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First (Off) screenings

Chaque année, de nombreux films, fort intéressants mais pour lesquels les distributeurs ne voient pas de potentiel commercial, n’ont pas droit à une sortie en salle. Offscreen veut offrir au public la possibilité de découvrir quelques unes de ces perles sur grand écran, le cadre qui leur était initialement destiné.



The Island

Ostrov

Pavel Lounguine, 2006, 35mn, vo st ang fr & nl, 112'

Un jeune marin russe, nerveux et angoissé, trahit son capitaine : forcé par les nazis, il l’abbat pour sauver sa peau. Après avoir dérivé, il est receuilli par des moines sur une île. Anatoli, devenu vieux est un "starets", homme saint et guérisseur. Il vit dans cette communauté monacale orthodoxe, isolé sur un archipel glacé. Retirés du monde et de la Russie soviétique des 80’s, les moines ne savent plus quoi penser de ce "fol de christ" qui vit sur un tas de charbon, ne respecte pas les rêgles monastiques et conseille les gens de manière bien étrange.
Le dernier film de Pavel Lounguine ("Taxie blues", "Luna Park", ...) traite de la culpabilité et de la rédemption, dans une certaine tradition russe. Le temps suspendu, la beauté froide des images, la mise en scène fluide et pertinente, le poids des situations, l’humour particulier, l’aspect romanesque... tout fait de ce film, à la frontière entre mystique et fantastique, un grand film, ici proposé en ouverture du festival.

21.02 > 20:00 + 01.03 > 18:00


Guy Maddin, 2007, 35mm, vo st fr, 80'

Depuis quelques années, Guy Maddin joue avec ses souvenirs et s’amuse à utiliser comme personnage principal de ses films "le jeune Guy Maddin". Après "Brand Upon the Brain !", il se voit confier la réalisation d’un film sur sa ville natale. S’il s’agit bien d’un documentaire, "My Winnipeg" est surtout un film sur le monde "à dormir debout" de Maddin. Il y continue l’exploration burlesque et féérique de sa mémoire, mise en images par un mélange décousu et impressionnant de styles et de techniques.
Maddin, le narrateur, envisage de quitter sa ville pour toujours et fait un dernier tour avant de partir : l’occasion de revenir avec lui - et avec l’acteur qui joue son rôle - sur une série d’anecdotes historiques locales. À travers les histoires surréalistes, les images d’archives et les reconstitutions d’évènements invraisemblables, on comprend la paralysie sentimentale qui lie Guy à sa ville depuis 51 ans ! "Une ville d’où les trains ne partent pas, ils ne font que tourner autour et revenir."
"My Winnipeg" est un manifeste drôle et personnel qui défend les croyances populaires contre les forces qui veulent effacer le passé des villes, les nettoyer de leurs souvenirs... et de leurs habitants.

08.03 > 20:00 + 09.03 > 22:00


Robinson Devor, 2005, video, vo ang , 80'

"Police Beat" est un film difficile à décrire... C’est d’ailleurs sûrement pour ça qu’il est dans cette sélection ! Robinson Devor invente un genre de cinéma nouveau, tant par son aspect formel que par ses choix narratifs. On y découvre un jeune policier américain d’origine africaine qui patrouille en VTT à Seattle. Il tente de trouver sa place dans ce pays qu’il sert et défend mais où il se sent étranger. Sa situation sentimentale aussi lui paraît intime et étrangère à la fois. Pas facile de gérer tout ça entre plusieurs missions professionnelles bizarres et dérangeantes, elles aussi faisant écho à ses propres démons ou dépassant son entendement.
Il y a un aspect documentaire dans la manière de traiter les évènements criminels tirés de faits réels. Et à la fois cette ambiance cotoneuse, ce sentiment de bien-être liè aux superbes images, à la musique apaisante dont celle de la voix intérieure et étrangère du policier, aux ralentis (pas kitsch, une gageure !) et au montage discret et pertinent. Ne pas manquer aussi son dernier film, "Zoo", dans notre module "Manimal" !

