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Edito

Hé non, le PleinOPENair n’a pas disparu dans les effluves d’alcool des festivités du dixième anniversaire du Nova. Le revoilà, un peu plus tôt qu’à l’habitude, pour une nouvelle édition, la dixième du nom. Alors, l’an dernier, ça vous a manqué ? Nous pas... Enfin, si. Mais il y avait de bonnes raisons d’esquiver l’été 2007. Primo, c’est pas tous les ans qu’on fait une pause. Secundo, fêter deux anniversaires la même année, c’est un peu trop. Tercio, l’été 2007 était pourri et le Nova a été bien inspiré de laisser écran et projecteur à l’abri.
Mais cette fois, c’est certain, place à la chaleur et au grand ciel bleu. Les trois premiers week-ends d’août seront secs et ensoleillés. "City marketing" oblige, on peut même vous le promettre. Des nuées d’étoiles brilleront au-dessus de Bruxelles pendant les soirées d’été.
Ah, Bruxelles ! Ville d’affaires et de loisirs. Son micro-climat, ses institutions européennes et ses grands pôles de développement... Son casino, sa plage, sa Roller’s Parade et son PleinOPENair ! Tous les ingrédients sont là pour en faire une métropole incontournable.
Tous ? Pas vraiment. Il reste des ombres au tableau... Ces quartiers trop sales, trop pauvres, pas assez "mixtes", en plein coeur de la ville. Ce retard systématique dans la course aux investissements étrangers et dans la compétition entre grandes villes. Cette insupportable modestie, qui nous empêche de rivaliser avec Londres, Paris ou Amsterdam dans les grands marchés immobiliers.
Mais tout cela est bientôt fini. Il était temps d’avoir un peu plus d’ambitions et pour ce faire, Bruxelles s’est dotée d’un nouvel "nouvel outil de gouvernance" : le Plan de développement international, alias le PDI... un "plan pour tous les Bruxellois".
Ceux qui proclamaient qu’il n’existe pas de vision urbanistique pour Bruxelles en sont pour leurs frais. Il y a le PDI. Oh, bien sûr, certains diront que ce plan n’en est pas vraiment un. Qu’il brasse, tout au plus, une série d’intentions plus ou moins précises et se dote de moyens vagues pour les réaliser. Qu’importe. Il se dégage une vision cohérente de ce plan selon lequel "l’international" est à chercher du côté de l’attractivité immobilière et du "city marketing", plutôt que de la ville cosmopolite. L’idée ? Changer l’image des quartiers à difficultés, "booster" l’économie locale et donner enfin aux habitants les infrastructures dont ils manquaient cruellement : un nouveau centre de congrès, un méga-centre commercial, de nouveaux bureaux... Et bien sûr, du logement : privé beaucoup, public un peu, social un tout petit peu. Pour mettre tout le monde d’accord, on annonce même la construction d’un stade de football capable d’accueillir les plus grandes compétitions internationales.
Grâce aux bienfaits du "bench marking", des milliers de nouveaux habitants afflueront : les fameux "flux entrants", ciblés parmi les classes moyennes, dont l’arrivée est censée provoquer des "flux sortants" de Bruxellois, moins rentables ceux-là et un peu moins "internationaux" aussi. Mais il faut voir le bon côté des choses : en allant peupler le Hainaut, le Brabant flamand ou wallon, les "flux sortants" exporteront dans ces régions un peu de la mixité sociale et culturelle qui fait la réputation de la Capitale.
Et puis, au rayon des bonnes surprises, le PDI n’a pas dit son dernier mot. Si certains dossiers urbanistiques ont brillé ces dernières années par leur lenteur, c’en est fini des longues procédures. Car le PDI se base sur un principe simple : "à sites exceptionnels, procédures exceptionnelles". Et de proposer ainsi de se débarrasser d’une série de lourdeurs et contraintes archaïques, de certains dispositifs d’information et de concertation, qui permettent même au premier badaud venu (mal intentionné, il va de soi) d’introduire des recours en justice... Les questions d’aménagement du territoire étant complexes et lourdes de conséquences, on ne peut tout de même pas laisser plus longtemps la possibilité à des particuliers de compromettre la bonne marche de l’intérêt public, n’est-ce pas ?
On le voit, Bruxelles entre dans une nouvelle ère urbanistique. Le PleinOPENair se devait de fêter cela dignement. Après avoir savouré la transformation des terrains vagues qu’il a sillonné pendant des années dans les quartiers centraux de la ville — et qui ont fait place à de beaux immeubles, de bureaux le plus souvent —, le PleinOPENair prend cette fois la route de quelques-unes des dernières réserves foncières de Bruxelles. Ce qui l’amène à visiter des zones plus excentrées qu’à l’habitude : la gare de l’Ouest, le quartier Maritime et Neerpede sont les principales étapes de cet été placé sous l’étoile de "l’international". Ah oui, au cas où : prenez toujours un parapluie avec vous. On ne sait jamais...

Sur le PDI, lire :

Dossier PDI

http://www.bruxellesvilledurable.be



"La mixité sociale doit être un des fils conducteurs du développement urbain à Bruxelles. Il s’agit d’assurer des flux sortants des zones d’interventions prioritaires pour éviter le confinement de la pauvreté dans des ghettos sociaux et d’assurer des flux entrants en stimulant l’installation des classes moyennes" (...)

"Développer une stratégie d’image pour les quartiers (city marketing) afin de les caractériser, et notamment pour les quartiers les plus fragilisés afin les revaloriser et d’éviter que leur image négative ne dépasse les frontières et ne nuise au rayonnement international de la ville (effet « Bronx »)" (...)

"Un plan de développement sur 10 ans pour chaque quartier doit permettre de vendre ces quartiers à des investisseurs et à des nouveaux habitants" (...)

— Plan de Développement International de Bruxelles, schéma de base, août 2007.



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