeuvre d’art peut-elle exister sans l’artiste ? La Beauté peut-elle exister sans copyright ? Et qu’en est-il de la personnalité obscure de Pavel Novak ? Est-il un faussaire génial teinté de machiavélisme ? Ou plutôt un malfaiteur qui, à l’insu ddes plus grands musées, aurait permuté avec des faux des chefs-d’oeuvre à présent douteux ? D’ailleurs, comment être sûr qu’un tableau non signé, dont on a perdu un temps la trace, soit réellement du maître à qui on l’accrédite ? Autant de questions troublantes auxquelles ce film tente de répondre, faisant écho à "F for Fake" d’Orson Welles présenté également dans cette programmation.

En présence de Simon Backès

15.05 > 20:00


Nina Paley, 2008, 35mn, vo st fr, 82'

Adaptation libre du "Râmâyana" - l’épopée indienne légendaire de Sita, femme de Râma, prisonnière du démon Râvana - croisée avec les déboires d’une jeune américaine de notre époque, plaquée par son mec. Une comédie musicale animée où autobiographie et fantasmagorie se donnent le change pour notre plus grande joie ! Un délire visuel en une explosion de musiques et de couleurs, virevoltant d’une technique d’animation à l’autre, et d’une spontanéité qui nous laisse bouche bée... "Sita Sings the Blues" à été entièrement écrit, réalisé, animé et produit par Nina Paley, sans argent et sans "Studio", avec son ordinateur, puisant dans des sources d’images libres de droits, comptant aussi sur quelques amis pour le son et la musique, et tout cela avec beaucoup d’astuces, de talents et de générosité ! Nina Paley se double aussi d’un activisme "anti-copyright" proclamé (à voir son blog). D’autant plus que les héritiers des ayant-droits des partitions des chansons jazz des années 20 interprétées par Annette Hanshaw - enregistrements d’époque dans le domaine public, centraux au travail créatif de Nina Paley - réclament des sommes d’argent impossibles à honorer pour une sortie en salle. Du coup, depuis fin février, Nina a "libéré" Sita, sous licence "Creative Commons Attribution-Share Alike", l’une des plus ouvertes, véritable don au public. Le film commence à circuler et se partager sur la Toile, mais aussi depuis 2008 en 35mm sur grand écran par une diffusion alternative aux salles commerciales. Il récolte prix et gloire dans les festivals comme Annecy et fut remarqué déjà chez nous à Anima. Le voilà à présent au Nova pour 3 projections. Qu’on se le dise !

http://www.sitasingstheblues.com/

Interview de Nina Paley sur la question des copyrights

15.05 > 22:00 + 23.05 > 18:00 + 31.05 > 20:00


Mike Davis, 2008, video, vo st fr, 78'

Les problèmes de surpopulation et de réchauffement climatique ne vont pas être résolus de sitôt, si bien que dans une centaine d’années, le gouvernement Terrestre déclarera le sexe illégal. Un groupe d’astronautes solitaires en mission, titillés par une rumeur concernant une planète habitée par des femelles insatiables, décide de faire un petit crochet pour vérifier si cette "Sex Galaxy" existe vraiment... En voilà un bon scénario de comédie de "sci-fi sexploitation" ! Mais l’originalité de "Sex Galaxy" est d’être un film 100% recyclé, entièrement constitué d’images issues d’autres films ! Tout comme Roger Corman, et bien d’autres bricoleurs de séries Z qui ne se gênaient pas de piquer une scène de monstre d’un autre film ou tourner une scène de sexe supplémentaire afin de pimenter leur production, Mike Davis a allègrement puisé dans un patrimoine tombé dans le domaine public. La source principale d’images est ici "Voyage to the Planet of Prehistoric Women", une production Corman qui n’était déjà qu’une mercantile ressortie de "Voyage to the Prehistoric Planet", agrémentée d’une sous-intrigue érotique. Ce premier film étant en réalité la version américanisée du merveilleux film russe "Planeta Bur"... "Sex Galaxy" est donc la quatrième génération issue de ces images ! Un hommage à cette pratique, que le réalisateur nomme le "green movie". "Pink & green" dans ce cas-ci...

http://www.stag-films.com

15.05 > 24:00


Agnès Varda, 2000, 35mm, vo st nl, 82'