21.02 > 22:00 + 23.02 > 20:00


Zoltán Kamondi, 2007, 35mm, vo st ang, 122'

Bogdanski Dolina est un village perdu dans l’est des Carpates. Isolés du reste du monde par des frontières gardées, et dirigés par le "Vicarage" - un ordre sectaire dont les membres portent ostensiblement des barbichettes postiches - les villageois se préparent à acceuillir l’Archevèque du Régime. C’est alors qu’un jeune exilé revient au bercail afin d’y déterrer son père et l’enterrer hors de ce lieu maudit... Dolina est dans la veine de ces films allégoriques en provenance de l’Est, qui critiquent toute société totalitaire. D’ailleurs ici avec beaucoup de fantaisie et de brio, faisant même penser de loin à certains délires d’un Terry Gilliam ! Fruit d’une adaptation de "La visite de l’Archiduque" d’Ádám Bodor, doté d’une belle photographie, Dolina possède un univers très particulier qui, bien que pourvu d’un humour grinçant et de scènes cocasses, n’en dénonce pas moins de manière virulente tout gouvernement basé sur la terreur. Une histoire absurde qui nous prévient peut-être que la nôtre ne devrait pas l’être...

06.03 > 20:00 + 08.03 > 18:00


Igor & Ivan Buharov, 2007, 35mm, vo st ang, 86'

Tout commence par ce plan séquence obscure, pris sur le vif, où un vieux médecin entouré par quelques individus tente d’’extraire une écharde plantée à la base de la langue d’un homme assis sur une chaise roulante... Dès cette première scène, le ton est donné. "Slow Mirror" est indubitablement le film le plus difficile à cerner du festival pourtant riche en découvertes extravagantes. Comment raconter une expérience audiovisuelle qui s’apparente à un cauchemard que l’on aurait tout en marchant éveillé dans le rêve d’un autre ? C’est peut-être ce que les hongrois Igor et Ivan Buharov (qui ne sont pas frères) ont voulu représenter malicieusement dans ce film biscornu et granuleux, truffé de scènes absurdes et déconcertantes. On l’avoue de suite, peu de spectateurs seront capables de remettre en place les pièces de ce puzzle cinématographique sans dessus dessous. Par contre, beaucoup sortiront ravis d’avoir assisté à cette amusante fiction expérimentale, manigancée et filmée fébrilement par les Buharov, nos invités !

+ Mompelaar

Marc Roels & Wim Reygaert, 2007, 35mn, vo nl st fr, 20'

Un jeune homme, un tantinet débile, part en promenade dans la forêt où il rencontre une troupe de boyscouts dont le guide est peut-être aussi débile que lui... Du cinéma belge, flamand, zarbi à souhait !

En présence des réalisateurs.

08.03 > 22:00 + 09.03 > 18:00


Anna Biller, 2006, 35mm, vo , 120'

1972. Barbie (Anna Biller) s’ennuie. Son mari Rick est un drogué du travail et ne lui accorde pas d’attention. Au début, elle se distrait avec ses joyeux voisins Mark et Sheila. Mais quand ceux-ci se séparent et que son mari part au ski sans elle, les deux femmes décident de partir à la découverte de leur âme sauvage. Commence alors le périple de Barbie avec en toile de fond, moralement minée, les swinguantes Seventies.
Anna Biller a non seulement signé le scénario et la réalisation de "Viva". Mais elle l’a aussi produit, en a créé les costumes, joué le rôle principal, écrit les chansons, peint les œuvres d’art aperçues et conçu les séquences d’animation de pop art warholiennes psychédéliques que l’on voit durant une scène d’orgie.
"Viva" est bien plus qu’un hommage aux films de "sexploitation" des années ’70. Sans rien perdre de son regard critique, "Viva" est une fête de styles, de couleurs, de drogue et lingerie baby doll.

02.03 > 22:00


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