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Ozploitation

L’industrie du cinéma australien à mis du temps à se mettre en route et a longtemps employé des réalisateurs exilés (comme le grand Michael Powell). Mais dès la fin des années soixante, des cinéastes débridés se sont lancés à corps perdu dans un cinéma d’exploitation local et azimuté à base de sexe, de poursuites de voitures et de cascades improbables. Le genre est aujourd’hui de nouveau à l’honneur avec l’apparition de films comme "Wolf Creek" ou "Rogue". C’est cette histoire que retrace le documentaire "Not Quite Hollywood" qui vous servira de carte routière pour ce module consacré à l’Ozploitation. Nous avons fait venir d’Australie plusieurs copies de films rarement (voire jamais) projetés en Europe ! Outre l’incontournable premier opus de "Mad Max", réussite majeure du genre, il sera hautement recommandé de passer un "Long Weekend" concocté par Colin Eggleston.
La partie la plus importante de ce module sera consacrée à Brian Trenchard-Smith qui sera notre invité. Ce réalisateur prolifique à qui l’on doit entre autre "Turkey Shoot" et l’inénarrable "BMX Bandits" avec Nicole Kidman, viendra présenter trois de ses films les plus emblématiques : un film de kung-fu australien ("The Man from Hong Kong"), auquel participe l’improbable George Lazenby fraichement délivré de James Bond, un film d’apocalypse sociale à l’atmosphère 80’s éhontée ("Dead-End Drive In") et un ovni majuscule, "Stunt Rock", docu-fiction sur le rock, la magie et la cascade ! Si vous imaginez l’Australie comme un pays bien étrange, c’est le moment de venir conforter vos a priori.



Mark Hartley, 2008, 35mm, vo , 103'

"Not Quite Hollywood" propose un tour d’horizon rapide et rythmé de ce qu’a pu être le cinéma d’exploitation australien. Le film permet de s’orienter dans le module Ozploitation que l’on vous propose les jours suivants, une sorte de bande-annonce de luxe. C’est aussi un complément à cette sélection puisque vous pourrez découvrir des extraits de bien d’autres films et peut-être même remettre en cause notre choix ! Les réalisateurs, producteurs, acteurs, cascadeurs, des films sont invités à s’exprimer sur cette période décalée de l’histoire du cinéma australien. On retrouve entre autres Brian Trenchard-Smith, George Miller, Jamie Lee Curtis, George Lazenby et un Quentin Tarantino survolté à l’idée d’évoquer ces perles en tout genre : sexploitation, comédies grotesques, horreur, biker movie, thriller, post-apocalyptique... tout y passe !

Mark Hartley sera présent lors de la projection, qui sera suivie d’une rencontre dans le bar, avec nos autres invités du week-end Ozploitation : Brian Trenchard-Smith et Richard Brennan, producteur de "Long Weekend".

19.03 > 20:00


Brian Trenchard-Smith, 1978, 35mm, vo , 86'

Ne cherchez pas plus loin le film le plus hallucinant de la programmation ! "Stunt Rock" est une rareté à tous les points de vue. La copie que vous allez voir est fraîchement retirée et sera baptisée sur l’écran du Nova. Le film en lui-même pourrait être décrit comme un docu-fiction de l’espace ayant pour thème le hard rock, la magie, le kitsch et le cascadeur Grant Page. Si on ajoute à cela la présence inattendue de Monique Van de Ven, on comprendra que le texte de présentation n’est pas facile à rédiger...
Recyclant des stockshots de ses autres films (voire de ceux des autres, comme "Mad Dog Morgan"), Brian Trenchard-Smith construit vaguement une trame pour relier les scènes de concert du groupe Sorcery], la vie des musiciens-magiciens en tournée, l’histoire d’une journaliste courtisée par un cascadeur, tout ça plein de cascades et de tours de magie d’un autre âge. L’ensemble est compartimenté en split screens défiant parfois toute logique. Le film est une sorte de "Spinal Tap" en avance de dix ans et au premier degré ! Quoique... L’esprit du film et réellement difficile à cerner et laisse sans voix. Une chose est sûre : on est là en présence d’une forme extrême de cinéma d’exploitation, parmi les plus hilarantes qui soit !

