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squelettes/rubrique-3.html

Weekends

"...tu connais déja les raisons de la colère, les raisins sont mûrs, la chute sera spectaculaire...". De malignes boucles accompagnées de textes acérés et enragés ; le POA pousse ses premières notes afin de stimuler tous les cervelets et encéphales présents. C’est le trio parisien INSOLITE, actif depuis le milieu des années nonante, qui ouvrira le bal de l’insoumission. La rencontre entre Staz l’alchimiste jeteur de sorts sonores et Sid Nomiak au débit abrasif remonte à l’an 01 ; ils seront rejoints par Voïvod, dit l’injekteur, au printemps de l’an 03 et distillent ensemble un son non conforme aux normes sanitaires de la communauté économique. Une rencontre explosive entraînant une série de déflagrations dans les fissures du quadrillage urbain. Un Hip Hop puissant, incisif et inspiré, qui se fout de toutes les règles établies, des décorations promises à tous les bons enfants, qui décrit, réfléchit à ce qui se passe, et l’attaque. Il s’agit ici "d’une danse païenne accidentée, ponctuée de cris incivils, du BREAK BEAT D’ALAMBIC au goût subtil qui met le feu au palais, se fait acide et épouse les sucs gastriques pour digérer les restes du vieux monde. "Provoquons ensemble les incendies dans nos mornes citadelles, et entendons la revolte."

http://insolite.ouvaton.org/

18.08 > 20:00


Le Mani sulla città

Main basse sur la ville

Francesco Rosi, 1963, 35mm, vo st fr, 105'

Naples, au début des années ’60. Dès les premiers plans aériens de cette ville en proie à un urbanisme sauvage, le caractère quasi documentaire de "Main basse sur la ville" (Lion d’Or à Venise en 1963) crève l’écran, pour ne pas quitter le spectateur jusqu’à la dernière minute du film. Dans les quartiers pauvres, de vieilles cités sont l’objet de la convoitise de promoteurs privés qui veulent y édifier, à la place, des immeubles d’un autre standing destinés bien sûr à une autre clientèle.
Mais en dehors de leurs activités "privées", les promoteurs sont parfois aussi les garants de l’intérêt "public". C’est le cas de M. Nottola (joué par l’acteur américain Rod Steiger), qui cumule ses projets immobiliers avec un poste d’échevin à la mairie de Naples. Un beau cas de figure, qui aurait pu mener Francesco Rosi à réaliser une simple satire de la situation politique napolitaine. Mais il n’en est rien. Mené à un rythme haletant, comme le récit d’une investigation sur fond de campagne électorale, "Main basse sur la ville" est un film ouvertement politique et sans concession. Il dresse un constat implacable sur l’urbanisme, le clientélisme et la collusion entre le monde des affaires et celui des politiques.
Le voir ou le revoir aujourd’hui, c’est se prendre une claque. Car cette métaphore sur le délabrement politique d’une ville pourtant en pleine expansion économique, porte évidemment bien au-delà de Naples. Et l’on se rend compte que c’est peut-être un film italien des années ’60 qui parle encore le mieux de la société d’aujourd’hui.

18.08 > 21:30


Lors de leur visite pour un live-soundtrack suivi d’un concert au Nova en février 2005, Kampec Dolores, groupe phare de la scène hongroise, a réussi à nous envoûter par leurs rythmes légèrement cassés et leurs mélodies étranges, hypnotisant, dans un mélange épicé d’improvisation, d’expérimentalisme, de rock progressif, de jazz et d’apports éthniques qu’ils soient hongrois, yiddish, turc. Groupe créé en 1984 par Csaba Hajnoczy (guitare) et Gabi Henderesi (chant, violon), dans un esprit libre, ludique et collectif, ouverts à d’autres musiciens et d’autres cultures, ils enregistrent leur premier LP à l’invitation du groupe The Ex, font la première partie de Nico ou de Pere Ubu. Kampec Dolores (signifiant "fin des douleurs", donc "la mort") a, par la suite, composé plusieurs albums et joué dans toute l’Europe. Après un long silence discographique de plus de 3 ans, ils ont (enfin !) repris le chemin des studios et lèveront pour nous le voile sur leurs toutes nouvelles compositions.

