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Freak Cinema

Pénétrez dans le monde merveilleux de la fête foraine, des freaks et des attractions "side show" où s’étalent les mutilations et les malformations — miroir d’une "autre" façon d’être. Contemplez les curiosités humaines, les merveilles de la nature. Venez voir la femme à barbe, les jumeaux siamois, les microcéphales, l’homme-homard, les géants et les nains. Des fakirs, mangeurs de verre, avaleurs d’épées et "human pincushions" explorent les ultimes frontières de leurs corps. Bizarres, grotesques et pervers, les films de cette section sont déconseillés aux âmes sensibles !



Auch Zwerge haben klein angefangen

Les nains aussi ont commencé petits

Werner Herzog, 1970, DE, 16mm, vo st fr & nl, 96'

Souvent rapproché du "Freaks" de Tod Browning, "Les nains..." se présente comme une suite de saynètes chaotiques dont la succession semble n’obéir à aucune règle, exactement comme les étapes de la révolte des pensionnaires de cette étrange maison de redressement, qui mettent l’établissement sens dessus dessous, pendant que le directeur se barricade dans son bureau avec un des mutins en otage... Ses appels à la raison, au nom de la dignité et de l’hygiène de vie, n’apparaissent pas moins absurdes que les saccages et pillages auxquels se livrent les rebelles. Le goût d’Herzog pour les situations extrêmes et la folie absurde de personnages monstrueux transparaît ici. Tous les protagonistes sont joués par des nains, altération de la condition humaine permettant d’envisager au plus près les limites de l’humanité. Filmé caméra à l’épaule et en noir et blanc, cet apologue nihiliste, narquois et hilare, renvoie dos à dos les rêves avortés de libération des années soixante et ceux d’un retour au vieux monde disciplinaire alors en pleine décomposition. La censure allemande mit un an avant de se décider à en autoriser la distribution, le temps qu’il a sans doute fallu à ses fonctionnaires pour renoncer à comprendre cet objet insolite...

24.02 > 18:00


Richard Elfman, 1980, US, 35mm, vo ang , 74'

La famille Hercules emménage dans une maison dont la cave recèle une porte secrète. La bimbo de la maisonnée ne peut évidemment s’empêcher de la pousser et se perd ainsi dans la "zone interdite", la sixième dimension ! Alice au Pays des Freaks, elle suscite le courroux de la reine de l’endroit. Le fils dégénéré de la famille va partir à sa recherche avec l’aide d’un géant de foire. Ils croisent dans ce bas monde une noria de loufs, un majordome à tête de grenouille, des enseignants lourdement armés, des princesses aux seins nus, des détenus aux oreilles de Mickey Mouse, des candélabres humains, toute une monstrueuse parade emmenée par le roi Fausto et sa tendre moitié Doris.
Le compositeur et réalisateur Richard Elfman s’est inspiré, pour cette galerie de portraits, des sketches du Grand Magic Circus auquel il avait participé en tant que musicien de jazz, en compagnie de son frère, Danny (qui y interprète un diable pastichant une chanson de Cab Calloway), futur compositeur de Tim Burton. Plus déjanté que les Marx Brothers, plus équivoque que le Rocky Horror Picture Show, cet hommage fauché et trashy aux séries B de science-fiction et aux "musicals" des années quarante lorgne aussi vers les Monty Python ou l’univers iconoclaste de John Waters.

29.02 > 22:00


Keith Fulton & Louis Pepe, 2005, GB, 35mm, vo st fr, 93'

Au début des années 70, Zak Bedderwick, producteur anglais au flair affuté, monta un groupe rock autour des frères siamois Tom et Barry Howe. Relookés et dirigés dans un esprit punk avant l’heure, ils se servirent de leur image de freaks pour choquer et attirer les curieux comme dans un spectacle de foire. The Bang Bang allait devenir un succès. Mais après un premier album rageur, le groupe se "déchire" et sombre dans l’oubli. K. Fulton et L. Pepe (réalisateurs de "Lost in La Mancha", film sur le tournage désastreux du "Don Quichotte" de Terry Gilliam), reconstituent ici la vie intime du groupe au travers d’images d’archives et d’interviews dont celle du cinéaste Ken Russell ("Tommy", "The Devils"). Ce dernier envisageait un film avec les frères Howe comme en témoignent quelques rushs d’époque. "Brothers of the Head" nous plonge ainsi dans l’univers tortueux des jumeaux conjoints, aux limites du malsain. Une curiosité qui n’a malheureusement plus été montrée en Belgique depuis son avant-première... au Nova ! Et cette fois c’est exceptionnellement sous-titré en français !

