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Fictions

Roger Corman, 1967, 16mm, vo st fr, 76'

Paul (Peter Fonda), un publicitaire en instance de divorce, décide de faire son premier trip au LSD, surveillé par son ami John, qui le reçoit dans une demeure à la déco psychédélique située sur les collines d’Hollywood. Aux visions baignées de couleurs chatoyantes kaléidoscopées, euphoriques et sensuelles (dont une longue scène d’amour surréaliste en compagnie de la belle Susan Strassberg), en succèdent d’autres, moins apaisantes. D’étranges rencontres, dans des décors gothiques qui rappelent ceux du cycle "Poe" du cinéaste : des cavaliers noirs, des nains, un gourou mystique (Dennis Hopper). Pris de panique, Paul fuit et se perd dans les rues de Los Angeles. Une quête introspective et initiatique qui l’amène dans un bar psychédélique, avec relâche des mœurs, filles nues peinturlurées et dansantes à l’appui...

Sur un script de Jack Nicholson qui respire le vécu et sur une musique résolument groovy, Corman s’amuse à traduire cinématographiquement les effets de la défonce psychédélique, assumant tous les poncifs du genre, avec une pointe d’audace expérimentale. Mais n’en profitez tout de même pas pour emmener dans la salle vos buvards magiques.

20.01 > 22:00


Brain Damage

Elmer, le remue-méninges

Frank Henenlotter, 1988, vo , 86'

Le petit Elmer, alien sorti tout droit des années 80 - ce qui promet de bon vieux effets spéciaux bien kitsch, de la musique de bon goût, sans parler des coiffures et des décors - est une créature sympathique au delà de son aspect particulier, entre étron et phallus. Sympathique car l’immonde Elmer fait des trous dans la nuque de ses "porteurs" et leur injecte de drôles de substances qui modifient la perception. Tout ça n’est pas pour déplaire au jeune héros du film qui voit sa vie changer radicalement. Seulement, ces trips ont un effet pervers : la dépendance et les crises de manque... Tout est dans ce film, jusqu’à la tentative de "cold turkey", qui échoue bien sûr, figure imposée du genre. Le changement de vie n’est alors plus si drôle, et les relations avec ses proches se compliquent logiquement. Faisant fi des bonnes manières, Elmer se nourrit de cervelle humaine. Bon prétexte à scènes gores dont, en prime, la scène censurée aux Etats-Unis, dans laquelle Elmer sort d’une braguette. Mais on ne vous en dira pas plus.

20.01 > 24:00 + 27.01 > 24:00


Difficile de cacher qu’on l’aime, au Nova, ce cher Jack Stevenson, citoyen américain d’AllerØd (Danemark), collectionneur, distributeur et homme de lettres. C’est tout un ensemble de la culture cinématographique qu’il conserve, étudie, défend et anime. Une séance toute particuliere où les films s’incarnent. Ce soir, il est avec nous pour un programme stupéfiant qui réunit tous les possibles, courts métrages, bandes-annonces, films pédagogiques issus directement des grandes administrations mondiales. Une traversée temporelle de préventions sur la drogue... Une projection animée, un show en somme avec un chamane du cinéma parallèle, voire interlope. A voir ou à revoir sans aucune modération, car personne ne sait si les films présentés seront encore visibles à l’avenir !

04.02 > 20:00


Barbet Schroeder, 1972, 35mm, vo , 100'

A la recherche de plumes rarissimes en Nouvelle-Guinée, Viviane, une jeune Européenne, se joint à une petite expédition dont les membres espèrent trouver et explorer "la vallée". Cette vallée est un des rares endroits non encore cartographiés, car inaccessible et éternellement couverte de nuages bas. "Elle est là. Elle n’est pas sur la carte. C’est comme si elle n’existait pas, sauf qu’elle existe", explique Gaëtan, le chef de l’expédition. Les indigènes n’y vont guère, mais "leur magiciens peuvent peut-être nous indiquer un chemin". Au fil du voyage, Viviane découvre et intègre la liberté d’esprit et de mœurs de ses compagnons. A mesure que l’expédition s’approche du but, le cheminement devient plus rude et les personnages se dépouillent petit à petit de tout ce qu’ils avaient emporté.

