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Avant-premières

Sílení

Lunacy

Jan Svankmajer, 2005, 35mm, vo st fr, 118'

Sur la route de Charenton, où il va enterrer sa mère morte dans un hôpital psychiatrique, Jean Berlot s’arrête dans une auberge où il sympathise avec un homme qui se fait appeler le Marquis. Il accepte son invitation de passer quelques jours dans sa propriété, où il découvre qu’une fois la nuit tombée, le Marquis se livre à de biens étranges cérémonies. Sujet à des crises d’angoisse dûes à l’idée de se faire enfermer dans un asile, Berlot finira aussi par accepter la proposition du Marquis de "traiter le mal par le mal"... en effectuant un petit séjour en psychiatrie.
Inspiré par la philosophie, les pamphlets blasphématoires et la littérature (et plus particulièrement par deux contes d’Edgar Allan Poe ainsi que le journal tenu par le Marquis de Sade), "Sileni" ("Aliénation") traite de sujets comme la liberté absolue, la civilisation du progrès, la répression et la manipulation, en plongeant dans les méandres de la psychiatrie. S’il reste fidèle à son univers surréaliste, Jan Svankmajer ("Alice", "Faust", "Conspirators of Pleasure", "Otesanek"...) filme ici pour la première fois essentiellement en prises réelles, avec des êtres de chair et d’os. Il ne fait appel aux techniques d’animation que pour quelques séquences tournées, elles, avec de la chaire belle et bien morte.
Ce petit bijou d’humour noir et décalé, étrangement passé inaperçu dans plusieurs pays (en mai prochain, le Nova le mettra à l’affiche pendant plusieurs semaines), est le dernier film en date de Svankmajer. A 72 ans bien sonnés, le "maître tchèque de l’animation" signe pourtant ici une expérience d’horreur philosophique très réussie.

05.04 > 20:30 + 06.04 > 18:30


Hanai Sachiko no Kareina Shogai

The Glamorous Life of Sachiko Hanai

Mitsuru Meike, 2003-2005, video, vo st ang, 90'

Une jeune fille lubrique pratique le plus vieux métier du monde. Parfois ça donne soif. Alors elle va dans un bar. Y a deux types qui s’engueulent. Alors ils sortent un flingue. Elle prend une balle perdue dans la tête. Mais elle est pas morte. Elle trouve un cylindre zarbi. La balle est coincée dans sa tête, du coup elle a des visions, elle devient intello, elle lit des bouquins. Elle comprend tout, la vie, la mort tout ça. Elle va voir un prof d’université. Ils échangent beaucoup. Elle devient tutrice dans sa famille dans laquelle elle fout le bordel, et devient encore plus lubrique. La balle s’enfonce encore plus loin dans son cerveau. Alors elle perd encore plus les pédales. Elle en peut plus. Et puis y’a George Bush qui lui apparait et lui parle de la guerre en Irak, et elle est encore plus lubrique. Bref, c’est du Pink cinéma japonais pour public averti, Mitsuru Meike avait d’ailleurs remporté le prix du meilleur nouveau réalisateur de Pink films quelques années plus tôt ! Il offre ici un second montage de son film érotique pour en faire une bien étrange satire politique.

05.04 > 22:30 + 09.04 > 22:30


Ikeru Shinibana

Wicked Flowers

TORICO, 2006, video, vo st ang, 85'

Au Japon comme ailleurs, il ya des types désoeuvrés qui passent leur temps à commander des pizzas et à jouer aux jeux vidéos. Aprés avoir gagné à un jeu, un jeune homme se rend à une mystérieuse adresse pour recevoir son prix. Comme de bien entendu, il se retrouve prisonnier aprés avoir été empoisonné : il a quelques heures pour résoudre une énigme, être libéré et avaler l’antidote. Les quelques participants ne prennent pas tous bien la chose et n’adoptent pas tous les mêmes techniques pour s’en sortir. Dans de petites salles, des séquences de théâtre se succèdent, il faut prendre des notes et tenter de comprendre les mystérieux personnages. Le casse-tête s’annonce sévère. Pour quelqu’un qui est habitué à perdre son temps, il va falloir apprendre à bien utiliser le peu qu’on lui donne...

