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Films !

Ancienne "tête brûlée" des télévisions françaises auxquelles il ne participe plus que rarement, Pierre Carles est devenu praticien d’un cinéma documentaire bricolé à peu de moyens, tourné vers la critique des médias, indépendant, autofinancé et diffusé principalement dans les salles de cinéma. Déjà venu à plusieurs reprises au Nova où il a présenté notamment "Pas vu pas pris", "Enfin pris" et "La sociologie est un sport de combat", il est de retour avec deux nouveaux films, dont le très attendu "Volem rien foutre al pais", chacun réalisé en collaboration avec d’autres documentaristes.



Pierre Carles, Christophe Coello & Stéphane Goxe, 2007, video, vo fr , 100'

A l’origine, il y a le projet de trois réalisateurs de se lancer dans la réalisation d’un film sur le refus du travail. Un long processus qui donnera lieu à un premier film en guise d’apéritif : c’était "Danger travail", pamphlet jubilatoire sur les déserteurs du salariat, sorti il y a déjà trois ans. Aujourd’hui, voilà enfin "Volem rien foutre al pais", dont la sortie française est prévue en mars prochain.
Dans une approche très éloignée de "Pas vu pas pris" ou "Enfin pris", les réalisateurs ne se contentent pas d’un discours critique à l’adresse du salariat ou de l’idéologie travailliste. Si un portrait caustique du patronat et du monde politique est bien présent dans le film, c’est surtout à des hommes et des femmes bien décidés à ne plus accepter les règles du "marché" que s’attache "Volem rien foutre al pais". Loin de l’image du chômeur accablé ou déprimé, ces "sans-emploi qui n’en demandent pas pour autant", ces "déserteurs de la guerre économique" expliquent ouvertement pourquoi ils cherchent à s’épanouir en dehors du monde du travail, avec peu de ressources mais en disposant de leur temps. Plus que briser des tabous, le film mène un questionnement rarement porté à l’écran : s’il y a bien des motifs de refuser le travail aliéné et que certains y parviennent à titre individuel, est-il permis d’envisager son dépassement sur un mode collectif ?
Pierre Carles, Christophe Coello et Stéphane Goxe sont allés à la rencontre de groupes, en zones urbaines ou rurales, qui cherchent collectivement des manières de vivre autrement, de s’autonomiser, de vivre hors du consumérisme ? Ce qu’ils expriment à la caméra, c’est leur volonté de reprendre leur vie en main sans plus attendre les lendemains qui chantent ou se contenter de coller des affiches le proclamant.

11.01 > 20:00


Pierre Carles & Georges Minangoy, 2006, video, vo fr , 100'

Dans les années 70, des anarchistes français luttèrent avec leurs camarades catalans contre l’Espagne franquiste finissante. Pour financer leurs actions subversives, ils multiplièrent hold-up et braquages de banques. Au milieu des années 80, certains de ces "libertaires" passèrent à l’action "directe" anti-capitaliste en revendiquant l’assassinat de patrons comme celui de Renault. D’autres refusèrent catégoriquement de recourir à ce type de violence, sans toujours se désolidariser de leurs anciens compagnons de lutte. A l’heure où tant d’ex-soixante-huitards ont accèdé au pouvoir en reniant leurs engagements passés, ces rebelles prétendent avoir mis en conformité leurs convictions et leurs actes, et quelquefois le payent, comme Jean-Marc Rouillan, de longues années de prison.
A l’époque du tout-à-l’antiterrorisme, ce film ouvre le débat sur la légitimité de la violence et la fidélité des choix politiques. Voilà l’intention des cinéastes, qui sont ainsi allés à la rencontre d’anciens partisans de la lutte anti-franquiste anarchiste des années ’70 : Joëlle Aubron, Annie Desseaux, Jacques Garcin, Jean Halfen, Gilbert Roth, Jean-Marc Rouillan ?
Présenté à Paris en 2004 dans sa première version, le film provoqua un débat passionné, poussant Pierre Carles & Georges Minangoy à se questionner et à intégrer de nouveaux éléments au montage. Le résultat est à cent lieues des effets et du style d’un "Pas vu pas pris", se concentrant plus sur le sens que sur la forme et chemine doucement des petites histoires racontées par les protagonnistes, à la grande histoire qui fait ce film.

En présence de Pierre Carles.

