prog: 1115
squelettes/rubrique-3.html

Week-end #2 (08 & 09.08)

*Depuis plusieurs années, le site de Tour & Taxis, ancien site ferroviaire et de dédouanement, grand de 45 hectares, nourrit les appétits des promoteurs immobiliers et des pouvoirs publics. Revendu par la société des chemins de fer belges à des promoteurs privés, la propriété du terrain fait même l’objet d’un litige, puisque la SNCB conteste désormais les conditions de la vente.
Dans l’attente que les procédures autour de la future planification du site se finalisent, les propriétaires de celui-ci l’ont exploité en le louant pour l’organisation de foires, congrès et autres événements culturels. Ils ont ainsi réussit à y développer des activités économiques, tout en le ramenant dans la carte mentale des Bruxellois. Tour & Taxis est l’une des plus grandes réserves foncières de la région. Après plusieurs projets d’aménagement avortés (dont la méga salle de spectacle "Music City"), un schéma directeur vient d’être approuvé en juin par le gourvernement pour l’ensemble de cette "Zone d’intérêt régional" (ZIR). Il y est notamment prévu, à l’horizon 2020 : de 120 à 150.000 m2 de logement (quelques 3000 nouveaux habitants sont attendus), 100.000 m2 de bureaux, des équipements et des commerces, le tout disposé autour d’un parc de 20 hectares. Et situé à côté d’une extension, souhaitée par le Port de Bruxelles, de l’actuel centre de Transport International Routier (TIR). C’est en face de celui-ci que le PleinOPENair va s’établir pour son second week-end. Nous serons accueillis par les occupants précaires de l’ancien bâtiment des RTT, rue de Molenbeek, tout en débordant sur un terrain vague "durable" de la rue Dieudonné Lefèvre... où les fondations d’un bâtiment qui n’a jamais vu le jour se sont transformées en véritable piscine urbaine.
Nous ne serons pas là pour célébrer l’aboutissement de 13 années de saga politico-juridico-immobilière. Si un schéma directeur est bien le fruit d’un compromis entre volonté du politique, profit des promoteurs et, dans une moindre mesure, consultation des habitants, il n’est qu’un plan, une intention qui laisse beaucoup de zones d’ombres. Quid du type de logements qui y seront construits, des gabarits des bâtiments, des parkings, des connexions avec le réseau des transports en commun...? Quelles incidences pour les quartiers avoisinants de Molenbeek et de Laeken, et pour leurs habitants ? Les questions sont encore nombreuses et les orientations du Plan de développement international de Bruxelles (PDI), qui ne pouvait pas passer à côté de Tour & Taxis, ne sont pas faites pour rassurer.
D’autant que ce "nouveau morceau de ville" est au coeur d’enjeux d’une autre échelle : la "revitalisation" de la zone du canal, d’une part, entamée par la KredietBank il y a une quinzaine d’années. Et aussi l’extension et la consolidation des principales zones d’affaires du centre-ville. Tour & Taxis devrait bientôt être relié par une passerelle à l’autre rive du canal — du côté de Bruxelles-Ville, Schaerbeek et Saint-Josse. Là, les dernières tours de bureaux du quartier Nord sont en train de s’achever. Le quai des Péniches va bientôt dire adieu à ses petites entreprises et... à ses péniches, l’installation d’une piscine à ciel ouvert leur ayant été préféré. Juste à côté des anciens entrepôts Delhaize, qu’un promoteur veut raser pour construire une gigantesque tour de logement, des lofts de luxe flambants neufs sont déjà mis sur le marché à prix faramineux. Un tout petit peu plus loin, la place Rogier avec, d’un côté, le boulevard Jacqmain jusqu’à la place De Brouckère et, de l’autre, le quartier Botanique et la Cité administrative, sont eux aussi promis à de profondes mutations. Tout porte à penser qu’elles ne seront pas qu’urbanistiques, mais aussi sociales. Et qu’à l’instar d’autres ZIR et "zones leviers", ce sont les investisseurs étrangers et les classes aisées qui seront prioritairement courtisés pour venir s’y installer.*

Voir le film

— Sur le terrain de l’ancien bâtiment RTT au n°196-202 rue de Molenbeek (1020 Bruxelles), et sur le terrain adjacent, face au T.I.R., derrière Tour & Taxis. Entrée par le coin des rues de l’Entrepôt, Claessens et rue Dieudonné Lefèvre.

