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Lieux

Reliant la rue commerciale du Brabant (dans le bas de St-Josse et de Schaerbeek), la rue Neuve via la place Rogier et le Quartier Nord, ce tunnel oublié fait partie de ces lieux qui pourraient permettre de recoudre intelligemment le tissu urbain qui ne s’est jamais remis de la blessure infligée par la Jonction Nord-Midi. Une problématique qui rejoint celle de la réaffectation de la Cité administrative, cadre du POA il y a deux ans. Mais à une échelle beaucoup plus maîtrisable, comme l’exemple de Recyclart à la gare de la Chapelle, autre infrastructure désaffectée de la Jonction le prouve. C’est dans "la plus grande discrétion", selon Le Soir Illustré, que certaines bonnes fées se sont penchées depuis bientôt cinq ans sur l’avenir de ce tunnel. Concédé par Infrabel, la filiale immobilière de la SNCB à Brussels Business Center, la filiale immobilière de Dexia, le tunnel, rénové grâce à des fonds fédero-régionaux Beliris et à la Commission européenne, mis en lumière avec le soutien de la fondation Roi Baudouin, devrait être transformé, avec la bénédiction active de la commune de St-Josse en galerie commerciale de luxe, fermée et surveillée. Une véritable privatisation de fait du tunnel Brabant, sans aucun appel à projets... Il ne manquerait pourtant pas de talents dans les quartiers environnants pour qu’un autre tunnel soit possible, axé sur les besoins des habitants. Et non sur les intérêts d’une grande société récemment privatisée, "spécialiste du financement du développement local" aménageant surtout à son goût les abords de la tour qu’elle achève place Rogier... Développement local, j’écris ton nom ?

Tunnel Brabant
Trattoria Da Gino, 23A Rue du Brabant > 1210 Bxxl
Tram : 3 - 52 - 55 - 90
Bus : 38 - 61
Metro : Rogier



On s’était à peine habitué à l’appeler "Heron City", un titre qui laissait augurer l’arrivée d’un nouvel antre du consumérisme en lieu et place de l’îlot de maisons qui se trouvait là il y a encore quelques années, que l’îlot situé entre l’avenue de la Toison d’Or, la rue des Drapiers et la rue des Chevaliers à Ixelles ne répond déjà plus à ce doux nom.
Heron, c’était le temps des investisseurs anglais et de leurs projets de parc à loisirs. Mais ils ont plié bagages. Après s’être, lentement mais méticuleusement, approprié suffisamment de maisons dans ce bloc, Heron les avait vidées, menant une politique du fait accompli en les laissant à l’abandon. Les dessins du complexe qui devait les remplacer faisaient peur à voir : il s’agissait d’un nouveau projet signé par l’Atelier d’Art Urbain (un bureau d’architectes qui a déjà commis, notamment, les immeubles de la KredietBank le long du Canal et qui sévit également au quartier du Midi).
C’était sans compter sur les nombreux squatteurs qui ont investi plusieurs de ces maisons en 2000, transformant Heron en "îlot Soleil", une communauté culturelle alternative qui a duré jusqu’aux tentatives répétées d’expulsion policière et judiciaire... et jusqu’à l’incendie criminel qui a dévasté l’une de ces maisons au petit matin du 31 juillet 2001. Igor, un jeune artiste ukrainien membre de l’Artist Embassy, y a perdu la vie. L’enquête devant déterminer ce qui s’est passé ce jour-là a tout récemment été clôturée. Sans suspect. Sans thèse. Sans volonté manifeste d’établir les faits.

Depuis lors, les investisseurs anglaisont dû se confronter à des procédures urbanistiques bruxelloises un peu trop complexes à leurs yeux. Et sur les recours qu’introduirent plusieurs associations pour annuler le permis de bâtir du projet Heron City.
En 2005, Heron revendait le terrain avec son permis d’urbanisme à la société néerlandaise ProWinko, déjà propriétaire de grandes enseignes commerciales dans les alentours. La City ne verra donc jamais vu le jour. Quelques mois plus tard, le Conseil d’Etat cassait le permis d’urbanisme et tout repartait à zéro. Le nouveau projet devrait comprendre quelques grandes surfaces mais aussi plus de logements, sous forme d’appartements acquisitifs de luxe, qui verront sans doute le jour vers 2008.
Entretemps, la saga Heron aura causé la perte de nombreuses habitations. Et un mort.