13.01 > 20:00


Loredana Bianconi, 1997, video, vo it st fr, 116'

Vers la moitié des années ’70 Adriana, Barbara, Nadia et Susanna avaient à peine plus de vingt ans quand elles déciderent de tout quitter, la famille, les amis, leur vie sociale, pour adopter la lutte armée. Elles rejoignirent les Brigades Rouges, considérées le plus grand groupe terroriste italien de l’après-guerre, et toutes en devinrent des figures centrales. Susanna s’associera plus tard à Prima Linea, autre groupe terroriste. Après plusieurs années de lutte et de clandestinité elles furent arrêtées et condamnées à 67 ans de prison ou à la perpétuité.
Des années plus tard, devant la caméra de Loredana Bianconi, elles acceptent de raconter les raisons qui les amenèrent à faire ce choix radical qui bouleversera leur vie ainsi que celle d’un pays. Elles évoquent le début des années ’70 en Italie, une période marquée par d’importantes contestations sociales et par une volonté de rébellion. Ces années-là il y avait aussi l’IRA, l’ETA, l’Angola, le Vietnam, le Chili, le Che et Mao ?Elles expliquent pourquoi le choix de faire usage de la violence, tout en osant aussi raconter les erreurs, les crises au sein du groupe, les déchirures qui s’ensuivirent.
Loredana Bianconi réussi le difficile pari de nous mettre à l’écoute de ces femmes dont les récits et les réflexions sont captivantes. Elle ne les juge pas. Elle leur donne juste le statut de témoins d’une période de l’histoire qui ne peut être mise aux oubliettes.

En présence de la réalisatrice.

13.01 > 22:00


Guy Maddin, voici un nom qui résonne encore aux oreilles des spectateurs qui ont découvert les premiers films de cet autodidacte canadien sur l’écran du Nova il y a près de dix ans. Guy Maddin est devenu un habitué de la maison, qu’il a visité plusieurs fois. Quasi tous ses films, longs et courts, les plus inspirés comme les plus produits, y ont été montrés. Mais cela faisait longtemps que ses trois premiers longs métrages, à l’univers si particulier, n’avaient été projetés à Bruxelles. On se fait donc plaisir en les reprogrammant, même si Sir Guy n’a pas pu nous rejoindre pour l’occasion : il met actuellement la dernière main à son tout nouveau film ? sans doute très prochainement sur cet écran.



Guy Maddin, 1988, 35mm, vo st fr, 72'

Le premier long métrage de Guy Maddin révèle d’emblée un metteur en scène hors du commun. Des premiers films de David Lynch à ceux de Bunuel, de Sternberg à Cocteau, les références n’ont pas manqué pour tenter de cerner ce film qui, s’il nous ramène à sa manière aux origines du cinéma, relève d’une grande originalité, nous éblouis et nous étonne. Repéré aux Etats-Unis par Ben Barenholtz, le découvreur de Jodorowsky, Lynch, Romero ou des Frères Coen, ce film poétique et bizarre explore la folie et la jalousie qui s’installent entre deux hommes qui ont, chacun à leur manière, aimé la même femme.

12.01 > 20:00


Guy Maddin, 1990, 35mm, vo st fr, 83'

1917, Arkhangelsk : la cité russe ensevelie sous le givre pendant la Grande Guerre. Les gaz moutarde ont endormi la mémoire des soldats qui oublient d’arrêter de combattre, oublient de dormir, oublient qu’ils sont morts. Ils ne se souviennent que d’une chose : aimer. Sans jamais se rappeler qui.
Dans un style situé par certains entre l’expressionnisme allemand et "Eraserhead", Guy Maddin signe un second long métrage aussi intense, halluciné et mélancolique que son prédécesseur. "Archangel" est un film baroque où tragédie et comédie se mêlent d’une façon étonnante.

19.01 > 20:00


Guy Maddin, 1992, 35mm, vo st fr, 100'

Sur les flancs abrupts de massifs montagneux dignes des Carpates, vivent les habitants de Tolzbad. Pourquoi le vol migratoire des oies sauvages est-il attendu chaque année avec tant d’appréhension ? Quelle est cette prudence excessive qui les pousse à calfeutrer leurs fenêtres ? Qui sont ces gens, où sommes-nous et quand ?
Pour son troisième film, Guy Maddin continue à bricoler la pellicule avec génie et introduit pour la première fois la couleur, dont il fait une utilisation fascinante, contrastant à merveille avec l’atmosphère somme toute schyzophrénique et incestueuse de son récit.

26.01 > 20:00


Guy Debord, 1978, 35mm, vo fr , 95'

Cela faisait longtemps que le Nova n’avait plus montré des films de Guy Debord. Surtout que durant des années, seul de rares VHS étaient disponibles. Cependant, grâce à l’acharnement de quelques uns - dont Jacques Le Glou, complice de feu Debord et invité du Nova - tous les films de l’auteur de la "Société du Spectacle" ont enfin été restaurés et édités en coffret DVD (fort peu diffusé en Belgique). Mais aussi en copies 35mm dont "In Girum...", peut-être le plus poignant de l’oeuvre cinématographique d’un des penseurs les plus lucides de la seconde moitié du XXème siècle. Essai pamphletaire et autobiographique, ce film personnel touche autant l’intellect que l’émotion du spectateur. Fabriqué à partir de détournements de classiques du cinéma, mais aussi d’images fixes ou filmées d’un Paris sublimé par la voix limpide de Guy Debord au sommet de sa maturité, "In Girum..." fait partie de ces films dont on ressort transfiguré, pleinement conscient de la falsification de la vraie vie par le spectaculaire intégré de notre société. Un chef d’oeuvre précieux, un brin nostalgique mais toujours aussi remuant, que l’on ne se lasse de revoir...