° Metro : 1A - Pannenhuis
° Bus : 88 - Dieudonné Lefèvre, 89 - Pouchkine
° Tram : 94 - Outre Ponts / Over de Bruggen
° Bus de nuit / nachtbussen :
N18 ° Pouchkine - dir. / richt. Heysel (dernier / laatste > 03:09)
N18 ° Pouchkine - dir. / richt. De Brouckère (dernier / laatste > 02:40)
N66 ° Armateurs / Reders - dir. / richt. Midi / Zuid via Simonis (dernier / laatste > 03:44)
N99 ° Armateurs / Reders - dir. / richt. Midi / Zuid via Dailly (dernier / laatste > 02:59)

08.08 > 19:00 + 09.08 > 14:00


Candie Hank est né dans un énorme parc d’attraction à deux pas de la frontière belge. Abandonné par son père, il passe son enfance dans un charmant endroit appelé Worringen où les oiseaux et la SA Bayer Chimie cohabitent gentiment et où, malgré la pollution ambiante, ses affaires tournent. A l’âge de 12 ans après son premier Commodore 16 et plus tard un Commodore 64, il accumule oscillateurs, synthétiseurs et Noisecontrollers qui jetteront les bases de ses actuels shows. Chef solitaire d’un orchestre électronique, il fait sensation dans les villages voisins grâce à son ordinateur personnel et ses petits jouets musicaux. Mais bientôt, l’amour que tous lui portent attise la jalousie de sa mère. Exclu par elle de son parc d’attraction natal, il prend la route, va de cité en cité, de ville en ville, apprend la musique et le spectacle, influencé par le gabber, le breakbeat et la polka tzigane. Les mauvaises langues le décrivent comme le quasimodo de la musique mais c’est sur scène qu’il laisse vraiment exploser son arrogance. Sa musique de salon pour vampires est un ricochet sonore jeté dans les débris d’ères oubliées, un tango de méduses futuriste. Une collision de Rock’n Roll et de psycho trips hallucinés.

http://www.catani-music.de
http://www.candiehank.com
http://www.myspace.com/candiehank

08.08 > 20:00 + 08.08 > 24:00


Bernard Mulliez, 2008, video, vo fr , 12'

La procession dantesque du 2 décembre 2007 menée, dans les rues de Saint-Gilles et à l’occasion de la "Semaine du quartier Midi", à la gloire du PDI (Plan de Développement International).
"PDI, PDI" ! Ce sont les cris joyeux des Bruxellois, accueillant les 3000 mages, venus des confins du monde apporter leurs présents à la Capitale de l’Europe. Des grands et beaux bureaux (comme à Saint-Josse) par millions de mètres carrés, grand stade, salle de concert, Jeux Olympiques, coupe du monde de football... Par la mixité sociale et le développement durable, ainsi soit-il.

Voir le film

http://www.diablesroses.be

08.08 > 21:45


Larry Clark, 2005, 35mn, vo st fr & nl, 115'

Entre western urbain et farce politique, Larry Clark, qui nous avait jusque là plutôt habitué à son cynisme racoleur middle-class ("Kids", "Ken Park"...), nous entraîne ici dans une excursion ethnographique satirique. Démarrant tel un documentaire nous décrivant la vie de jeunes chicanos d’un quartier ghetto du South Central de Los Angeles, le ton bascule lorsqu’une poignée d’entre eux, tripés par une balade en skate, débarquent dans les quartiers rupins de Beverly Hills à deux lignes de bus de là. S’enclenche alors une course burlesque au sein de l’aristocratie financière américaine, paranoïaque et raciste, et, par bien des aspects, plus violente que la loi du ghetto. Ingrédients : les acteurs jouent leurs propres rôles et le fond sonore est celui de groupes punk-rock latinos locaux. Vous aurez, en outre, le plaisir d’y rencontrer une caricature de Charlton Heston, président de la National Rifle Association, momifié mais toujours prêt à tirer sur la jeunesse. Un film plutôt atypique de ce réalisateur indépendant connu aussi pour ses photographies sur la déliquescence de jeunes américains...

