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Avant-premieres

Collecti(e)f, 2007, 35mm, vo st ang, 87'

Que serait une programmation japonaise sans Animé, cette forme nippone du dessin animé dont il est si difficile à cerner les contours tant la production parait dense et multiple ? Le studio 4°c, dont nous avons projeté cet été "Tekkon Kinkreet", en est sans doute actuellement la référence suprême. Autant par la diversité des artistes à laquelle il fait appel que par la liberté qui semble leur être offerte. Nous vous proposons une série de sept courts métrages dont le titre "Genius Party" pourrait paraître présomptueux s’il ne s’agissait réellement d’un voyage fabuleux aux confins de l’imagination. Dès le générique tel une abstraite danse mystique, nous voici projetés dans une dimension psychédélique aux allures faussement enfantines où se mêlent rêves épiques et cauchemars modernes, contes à l’humour inquiétant et technologies de pointe. Qu’elles soient de facture plutôt classique ou expérimentale, ces oeuvres sont d’une épatante qualité. À noter que le mélange d’images de synthèse et de dessin y est d’une fluidité incomparable. Ce qui relie ces différentes histoires est peut être un questionnement sur le temps, celui du songe ou de la vie.

02.10 > 20:00 + 11.10 > 22:00


Kato Naoki, 2007, vo st ang, 87'

Il y a neuf ans, un homme tuait neuf passants en plein centre de Tokyo. Shinpei Hasegawa, auteur dont l’ambition est d’écrire des livres aussi durs que la vie réelle, tirait de ce fait divers un roman qui fut couronné de succès et le rendit célèbre. Aujourd’hui, il se lance dans la rédaction d’une suite censée lui permettre de mieux comprendre l’attitude de l’assassin. Pour ce faire, il lui invente un frère : Harumi, un jeune homme tranquille mais fâché de voir la vie de son aîné, dont il est incapable de comprendre l’acte meurtrier, utilisée par des auteurs à succès. Tandis que Shinpei commence à faire des recherches sur son sujet, le monde réel et son monde parallèle commencent à se mêler... jusqu’à atteindre le climax avec la rencontre entre Shinpei et Harumi.
Une atmosphère troublante plane sur ce thriller, un monde violent couvant sous l’indéniable beauté visuelle et l’apparente tranquilité d’"A Bao A Qu" (nom d’un personnage imaginé par Jorge Luis Borges dans son "Book of Imaginary Beings"), adaptaté de la nouvelle "Danse Joyeuse" de Masuda Keisuke. Un étonnant film de fin d’études, réalisé dans le cadre de l’école nationale des Beaux-Arts de Tokyo par Naoki Kato, jeune cinéaste qui y a côtoyé des professeurs comme Takeshi Kitano ou Kiyoshi Kurosawa.

03.10 > 20:00 + 09.10 > 22:00


Tokyo Gore Police

Tôkyô zankoku keisatsu

Yoshihiro Nishimura, 2008, video, vo st ang, 110'

La police privatisée d’un Tokyo futuriste pourchasse les "ingénieurs", des criminels mutants pouvant transformer toute blessure corporelle en puissante arme destructrice. Ruka - Eihi Shina, l’inoubiable "kiri, kiri, kiri" d’Audition de Takashi Miike - policière virtuose du sabre katana, est sur les traces de Key Man, sans doute à l’origine des mutations virales mais aussi de l’assassinat de son père... Attention, rarement un film n’aura utilisé autant d’hémoglobine ! Et pour cause, son réalisateur est d’abord l’un des créateurs d’effets spéciaux non numériques les plus inventifs du moment, dont ceux des films singuliers de Sono Sion. Cependant, Tokyo Gore Police est d’abord très drôle dans ses outrances, et l’assume pleinement. Que ce soit dans la prolifération de séquences granguignolesques frisant le surréalisme (à voir celle d’anthologie dans un bordel cauchemardesque). Ou encore dans ces spots TV délirants qui parsèment l’intrigue comme ceux à la gloire de l’automutilation ! Un film cyberpunk post-Tsukamoto qui ne se prend pas au sérieux mais n’en est pas moins artistiquement fort bien travaillé. A conseiller vivement aux amateurs du genre, d’autant plus que c’est une séance unique et en exclusivité au Nova !