En présence de Jacques Le Glou, ami et distributeur de Guy Debord.

20.01 > 20:00


Riget

The Kingdom

La série du dimanche après-midi. Deux weekends de suite, vous pourrez suivre en pellicule et sur grand écran la totalité de la série disjonctée de Lars Von Trier, déjà montrée au Nova lors d’une nuit mémorable. La totalité, oui, mais des épisodes existants... soit près de 10 heures de projection. La troisième et dernière partie de "Kingdom" n’a en effet jamais été tournée, certains des acteurs principaux étant malheureusement décédés et jugés irremplaçables par Lars Von trier. Pourtant, avec une histoire aussi frapée que celle qui nous est contée ici, on aurait pu imaginer qu’une volte-face scénaristique eut permis de tourner la fin de ce trépidant suspense hospitalier tourné au Rigs Hospitalet de Copenhague (Riget voulant dire Royaume). Par métonymie, cet hôpital représentera aussi le Royaume du Danemark qui est pourri de toute façon, tout le monde sachant cela depuis Hamlet...
La séquence d’ouverture est digne des films de la Hammer productions : sur des images de femmes lavant du linge dans un marais envahi par un brouillard cuivré, une voix caverneuse nous explique que de nos jours un hôpital y a été construit, mais vu l’arrogance des scientifiques envers l’irrationnel et la supertition, "les portes du Royaume se sont ouvertes". Mais ce ne sera pas au film conventionnel que l’on assistera, mais bien à une véritable explosion des genres, mélange du soap-opera au film d’épouvante, le film passant du registre du rire le plus grossier à une horreur indicible ou d’une poésie véritable à une critique socio-politique satyrique. Hallucinant !
Et oh ! surprise, The Kingdom II surenchérit sur tout : les esprits maléfiques envahissent pour de bon l’hôpital, les actions parallèles proliphèrent, les personnages s’accumulent, plus nuancés mais gagnant aussi en fantaisie. C’est donc à une véritable "chirurgie psychanalitique" auquel on assiste, qui déverse toutes les angoisses du réalisateur et où spiritisme, occultisme, scientisme, horreur, satyre, humour potache s’amalgament en un vertigineux délire exponentiel où le plaisir est roi... de rire et de se faire peur ! Depuis que Lars von Trier a pris sa "caméra-stylo" de la main gauche, il n’aura pas fini de nous étonner...

14.01 > 18:00 + 21.01 > 18:00


Prenez l’absurde des Shadoks multiplié par l’humour noir de Topor et vous n’obtiendrez qu’une faible approximation des travaux féroces de ce réalisateur anglais très peu tasse-de-thé. Les "Mondo Mulloy", ces courts métrages à la fois violents et très drôles où Phil Mulloy passe à la moulinette les moeurs sociales, politiques et culturelles, avaient déjà été montrés au Nova. Voici maintenant une trilogie irrésistible peuplée de bonshommes bizarres dans un style propre à Mulloy, toujours digne de l’art brut. Un régal.

+ Intolerance I

Phil Mulloy, 2000, 35mm, vo st fr, 11'

Une bobine de film est retrouvée, montrant la vie d’extra-terrestres : les Zogs. Ceux-ci sont en de nombreux points semblables aux humains, si ce n’est que la tête et les organes sexuels sont inversés. L’assistance qui découvre le film est outrée par l’existence d’êtres aussi scandaleux et demande l’extermination des habitants de la planète Zog.

+ Intolerance II - The Invasion

Phil Mulloy, 2001, 35mm, vo st fr, 15'

Seul Dwight Hokum sait que les Zogs ont déjà colonisé la terre. Seul lui peut donc sauver la planète. Mais les Zogs existent-ils vraiment ?

+ Intolerance III - The Final Solution

Phil Mulloy, 2004, 35mm, vo st fr, 24'

Dans 2000 ans : la flotte de vaisseaux spatiaux qui a quitté la terre parcourt l’univers à la recherche de la planète Zog. L’équipage est partagé entre ceux qui croient à l’existence de Zog et ceux qui la rejettent. Dans cette lutte acharnée entre les deux camps, Adam et Eva Hokum sont résolus à trouver le bonheur l’un avec l’autre. La planète Zog sera-t-elle un paradis pour eux ?

18.01 > 22:00 + 03.02 > 20:00


Songs from the Second Floor

Chansons du deuxième étage

Roy Andersson, 2000, 35mm, vo st fr, 98'

A partir d’une accumulation de longs tableaux stylisés, Roy Andersson nous conte une histoire grinçante où notre société est pointée du doigt. Le début donne le ton : un vieil employé se cramponne à la jambe de son patron qui vient de le licencier. Un immigré est tabassé en rue dans l’indifférence générale. Un magicien rate son numéro de l’homme coupé en deux... Autant de séquences incongrues aussi drôles qu’un Christ se balançant sur sa croix ! S’y détache Karl, père ruiné dont un fils est alcoolique et l’autre rendu fou par sa poésie. Cheminant dans une ville en proie au chaos, Karl cristallisera toute la culpabilité individuelle et collective dont peut-être seul le Jugement dernier nous délivrera ! Curieux mélange de Buñuel, Kaurismäki, Tati, voire Chaplin, "Chansons du deuxième étage" fait partie de ces films fulgurants qui auront fait date dans l’histoire du cinéma, et qui passera malheureusement inaperçu chez nous car incompréhensiblement non distribué à l’époque. Présenté pour la première fois dans la salle polyvalente de la Cité Administrative lors du mémorable PleinOPENair 2004, un grand film à (re)découvrir absolument sur grand écran, et cette fois enfin au Nova !