Petite caméra DV au poing, Agnès Varda, "vieille cinéaste, jeune plasticienne", rencontre en ville ou à la campagne des personnes de tous âges, souvent de condition modeste, qui vont glaner dans les champs ou grappiller dans les arbres après les récoltes. Ses interlocuteurs ramassent également les légumes ou les fruits hors calibre rejetés par l’industrie agricole, ou récupèrent de la nourriture dans les poubelles des grandes surfaces ou à la fin des marchés. Le glanage se rattache aussi aux récupérations d’objets usagés, notamment le jour de ramassage des objets encombrants par les municipalités. Ils sont alors réparés, recyclés et réutilisés dans le quotidien, parfois comme matières premières à des oeuvres artistiques. Le glanage est non seulement toléré, mais aussi réglementé, quand bien même il se fait sur des terrains privés. La pratique ne dérange pas pour autant les propriétaires des lieux, au contraire... Agnès, la glaneuse du titre, promène aussi sa caméra dans les musées à la recherche d’images d’oeuvres d’art du passé, en contre-point d’une pratique ancestrale d’un monde qui survit malgré tout...

16.05 > 18:00


Agnès Varda, 2002, 35mm, vo st nl, 63'

"Les Glaneurs et la Glaneuse" connut chez nous et ailleurs un réel engouement populaire. Suite aux très nombreuses et surprenantes marques de sympathie, aux remerciements et aux nouveaux témoignages de glanage reçus par Agnès Varda, notre débonnaire glaneuse d’images décide de retrouver quelques-uns des protagonistes de son film, mais aussi certains des auteurs de missives atypiques reçues par voie postale. En complément de cette suite intitulée simplement "Deux ans après", nous vous présenterons une courte analyse par Varda du tableau "Des Glaneuses", peint en 1857 par Jean-François Millet et central dans son diptyque filmique que l’on vous conseille de (re)découvrir !

31.05 > 18:00


F for Fake

Vérités et mensonges

Orson Welles, 1974, 35mn, vo st fr, 85'

"Mesdames et messieurs, ce film traite de supercheries, de fraudes, de mensonges... Toute histoire contient sa part de mensonge. Mais pas celle-ci, je vous le promets. Tout ce que vous verrez dans l’heure qui suit est vrai. Vraiment." C’est par ces mots qu’Orson Welles entraine le spectateur dans son film, juste avant que défilent à l’écran des centaines de FAKE ! FAKE ! FAKE ! De quoi attiser notre méfiance ! À travers une enquête sur l’un des plus grand faussaire du XXe siècle, Elmyr de Hory, Welles fait réfléchir sur le vrai et le faux. Il joue avec notre perception du réel d’une manière fort ambigüe, n’hésitant pas à se présenter lui-même comme un charlatan expert en tricheries pour mieux nous faire douter de faits réels, avant de nous étourdir avec des tours de passe-passe. Tournant en dérision le marché de l’art et ses experts, les faussaires posent des questions très pertinentes : Qui fait l’oeuvre ? L’artiste, ou la construction qui se fait autour de sa signature ? Et un artiste qui se spécialiserait en contre-façons, est-il un artiste ou un escroc ? Pourquoi seul Picasso aurait-il le droit de faire un Picasso ? Et peut-il, lui, faire un faux Picasso ? Ce qui importe n’est pas de distinguer le vrai du faux, mais plutôt le bon faux du mauvais faux... Enfin, "F for Fake" est aussi pour Welles l’occasion de s’amuser au montage, notamment en découvrant le recyclage ludique de scènes de séries B !

16.05 > 20:00


Slatan Dudow, 1932, 16mm, vo st fr, 85'

Dans le Berlin de la Grande Dépression, Annie fréquente Fritz, lorsque le frère de la jeune fille, chômeur, se suicide. Ne pouvant plus assurer le loyer, la famille est expulsée. Le couple fête donc ses fiançailles sous la tente des parents d’Annie, dans un camp autogéré de sans emplois nommé Kuhle Wampe. Un jour, une fête sportive et politique est organisée pour galvaniser les victimes de la crise... La censure interdit à l’époque ce pamphlet politique écrit par Bertolt Brecht, dans lequel il posait la question simple : "à qui appartient le monde ?" Aux exploiteurs ou aux exploités ? Sa vigueur polémique et didactique, portée par la musique de Hanns Eisler, faisait de ce film un efficace instrument d’agit-prop. Méconnu, "Kuhle Wampe" est depuis tombé dans le domaine public, et fait selon nous vaguement écho à la TAZ (Zone Autonome Temporaire), un concept politique développé par l’"anarchiste ontologique" Hakim Bey, qui s’est depuis répandu dans les milieux de la cyber-culture.