Avenue de la Toison d’Or
Terrain "ProWinko" (anciennement "Heron City"), entre la place Louise et la Porte de Namur (entrée rue des Drapiers) > 1050 Bxxl
Tram : 91 - 92 - 93 - 94
Bus : 27 - 34 - 71
Metro : Louise - Louiza

17.08 > 24:00 + 18.08 > 24:00


Depuis 1995, cet hôtel japonais assez chic situé sur l’avenue Louise était vide. Il a dû attendre février 2003 pour connaître un nouveau souffle. Grâce à un "projet social d’occupation" dont il est l’objet, il est devenu un cas d’école des possibilités de "vivre et habiter autrement". Les habitants, aussi bien des familles avec enfants que des étudiants ou des chômeurs, travaillent ensemble à redonner vie au bâtiment. Ceux-ci sont regroupés au sein de l’a.s.b.l. « 321 Logements » qui milite en faveur du droit au logement et vise à favoriser la pratique d’occupation transitoire d’immeubles, comme c’est le cas par exemple dans un des îlots du boulevard du Triomphe à Auderghem. Après avoir aménagé leurs chambres aux étages, les habitants du Tagawa ont transformé le rez-de-chaussée en espace multifonctionnel. Et ça tombe bien, puisque le PleinOPENair a décidé d’y faire halte pour une escale gastronomique et cinématographique, histoire notamment d’accueillir les valeureux participants à notre balade sur l’occupation transitoire d’immeubles vides. La table d’hôtes et la projection sont ouvertes à tous.

Hôtel Tagawa
321 avenue Louise > 1000 Bxxl
Tram : 93 - 94 (Vleurgat)
Bus : 38 - 60 (Vleurgat)

20.08 > 19:00


Si les loyers montent pour les habitants, ils grimpent aussi pour les associations et collectifs qui veulent continuer à travailler en ville et/ou sur la ville. Le "43" a été une belle solution pour une dizaine d’entre eux : un contrat de 2 ans initialement, un petit loyer... et de prolongation en prolongation, 5 ans plus tard, ils sont toujours là. Mais cette fois c’est bel et bien fini : dès la fin de l’année, le bâtiment sera rénové et adapté au voisinage qui s’upgrade de plus en plus.
Le changement le plus visible c’est le "Clos des Chartreux" qui sera prêt dans quelques mois et englobera non seulement le 43 mais aussi l’ex-squat "le boulet", l’ancien garage de la fourrière, et les anciennes maisons classées. Haut standing et loyers assortis garantis, le tout autour d’un jardin en grillagé... Et juste en face : "Chez Nous/Bij Ons", point de rencontre pour les sans abris...
Si dans le changement le quartier pouvait garder encore un peu de cette diversité déjà bien entamée... Oups, on s’est pris à rêver tout haut...
C’est donc dans la rue des Chartreux qu’on s’installe avec le POA, le temps d’un mercredi soir, le temps des rencontres avec ce voisinage encore très mixte et au futur incertain.
Quels sont les plans de rénovation pour les logements sociaux au Rempart des Moines ? Que deviendra l’asbl "Chez Nous/Bij Ons", confronté avec les huppés du Clos ? Et la petite place du Marché aux fleurs, vous avez suivi ses transformations ? Est-ce que vous avez déjà entendu parlé du mega projet de bureau "Watan" à la porte de Ninove, de l’autre côté du quartier ?

43 rue des Chartreux, 1000 Bxxl
Tram : 23 - 52 - 53 - 55 - 81 - 90
Bus : 95 - 96
Metro : Bourse - Beurs

Le 43, c’est encore pour quelques mois : la maison de production hip-hop Souterrain production (www.souterrain.be), le bureau d’architecture Vers plus de bien être (www.vplus.org) et C°, le journal C4, les musiciens de Patton, un labo photos souterrain, l’indéfinissable City Mine(d) (www.citymined.org), Sandra et son asbl Rouge, Polymorfilms, les activistes video de VOX (www.vox-video.be), les photographes de Blow-up (www.blowup-photos.org) et plein de visiteurs ...

23.08 > 19:00


Nous sommes en zone d’intérêt régional. Vous savez, les fameuses "ZIR" ? Bruxelles en compte quinze (Cité administrative, Tour & Taxis, avenue Louise, place Gaucheret, Schaerbeek-formation, etc.) et c’est sur ces sites qu’est sensé s’opérer, dans les prochaines années, le développement urbain de la Région. Ainsi en ont décidé les urbanistes.
Le programme des ZIR fait la part belle aux fonctions de bureaux, même s’il a l’avantage de réintégrer un petit pourcentage de logement dans des quartiers qui n’en comptaient déjà plus. Pas d’incompatibilité en vue donc au quartier Nord, déjà atteint par la construction de la jonction Nord-Midi puis dévasté par des projets mégalomaniaques initiés dans les années ’60 ... et qui n’ont finalement vu le jour que plusieurs décennies plus tard, de manière éparse, sous une autre forme, mais en ayant l’effet d’une tornade dévastatrice pour des centaines de maisons démolies et plusieurs milliers d’habitants délogés.
Ce quartier aujourd’hui rebaptisé "Espace Nord" par les promoteurs, verra bientôt apparaître, à côté d’un immeuble de logement à la rue Simons, deux nouvelles tours de bureaux sur le boulevard Simon Bolivar et la chaussée d’Anvers.