27.01 > 20:00 + 03.02 > 22:00


Robert Morin, 1994, super8 > video, vo fr & ang , 75'

Comme son titre l’indique, ce film parle de langues et même deux langues, en alternance : le français et l’anglais. Il est question ici d’un problème d’identité, d’une schyzophrénie linguistique et cutlurelle : celle que peut ressentir un canadien du Québec, comme ce pourrait être d’ailleurs aussi le cas en Belgique.
"Yes Sir ! Madame..." débute au moment où les forces policières retrouvent 19 bobines de film super8 ayant appartenu à un ancien ministre du Parti Conservateur, porté disparu : Earl Tremblay. 19 bobines de trois minutes chacune que ce dernier nous présente en voix off à la fois en anglais et en français. Mais quelque chose cloche entre les deux traductions qui ne se complètent aucunement. Entre caméra subjective et ambiguïté permanente entre réalité et fiction, Robert Morin nous laisse devant deux langues, deux manières de penser qui, à mesure que la pellicule défile, se dédoublent jusqu’à ne plus appréhender les événements de la même façon.

+ Le temps des bouffons

Pierre Falardeau, 1993, 16mm, vo fr , 15'

Un pamphlet jubilatoire contre le colonialisme britannique et canadien. Un film choquant sur de la bourgeoisie coloniale qui fête ses 200 ans de colonisation. Pendant que la voix-off passe en revue les désastres du moment, on peut admirer une tablée festive, des visages qui ne disent rien sinon la satisfaction d’être bien lavés, bien pomponnés, bien blanchis. Les maîtres jouent le rôle des maîtres et les esclaves jouent le rôle des esclaves ?

+ Ilha das flores [L’île aux fleurs]

Jorge Furtado, 1989, 35mm, vt fr st nl, 13'

Qui n’a encore jamais vu ce petit film dense et incisif, où l’on suit notamment une tomate, un porc et le pouce préhenseur de Mme Annette ? L’ambition du réalisateur ? "Montrer à un visiteur inter-planétaire comment est la Terre". Avec un humour implacable, ces 13 minutes suffisent à mettre en branle les rouages indéfectibles du commerce mondial. Nous, on ne s’en lasse pas.

Trois films déjà montrés au Nova : "L’île aux fleurs", à de multiples reprises et dès le premier soir d’ouverture, tout comme "Yes Sir ! Madame...". Mais trois films toujours aussi contemporains. A voir, à revoir... et à écouter.

28.01 > 20:00 + 01.02 > 22:00


Andrew Kotting est un des auteurs de cinéma les plus intrigants et originaux de la scène anglaise actuelle. Depuis toujours, ce réalisateur a affiché une farouche resistance à toute forme de langage standardisé, sa capacité à inventer et jouer avec les codes du cinéma devenant un trait distinctif de ses films. Mais Kotting a une curiosité insatiable, et c’est pourquoi ses recherches l’ont aussi amené à réaliser des installations vidéo ou des ?uvres sonores. Beaucoup le qualifient de visionnaire excentrique et cela se révèle pleinement dans ses deux longs métrages, "Gallivant" (1996) et "This filthy earth" (2001), que le Nova a programmés dans le passé. La maîtrise qu’il affiche avec ces deux films n’aurait certainement pas été la même sans la floppée de courts réalisés auparavant. Les voici, pour la toute première fois au Nova en version sous-titrée.

+ Klipperty Klopp

Andrew Kötting, 1984, super8 > video, vo st fr, 12'

Une ?uvre "post-punk" de sensibilité païenne, mêlant bestialité et sodomie à une énergie débordante de vitalité.

+ Kingdom Protista

Andrew Kötting, 2000, super8 > video, vo st fr, 6'

L’odyssée monstrueuse et flexible d’une bactérie.

+ Hoi Polloi

Andrew Kötting, 1990, super8 > video, vo st fr, 5'

Mi-home-movie, mi-journal intime, "Hoi Polloi" (en grecque "gens ordinaires") est un film de famille décalé, tourné dans les Pyrénées.

+ Gallivant [The Pilot]

Andrew Kötting, 1994, super8 > video, vo st fr, 6'

C’est le court métrage "pilote" que Kotting réalisa en préparation du long métrage homonyme. "C’est dans les endroits les plus improbables qu’il est le plus probable de trouver son bonheur."

+ Nucleous Ambiguous

Andrew Kötting, 2002, video, vo st fr, 2'

Quelque part, entre la normalité et l’anormalité, se situe la réalité ?

