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Autour de LQH ("La question humaine")...

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*Nicolas Klotz, réalisateur, et Elisabeth Perceval, scénariste. Ces "amants cinéma", on les suit depuis quelques années déjà. D’abord avec "Paria", puis "La blessure", et maintenant "La question humaine". Trois films qui forment une trilogie. Au travers d’elle, c’est une longue réflexion sur des questions devenues incontournables qui nous est proposée. Comment nous situer dans une géographie humaine et urbaine qui évolue au jour le jour ? Comment vivre les changements inéluctables qui modifient nos sociétés avec une rapidité dingue ? Comment ne pas oublier "les leçons" du passé ?
Depuis plusieurs mois, en complicité avec Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval, et bien avant que le film "La question humaine" soit présenté au festival de Cannes, nous nous sommes lancés dans le projet d’imaginer un parcours autour de ce dernier opus. Quelles sont les réflexions qui peuvent survenir en amont d’un film, lors de son écriture et de sa réalisation, et en aval lorsque le film se retrouve à être finalement diffusé ? Qu’est-ce qui inspire l’écriture d’un film ? Comment une préoccupation esthétique rejoint-elle celle d’un discours qui se veut plus politique ? Ce sont quelques-unes des questions qui nous ont animés pour vous proposer ce week-end autour de "La question humaine". Un week-end qu’on vous annonce riche en débats, mais aussi en films.*



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Nicolas Klotz, 2007, FR, 35mm, vo st nl, 141'

"L’ordre des événements est complexe et n’épouse pas forcément la chronologie des faits", prévient le narrateur et protagoniste Simon Kessler (Mathieu Amalric), jeune psychologue attaché aux "ressources humaines" d’une filiale française de la multinationale pétrochimique SC Farb. Chargé par son supérieur Karl Rose (Jean-Pierre Kalfon) d’enquêter sur l’état mental d’un autre directeur, Matthias Jüst (Michael Lonsdale), Simon ne sortira pas indemne de son investigation, qui le mènera vers les plus sombres heures de notre modernité... Un grand (et rare) film politico-philosophique, formellement très maîtrisé, aux jeux d’acteurs remarquables, doté d’une réflexion dense ô combien salutaire en ces temps de langage "néocon-décomplexé".
On se réjouit déjà de la sortie nationale par le réseau de cinémas d’art et essai "Diagonale".

"La question humaine" sera à l’affiche dès le 5 décembre chez notre voisin l’Arenberg-Galerie où notre équipe se rendra à la séance de 19h du jeudi 13 décembre afin d’introduire notre focus spécial autour du film de Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval (qui a écrit "La question humaine", d’après un livre de l’écrivain belge François Emmanuel), présents au Nova tout le weekend !

Pour info : des articles compilés par l’Association des Cinémas de Recherches d’Iles-de-France (ACRIF) sont téléchargeables via http://www.acrif.org/fr/document.asp?rubid=14&docid=33

http://www.cinemasdiagonale.be

13.12 > 19:00


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Une exposition d’une vingtaine de photos des acteurs de "La question humaine", prises par Nicolas Klotz avant le tournage du film.

[ GRATUIT ]

Du 14 au 16.12

14.12 > 19:00


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He is a DJ !! Bon, on rigole ! Quoique... Nicolas Klotz possède une collection de vinyles qui pourrait faire rougir pas mal de DJ’s ! On peut avoir du mal à l’imaginer collectionneur, mais on ne se rend pas compte à quel point son "matériel" est important. Il est autant accro au vinyle qu’à la pellicule, et il ne peut s’empêcher d’aller fouiner dans les bacs des disquaires dès qu’il se retrouve dans une nouvelle ville. D’ailleurs, il est bien possible que Nicolas Klotz ne sera pas seul aux platines...
PS : soyez prévenus : les années ’70 et début ’80 sont ses "dadas" !!

[ GRATUIT ]

15.12 > 24:00


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Jennifer Abbott, 2003, CA, vo st fr, 145'

Basé sur le livre de Joel Bakan "Les multinationales, la recherche pathologique du profit et du pouvoir", "The Corporation" est un remarquable travail de dissection du mode de fonctionnement de l’entreprise, il secoue l’ordre établi, notre confort, nos habitudes de consommation, et nos valeurs sociales. De Monsanto aux pointeuses IBM vendues à l’Allemagne nazie pour gérer les camps de concentration, plus on avance dans le film, plus le propos s’élargit et s’intensifie.
L’idée globale du documentaire rejoint "La Question Humaine" (et donc prend part à la réflexion proposée autour du film de Klotz). Cette idée se matérialise avec le statut juridique de la "corporation", qui sans l’être fonctionne comme une personne morale (elle peut acheter, vendre, être condamnée...). D’un côté, les êtres se substituent à des numéros, de l’autre ils se réincarnent dans cette créature virtuelle que représente une société. Au fil des séquences, on assiste à un véritable examen médical psychologique de la créature "corporation". Conclusion indéniable : c’est une psychopathe !