TAZ > http://infokiosques.net/spip.php?article381

+ Nécessaire(s) Territoire [s]

Benoît Perraud, 2006, video, vo st ang, 21'

À travers des rencontres dans les milieux des squats de Limoges, de La Rochelle, et jusqu’à Barcelone, cet essai Super8 "copyleft" recherche ce que sont et ce que peuvent être ces lieux autonomes, les alternatives qu’ils proposent et leur corollaire : l’utopie.

(en collaboration avec le Goethe Institut)

16.05 > 22:00 + 30.05 > 20:00


Jennifer Abbott & Mark Achbar, 2003, vo st fr, 145'

"The Corporation" décortique les mécanismes tant juridiques que psychologiques qui ont amené les multinationales à dominer le monde, et à le détruire en toute impunité ! Ainsi, ces "personnes morales" aux comportements pathologiques, irresponsables donc, et pour lesquelles l’usurpation est une spécialité, chérissent avant tout leurs "trademarks" (marques déposées) en harcelant le consommateur de son berceau à sa tombe par un marketing continu. Du coup, par un lobbying bien huilé auprès des pouvoirs en place, ces sociétés sans réelles nationalités revendiquent toujours plus de privatisations des services et des espaces publics qu’elles envahissent subrepticement. Et ce jusqu’à s’intéresser à la vie même : une goutte d’eau tombant du ciel peut très bien être accaparée au nom du "profit" et de la "propriété", ainsi que nos gènes, voire notre conscience... Édifiant et rondement mené, "The Corporation" est aussi un plaisir visuel, riche en archives étonnantes pour la plupart trouvées via la banque de données de domaine public "archive.org", qui aura permis au film d’exister. À la suite d’une mauvaise distribution en salle, les auteurs décidèrent de rendre à leur tour leur film accessible librement sur la Toile. On vous propose toutefois de le (re)découvrir sur grand écran.

http://www.thecorporation.com
http://www.archive.org

17.05 > 18:00


Fuck Mickey Mouse

Dennis Nyback presents...

Sans les collectionneurs et autres archivistes amateurs, une grande partie du patrimoine culturel dont on peut profiter aujourd’hui aurait disparu depuis bien longtemps. Que dire alors des oeuvres que certains préféreraient envoyer aux oubliettes... Dennis Nyback est l’un de ces curieux "film collectors", et les courts métrages d’animation des années ’30 et ’40 qu’il nous propose aujourd’hui sont certainement dans cette catégorie !
La compilation "Fuck Mickey Mouse" regroupe dix animations désopilantes montrant comment d’autres studios se sont positionnés contre le mastodonte Disney en piquant ses icônes ou en parodiant, parfois très crûment, les films d’oncle Walt (voir la version nègre de Blanche-Neige !). Certains films originaux montrent aussi que, non content d’avoir fait siennes histoires traditionnelles, fables et contes de fées immémoriaux, Disney à plagié sans honte les créations d’autres studios. Quand on sait que la Disney Company est aujourd’hui l’un des plus féroce et efficace défenseur du copyright, il y a de quoi grincer des dents ! Pour terminer en beauté, un vrai film des studios Disney, qui a même remporté l’Oscar en 1943 avant d’être retiré par la compagnie : Donald Duck contre Hitler dans "Der Fuehrer’s Face"...

Home

(Dennis Nyback ne sera malheureusement pas présent, mais nous apporterons des infos supplémentaires sur chaque film au moment de la projection)

A TOYLAND TALE (1931)
ONE MORE TIME (1931)
SNOW WHITE (1933)
JOHNNY SMITH AND POKER-HUNTAS (1938)
PORKY IN WACKYLAND (1938)
YOU OUGHT TO BE IN PICTURES (1940)
A CORNY CONCERTO (1943)
RED HOT RIDING HOOD (1943)
COAL BLACK AND DE SEBBEN DWARFS (1943)
DER FUHRER’S FACE (1943)

22.05 > 22:00


Marie-Monique Robin, 2005, video, vo , 55'