Appelées "Pole Star" et "North Light", et de taille "moyenne" (comme la nouvelle tour qui a remplacé la Tour du Lotto), ces tours sont signées par l’architecte Michel Jaspers, qui a déjà marqué Bruxelles par de très nombreux immeubles de bureaux, notamment au quartier Nord, au quartier "européen", mais aussi place Rogier (la nouvelle tour Dexia), le long du canal (KBC), rue Royale (la nouvelle tour des Finances), etc.
Michel Jaspers a une vision pour l’Europe qui ne laisse rien présager de bon pour sa capitale : "Lorsque l’Europe sera posée comme entité politico-économique (avec ou sans la Turquie et l’Ukraine), elle pourra alors, comme à Washington, décider de gestes forts. On démolira alors (sans regret) nos bâtiments actuels devenus, entre-temps, probablement totalement obsolètes. Une telle évolution sera sans doute radicale mais elle répondra d’un autre besoin de développement. Les pelleteuses d’aujourd’hui et de demain auront remplacé les incendies, les tremblements de terre ou les guerres de jadis". Et Bruxelles deviendra sans doute un conglomérat "d’espaces" ("Espace Nord", "Espace Europe", "Espace Léopold", "Espace Midi", etc.) faits de bureaux, de "fun shopping" et de "business parks"...

Quartier Nord
Terrain situé entre la rue Simons, la chaussée d’Anvers et le boulevard Simon Bolivar, à deux pas de la gare du Nord > 1000 Bxxl
Tram : 3 - 55 - 58 - 90
Bus : 38 - 46
Metro : Gare du Nord

25.08 > 18:59 + 26.08 > 16:59


Démarrée à la fin des années ’80 au moment de l’arrivée du TGV, la "revitalisation" du quartier Midi est encore en route. En 2006, quatorze ans après le plan particulier d’aménagement du sol (PPAS) concocté par la Commune de Saint-Gilles et vouant quatre îlots d’habitation à être démolis pour faire place notamment à de grandes surfaces de bureaux, le paysage offert aux usagers de la gare du Midi est de plus en plus apocalyptique.
Ce projet "d’intérêt collectif" fomenté par la Commune de Saint-Gilles et la Région de Bruxelles-capitale, et plus particulièrement par l’homme qui cumule la direction de ces deux institutions, s’est heurté à la mauvaise conjoncture de l’immobilier de bureau et au désintérêt provisoire des promoteurs privés, pourtant censés être le moteur financier de l’opération.
Ceux qui arrivent à en rire disent, à propos de la société anonyme créée par la Région (la S.A. Bruxelles-Midi) pour mener ce projet avec toute l’opacité de rigueur, qu’on est ici face aux "Bronzés font de l’immobilier".
Mais, à l’heure où le plan d’expropriation qui fondait juridiquement toute l’opération de délogement des habitants perd ses effets, dix ans après être entré en vigueur (!), comment rire encore du jusqu’au-boutisme affiché par la Région et la Commune ? Le quartier a été sacrifié pour permettre à Saint-Gilles de ramasser d’hypothétiques revenus immobiliers, mais aujourd’hui ce sont les subsides publics qui servent à colmater les plaies de ce projet boiteux et à exproprier la trentaine de maisons qui restent debout et leurs occupants. Une expropriation qui peut traîner dix ans quand la Région n’a pas de sous pour la réaliser, mais qui invoque "l’extrême urgence" quand elle veut se permettre de liquider en quelques semaines à peine les propriétaires et les occupants d’une maison. Pour faire place, le plus souvent, à des chancres et des terrains vagues.
Voyageurs, bienvenue à Bruxelles-Midi...