+ Hub-Bub in the Baobabs

Andrew Kötting, 1989, 16mm > video, vo st fr, 30'

Situé dans la contrée mythique des arbres "mangeurs d’hommes", à Madagascar, ce film nous montre l’auteur errant à travers la forêt.

20.01 > 22:00 + 02.02 > 20:00


Luc Moullet, 1971, 35mn, vo fr , 100'

"Après avoir réussi seul le hold-up de la diligence de la Wells Fargo, Billy a bien du mal à transporter son butin. Il rencontre Ann qui a fui devant l’attaque des Cherokee".
Voici donc un western, mais un western français. Dans le rôle principal, Jean-Pierre Léaud, un Billy the Kid halluciné et d’une indocilité absolue. A ses côtés : Rachel Kesterber, Jean Valmont, Bruno Kresoja ? Pour décor, les Roubines, massifs désertiques des Alpes-de-haute-Provence, région d’origine du réalisateur qu’il filme rudement bien. Un hommage, "irrévérencieux et pas du tout sérieux", aux westerns sur lesquels Moullet a beaucoup écrit (critique aux "Cahiers du cinéma" de 1956 a 1965) ? Cinéaste marginal, inclassable, Moullet parle dans ses films de l’absurdité de la société ("La comédie du travail", 1987, "Genèse d’un repas", 1978, qui démonte les industries alimentaires, etc ?). Ses films sont rares ; il tourne peu et il tourne des Ovni. Rares aussi sont ceux qui ont pu les voir ("Les Naufrages de la D17", 2001, le dernier n’est pas sorti en Belgique). Le Nova en a montré à plusieurs reprises. "Une aventure de Billy the Kid", est passé lors du premier programme du Nova ; n’attendez pas la prochaine décennie pour découvrir ce western ubuesque.

28.01 > 22:00 + 04.02 > 20:00


*Depuis sa création, le Nova n’a eu de cesse d’explorer les multiples et différentes facettes que nous propose la production cinématographique belge et internationale. Devenant l’une des principales raisons motivant l’ouverture de ce lieu.
Au cours de ces dernières années, vous avez pu y découvrir les films des réalisateurs Pedro Costa ("Ossos", "No Quarto da Vanda"), Sharunas Bartas ("Trois Jours", "Few of Us", "Corridor", "The House"...), Jean-Marie Straub et Danièle Huillet ("Sicilia !", "En rachâchant"), Sergeï Loznitsa ("Today We are Going to Build a House") et Nicolas Klotz ("Paria", "La blessure").
La vision de ces films, programmés en sortie ou de façon thématique, nous dévoile leurs points communs, les liens qui se tissent entre eux et leur concepteurs.
Que ces points et liens, portant sur l’aspect formel, le choix du mode de production, la thématique abordée et son traitement, nous paraissaient tellement pertinents, qu’à germer en nous, pour cette programmation anniversaire, l’idée de consacrer un long week-end à ces réalisateurs "jumeaux".
En associant le documentaire de Pedro Costa sur les Straub & Huillet à la projection de leur "Ouvriers, Paysans". En jumelant celle de "La blessure" de Nicolas Klotz à "En avant, Jeunesse !" de Costa et celle des courts métrage de Loznitsa à "Seven Invisble Men" de Bartas, nous espérons rendre plus visibles ces démarches, parfois hors normes, qui accompagnent la création de ces œuvres et dévoilent la personnalité de leurs auteurs.
En s’assurant de la présence au Nova de Pedro Costa, Nicolas Klotz, Sharunas Bartas et Sergeï Loznitsa, nous tenterons ensemble de découvrir et apprécier les connections unissant leurs films.
Pourquoi Costa filme-t-il les Straub & Huillet lors du montage de "Sicilia" !? Pourquoi, à l’origine, "La blessure" de Klotz devait être le pendant de "En avant, jeunesse !" de Costa, et vice-versa ? Pourquoi Bartas et Loznitsa collaborent-ils au scénario du prochain film de Bartas ? Pourquoi beaucoup de ces réalisateurs avaient-ils, au début, le même producteur ?
Autant de questions que nous nous poserons et, surtout, leur poseront.
Pour que la boucle soit bouclée.*



*"Le cinéma de Sarunas Bartas a toujours existé, depuis que le monde est monde. Mais nous, où étions-nous ?" - Leos Carax, extrait de "De quoi sommes-nous la somme ?" (1995).
Déja lu ?
"Au rythme d’une production par an, Bartas, travailleur sans relâche a, à lui seul, produit les deux tiers de la production cinématographique lituanienne de ces dernières années. Ses films, du premier au plus récent, dévoilent le potentiel, la maîtrise et la maturité croissante de ce jeune cinéaste instinctif" - Nova - programme #21 (décembre 1998). Extrait.
"Le dénominateur commun des films de Sarunas Bartas est la fuite. (...) Cette fuite est invariablement liée à une quête, déterminée et déterminante, obstinément vouée à l’échec : la recherche, souvent désabusée, d’un peu de chaleur humaine et de compréhension dans un monde n’y laissant, finalement, que peu de place." - Nova - programme #21 (décembre 1998). Extrait.
"Le regard porté par beaucoup de cinéastes sur les événements de la fin des années 80 (chute du bloc soviétique) se reflète âprement dans leur films : constat revendicateur et pugiliste d’une société vacillante et mutilée au sortir de sa léthargie, (...). Pour d’autres, par contre, le regard questionne les conséquences personnelles de ce chamboulement. Ainsi, à la vue des films de Sarunas Bartas, cette constatation est indéniable. Cet impact émotionnel est bien présent mais trouve son expression plongée dans un tourbillon d’affect (...). - Nova - programme #30 (novembre-décembre 1999). Extrait.