En 1999, l’Office des brevets de Washington accorde un brevet à Larry Proctor, qui dit avoir inventé une variété de haricot jaune. Seulement ces haricots qu’il cultive aux États-Unis, il les a ramené du Mexique ! Le brevet lui est donné sur base, notamment, du fait que cette culture est nouvelle aux USA, mais selon les accords internationaux il serait en droit de réclamer des royalties aux paysans mexicains ! En Inde, une lutte populaire a surgi face à la prédation des Offices des brevets américain, européen et japonais, agissant pour les multinationales. Les usages multiples de plantes faisant partie intégrante de la culture et des traditions - tel le margousier, à la base de la médecine indienne - sont menacés par un brevetage de leurs différentes propriétés. M-M Robin questionne la légitimité du brevetage d’organismes vivants et dénonce les dérives et abus du système, ainsi que les relations qui s’installent si quelqu’un peut s’approprier le patrimoine sur lequel d’autres comptent pour vivre. Les brevets sont délivrés relativement facilement et sans toujours respecter les critères de nouveauté et d’invention sur lesquels le système est pourtant fondé, laissant libre cour à la biopiraterie. Une fois accordés, il est par contre extrêmement difficile de les faire annuler. Il est ici question d’un système colonial qui continue d’élargir son emprise sur les "terres inconnues" du patrimoine commun, naturel et gratuit.
(Prod : Galaxie Presse, 1er diffuseur : ARTE, DVD : alerte-verte.com, Distri TV : JAVA FILMS - soutien CNC)

A lire :
- En finir avec la gratuité du vivant ! , texte de Jean-Pierre Berlan
- Monsanto à Babylone

24.05 > 18:00


Marie-Monique Robin, 2008, video, vo st ang, 108'

Implantée dans quarante-six pays, Monsanto est devenu le leader mondial des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) et l’une des entreprises les plus controversées de l’histoire industrielle, la fabrication de produits chimiques toxiques étant sa principale source de bénéfices. Souvenez-vous du terrible agent orange utilisé par l’armée américaine contre la population vietnamienne, qui a toujours des taux records de cancers. Ou encore des effets dramatiques du Roundup, cet herbicide devant être employé en quantité gigantesque pour garantir une récolte de plantes transgéniques. Une tragédie pour nombre d’agriculteurs des pays du Sud qui, ruinés, se suicident par dizaines de milliers en avalant le poison liquide. Depuis sa création en 1901, la firme a accumulé les procès, ce qui ne l’empêche pas de se présenter aujourd’hui comme une entreprise des "sciences de la vie", prétendument convertie aux vertus du développement durable... "Greenwashing", quand tu nous tiens ! À partir de documents inédits, de témoignages de victimes, de scientifiques et d’hommes politiques, "Le monde selon Monsanto" reconstitue la genèse d’un empire industriel qui, à grand renfort de mensonges, de collusion avec l’administration américaine, de pressions et de tentatives de corruption, est devenu le premier semencier du monde. Cette position permet actuellement l’extension planétaire des cultures OGM, sans aucun contrôle sérieux de leurs effets sur la nature et la santé humaine, ni même de leurs soi-disant vertus en terme de qualité et de productivité !

24.05 > 20:00


League of Noble Peers, 2009, video, vo st fr, 50'

Tourné de façon collaborative et proposé en libre téléchargement, "Steal This Film" raconte, dans sa première partie, un épisode du premier bras de fer entre The Pirate Bay et les industries hollywoodiennes du divertissement (en 2006). La deuxième partie du film, Steal This Film II, propose une réflexion plus vaste sur la notion de droit d’auteur, remontant jusqu’à l’invention de l’imprimerie. Composé d’interviews de différents acteurs du monde du peer-to-peer (p2p), ce film apporte un point de vue peu médiatisé mais largement commenté sur la toile : celui des utilisateurs des réseaux pairs-à-pairs, souvent stigmatisés sous le vocable de "pirates"... Comme vous le savez certainement, Pirate Bay vient de perdre son procès, mais selon les animateurs du site : "Rien ne se passera pour The Pirate Bay, pour nous personnellement, ou pour le partage de fichiers en général. C’est juste une pièce de théâtre pour les médias". Ce contexte était l’occasion rêvée de sortir une version spéciale du film, remix baptisé "STF Pirate Bay Trial Edition", incluant des images, interviews et reconstitutions filmées dans le cadre du procès, justement très théâtral et médiatique ! Le réalisateur/producteur Jamie King de la "League of Noble Peers" sera au Nova pour en témoigner.