08.08 > 22:00


Au n°196-202 de la rue de Molenbeek, plusieurs associations se sont réunies pour gérer ensemble l’occupation de cet ancien bâtiment des RTT. Elles y développent leurs différents projets. D’ autres artistes indépendants et associations se sont également intégrés à ce lieu dit "la RTT". Les espaces sont réservés aux ateliers d’artistes, les caves sont occupées par des musiciens et une salle polyvalente est utilisée pour des répétitions de danse, de théâtre, de cirque... Les occupants disposent chacun d’un espace adéquat à leur pratique. A l’occasion du PleinOPENair, ils sont heureux de vous inviter à un après-midi "portes ouvertes". Peintres, sculpteurs, musiciens, plasticiens vous accueilleront et vous feront visiter le bâtiment.

http://rtt.blog-libre.net/

09.08 > 18:00


Tout commence dans le laboratoire du professeur Strütz et de son assistante Marlise. "Sur le bout de la langue" est votre mot de passe… Sous vos yeux ébahis, les scientifiques explorerons la saveur des contes afin d’élaborer une recette qui permettra de retrouver amour, goût et vitalité dans vos assiettes ! Un spectacle tout public à deux voix, agrémenté d’un théâtre d’objets et de quelques chansons, suivi par une dégustation au coeur du potager collectif à Tour & Taxis dont l’entrée est située au n°1 boulevard Emile Bockstael (cf le texte du “Début des haricots”). Attention : places limitées ! Et en cas de forte pluie, rendez-vous à la RTT...

09.08 > 19:00


En écho à la pression immobilière, des potagers urbains survivent ou voient le jour çà et là. Le début des haricots, association bruxelloise née en 2005, n’est pas étrangère à ce phénomène de reconquête végétale. L’un de ces potagers, entretenus par des collectifs d’habitants-jardiniers volontaires, est venu se nicher sur l’emblématique friche de Tour & Taxis. Vous pouvez y accéder par la petite porte située à côté de la grande fresque murale de Titeuf à hauteur du n°1 du boulevard Emile Bockstael. C’est dans ce lieu urbain décalé que se tiendra le spectacle "Sur le bout de la langue". Une petite visite du lieu s’ensuivra.

Accueil
09.08 > 20:00


Pour les vrais amateurs de cornichons, entiers ou en rondelles, en cubes ou en tranches, il y a Gurkentopf, une recette originale des princes de la cuisine Eric et Quentin ! Gurkentopf extrait doucement du vinaigre de nombreux cornichons des années passées, pour les préparer suivant une recette mystérieuse et les servir à un public de fins connaisseurs en Cucumis sativus ! Agrémentés de claviers casio et de flûtes à bec, ces mets ne vous laisseront pas de marbre, même si vos papilles peinent à les identifier ! Avec la musique de stade de Gurkentopf, nous vous garantissons de la qualité à 100% ! Et pour une fois, nous pouvons crier la main sur le coeur : "satisfait ou remboursé" !
Vous connaissez sans doute déjà l’espiègle duo Eric & Quentin du Black Light Orchestra, un quintet pop technicolor improbable... qui secoua et ébranla de nombreuses scènes bruxelloises. A voir dans leur formule duo, sous les bombardements de flashbacks aigre-doux. Premier set avant le film et retour en saumure en fin de soirée.

09.08 > 20:00 + 09.08 > 24:00


Pim Zwier & Marc Schmidt, 2007, video, sans dial, , 10'

- Papa, Papa ! Je veux celui-là, le jaune avec les grandes roues. Et l’autre, là, qui fait beaucoup de bruit. Je peux l’essayer ?
- Oui Oui, plus tard. Allez, assieds-toi et regarde le défilé. Et tais-toi maintenant, écoute le monsieur qui chante.
Une parade de belles mécaniques pour les grands enfants qui construisent nos villes.

09.08 > 21:30


John Carpenter, 1988, 35mm, vo st fr, 93'

L’élite au pouvoir berce la population à coup de messages subliminaux cachés dans les médias, la pub et les discours politiques, la plongeant dans un état de somnolence béate et la réduisant à consommer et à se conformer. Pendant ce temps, elle s’enrichit tranquillement et continue d’exclure. Ça vous dit quelque chose ?
John Nada va découvrir qu’il s’agit de l’oeuvre d’aliens capitalistes qui se sont glissé dans les sphères du pouvoir et exploitent la Terre comme une colonie. Ses habitants ne sont plus que des esclaves pompant les ressources de leur planète pour la richesse de l’élite extraterrestre.
Avec "They Live", Carpenter livre une bonne satire politique du libéralisme des années Reagan et de la prise du pouvoir par une classe d’économistes ne connaissant que la culture du fric, tout ça sous la forme d’une série B sci-fi qui ne manque pas d’humour. Avec le catcheur Roddy Piper dans le rôle principal, à voir dans une scène de combat de rue mémorable !
They live, we sleep...

09.08 > 21:40


squelettes/rubrique-3.html
lang: fr
id_rubrique: 1120
prog: 1115
pos: aval