http://www.ikerushinibana.com/

07.04 > 18:30 + 08.04 > 20:30


Ghassan Salhab, 2006, 35mm, vo st fr, 101'

Chaque matin, Beyrouth se réveille en découvrant la nouvelle victime d’un serial killer dont la particularité est de vider le sang de ses victimes… Khalil, médecin d’une quarantaine d’années, autrefois grand séducteur et amateur de plongée sous-marine, revient travailler dans son hôpital après un long arrêt maladie. Depuis quelque temps, il souffre d’étranges symptômes qui bouleversent sa vie. Quand il apprend l’existence du tueur en série et de son modus operandi, il se lance dans sa propre enquête, se sentant imperceptiblement lié aux victimes et plus précisément à leur insaisissable meurtrier. Progressivement, irrémédiablement, Khalil glisse hors de sa condition, disparaît du champ social, devient un fantôme, que même le miroir ne renvoie plus…
En empruntant au mythe du vampire, le nouveau film de Ghassan Salhab ("Beyrouth fantôme", "Terra incognita") se frotte au fantastique et à l’épouvante. Mais la comparaison avec les films du genre s’arrête là. Ici, le vampire est la métaphore impressionniste d’un processus de transformation qui se joue au cœur d’une ville mutante, ténébreuse, pleines de fantômes… et qui a tout naturellement enfanté un mutant. Ce cauchemar prémonitoire est certainement l’un des films les plus atypiques et singuliers de cette sélection.

07.04 > 20:30 + 08.04 > 18:30


Angela Bettis, 2006, video, vo , 92'

Angela Bettis s’est fait connaître en interprétant le rôle titre de "May" de Lucky Mckee. Cette fois-ci, la jeune femme réalise le film tandis que Lucky Mckee joue le personnage principal. Une inversion des rôles intéressante et qui était pour le moins attendue. De toutes évidence, le duo ne change pas radicalement de cap et il ne faut pas s’attendre à une comédie familiale. Lucky Mckee interpète un ouvrier menant une existence morne entre son usine et son appartement. De temps en temps il regarde par la fenêtre, voir si d’autres s’emmerdent un peu moins. C’est alors qu’il commence à observer sa voisine d’en face à travers sa fenêtre, sans la rencontrer vraiment. Jusqu’au jour où la rencontre arrive mais où les choses ne se passent pas comme prévu... "Roman" s’éloigne de l’ambiance de "May", pour proposer une autre facette malsaine d’un certain cinéma indépendant américain.

09.04 > 20:30 + 10.04 > 18:30


Sakebi

Retribution

Kiyoshi Kurosawa, 2006, 35mn, vo st ang, 103'

L’officier de police Yoshioka (Kôji Yakusho, qui joue dans presque tous les films de Kurosawa) enquête sur le meurtre d’une belle inconnue retrouvée noyée, de l’eau salée plein les poumons, pourtant bien loin de la mer. Tous les indices que la police trouve pointent vers une personne : lui-même ! C’est évidemment assez déstabilisant, d’autant que ce meurtre s’avère n’être que le premier d’une série. Le doute l’envahit au fur et à mesure que l’enquête progresse et que les résultats l’incriminent de plus en plus clairement. De fausse piste en fausse piste, les enquêteurs - et les spectateurs - ne savent plus à qui se fier. En dernier recours, Yoshioka décide de consulter un psy pour faire le tri dans sa mémoire embuée. Mais l’explication viendra sans doute plutôt du fantôme de la première victime qui commence à lui apparaître...
Après quelques essais moyennement réussis, Kiyoshi Kurosawa retrouve ses marques dans ce film aux thèmes classiques dans sa filmographie et parvient à créer des ambiances aussi belles et prenantes qu’émouvantes et effrayantes. Un must pour les fans de Kurosawa et les amateurs de cinéma d’horreur japonais.