En présence de Jamie King

http://www.stealthisfilm.com

29.05 > 20:00


Guy Debord, 1973, 35mm, vo , 88'

"Le monde actuel a tellement été transcrit dans les images que l’on peut aujourd’hui lui trouver partout au moins deux propriétaires : celui qui en détient la propriété effective et celui qui possède les droits de l’image qui en a été tirée. De sorte que ce monde risque de devenir paradoxalement invisible si, aux simples droits monnayables de reproduction, s’ajoute l’exercice, par l’un ou l’autre de ces propriétaires, d’un droit de regard et de censure qui aboutirait vite à interdire de montrer ce monde, dans chacun de ses détails et donc dans l’ensemble, d’une manière qui ne soit pas apologétique. Interdire de réemployer tout ou partie des images existantes (dans une époque qui prétend attacher une place si éminente à cette culture qui lui fait si cruellement défaut) revient à retirer à un artiste le droit de citer, et le droit de remettre en jeu les données culturelles préexistantes ; à retirer à un critique de la "société spectaculaire" le droit de montrer ce dont il parle. Par ailleurs, l’auteur ne se réclame pas d’un statut privilégié qui serait reconnu à "l’artiste". La critique du spectacle est aussi une critique de l’art. Mais l’art, pour être critiqué et dépassé, a d’abord besoin d’être libre. C’est la base de son statut juridique, depuis des siècles, dans les démocraties bourgeoises. La question est donc maintenant de savoir si le cinéma, comme la société actuelle le dit hautement, est de quelque manière un art. Ou bien s’il appartient seulement aux industriels et aux policiers."
(Extrait d’une lettre de Guy Debord à Gérard Lebovici à propos de "La Société du spectacle", le film de détournement par excellence, incontournable).

+ Réfutation de tous les jugements, tant élogieux qu’hostiles, qui ont été jusqu’ici portés sur le film « La Société du spectacle »

Guy Debord, 1975, 35mm, vo , 22'

29.05 > 22:00


+ In Limbo

Simon Arazi, 2001, video, vo nl st fr, 43'

Hommage satirique à la propagande contemporaine, "In Limbo" est composé entièrement d’images provenant de satellites américains, interceptées frauduleusement : "live-footage" d’actualités ou de communications destinées aux employés de multinationales ou aux forces de l’ordre institutionnel. Film-collage en forme d’étude archéologique d’une certaine "culture de persuasion" où publicité, culte de l’entreprise et politique se contaminent continuellement. En présence de Simon Arazi (sous réserve).

+ Rip in Pieces America

Dominic Gagnon, 2009, video, vo ang , 62'

Les sites d’hébergement gratuit de vidéos regorgent de témoignages, de journaux filmés postés par leurs auteurs voulant partager leurs points de vue avec le monde. Mais ils disparaissent au fur et à mesure, parfois filtrés pour leur contenu. Dominic Gagnon commença à en rassembler, créant au travers de son montage une sorte de portrait obscur des États-Unis contemporains, sur fond de crise, de crainte, de psychose et de paranoïa. Le film archive ainsi une atmosphère troublante.

30.05 > 22:00


Twila Raftu & Shaun Cronin, 2006, video, vo , 68'

Grâce à un pouvoir économique et médiatique immense, ainsi qu’à une influence politique basée sur l’ignorance et la menace (économique) d’un effondrement de la création artistique, l’industrie de la culture continue d’imposer sa vision de la propriété intellectuelle et de faire construire un cadre garantissant sa protection. "Alternative Freedom" en dénonce les contradictions et les dangers. Les renforts récents de lois sur le copyright ne font que criminaliser de plus en plus de pratiques, et évitent à l’industrie d’avoir à s’adapter. Aujourd’hui, les lois seules ne peuvent empêcher la création en elle-même, mais les évolutions légales et technologiques qui s’annoncent risquent bien d’agir directement sur les possibilités de créer, en bloquant les outils et l’accès aux ressources culturelles. Laisser les gens utiliser les outils à leur guise, puiser dans la culture, partager leurs créations et leurs expériences serait dangereux pour l’industrie. Et c’est précisément ce que certains ont proposé en introduisant des alternatives basées sur les principes de liberté, d’indépendance et de communauté. Le film en propose un petit tour d’horizon, avec des interviews de DJ Danger Mouse auteur du remix "Grey Album", Andrew "bunnie" Huang, premier à avoir réussi à "hacker" une Xbox de Microsoft, Jason Schultz, avocat à l’Electronic Frontier Fondation, Richard Stallman, gourou du logiciel libre, le rappeur Adam "Doseone" Drucker, et le professeur Lawrence Lessig, fondateur des Creative Commons.

+ Dear Bill Gates

Sarah J. Christman, 2006, video, vo , 17'

Une lettre de fan à Bill Gates. Sarah l’interroge sur son projet "Corbis", l’une des plus grandes collections privées de photographies dans le monde. 11 millions d’images archivées et stockées soigneusement dans une mine abandonnée, faisant de Bill Gates le gardien de notre histoire visuelle. Mais quel sens peut avoir une image conservée 1000 pieds sous terre, à l’abri de tout regard ?

31.05 > 22:00


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