29.02 > 20:00 + 07.03 > 18:00


The Freakmaker

aka The Mutations

Jack Cardiff, 1972, GB, 16mm, vo ang , 92'

Après une introduction sous la forme d’une bien belle leçon de biologie, on comprend de quoi il s’agit : "Nous sommes tous des freaks, l’évolution de l’espèce humaine se fait par mutations successives... qu’il doit bien avoir moyen de provoquer !" Ces paroles sont celles d’un savant fou joué par Donald Pleasance, qui a dû voir "The Day of the Triffids" plus d’une fois... Évidemment, les techniques de l’apprenti démiurge ne sont pas très au point, et les expériences qui tournent parfois mal sont recyclées en monstres de foire dans le freak show du coin - aux côtés d’une belle brochette de "bizarreries humaines" - où l’on retrouve d’ailleurs une atmosphère familiale proche de celle de "Freaks". Jack Cardiff réalise ici l’un des films les plus curieux des années 70, entre horreur (à tendance grotesque), science-fiction, psychédélisme et transhumanisme !

29.02 > 24:00


Kirby Dick, 1997, US, 35mn, vo st fr, 86'

Un portait visionnaire et déconcertant d’un homme atteint de mucoviscidose. En l’occurrence, un artiste performeur qui explore avec un masochisme extrême les frontières de la douleur, de la sexualité et de la mort. Le film est pour le moins polémique, les scènes crûment explicites ne sont pas vraiment une partie de plaisir. Etonnamment, le réalisateur Kirby Dick a réalisé un documentaire drôle et émouvant pour lequel il bénéficia de la complicité totale de Flanagan et de sa compagne Sheree Rose (qui modifie certains préjugés sur les "dominatrix").
En dépit des pronostics des docteurs, Bob Flanagan vivra des décennies avec la maladie. Lorsque le tournage débute, il était déjà à bout de forces. Il mourut en janvier 1996, pratiquement devant la caméra. Le film en devient un testament choc - le combat d’un homme avec son corps qui le lâche sans cesse.

Précéde d’une performance de Kuriakin]

01.03 > 20:00


Avec ce programme qui occupera toute une soirée, nous vous emmènerons en chair et en os dans le monde mystérieux des Freaks & Side shows. Au menu : une sélection de rares courts métrages "freak", une projection de "Midori - The Girl in the Freakshow" dans le contexte qu’il mérite et un "midnight screening" de "Crippled Masters" ! Le tout émaillé d’incroyables performances "freak" et d’un "live" du collectif cirQ.

Freak Show Flickers
Une compilation de courts métrages composée par Jack Stevenson autour de la culture freak et du cirque. Avec entre autres le court métrage de Free Cinema "O’Dreamland" de Lindsay Anderson datant de 1953, le "Tatooed Lady" (1975) de Tom Palazzolo, "A Day in the Life of Bonnie Consolo", un documentaire de 1975 sur une femme sans bras, et l’étrange court métrage underground de Curt McDowell’s : "Siamese Twin Pinheads" (1972).
Sans compter d’innombrables surprises qui s’ajouteront encore au programme.

Midori
voir ci-dessous.

+ Crippled Masters

Joe Law, 1979, TW, 35mm, vt ang st fr & nl, 90'

Le clou de la soirée : Un homme sans bras et son ami sans jambes (les deux acteurs sont réellement handicapés) rassemblent leurs forces pour combattre un tyran malveillant. De l’action kung-fu dépravée, un humour absurde et un mauvais doublage anglais : bref, un génial ratage complet !

07.03 > 20:00


Hiroshi Harada, 1992, JP, video, vo st fr, 55'

Tokyo, dans l’après-guerre. La très jeune orpheline Midori est recueillie par Mr Arashi, tenancier d’un cirque de foire. Elle devient la victime des jeux cruels et pervers des artistes-freaks qui y vivent. Un jour apparaît l’étrange Wonder Masamitsu, un nain aux pouvoirs magiques qui rejoint la troupe et s’éprend de Midori. Il devient son protecteur, et aussi la seule chance pour elle d’échapper à cet enfer. Hiroshi Harada mis 5 ans à adapter et animer image par image le manga culte de Suehiro Maruo, variation sexuée et pervertie de Cendrillon. Une fable cauchemardesque, mais romantique avant tout, dans la tradition japonaise du "eroguro" et avec une bande son de J.A. Seazer ! Conçu comme une expérience à part entière, le film n’avait été présenté à l’époque que dans des endroits reculés transformés en cirque-temple-théâtre, accompagné de toutes sortes de mises en scènes... Espérons que le Freak Show Friday où il sera projeté une première fois sera à la hauteur !

+ Lullaby to the Big Sleep [The Death Lullaby - Nidoto Mezamenu Komoriuta]

Hiroshi Harada, 1985, JP, video, vo st ang, 27'

Pour accompagner Midori lors de sa deuxième diffusion, une rareté réalisée par Harada sept ans plus tôt : un conte sur la persécution d’un enfant par ses camarades, une histoire tragique imprégnée de la cruauté du monde moderne, où les adultes détruisent les dernières valeurs traditionnelles, où les gouvernements et le business détruisent les vieilles villes et la nature.

09.03 > 20:00


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