10.04 > 20:30 + 11.04 > 18:30


Id

Kei Fujiwara, 2005, video, vo st ang, 104'

Pour ceux qui suivent : Kei Fujiwara était l’actrice du fameux "Tetsuo" de Tsukamoto. Cette même jeune femme a réalisée dans les années quatre vingt, un curieux film nommé "Organ", dont "Id" est en quelque sorte le pendant. Dans ce nouvel opus, Kei Fujiwara propose un monde décalé, ou plutôt aux personnages décalés. S’éloignant d’une narration classique, le film présente des personnages dont l’itinéraire est modifié par des rencontre ou des actions violentes, une sorte d’errance radicale quoi. De là naissent des oppositions stucturantes comme nature/urbanité, douceur/violence, homme/femme mais ou les pôles et les attractions ne sont pas forcément ceux qu’on a l’habitude de croiser. L’approche de la lumière et des couleurs évolue au fur et à mesure du récit et tente de trouver sa place dans les visions du monde inhérentes à l’ontologie des personnages. Les personnages se révèlent peu à peu à eux mêmes, sans pitié ni bienveillance. Le film fonctionne comme une entité et ne nécessite pas d’avoir préalablement vu "Organ". De quoi faire saliver les fans de Kei Fujiwara...

11.04 > 20:30 + 12.04 > 18:30


Anders Ronnow-Klarlund, 2006, 35mm, vo st ang, 94'

Pour redresser son économie, le Danemark décrète une loi martiale. Partant du principe que 20% de la population danoise utilise 60% du budget de l’Etat, le gouvernement donne pleins pouvoirs à l’armée pour identifier et juger cette frange de la population. Les "losers", les drogués, les inactifs, les mères alcooliques, les pères violents, les vieux, les handicaps, les inactifs et "profiteurs" de tous poils sont dans la ligne de mire. Pour mener ce projet à bien, une liste de critères, dits "critères de Copenhagen", est établie. Mais elle est différemment interprétée par les militaires (assistés de parlementaires) désignés pour les appliquer, comme nous le constaterons en suivant quelques-uns des interrogatoires-procès menés par un gradé, interprété par Søren Pilmark, l’un des inoubliables médecins du "Kingdom" de Lars Von Trier (dont la société Zentropa est productrice de ce film).
Si la subtilité n’est pas le maître mot qui convient au nouveau film d’Anders Ronnow-Klarlund, jeune réalisateur danois dont c’est le quatrième long métrage (il a notamment réalisé "The Eighteens" et "Possessed", primé au BIFFF en 2000), la critique sociale, l’humour et la "touche Zentropa" sont au rendez-vous de cette politique-fiction pas forcément si farfelue...

En présence du réalisateur

12.04 > 20:30 + 13.04 > 18:30


James June Schneider, 2007, 16mm, vo fr & ang st ang, 72'

"1, 2, 3, Whiteout" est le premier long métrage de James Junes Schneider, connu aussi sous le nom de Matterlink, as du ’vampling’ (sampling vidéo ET audio, à ne pas confondre avec le VJ’ing). Le film, présenté en 16mm, est avant tout une expérience visuelle et sonore, nous plongeant dans un futur contemporain inondé par la lumière artificielle, faisant perdre son rythme au monde. Plus de cycle, plus de temps mort, plus de rêve. C’est ce contre quoi lutte un inventeur, joué par Lou Castel, avec sa machine à créer de la pénombre artificielle. Le film suit celle qui deviendra par hasard son cobaye, Véronique. Les scènes jouées laisseront bientôt place aux expériences qu’elle subit, rendues à l’écran par des compositions audio-visuelles faite d’images et de sons récoltés ou trouvés depuis 8 ans par Schneider entre l’Europe, la Chine et l’Amérique, intégrant aussi des soundscapes produits notamment par AE, Elmapi, Richard Harrison des Spaceheads...
Schneider travaille sur le rapport entre son et image depuis ses premières expériences dans la scène punk de Washington DC. En dehors de ses films et de ses performances de vampling, il réalise aussi des projections live lors de concerts pour e.a. Blonde Redhead et a collaboré avec AE, Blurt, Melt Banana ou encore Mouse on Mars.