19.08 > 20:00


The Tenant

Le locataire

En cette période estivale, voilà le temps des déménagements ou des souvenirs de ceux passés... N’avez vous jamais rêvé de tuer vos voisins ? Ceux de ce genre qui ne supportent pas un bruit, qui vous donnent le sentiment permanent d’être épié, sont prêt à appeler sans cesse les forces de l’ordre pour se plaindre. Dans ce film, adaptation du roman de Roland Topor, "Le locataire chimérique", Polanski nous entraîne dans le tourbillon de la folie annoncée du timide Trelkowski, fonctionnaire archiviste, stéréotype de l’employé modèle. A la recherche d’un logement sur Paris, Trelkowski interprété par Polanski lui même, visite un appartement sinistre. Il y rencontre la concierge acariâtre, qui par un rire à vous glacer le sang, lui apprend le suicide de la locataire précédente. Une visite a l’hôpital, une rencontre avec la meilleure amie nymphomane de la suicidée, interprétée par Isabelle Adjani, et commence le conte fantastique aux thèmes polanskiens : l’ambiguïté de la vérité, du mal, de la persécution, de la paranoïa.

19.08 > 21:30


Une installation construite sur place, qui puise son inspiration et joue sur l’environnement, les sons, l’espace et les énergies du lieu. "Hammaque", assemblage fait d’objets trouvés et récupérés, transformés pour l’occasion en instruments, génère des bruits en harmonie avec son site d’accueil et sculpte le tissu urbain en transformation. Une fois installé dans ce "hammaque" improbable, laissez-vous bercer par les douces nuisances sonores des avions égarés, s’écartant de leurs routes pour décorer généreusement le ciel de la ville de leurs traces blanches éphémères.

25 & 26.08 toute la journée



Ils annulent.
La discussion se poursuit, nous parlons du PleinOpenAir de nos désirs, de la volontés de tout tenter quant aux lieux, quand à la météo, n’avaient ils pas lu nos conseils pratiques !
Ils confirment leur annulation, les risques de pluie sont trop important et ils est absolument pas envisageable de prendre le risque de se mouiller, absolument pas envisageable de jouer si nous ne prévoyons un lieu couvert.
Mais aucun souçi, l’equipe du POA et pleine de ressources et sait envisager de nouvelles solutions.
C’est Kania Tieffer qui sera sur la scene.
Elle est seule mais n’a pas froid aux yeux, elles se dechainent sur des beats du tonnerre, fait resonner sa guitare ;
Interprete d’une celebre chanson sur les pates aux thons servis par sa mere et de bien d’autres encore elle est inepuisable et voila tout.
Si vous ne la connaissez pas, tout arrive et si vous la connaissez nous pensons que vous serez la.
http://users.skynet.be/kaniatieffer/nouvelindex.htm

25.08 > 20:00


Shinya Tsukamoto, 1992, 35mm, vo st fr, 80'

Tornoo Taniguchi est un "employé de bureau-mari-papa" sans histoire. Tout bascule le jour ou une bande de "cyborgs" toxicomanes s’en prend à son fils. Au lieu d’acheter une arme, un chien et une alarme, Taniguchi entame des séances de musculation et se forge un vrai corps "d’homme". Le jour où les malfrats refont surface, c’est à Taniguchi qu’il s’en prennent. Il est mené dans l’antre de Yatsu, le chef des bandits qui est sur le point de monter une armée de mutants. Taniguchi sert alors de cobaye à des expériences qui lient la chair au métal, et le transforme peu à peu en un monstre ultra-puissant, prêt à tout pour se venger de Yatsu et de son plan. Des bonnes bagarres en prévision…
"The Body Hammer" vient quelques années après "Tetsuo The Iron man" dans lequel un homme se transformait déjà peu à peu en machine métallique…On ne peut pas dire que que The Body Hammer soit une suite directe du premier opus mais une réinterprétation des thèmes de prédilections de Tsukamoto.
On retrouve, en bichromie cette fois (bleu pour la ville, rouge pour l’antre des méchants) et avec beaucoup plus de moyens, l’oppression urbaine sous toutes ses formes, la résistance face au conformisme, la perte de la conscience humaine, l’asservissement… le tout englobé d’une bonne dose d’hémoglobine…