[ GRATUIT ]

14.12 > 21:00


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Night of the Demon

Rendez-vous avec la peur

Jacques Tourneur, 1957, US, 35mm, vo st fr, 95'

John Holden, un psychologue américain rationaliste se rendant dans une Angleterre "lovecraftienne" à un congrès de parapsychologie, enquête sur la mort étrange de son collègue, le Pr Harrington. Avec l’aide de Joanna, la nièce du professeur, leurs soupçons se portent vers l’inquiétant Dr Julian Karswell, un expert en démonologie... Mise à part l’apparition incongrue d’un monstre exigé par les studios — mais est-il réel ? — ce petit chef d’oeuvre fantastique est d’une efficacité redoutable, fruit d’une mise en scène suggestive propre à Jacques Tourneur, cinéaste de la peur. Le spectateur est emporté malgré lui dans l’indicible de par la sollicitation progressive de son imagination. L’image noir et blanc travaillée, l’ambiance sonore, les dialogues et le jeu feutré de ses acteurs nous invitent à sonder l’impalpable, et en premier notre inconscience... Et de comprendre que ce n’est pas que la robe noire de la jolie Joanna qui aura influencé "La question humaine".

[ 5 / 3,5 EURO ]

07.12 > 24:00 + 14.12 > 24:00


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Samuel Fuller & Emile Weiss, 1988, FR, video, vo st fr, 62'

"Voici une brève leçon d’humanité, racontant l’humanité, brûlant l’humanité, se détournant de toute forme d’humanité". En 1945, fantassin dans la division américaine "The Red Big One", Samuel Fuller ne sait pas encore qu’il va devenir cinéaste. Sa mère lui envoie une caméra Bolex 16mm à manivelles. Son commandant, informé qu’il possède un tel outil, lui demande de filmer tout ce qu’il voit. Ils sont à Falkenau, en Tchécoslovaquie, dans les Sudètes, là où tout a commencé. Ils libèrent la ville. Les habitants ne savent rien sur le camp qui se trouve à leurs portes. Ils n’ont rien vu, rien entendu. Le capitaine Richmond va leur ouvrir les yeux et avec la complicité de Fuller, ceux du monde entier. Quarante ans plus tard, Samuel Fuller commente ses images, restées jusque là inédites. Le film de Weiss donne subtilement la parole à ce grand personnage qui s’interroge sur la transmission de cette mémoire. Marqué au fer rouge par cette expérience, le regard de ce cinéaste est intransigeant : "C’est un impossible cauchemar, que je n’oublierai jamais".

Suivi d’une rencontre avec l’historien d’art et philosophe Didi Huberman ("Images malgré tout", éd. de Minuit) qui mène une réflexion critique de première importance consacrée à la question de l’image, à sa lisibilité.

[ 5 / 3,5 EURO ]

15.12 > 19:00


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Stan Neumann, 2004, FR, video, vo fr, 72'

"Quand le Juif écrit en allemand, il ment", beuglait la propagande nazie. Victor Klemperer était juif et allemand et entendait démentir ce slogan. Chassé de l’Université de Dresde où il enseignait la littérature française, il survit au régime hitlérien, qui faisait de lui un paria et limitait progressivement toute son existence. Il se fit le chroniqueur linguistique de cette période, s’attaquant avec ses armes de savant à "la manière dont cela se manifeste et agit". Il recueillit dans ses notes les matériaux d’une recherche pionnière, portant sur l’unique objet d’étude qui lui soit resté accessible, la "LTI", Lingua Tertii Imperii, la langue du IIIème Reich. "Quel était le moyen de propagande le plus puissant de l’hitlérisme ?... L’effet le plus puissant ne fut pas produit par des discours isolés, ni par des articles, des tracts, ni des affiches, ni des drapeaux, il ne fut obtenu par rien de ce qu’on était forcé d’enregistrer par la pensée ou la perception. Le nazisme s’insinue dans la chair et dans le sang du grand nombre à travers des expressions isolées, des tournures, des formes syntaxiques qui s’imposaient à des millions d’exemplaires et qui furent adoptées de façon mécanique et inconsciente" (V. Klemperer). En analysant la langue nazie dans toutes ses manifestations (discours, journaux, livres ou brochures, conversations), en étudiant sa structure et son mode de propagation, il mit en évidence le pouvoir qu’ont les mots de "penser à la place" de qui les emploie et plus encore, d’agir sur les consciences, de contaminer les esprits. Un travail auquel l’essayiste français Éric Hazan rendit récemment hommage dans son livre "LQR, la propagande du quotidien", où sont décortiqués les mécanismes de cette imprégnation de la langue par le libéralisme contemporain. Un livre qui a puissamment inspiré "La question humaine" de Nicolas Klotz...