En présence de James June Schneider et Lou Castel

http://www.vampler.net
http://www.jamesjune.info

13.04 > 20:30 + 14.04 > 18:30


Guy Maddin, 2006, 35mm, vo , 95'

Réminiscence de sa propre enfance, le nouveau Guy Maddin met en scène ses souvenirs de jeunesse. Peintre en bâtiment, Guy accède pour la première fois à la volonté de sa vieille mère malade. Celle-ci, autrefois directrice d’orphelinat totalement sadique et mariée à un savant fou, demande à Guy de revenir sur l’île de Black Notch, où il est né, pour y repeindre le phare dans lequel elle habite... Mélodrame d’horreur frénétique, toujours empreint de folie, de désirs cachés et de déviance sexuelles, le nouveau Guy Maddin est, comme "The Saddest Music in the World", plus narratif que ses premiers films ("Tales From the Gimli Hospital", "Careful"...). Mais cette fois, le cinéaste de Winnipeg a choisi de faire un film quasi primitif, un peu comme l’était sa version de "Dracula" : entièrement muet, tourné en noir et blanc, entrecoupé de panneaux de textes et accompagné d’une bande son mêlant bruitages, musiques classiques et expérimentales, à la douce voix d’Isabella Rosselini. En février au festival de Berlin, "Brand Upon the Brain !" a eu droit à une projection spéciale au Deutsche Opera de Berlin, avec un orchestre symphonique. Si les spectateurs du "Septième parallèle" n’auront pas ce privilège, ils ont la chance de retrouver (de découvrir ?) l’imaginaire tordu, obscur et poétique d’un Guy Maddin toujours aussi inventif. Et c’est assez rare que pour ne pas s’y précipiter.

14.04 > 20:30 + 15.04 > 18:30


Christoffer Boe, 2006, 35mm, vo st ang, 93'

Christoffer Boe semble décidemment intéressé par la confusion entre réalité et imagination. Après "Reconstruction" et "Allegro", il plonge son complice acteur Nicolas Bro ("Adam’s Apples", ...) dans le rôle de... Nicolas Bro, un acteur dont le couple bat de l’aile et qui décide, pour sauver sa relation, de filmer une histoire d’amour interprétée par... lui-même et sa femme, l’actrice Lene Maria Christensen. Logiquement, il va trouver son ami cinéaste Christoffer Boe pour lui emprunter une caméra et lui demander conseil. Celui que Bro suivra le mieux sera de filmer tout, et ce tout c’est "Offscreen" : les images du quotidien d’un acteur se filmant lui-même jouant un acteur voulant se mettre en scène, avec sa femme actrice, dans une fiction réaliste sur lui et sa femme, avec l’aide de son ami réalisateur, qui réalise ce film donc. Dans le film (celui réalisé par Boe, pas Bro), Bro fini par exaspérer son entourage à force de les filmer en permanence (il se pointe même sur le tournage de "Allegro" caméra en main). Sa femme n’en peut plus et le quitte. Son projet de film tombe alors à l’eau, mais Bro est bien décidé à le terminer, quitte à trouver une actrice pour remplacer sa femme actrice dans le rôle de sa femme. A partir de là, les choses se compliquent...

15.04 > 20:30 + 16.04 > 22:30


Tom Mattera & David Mazzoni, 2006, video, vo , 82'

Jack Emitni travail dans un magasin d’antiquités, sa vie n’est pas très excitante, il est très solitaire, se réfugie dans ses maniaqueries et dans ses pensées. Les choses ne tournaient déjà pas très rond dans sa tête, mais lorsqu’une femme amène une vieille horloge dans son magasin, ses obsessions pour le temps et les théories d’Einstein vont devenir de plus en plus oppressantes. Il est replongé dans ses rêves et dans de vieux souvenirs, jusqu’à se croire capable de voyager dans son passé. Il est submergé et sa stabilité mentale est sérieusement atteinte, il tente désespérément de trouver une explication à ce qu’il vit. Visiblement très inspirés par "Pi" de Darren Aronofsky et de "Eraserhead" de David Lynch, les deux auteurs-réalisateurs, dont c’est le premier long métrage, ont voulu se démarquer, au sein de cette branche assez attendue du cinéma indépendant américain, en créant des ambiances et une esthétique particulières, notamment en tournant en super16mm et en utilisant le noir et blanc pour mettre en images le mental brumeux de Jack.

Tom Mattera et David Mazzoni seront présents pour nous parler du film, accompagnés de l’acteur principal, Louis Morabito, et du producteur, Daniel M. Kalai.

16.04 > 20:30 + 17.04 > 18:30


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