25.08 > 21:30


Cucinema

tografari

Etiez-vous de la partie lors du happening-workshop que Cucinema fit à la "Rencontre des labos" au mois de décembre ? Si "oui" alors vous n’êtes pas prêts de l’oublier ! Si "non" voici l’occasion de vous rattraper.... Les règles du jeu sont très simples :
1)Trois tables ; en concomitance s’y dérouleront trois ateliers : un pour mettre la main à des recettes de cuisine, un autre pour y inventer des notes de musique, un autre pour y apprendre l’abc d’un cinéma 100 % artisanal ;
2) Mais attention ! L’astuce est que sous la direction de nos amis romains il s’agira non seulement d’apprendre une recette de cuisine de la région de Rome mais aussi de l’interpréter musicalement et cinématographiquement ! ;
3) Pour rendre la tâche encore plus ardue sachez que la recette ne sera pas si simple que ça, car nos gais lurons se lancent le défi de comploter quelque chose avec des cuisiniers/cuisinières bien d’ici.... ;
4) Pas besoin de s’inscrire à l’avance, les ateliers sont ouverts tout l’après-midi, pour les petits comme pour les grands ; arrivez avec l’outillage et les ingrédients qu’il vous semble bon d’apporter, et sinon de toute façon il y en aura plein sur place ;
5) En fin de parcours vous aurez la satisfaction d’un happening unique en son genre, qu’on ne vous dévoile pas ici !

De 17:00 à 21:00

26.08 > 17:00


Un soir de l’été passé, la brasserie de l’Union s’est vidée spontanément alors que se remplissait le Vieux Mila, le café africain d’en face. C’est ici que s’est déroulé un concert mémorable, celui des "What’s Wrong With Us ?" de Genève, une sorte de cabaret ludique aux sonorités punk et à l’influence rock, avec de clins d’oeil au jazz new-yorkais et à la musique électronique. Une "fanfare", ou plutôt un "détournement de fanfare", c’était en tout cas un concert explosif, mélancolique et sauvage, humoristique et sombre, décalé et vivifiant à mort ! La chanteuse diva Zoé, sauvage et adorable, se sert de son fouet autant que de son mégaphone. Les textes d’une violence poétique et absurde sont plutôt interprétés, pleurés, hurlés ou susurrés que chantés, cela en anglais de rue, ou parfois en français et en allemand (la Suisse elle aussi est multilingue !) Comme colonne vertébrale hypnotique et obsessionnelle, la basse est assurée par un saxophone et le tout est enrobé de percussions et de samples artisanaux distordus. On les a tout de suite adoptés et invités au PleinOPENair. Car, comme ils le disent : "C’est grand, c’est généreux, c’est beau, c’est magnifique et ça tutoie les rats d’égouts."

26.08 > 20:00


Marcel Carné, 1960, 35mn, vo , 103'

En 1960, il y a déjà des banlieues, il y a déjà des jeunes qui zonent dans les terrains vagues, qui braquent des magasins, qui squattent des immeubles en ruine. Il y a déjà des bastons et il y a aussi des morts. Dans une cité de la banlieue parisienne, un groupe de jeunes garçons menés par Dan, "la" fille du quartier, s’est constitué. La bande se retrouve chaque soir dans un ancien bâtiment détruit où ils entreposent le résultat de leurs vols à la tire. Ils tentent de s’organiser pour enrayer le destin qui leur semble promis. La bande s’ouvre en peu de temps à Babar, un gamin solitaire et au "grand Marcel" un délinquant échappé d’une maison de redressement. Ces deux "intronisations" bouleversent l’équilibre du gang qui fini par exclure Dan et tenter un plus gros coup... Terrain vague pose avec beaucoup de finesse et de romantisme la question de la place des jeunes et de l’avenir dans les cités encore éparses. Avec une approche assez naïve et touchante, "Terrain Vague" est un des rares films à aborder ce thème à cette époque.

26.08 > 22:00


Maurice Pialat, 1961, 35mn, vo fr , 21'

Voilà le Paris d’avant-hier, celui d’hier et celui des années 1960. En 21 minutes Maurice Pialat concentre toute une existence humaine. A travers ses souvenirs, ses paysages, ses galères on observe les évolutions urbaines dévorer les endroits de son enfance, et il n’est pas seul. De la nostalgie bien sûr mais surtout de la révolte et du dégoût.