[ 5 / 3,5 EURO ]

15.12 > 22:00


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Les amants cinéma

Making of "La question humaine"

Héléna Klotz, 2007, FR, video, vo fr, 66'

On l’avoue, avant de voir "Les amants cinéma" nous avions quelques a-priori. Réalisé par la fille de Nicolas Klotz et d’Elisabeth Perceval, nous avions forcément la crainte qu’il ne s’agisse d’un documentaire qui mette en scène un contexte familial. Ce fut donc une belle surprise de découvrir que nous nous trompions, car en rien les liens parentaux ne viennent offenser ce qui s’affiche comme la raison première de ce documentaire : un questionnement sur comment, à l’heure actuelle, on peut encore réaliser un film qui se veut "libre". La caméra d’Héléna Klotz est sans aucun doute privilégiée, car elle peut librement naviguer dans des espaces qui sont du domaine de l’intime. Mais le plus important est que le "réalisateur" et la "scénariste" ne font aucun compromis, et s’affichent pour ce qu’ils sont et ce qu’ils pensent dans leur travail. "Les amants cinéma" est finalement le film idéal pour introduire la table ronde qui va suivre, car on y apprend beaucoup de choses par rapport à comment "La question humaine" a été pensé, écrit et réalisé. Depuis l’écriture jusqu’au montage, en passant par des scènes de tournage, ce documentaire dévoile des questionnements fondamentaux par rapport à "comment" et "pourquoi" réaliser un film aujourd’hui, et nous confirme qu’un autre cinéma est encore possible.

Suivi d’une rencontre avec Héléna Klotz.

[ 3,5 / 2,5 EURO ]

16.12 > 16:00


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Dans plusieurs festivals, la projection de "La question humaine" a été suivie par des débats assez "chauds", certaines personnes étant choquées qu’un rapprochement puisse être fait entre l’idéologie nazie et le capitalisme d’entreprise. Il serait toutefois erroné de ne réduire le film qu’à ce simple rapprochement, car "La question humaine" ambitionne une réflexion plus complexe. Comme le dit Nicolas Klotz, "filmer l’humain est certainement un défi de plus en plus difficile à relever", car nous vivons dans un contexte historique où les logiques de marché, omniprésentes, ne sont certainement pas taillées à l’échelle de l’individu. D’autre part, nous sommes face à une déshumanisation/dépersonnalisation croissante au niveau des prises de responsabilité. "Aujourd’hui, à une époque où les camps d’extermination nazis appartiennent à notre mémoire historique, la rationalité poussée à l’extrême de chaque entreprise capitaliste débouche sur l’irrationalité globale d’un système qui produit des catastrophes écologiques, des inégalités sociales monstrueuses et l’appauvrissement croissant d’une large partie de la planète... Si la globalisation économique ne parvient pas à se soustraire à la logique actuelle, celle d’une rationalité purement marchande et financière, lorsqu’elle aura définitivement phagocyté la planète, l’avenir sera bien, à l’aune de la prophétie wéberienne, une nuit sombre et rude..." (Enzo Traverso).
Voici donc déjà quelques-unes des pistes de réflexion qui seront abordées lors de cette table ronde. Mais il y sera aussi question d’image et de comment, au-delà d’une élaboration esthétique, celle-ci peut aborder le politique.
La table ronde sera modérée par Serge Kaganski, rédacteur en chef des pages cinéma pour les Inrockuptibles. Les invités : François Emmanuel (écrivain, auteur du roman "La question humaine"), Mathilde Girard (philosophe), Marie-José Mondzain (philosophe de l’image), Eric Hazan (écrivain et éditeur), Mathieu Amalric (acteur et cinéaste), Dominique Toulat et Quentin Meivel (de l’ACRIF, Association des Cinémas de Recherche de l’Ile de France), Baudouin Ferrant (syndicaliste FGTB et administrateur de la Fondation Auschwitz) et évidemment Elisabeth Perceval (scénariste de "La question humaine") et Nicolas Klotz. A l’heure où nous mettons ce programme sous presse, quelques-uns des invités doivent encore confirmer leur participation, d’autres pourraient se rajouter.

16.12 > 17:00
Gratis


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Lech Kowalski, 2004, FR-US, video, vo st fr, 105'

"East of Paradise" est le dernier volet du triptyque intitulé "The Fabulous Art of Surviving" réalisé par Lech Kowalski comme un retour sur son passé, une réflexion sur la mémoire, l’identité et la survie — physique et mentale — face au pouvoir. "East of Paradise" est l’aboutissement de ce processus autobiographique. Il confronte, en divisant le film en deux parties, la survie de sa mère sur les chemins des goulags, puis en exil, et sa propre (sur)vie d’immigré dans le Lower East Side new-yorkais des années 70-80, entre junkies et sans-abris, entre concerts punks et tournages de pornos. Lech étant né peu après la guerre, l’expérience traumatisante que lui/nous raconte sa mère sonne comme le récit de son origine. Dans ce monologue bouleversant comme dans le retour sur sa carrière, dans ce film comme dans les précédents ("The Boot Factory", "On Hitler’s Highway"), il cherche les traces d’humanité et de solidarité qui subsistent dans un système écrasant, ou plutôt dans ses marges. Les visages humains "d’en bas" renvoyés à la gueule du pouvoir.

[ 5 / 3,5 EURO ]

16.12 > 21:00


squelettes/rubrique-3.html
lang: fr
id_rubrique: 1038
prog: 1035
pos: aval