En collaboration avec la Cinémathèque Royale de Belgique.*



Déjà vu ?
Bartas et son équipe chargent camionnettes et camions de tout le matériel nécessaire au tournage du film. Et quittent Vilnius. Tout comme pour "Few of Us" (Sibérie) et "Freedom" (désert marocain), Bartas met en place une véritable expédition pour rejoindre son lieu de prises de vue. Pas d’avion ni confort première classe. Tout le monde, techniciens, acteurs, producteurs se retrouvent dans la caravane, à bord de vieux véhicules russes et d’une ou deux jeeps. Pendant des jours.
La destination cette fois : la Crimée, au Sud de l’ancien empire soviétique.
En Crimée où, une communauté de gens, unifiée par cette commune volonté de vivre une autre société, quitte la ville et rejoignent la campagne pour établir leurs quartiers dans un petit village.
Que résultera de cette fuite ? Est-elle seulement possible ? Quand on sait que ce que l’on veut fuir est probablement le tout ?
Autant de réponses pour laquelle, la dernière séquence du film, est ?

En présence du réalisateur.

+ The Train Stop

Sergei Loznitsa, 2000, 35mm, sans dial, , 25'

Dans cette salle d’attente d’une gare russe, les gens dorment. Entre deux trains. La caméra de Loznitsa caresse leur visage et épie leurs moindres gestes, avant qu’ils ne se réveillent. Avant qu’ils ne prennent le train. Un film qui berce. A regarder tête reposée.

En collaboration avec la Cinémathèque Royale de Belgique.

09.02 > 20:00


Giedre Beinoriuté, 2005, video, vo st ang, 50'

"On nous avait prévénu qu’ils allaient arriver. Alors quand je les ai vus devant l’épicerie, j’ai été voir. Ils étaient quelques-uns à installer de grandes lumières. Je m’attendais à ce que tout aille vite ? comme on voit dans les films. Mais, non ! Ils tournaient et puis ils bougeaient la caméra et toutes les lumières. Après deux, trois heures, je suis rentré. Je ne savais pas que le cinéma était comme ça." ? Un habitant.
Vulkanovka (Lat. : 45°8’N - Long. : 35°57’OE), une petite ville de Crimée, oubliée des dieux et même des gens, selon les dires de ses habitants. Mais pas oubliée de tous, puisque c’est dans ce village que Sharunas Bartas tourna, pendant deux ans, son film "Seven Invisible Men".
Geidre Beinoriuté, quelques neuf mois plus tard, retrouve ces habitants pour recueillir impressions, réactions et autres billets d’humeur. Ces deux années de "cohabitation" ont permis à chacun de mettre la main à la pâte : assurer la cantine, prêter main forte à l’équipe, découvrir, partager, apprendre ?
Mais une fois le tournage terminé, que reste-t-il ? Des souvenirs, bien sûr, des bons. Mais aussi de la mélancolie. Et des espoirs, que ce bref passage a pu éveiller chez quelques-uns. Là où la caravane de Bartas passe ?

11.02 > 16:00


*Né en 1964, Loznitsa suit les traces de ses parents mathématiciens et obtient son diplôme d’ingénieur en 1987. Il travaille ensuite dans un institut de cybernétique, à Kiev, jusqu’en 1991. Année pendant laquelle il change complètement de cap en s’inscrivant au VGIK (Institut russe de cinéma). Il conclut ses études avec le documentaire "Today We are going to Build a House". Il poursuit sur sa lancée en réalisant d’autres court et moyen métrages.
En 2001, il s’installe en Allemagne et partage sa vie entre son pays adoptif et St-Pétersbourg, où il travaille au Studio du Film Documentaire.
De puis quelques années, Sergeï Loznitsa, construit une oeuvre où se tisse, tangiblement, des liens de film à film. Il fait tourner sa caméra et son enregistreur pour dévoiler un lieu et les personnes y évoluant. Que ce soit des ouvriers ("Today We are..."), des passagers en attente ("The Train Stop"), des paysans ("The Settlements", "Portraits") ou des pêcheurs ("Artel"), Loznitsa encadre leur quotidien et, grâce à un subtil travail sonore, y fait ressortir de purs moments de poésie, des instants d’une autre dimension semblerait-il.*

+ Artel

Sergei Loznitsa, 2006, 35mm, sans dial, , 30'

Ces pêcheurs déroulent leurs filets et préparent la pêche. Ils marchent sur l’eau. En-dessous d’eux, les poissons. Et entre les deux, la glace qu’il faudra briser pour espérer en récolter quelques-uns entre les mailles.