26.08 > 21:30


Xtra Systols ? C’est la rencontre inattendue entre trois entités : les machineries sonores, guitare déglinguée, voix et synthétiseurs bizarres (on se rappelle en particulier du clavier à touches-doigts !!) de Chazam ; les outils afro-latino de Chino Arebatado : congas, timbales, et autres jouets pour des sonorités percussives chaudes et "non-analogiques" ; et la basse disco et exagérée de Harvey Jay Go Soul...Ils viennent de sortir deux titres "éléctro-punks-gentils-undergrund" que sont "Punk R 50" et "Dreaming of the stars" sur le premier 45 tour du tout jeune label "Phoney Mélodie" co-fondé par Chazam et Lazbroz. Sur scène, attendez vous à un cocktail extrêmement visuel et irrésistiblement dansant. Une énergie condensée élétri-tronique techno plastique, incisive et toujours mélodique

01.09 > 20:00


Frank Perry, 1968, 35mm, vo st fr, 95'

Imaginez un scénario qui reposerait entièrement sur une traversée de jardins privés, parcourue en une journée par un cadre américain en maillot de bain... Le but de cet homme ? Traverser la vallée, en plongeant de piscine en piscine, pour rejoindre sa maison.
Ce scénario existe, et Hollywood l’a porté à l’écran ! Réalisé par Frank Perry, en 1968, ce film porte aussi la marque de Sydney Pollack, même s’il n’en est pas crédité au générique. Et Ned Merill, le personnage principal vêtu d’un seul maillot tout au long du film, y est interprété par Burt Lancaster. "Son meilleur rôle", diront certains.
"The Swimmer" est à la fois un film tellement racontable qu’il ne vaut mieux rien en dire, et une énigme du cinéma. Navet ou chef d’oeuvre ? Les anthologies ne lui ont en tout cas pas gardé la place qu’il mérite dans l’histoire du cinéma. Les nombreuses lectures permises par ce film, sur la réussite sociale, la richesse, la propriété privée, le travail, la famille, bref sur la superficialité de la société bourgeoise et de ses grandes valeurs, en ont fait un objet de culte, différemment interprété et interprétable.
Ne ratez pas cette projection, car "The Swimmer" est un film très rare. Il n’en existe que de très rares copies de par le monde et celle que nous avons pu obtenir sera sous-titrée en français pour l’occasion...

01.09 > 22:00


Edward F. Cline & Buster Keaton, 1922, video, muet, , 22'

Buster Keaton, prit pour un brillant électricien à la suite d’un échange malencontreux de diplômes, est engagé pour équiper une maison luxueuse avec tout le confort moderne. Les commandes automatiques et les gadgets qu’il installe sont plutôt impressionants, mais pas tout à fait au point... Ou peut-être était-ce la bourgeoisie des années 1920 qui n’était pas prête pour la domotique moderne vue par Buster Keaton ?

01.09 > 21:30


Die Welttraumforscher ("Les chercheurs du monde de rêve") fête cette année ses 25 ans d’existence. Ce projet musical suisse, involontairement secret, monté initialement par Kurrz WTF en 1981, a enregistré plus de trente disques. Source d’inspiration pour l’électroscène allemande, ce groupe peut se voir conférer le statut de groupe culte. Leur travail persévérant s’inscrit dans une continuité passionnante. Voilà une pop mutante, bricolée à partir d’instruments acoustiques et de collages éléctroniques psychédélique. ELECTROSPACEFOLK. Précurseur poétique de ligne mélodique, il s’agit ici de se mettre en lien avec un cosmos créé par les chercheurs du monde de rêve et de se laisser porter par des textes qui font sens chantés en allemand et anglais. Un repos pour le coeur. Un temps doux et calme au milieu du marasme sonore urbain, des oreilles attentives pour regarder le ciel. S’il existe un but pour ces chercheurs, c’est de nous livrer une belle musique et avoir ensemble de la joie.

02.09 > 20:00


Isao Takahata, 1994, 35mm, vo st fr & nl, 119'

Cela fait des années que nous voulons montrer "Pompoko" au PleinOPENair et c’est enfin possible ! Le film prenait la poussière sur les étagères des distributeurs japonais qui le bloquaient en attendant une hypotéthique sortie... qui eu finalement lieu début 2006, mais sans rencontrer beaucoup de succès. Le film vaut bien la peine d’être montré encore une fois et le contexte du PleinOPENair est idéal.
Une meute de tanukis, sorte de ratons-laveurs aux pouvoirs magiques, est confrontée à la destruction de sa forêt par les humains, voulant gagner toujours plus de place sur la nature pour étendre leurs cités de béton. Comment réagir à la destruction de leur habitat et à la menace d’extinction qui pèse sur eux ? Les clans se réunissent et préparent la lutte, certains imaginent des actions rusées et farfelues, d’autres préfèrent des actions violentes. Les questions des résistances, des compromis et des luttes internes pour le pouvoir sont abordées avec beaucoup de sérieux pour un dessin animé pour enfants, mais c’est avant tout un film drôle, critique et pertinent, et "enfants admis" donc !

02.09 > 21:30


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