En présence de Brian Trenchard-Smith

http://www.sorcerymusic.com

20.03 > 22:00


Brian Trenchard-Smith, 1975, 35mm, vo , 111'

Si les australiens sont les rois de la cascade, ils ne le sont pas en arts martiaux. C’est pourquoi sont ici convoqués un policier de Hong kong et un anglais malfaisant (George Lazenby) pour un film délirant au rythme très personnel... On retrouve en face de l’ancien James Bond, l’homme d’Hong Kong, Jimmy Wang Yu, star capricieuse du film, l’obligatoire Hugh Keays-Byrne ("Mad Max", "Stone", etc), une jeune australienne férue de Deltaplane (sic) et un Grant Page ("Stunt Rock", "Mad Dog Morgan"...) en grande forme dans une scène de poursuite anthologique. A plein d’égards, "The Man from Honk Kong" est aussi un film touristique puisqu’il débute par une arrestation musclée aux abords, puis au sommet, de l’Ayers Rock.
Mélange de film policier et d’arts martiaux, comédie de moeurs internationales, la description n’est pas aisée et on doit reconnaître à Brian Trenchard-Smith, une fois de plus, la capacité à réaliser des ovnis dans tous les styles.
Inutile d’ajouter que la venue de la copie sur un écran européen est un événement qui clôturera avec humour notre module Ozploitation.

En présence de Brian Trenchard-Smith

20.03 > 24:00


George Miller, 1979, 35mm, vo st fr, 93'

Mad Max est au centre de cette seconde édition d’Offscreen puisqu’il vient illustrer brillamment à la fois le module Post-Apocalyptique et celui consacré à l’Ozploitation. Ce sera l’occasion de voir ce classique du film de genre en cinémascope dans une belle copie neuve sous-titrée en français.
Comparé à d’autres productions australiennes, on remarquera à quel point le film est une réussite visuelle et narrative et se démarque par son ambition. Les fabuleuses poursuites et cascades sont l’aboutissement d’un savoir-faire autochtone indéniable dont "Mad Max" propose la quintessence. Son atmosphère post-apocalyptique est teintée de déréliction sociale, et la perte de repères prend tout son sens dans cet espace immense parcouru par des routes sans fin. C’est majoritairement dans la suite des aventures du Road Warrior que les raisons de cette apocalypse seront expliquées et que le mythe de l’essence, ce Graal du futur, prendra sa véritable dimension.
George Miller prouve dès ce premier film que la médecine n’est pas son seul champ de pertinence et par de nombreuses trouvailles formelles (caméra embarquée au ras de la route, images accélérées, utilisation de la musique, narration décalée, emprunts au genre, etc) annonce sa future carrière atypique et éclectique.

21.03 > 20:00


Colin Eggleston, 1978, 35mm, vo , 92'

Un couple australien de classe moyenne décide d’aller passer un weekend sur la côte afin de se retrouver. Si leurs goûts et points de vue sont très différents, on se rend compte que ce sont leurs caractères et attitudes individualistes qui ont pu un jour les rapprocher. Elle préfère l’hôtel, lui le camping. Ce conflit pourri littéralement leur weekend d’autant plus vite qu’ils se perdent dans la nature qui s’avère hostile, très hostile. À moins que celle-ci ne fasse que répondre à leur propre hostilité.
La grande originalité de ce film résolument ’70 c’est que nature et horreur ne sont pas ici combinés pour critiquer un retour à la terre enchanteur comme c’était le cas dans les films Rednecks américains quelques années plus tôt. Les personnages profondément odieux représentent l’Homme occidental de façon joyeusement cynique. La qualité de la mise en scène et de la photographie, toutes deux très classes, confèrent à cette histoire un charme étrange et malsain. Hollywood s’en est aperçu et vient de délivrer un remake plan par plan... avec Grant Page comme cascadeur !

En présence de Richard Brennan, producteur du film

21.03 > 22:00


Brian Trenchard-Smith, 1986, 35mm, vo , 92'

Au même titre que les États-Unis, l’Australie est le royaume de l’automobile, amie fidèle de l’habitant des grands espaces. Pas étonnant donc que le drive in y ait connu des heures de gloire, notamment comme lieu de rencontre obligé pour ados désœuvrés. Le marché des VHS dans les années ’80 porte un coup fatal à ces lieux devenus rapidement anachroniques. Les films exploitant le genre post-apocalyptique ne sont plus légions. "Clockwork Orange" et ses ados violents et sans repères sont loin. Quel rapport ? Le réalisateur en propose un et c’est son droit, à travers l’histoire d’un jeune White Thrash dont les occupations principales sont peuplées de bagnoles et de blondasses. Il décide d’exposer l’un et l’autre dans un drive in miteux fréquenté par des bandes de loubards (on disait comme ça à l’époque, non ?). La soirée tourne court quand le jeune couple comprend qu’il ne peut plus sortir de ce qui est maintenant un camp de détention pour jeunes sans avenir. Il sont condamnés à voir en boucle sur l’écran des films de... Brian Trenchard-Smith.

En présence de Brian Trenchard-Smith

21.03 > 24:00


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