+ Today We are Going to Build a House

Sergei Loznitsa & Marat Magambetova, 1996, 35mm, sans dial, , 30'

Le temps d’une journée, sur un chantier, Loznitsa et Magambetova nous donne à voir le patient, minutieux et parfois pharaonique travail de ces ouvriers de la construction.

+ The Train Stop

Sergei Loznitsa, 2000, 35mm, sans dial, , 25'

Ce court métrage est projeté avant "Seven Invisible Men", car ces deux réalisateurs jumeaux se sont retrouvés et collaborent sur le scénario du prochain film de Bartas.

En présence du réalisateur.

10.02 > 18:00


*Comment expliquer qu’un cinéaste venu du long-métrage, du 35mm, des festivals-pingouins, puisse un beau jour laisser tomber tout ça pour en revenir à l’extrême simplicité : filmer seul et en DV un personnage à la dérive, dans un geste cinématographiquement épuré.
Que s’est-il passé pour expliquer cette métamorphose ? Lors de son passage à Bruxelles, Costa a utilisé le mot de "mysticisme" pour parler de son rapport aux personnages du film. Et c’est peut-être ça le mot clé. Costa nous donne l’impression de se retrouver devant ses personnages comme devant un mystère, comme devant une révélation ? Mais laquelle ? La révélation de l’insoupconnable beauté des déshérités ? ou celle de sa condition de cinéaste maudit ?
Au Nova, nous avons un faible pour les films de Costa et pour le bonhomme. Nous nous sommes battus à ses côtés, une année durant, peut-être plus, pour obtenir une copie de son avant-dernier film "Dans la chambre de Wanda". Ca finit par tisser des liens. Não è ? Pedro passait au récent "Filmer à tout prix" pour présenter son dernier film. Alors, vous pensez bien que nous y étions. Mais cette fois, c’est lui qui vient au Nova.*



Juventude, em marcha !

En avant, jeunesse !

"En avant, jeunesse !" présente une étonnante continuité avec le précédent ; il pourrait en être la suite avec la même recherche stylistique. Mais, différence de taille, il apporte une lueur d’espoir dans le sombre tableau du précédent. On y retrouve Wanda, qui entretemps a eu un enfant et a entrepris une cure de désintoxication. Au centre du film, il y a surtout Ventura, le père, d’origine Cap-Verdienne. Depuis sa séparation tumultueuse avec sa femme, il psalmodie une émouvante lettre d’amour qu’il ne peut lui adresser, faute de posséder l’écriture. Mais il s’accroche à l’avenir et retisse patiemment la toîle d’une famille disloquée. Expulsé du quartier Fontainhas, il réclame à l’administration un logement aux dimensions d’une arche de Noé qui puisse contenir tous les membres de sa famille et la sauver du déluge.

En présence du réalisateur.

10.02 > 20:00


Aurélien Gerbault, 2006, video, vo st fr, 78'

Aurélien Gerbault rejoint Pedro Costa à Lisbonne, sur le tournage de son dernier film : "Juventude, em marcha !". On y retrouve Pedro préparant minutieusement un plan, dirigeant subtilement son protagoniste, Ventura, tout en esquissant l’histoire de ce cap-verdien, père de Vanda Duarte (que l’on retrouve dans "Ossos", "No quarto da Vanda"). Pedro nous accompagne ensuite sur les lieux de vie et de reminiscences de Ventura, nous laisse assister, silencieux, à ses prises sonores délicates avant de nous mener dans "son" quartier. Ce quartier, c’est celui de ses films passés et peut-être à venir. Mais de ce quartier, loin de tout afflût touristique, il ne reste que des briques. Au sol. Et Pedro de redessiner le quartier : "ici, de là à là c’était la chambre de Vanda, où je venais tout les matins poser ma caméra ? et là, il y avait cette rue où Vanda frappait de porte à porte pour vendre ses légumes ? et là cette maison où mainteant se trouve ce camion ? à moins que ? non, non, c’était bien là !".
Et Pedro de discourir jusqu’à la tombée de la nuit sur ce quartier qui fut. Sur ce quartier qu’il a arpenté insatiablement pendant des années, caméra à la main. Et de se remémorer ce qu’il a vu, vécu et filmé. Tout refleurit ? A voir et entendre Pedro au milieu de ce terrain en ruine, l’on n’en doute pas. Il est toujours là.

