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Nocturnes

Pionnier de la sexploitation, Joseph W. Sarno réalisa plus d’une cinquantaine de films tout au long de sa prolifique carrière. Aux Etats-Unis tout d’abord, où ses nudies ravirent toute une génération d’amateurs. C’était l’âge d’or du cinéma underground, les joyeuses années soixante. Il décide ensuite de s’envoler pour la Suède, cet eldorado supposé du sexe, où il se lance à corps perdu dans les films d’exploitation softcore et hardcore. Le Festival de Turin vient de rendre un hommage à ce cinéaste méconnu, dont les copies de films sont devenus très rares.
En avant-goût d’une nuit des "Films du grenier", à venir dans le prochain programme, le Nova sort deux copies très rares de deux films très peu montrés (et en version originale sous-titrée bilingue encore bien) de la période new-yorkaise de ce maître du genre. Dans le jargon des spécialistes, il s’agit de "suburban psycho-sleazy". Puisqu’on vous le dit.



The Sex Cycle

La ronde du vice

Joe Sarno, 1966, 35mm, vo st fr & nl, 77'

Janet, jeune modèle, est l’employée de Tanya, artiste mangeuse d’hommes. Envieuse des succès de sa patronne, elle rencontre dans un bar une diseuse de bonne aventures qui lui donne le pouvoir de dominer les autres. Mais bientôt, corrompue par ce nouveau pouvoir, qui lui permet de séduire hommes et femmes, Janet ira se perdre dans une ronde du vice qui la mènera jusqu’à sa propre destruction.

19.01 > 22:00


Come Ride the Wild Pink Horse

Sensuellement vôtre

Joe Sarno, 1967, 35mm, vo st fr & nl, 79'

Jennifer est une femme au foyer qui s’ennuie dans sa banlieue repue. Elle se laisse convaincre par sa délurée voisine de l’accompagner dans une escapade en ville. Au lèche-vitrine, les deux femmes vont bien vite préférer le shopping érotique : leur excursion les mènera d’un bar louche, où elles accrocheront deux jeunes voyageurs de commerce, à une colonie d’artistes adeptes de musiques lascives et du libre-échange de partenaires (et pas seulement pour la danse). Jalousie, perfidie et chantage sont au rendez-vous.

19.01 > 24:00




Visitor Q

Bijitâ Q

Takashi Miike, 2001, video, vo st fr, 84'

Découvert lors du "7ème Parallèle" en même temps que "The Audition", "Visitor Q" aura marqué pour longtemps les afficionados de l’étrange. Alors inconnu chez nous, le prolifique Takashi Miike aura depuis apporté une fraîcheur indéniable à certains cinémas de genre en mal de renouvellement. Et avec quelle force transgressive ! Ainsi cet ovni à petit budget, tourné en 5 jours, nous déroute par ses situations décalées aussi malsaines qu’absurdes. Il nous présente un documentariste raté qui, suite à sa journée de travail passée à partager le lit "professionnel" de sa fille, introduit chez lui son nouvel ami : l’homme qui vient de lui fracasser la tête. A la maison, la mère toxico est battue par son fils, lui-même humilié quotidiennement par ses camarades de classe. Mais le visiteur ne s’en émeut pas et révèlera chez chacun leur véritable ego, ressoudant la cellule familiale alors disloquée. Echo implicite au "Théorème" de Pasolini, "Visitor Q" en est une démonstration autrement perverse, non dénuée d’un humour dévastateur qui permet d’un tant soit peu souffler de situations vraiment extrêmes... et réalistes vu l’emploi judicieux du format DV pour l’un des films paradoxalement des plus aboutis de Miike.

26.01 > 22:00


Ichi the Killer

Koroshiya 1

Takashi Miike, 2001, 35mm, vo st fr & nl, 129'

Ovationné dans de nombreux festivals dont le Bifff (partenaire du "7ème parallèle"), "Ichi the Killer" ne sera que très peu distribué par le monde, si ce n’est en version tronquée... Non plus au Nova, car il aura divisé notre équipe, certains n’y voyant que violence gratuite, d’autres le génie tordu d’un réalisateur imprévisible, ici au sommet de son art. Cette adaptation époustouflante d’un manga célèbre d’Hideo Yamamoto est le film de toutes les outrances : Ichi ("1" en japonais), post-ado frustré déguisé en super héros, est traqué pour avoir massacré l’un des big-boss Yakusa. En particulier par le sado-maso à la cicatrice sarcastique, Kakihara dont les recherches sont aussi sanglantes que les tueries d’Ichi... Sans oublier une galerie de personnages givrés, tel celui campé par Shinya Tsukamoto (autre réalisateur adulé au Nova). Près de 2h30 effrénées, d’un surréalisme ultragore, le plus souvent hilarant, à l’occasion sensible voire poétique, "Ichi the Killer" est un spectacle total, néanmoins pourvu d’un regard subtile sur la perversion de l’innocence. Eprouvant et fascinant, ses excès en deviennent divertissants à condition d’être vu par des adultes consentants... D’autant plus que la copie projetée est certifiée "uncut" ! Vous voilà donc prévenus.

