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Clôture musicale

Une clôture que l’on n’aurait pu imaginer sans ces coïncidences et rencontres qui font le bonheur de la vie. Les trois moments présentés ce soir se rejoignent en quelque sorte par une histoire du folk. Mais aussi par l’amour de la musique, celle qui passe de génération en génération, dont trois sont représentées par les artistes de ce soir. Seul Pete Seeger ne sera pas présent, figure légendaire et populaire aux États-Unis, encore occupé à chanter accompagné de son banjo, toujours à l’unisson avec son public, comme dernièrement au côté de Bruce Springsteen à la fête d’investiture du président Barack Obama ! Mais qu’à cela ne tienne. Vous pourrez le découvrir sur grand écran avec "Pete Seeger : The Power of Song", excellent portrait documentaire dont ce devrait être une première européenne ! Puis, sans doute, l’écouter au travers de la voix de Guillaume Maupin, notre troubadour maison. Et enfin, le deviner certains instants au bout des doigts de Frederic Rzewsky, compositeur et pianiste de génie qui rencontra Pete Seeger au début des années 1970 à New York, les deux hommes étant restés amis depuis. Et la propriété intellectuelle dans tout cela ? ...



Jim Brown, 2007, video, vo , 93'

Ce film de Jim Brown retrace la vie et la carrière de Pete Seeger, figure centrale séminale du "revival" folk des années 50. Personnage à plusieurs facettes, il est à la fois communiste, religieux, patriote, et incarne une idée de l’Amérique tout à fait particulière. A partir de nombreuses archives publiques et privées, on retrouve Pete Seeger aux côtés de Woody Guthrie et Leadbelly, Dylan et Johnny Cash, des Weavers, de Martin Luther King, mais aussi construisant sa maison de ses propres mains ou un bateau écolo pour dépolluer l’Hudson River. Soupçonné pendant le maccarthysme puis interdit d’antenne pendant 17 ans, il ne cesse de vouloir transmettre ses messages et la musique populaire de façon directe et collective. Il a aujourd’hui 90 ans et s’est engagé depuis longtemps contre l’idée de copyright, qui rend absurde le processus même de la folk music. Ce film, tout en présentant une personnalité importante et forte, propose une des histoires parallèles du XXe siècle américain, trop méconnue chez nous.

07.06 > 18:00


Une manière "vivante" de prolonger le film dédié à Pete Seeger où seront présentés des morceaux ayant subi des changements lors des différents "revivals" folk. Ou comment une chanson religieuse devient politique sans changer de sens, une ballade traditionnelle devient la plus acide "protest song", ou encore comment une chanson source peut aboutir à des versions fort différentes. Il y a un véritable paradoxe entre une œuvre artistique individuelle censée être définitive et gravée dans le marbre, ce dont témoignent les enregistrements sur disque, et une pratique artistique collective fugitive. Bref, une tentative de recontextualisation d’une musique vivante et souvent improvisée bien différente du folk introspectif actuellement en vogue...

07.06 > 20:00


"In the end, everything becomes melody". Cette belle formule d’un ami de Frederic Rzewski [prononcez ZHEV-ski], correspond assez bien à ses compositions aux influences plurielles, de la grande tradition musicale classique, à la tradition populaire. Frederic Rzewski est un compositeur engagé qui assume ses convictions. Ses 36 Variations de "The People United Will Never Be Defeated !" d’après la chanson révolutionnaire Chilienne de Sergio Ortega & Quilapayúnet, et inspirées des "Diabelli" de Beethoven en est un bon exemple. Mais Frédéric Rzewski est aussi un pianiste virtuose admiré et respecté. Américain établi en Belgique dès 1977, il vient de fêter ses 71 ans. Sa vie ne peut être racontée ici tant elle est riche en recherches musicales érudites, de l’électronique à l’improvisation, en passant par l’enseignement de la musique et l’écriture. Ajoutons cependant que lorsqu’on lui parle de droits d’auteurs, Rzewski fait la grimace, et rappelle que son oeuvre est depuis longtemps libre de diffusion ! Merci à Françoise Walot de nous avoir présenté son mari un soir au bar du Nova... Un artiste entier que l’on a plaisir à écouter, une réelle sommité qui nous fait l’honneur de clôturer en beauté cette "Imaginary Property" !

http://icking-music-archive.org/ByComposer/Rzewski.php (nombreuses copies des partitions manuscrites de Frederic Rzewski en téléchargement libre !)

PROGRAMME :

- Mayn Yingele (15’)
Écrit en 1988-89, lors des 50 ans de la "Nuit de Cristal", Mayn Yingele (My Little Boy) est un ensemble de 24 variations sur un air traditionnel Yiddish, en particulier la version de la chanson écrite au tournant du siècle par le poète Morris Rosenfeld. Le morceau de Rzewski est selon lui "une réflexion sur cette part disparue de la tradition juive qui a si fortement coloré, par son absence, la culture de notre temps."

- Nanosonatas - Books 4, 5 & 6 (création européenne, 45’)
Commencé en 2006, "Nanosonatas" se compose de 7 livres de 7 sonates chacun, dont le "Book 7" est en cours d’élaboration. Inventé par Rzewski, la Nanosonata est une forme de sonate comportant divers moments fugitifs qui ne se développent pas. Nécessairement imparfaits, certains livres ne sont qu’une collection de ces moments, d’autres n’ont qu’une illusion d’unité. Les trois livres présentés au Nova sont une création, "première", européenne ! Book 4, "Peace Dances", possède des arrangements de chansons traditionnelles dont la Nanosonata N°28, "It Can Be Done", fait référence au récent "Take It From Dr.King" de Pete Seeger. Book 5, plus abstrait, s’inspire de son compositeur favori, Shostakovich. Enfin, Book 6 est le portrait de ses 7 enfants (y compris son fils décédé bébé en 1963) la Nanosonata N°42 étant la retranscription à peine modifiée d’une improvisation par la cadette imaginant l’air du joueur de flûte de Hamelin...

- Winnsboro Cotton Mill Blues (12’)
L’une de ses quatre "North American Ballads" écrites en 1978-79 à partir de chants traditionnels ouvriers, quelques années après sa rencontre avec Pete Seeger, l’un de ses "héros" qui l’aura durablement influencé. Ici, un "industrial blues" d’auteur inconnu, situé dans les années 30, et dont Rzewski transpose toute la force en s’inspirant de la manière dont Jean-Sébastien Bach utilisait les hymnes Luthériens dans certains de ses préludes pour chorale.

07.06 > 21:00


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