04.02 > 22:00


Pedro Costa, 2003, 35mn, vo fr , 104'

"La difficulté était là, de faire un film à la hauteur de Jean-Marie (Straub) et Danièle (Huillet). Et finalement on a trouvé ce moment de montage de la troisième version de Sicilia ! J’ai proposé à Jean-Marie et Danièle de filmer le montage, de couvrir intégralement ce travail, mais comme un document. Je crois qu’ils m’ont dit à ce moment : "bizarre, comment tu vas faire ça". Ils ne voyaient pas très bien cette histoire de vidéo. Mais en même temps je crois qu’ils étaient intéressés après avoir vu ce que j’avais fait avec Vanda, un travail un peu de sociologue, d’anthropologue, quelque chose d’un type qui est là tout le temps, qui cherche. C’était ça la proposition : un document sur un travail qu’ils allaient faire pendant environ un mois. Après j’ai commencé à voir des choses sur le montage, à voir comment faire le film, quel plan faire, demander à Jean-Marie et Danièle de faire ceci ou cela. Et puis après, tout a été plus compliqué que simple à faire. Surtout parce qu’ils sont très généreux avec ce qu’ils savent, ce qu’ils sentent. Ils passent très bien ces sentiments. Et je sens ce que Jean-Marie et Danièle ressentent ? au même moment"... Pedro Costa, extrait de "Tout refleurit".

En présence du réalisateur.

08.02 > 22:00


Ouvriers, paysans

Operai, Contadini

Danièle Huillet & Jean-Marie Straub, 2001, 35mm, vo fr & it , 123'

En juin 2001, le Nova sortait en Belgique un film dont aucun distributeur et aucune salle du pays ne voulaient, malgré la prime substantielle d’aide à la distribution que lui avait octroyé le jury de la manifestation "Cinédécouvertes" onze mois auparavant. Il s’agissait de "Sicilia !", soixante-six minutes de colère calme et d’écoute sensible, de politique et de quotidien sensuel d’après un texte de l’écrivain communiste Elio Vittorini. La même année, le couple de cinéastes présentait "Ouvriers, paysans", nouvelle adaptation ("personnages, constellations et textes") de l’écrivain, cette fois d’après son roman documentaire "Les Femmes de Messine". Le noir et blanc de "Sicilia !" laisse la place à la couleur, les espaces construits (port, train, maison, place du village ? ) à un sous-bois dont les cadrages et le son direct du film captent le frétillement des feuilles et les rais changeants de la lumière du soleil ? Toujours avec les corps et les voix vraies (ce que certains s’évertuent à débilement appeler des "acteurs non-professionnels") du Teatro Comunale de Buti, il s’agit cette fois, au fil des saisons, du quotidien - souvent difficile et contradictoire mais toujours fécond - d’une communauté d’ouvriers et de paysans, de femmes et d’hommes, en train de construire leur "vivre ensemble" en même temps qu’ils reconstruisent leur village détruit par un tremblement de terre. En 2002, dans "Humiliés", troisième film d’après Vittorini, une communauté s’étant appropriée une terre en friche est menacée d’expulsion par ses propriétaires qui tout d’un coup entendent la récupérer ? Comme il y a quelques années les nouveaux propriétaires du 3 rue d’Arenberg tentèrent de récupérer une salle qu’un collectif, lui-aussi à la fois fort et fragile, avait entrepris de faire revivre, de re-cultiver. Les films des Straub ne nous touchent pas juste parce que leur intransigeance fait souvent contre-poids ou garde-fou à certaines de nos lâchetés, mais aussi parce qu’ils mettent en voix et en images des situations qui nous touchent profondément.

11.02 > 18:00


Auteur de plusieurs long-métrages documentaires et de fiction, Nicolas Klotz fait partie de cette frange de cinéastes qui ne cessent de revendiquer la nécessité d’une morale dans le cinéma, que ce soit par rapport aux choix d’un sujet ou à une manière de mettre en scène et de filmer. Cela se révèle de façon frappante dans l’approche qu’il a des acteurs, peu importe qu’ils soient professionnels ou amateurs. Car dans ses films chaque visage, chaque regard, chaque corps est filmé pour en révéler une spécificité qui lui est propre, unique et intime. Il est probablement bon à savoir que Nicolas Klotz est aussi metteur en scène de théâtre, et l’on comprend alors que c’est probablement de là qu’il puise une aisance à explorer non seulement le jeu d’un acteur, mais aussi la force que peuvent avoir les mots. Et puis on oubliera pas non plus cette incroyable complicité qu’il a avec Elisabeth Perceval, sa scénariste et compagne. A deux ils représentent un de ces couples de cinéma qu’on pourrait croire n’existent que dans un film.



Nicolas Klotz, 2004, 35mn, vo fr , 160'

Depuis des mois Papi, réfugié politique en France, attend que sa femme Blandine vienne le rejoindre de Kinshasa. Finalement un jour il reçoit son coup de téléphone qui lui annonce qu’elle vient de débarquer à Paris. Mais à l’aéroport de Roissy Blandine se fait renfermer dans une cellule d’isolement avec des dizaines d’autres personnes et la police nie que son nom soit repris dans la liste des passagers provenant du Congo. Entre insultes et humiliations, ce qui devait être le début d’une "nouvelle vie" démarre ainsi bien différemment de ce qu’elle avait imaginé. Jusqu’à ce que n’arrive l’incident, la blessure ?

En présence de Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval.

11.02 > 20:00


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