26.01 > 24:00


En 2003, lors du Festival du Film Fantastique, le Nova accueillait le monstre iconoclaste Alejandro Jodorowsky, devant un public curieux et nombreux. Et pour cause, le coco était un invité idéal pour le "7ème Parallèle", autant pour le culte cinématographique qu’il représente que pour son parcours atypique, allant de la création d’un théâtre de marionnettes au Chili à sa carrière d’écrivain (poésie, livres de psychothérapie ésotérique, scénarios de films, de BD, ...), en passant par sa période pantomime en France aux côtés de Marcel Marceau ou encore par la fondation du mouvement "Panique" avec Fernando Arrabal et Roland Topor. Toujours inspiré par la spiritualité et l’art, il mélange les thèmes sacrés (i.e. les plus obscurs blasphèmes) à des mondes imaginaires de toutes sortes, souvent teintés de surréalisme, ce qui lui vaut l’imcompréhension et le mépris, mais aussi la fascination de ses fans ou de simples curieux. L’hommage que nous lui consacrions en 2003 devait notamment inclure deux de ses films, réalisés dans les années 70, qui contribuèrent à sa réputation culte : "El Topo" et "The Holy Mountain". Malheureusement, la cérémonie ne fut pas tout à fait réussie... La situation concernant les droits d’auteur n’étant pas claire à l’époque, il fut difficile de localiser des copies 35mm. Au prix de litres de sueur, nous en avions finalement repéré au Canada... mais elles n’ont pas pu nous parvenir à temps ! Avec Jodorowsky déjà sur place, il fallut, en dernière minute, se procurer des DVD bootleg italiens dont nous avions tout juste entendu parler. Mais le plan B n’était qu’un plan B et les Dieux de la technique n’étaient pas non plus au rendez-vous... Quatre ans plus tard, les choses ont changées, certaines en tout cas. Et c’est justement le cas en ce qui concerne les copies 35mm de ces deux films, à présent disponibles en versions restaurées et sous-titrées en français ! Nous profitons donc de l’opportunité pour vous offrir ces deux mystérieux et exquis objets cinématographiques, dans toute leur gloire, sur grand écran... et sans problème technique !...



Alejandro Jodorowsky, 1971, 35mm, vo st fr, 125'

Le héros du pistolet "El Topo" voyage à travers le désert avec son fils. Il est témoin d’un carnage, témoin de l’aveu d’un agonisant, il se jure de faire justice. Une femme qu’il a sauvée des griffes des bandits, lui lance un défi : il doit prouver son courage en tuant quatre héros mythiques du révolver. Ce qui suit est un parcours semé de carnages et d’éruptions sensuelles, un carnaval d’extrêmes, d’atrocités physiques et psychologiques. "El Topo" est un western instinctif, métaphysique et anarchique et en même temps une diatribe contre l’arrogance du pouvoir ; un film qui n’a rien perdu de sa force aujourd’hui.

02.02 > 22:00


Alejandro Jodorowsky, 1973, 35mm, vo st fr, 114'

Un personnage un peu "jésuesque" erre dans un monde bizarre et grotesque, plein d’images religieuses et sacrées. Il rencontre un guide mystique qui l’introduit chez six individus riches et puissants, qui chacun représente une planète de l’univers. Ensemble, ils prennent distance de leurs biens matériels et partent à la recherche de la montagne sacrée. Le résultat est un délire érotique très personnel, une parade folle quelque part entre Bunuel et Fellini, composée d’aberrations visuelles dont les psychanalystes raffoleraient. Une satire politique aigüe qui traite le sacré comme construction humaine, emballée comme une quête alchimique vers l’immortalité dans un univers peuplé de martyrs, de putes et de faux prophètes.

02.02 > 24:00




Al Adamson, 1977, 35mm, vo st fr & nl, 92'

Une version sexploitation futuristico-musicale du conte de fée classique de Cendrillon ? Ça existe et ça a déjà été au programme des nocturnes ! Un tel défi, c’était quelquechose pour Al Adamson, réalisateur qui dans les années ’60 et ’70 surprenait le public des drive-in avec des films-B bon marché qui portaient des titres ronronnants comme "Satan’s Sadist", "Horror of the Blood Monsters" ou "Blazing Stewardesses". Sans oublier les mémorables "Dracula versus Frankenstein" et "Brain of Blood".
Nous sommes en 2047. Le sexe est interdit par le nouveau Maître du Monde. La reproduction est contrôlée sévèrement et des robots appliquent l’observation stricte des bonnes moeurs. Cendrillon trouve ces restrictions nulles, et convoque des célibataires pour une soirée relativement débauchée. Le prince, un brave type, rencontre un problème sérieux quand Cendrillon... ne perd pas sa chaussure lors de son départ soudain. Bref, si une partie de baise en déguisements de lapins et de la disco synchronisée par des robots dans des costumes brillants vous plaisent, alors ce film, exceptionnellement projeté en cinémascope avec sous-titrage bilingue, sera pour vous un véritable "must" !

09.02 > 24:00


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