03.10 > 24:00


Fine, Totally Fine

Zenzen daijobu

Fujita Yosuke, 2008, 35mm, vo st ang, 110'

"Fine, Totally Fine" est un film qui mérite amplement son titre. Dans la foulée de comédies japonaises récentes telles que "The Taste of Tea" et "Adrift in Tokyo", "Fine, totally fine" puise toute sa force dans de petites observations et des situations comiques bien ancrées dans le quotidien, avec même une touche poétique telle un haïku.
Vivant toujours chez son père, Teruo travaille dans la boutique de livres d’occasion de ce dernier et est également au service d’entretien d’un parc urbain. Teruo et ses amis passent la plupart de leur temps à se flanquer la frousse. Son rêve est d’ouvrir le plus grand parc d’épouvante au monde. Son meilleur ami, Hisanobu, est employé dans un hôpital. A trente ans, tous deux n’ont pas encore entrepris grand-chose dans leur vie. C’est alors que débarque Akari, une artiste en herbe incapable d’ouvrir ne fut-ce qu’une boîte de Kleenex sans provoquer un déluge de destruction.
Comédie charmante et singulière, ce premier long métrage de Yosuke Fujita vous fera sourire du début à la fin.

04.10 > 20:00


Takashi Miike, 2007, 35mm, vo ang st ang, 121'

Le plus notoire des provocateurs du cinéma nippon, Takashi Miike ("Audition", "Visitor Q") a toujours suscité dans les festivals du monde entier des commentaires aussi bien élogieux qu’indignés. Pour "Sukayaki Western Django" (son septante-troisième film... depuis, il en a tourné quatre autres !) Miike s’est inspiré des westerns qu’il regardait, enfant, avec son père. C’est l’histoire de survivants de deux clans, les Heike et les Genji, qui se mènent une bataille séculaire. Ils échouent à Yuta, un petit village du désert de Nebada, attirés par des rumeurs selon lesquelles les montagnes y recèlent de l’or. Un cowboy solitaire arrive et, après avoir prouvé aux deux clans son talent hors du commun pour le maniement du revolver, s’installe dans le magasin de Ruriko. Celle-ci vit avec son petit-fils Heihachi, l’enfant de son fils Heike assassiné et de sa fiancée Genji, Shizuka, devenue la putain du village. Les deux femmes se sont juré vengeance... "Sukayaki" est un "western spaghetti" comme seul Miike en est capable : sauvage, imprudent, formellement inventif et parfois même hilarant. De plus, tout le casting japonais s’exprime en anglais, avec aussi dans un petit rôle Quentin Tarantino qui fait de son mieux pour s’intégrer à l’univers disjoncté de Miike.

04.10 > 22:00 + 11.10 > 20:00


Funuke - Show Some Love, You Losers !

Funuke domo, kanashimi no ai wo misero

Yoshida Daihachi, 2007, 35mm, vo st fr, 112'

S’il vous semble parfois que votre famille est étrange, attendez de rencontrer la famille Wago ! A la mort de ses parents, Sumika Wago rentre chez elle, espérant toucher un héritage qui lui permettra de rembourser les dettes qu’elle a contractées lors de sa carrière ratée d’actrice. Les retrouvailles avec Kiyomi, sa timide jeune sœur, ne sont pas des plus agréables : quatre ans plus tôt, celle-ci avait fait un portrait peu flatteur de Sumika dans un manga talentueux. Lorsque Shinji, le frère aîné, informe Sumika des problèmes financiers, celle-ci n’a d’autre choix que de s’installer dans la maison familiale. Malgré les efforts de Machiko, l’épouse désespérément joyeuse de Shingi, pour apaiser les tensions familiales, les secrets refont surface. Récemment primé au Cinédécouverte de la Cinémathèque, "Funuke Show Some Love, You Losers !" offre un mélange surprenant d’humour noir, d’absurde et de drame, teinté d’un certain esprit BD propre aux mangas. Ce premier long métrage convainquant de Daihachi Yoshida, connu surtout au pays du soleil levant pour ses pièces de théâtre, est bien de la même veine que ces nombreux films atypiques, souvent drôles, des dernières années, qui brisent le vernis de la famille traditionnelle japonaise ...

09.10 > 20:00


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