Quartier Midi
18:00 > coin rue de Mérode / rue de Russie, 1060 Bxxl
20:00 > Atelier Straatman, 53 rue de Mérode, 1060 Bxxl
Tram : 3 - 18 - 52 - 53 - 55 - 56 - 81- 83 - 90 (Midi - Zuid)
Bus : 20 - 27 - 49 - 50 (Midi - Zuid)
Metro : Gare du Midi - Zuidstation

27.08 > 17:59


Fin de l’été 2005, confronté à une demande continue de logements, l’hôtel Tagawa décide de guider ces demandes vers un nouveau projet d’occupation. Quelques personnes sont prêtes à se lancer dans cette aventure inconnue pour eux. D’autres suivront. Après 4 mois d’occupation, de travaux, de vie ensemble dans 2 des 4 maisons habitables, des négociations sont entamées avec la société, propriétaire de l’ensemble. Ce qui aboutit finalement en une convention. Succès mitigé. Désormais les habitants paient "un loyer", certes modeste en comparaison aux loyers normaux, mais substantiels, pris en considération les travaux effectués et ceux encore à faire. En plus, la convention ne porte que sur une période très courte.
Actuellement 12 personnes y vivent dans 4 maisons avec un jardin commun.

Bij Jacqueline De Luxe
4 rue Lievin Verstraetenstraat (perpendiculaire au boulevard du Triomphe, à hauteur du haut de l’école européenne > 1160 Bxxl
Bus : 71
Metro : Delta (ULB)

30.08 > 19:00


Dernière trace encore debout de la deuxième enceinte de Bruxelles (édifiée vers 1381 et comprenant 7500 mètres de muraille défendue par 72 tours et percée de 7 portes fortifiées avec ponts-levis), la Porte de Hal marque aujourd’hui la frontière administrative entre la Ville de Bruxelles et Saint-Gilles. Elle est aussi le carrefour entre plusieurs quartiers populaires en proie à différentes dynamiques de mutation urbaine : les Marolles et l’avenue de Stalingrad du côté bruxellois, le bas de Saint-Gilles de l’autre côté. Des quartiers logiquement marqués par différentes vagues d’immigration (juive, espagnole, portugaise, latino-américaine, polonaise etc.), notamment vu leur proximité avec la gare du Midi.
Mais la ville change. Regardez en face de vous. Ce grand paquebot blanc appelé "Midi Atrium" (56.180 m2 de bureaux et de parkings) et qui abrite depuis peu les bureaux de la SNCB. Il y a dix ans, il n’y avait là qu’habitations et cafés populaires, aujourd’hui disparus suite à une expropriation privée soutenue par des autorités communales qui espéraient avoir touché le jackpot. Les taxes sur les bureaux, c’est alléchant et ça justifie beaucoup de compromis. Mais pas de chance, à l’instar du côté anderlechtois de la gare du Midi où l’ONSS et différents ministères occupent les nouveaux immeubles de bureaux, ce sont des administrations publiques qui sont venues s’installer dans le "Midi Atrium", faute d’intérêt parmi les acquéreurs privés. Et qui dit administration publique dit "main morte", c’est-à-dire pas de taxe pour la Commune. Sans compter les habitations perdues et les nouveaux chancres créés, quelques centaines de mètres plus loin, par le déménagement de la SNCB. Un exemple d’urbanisme.

Pour son dernier week-end, et tout juste après le départ de la grande roue et des forains, le PleinOPENair s’installera là, dans le petit parc qui la jouxte la Porte de Hal. Au milieu des voies de la Petite Ceinture, ce petit écrin de verdure a été réaménagé il y a quelques années et est, depuis lors, fort fréquenté. Il sera un décor idéal pour la traversée du "nageur" et la lutte des ratons-laveurs contre l’expansion urbaine.

Porte de Hal
Parc de la Porte de Hal > 1000 Bxxl
Tram : 23 - 55 - 90
Bus : 48
Metro : Porte de Hal - Hallepoort

31.08 > 24:00 + 01.09 > 24:00


A St-Josse, limite quartier européen, la cité Mommen a survécu à la pression immobilière. Plus de 2 ans de mobilisation pour sauver un lieu particulier : une cité d’artistes à caractère sociale et son héritage : une collectivité d’artistes existant et se modifiant naturellement depuis plus d’un siècle.
La cité Mommen c’est un petit village d’artistes (22 ateliers-logements et 6 ateliers) au cœur de la ville. Elle est caractérisée par sa mixité des âges, des pratiques, des nationalités..., sa convivialité entre voisins. Il y a une association des locataires, un jardin et aussi un "salon artistique" sorte de plateforme/laboratoire partagé entre artistes. La cité Mommen c’est une façon de se loger, de travailler et de vivre avec les autres, différente de ce que l’on trouve habituellement en ville.
Soyez les bienvenus à l’occasion du PleinOPENair.

Ateliers Mommen
37 Rue de la Charité - 1210 Bxl
www.ateliersmommen.collectifs.net



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