Jusqu’au bout, la caméra de Schroeder les suit sans les juger. La confrontation avec les aborigènes, entre rapprochement et contraste indépassable, a des accents de documentaire. La mise en scène spontanée, voire improvisée, contribue à la qualité métaphorique qui imprègne tout le film.

22.01 > 22:00


Naked Lunch

Le festin nu

David Cronenberg, 1991, 35mm, vo ang st fr, 115'

"Je me suis éveillé de la Maladie à l’âge de quarante-cinq ans, sain d’esprit et relativement sain de corps, si j’excepte un foie affaibli et ce masque de chair d’emprunt que portent tous ceux qui ont survécu au Mal... La plupart des survivants ne se souviennent pas du délire dans tous ses détails. Il semble que j’aie enregistré mes impressions sur ce mal et son délire, mais je n’ai guère souvenir d’avoir rédigé les notes que l’on a publiées en langue anglaise sous le titre Naked Lunch. C’est Jack Kerouac qui m’a suggéré ce titre et je n’en ai compris la signification que très récemment, après ma guérison. Il a exactement le sens de ses termes : le festin NU - cet instant pétrifié et glacé où chacun peut voir ce qui est piqué au bout de chaque fourchette" (William Burroughs).

L’adaptation de l’œuvre majeure de Burroughs par Cronenberg a cette qualité rare de garder l’esprit premier du roman tout en évitant une traduction littérale. Cronenberg infuse sa marque personnelle à ce roman qu’on croyait inadaptable (après les tentatives de Gyson et Zappa), et le résultat est une véritable fusion de deux univers également obsessionnels : la biographie fantasmée par Cronenberg d’un Burroughs des années 50, qui après avoir tué sa femme par accident quitte New York pour Tanger, puis Tanger pour l’Interzone. Fuyant les flics des stups et les Contrôleurs de Viande noire, Bill Lee se shoote au poison pour cafards et fait d’étranges rencontres : l’ambivalent Dr Benway, les écrivains décadents Tom et Joan Frost, le monstre Mugwump, et sa machine à écrire qui se transforme en cafard...

26.01 > 22:00


Peter Mettler, 2003, 35mn, vo st fr, 180'

A la question du genre de ce film, Peter Mettler répond : "Ce film a en partie pour objet de rompre les catégorisations et les préjugés. Il invite le spectateur à faire un voyage, à participer activement à la construction du sens et à l’ouverture des sens. [...] Il va interpeller ceux qui trouveront quelque chose par leur propre sensibilité." Il s’agit ici d’une transmission d’experiences où les situations parlent d’elles-mêmes. Dans ce contexte le film traverse le Canada, la Suisse, l’Inde, et la caméra, comme un instrument de musique, compose. Un essai pour retrouver les perceptions de l’enfance perdues à l’âge adulte, décrites par A. Hofman, inventeur du LSD, la possibilité de voir les choses sans les juger, de s’émerveiller. Un film sur les gens qui le regardent.

27.01 > 20:00 + 19.02 > 20:00


Philippe Garrel, 1970, 35mn, , 60'

Au travers de cet acte de cinéma personnel, Ph. Garrel nous transporte au confins du monde, du temps et de l’histoire. Tourné dans un desert de sel, ce film en plans-séquences invente sous nos yeux sa propre temporalité. C’est un véritable poème fait d’apparitions et de visions inaliénables. Nico, chanteuse proche du Velvet Undeground, envoûte par sa musique et nous plonge dans un bain hypnotique ; Clementi, nu et sublime, subjugue le regard ; un enfant couché au bord d’un lac dans d’étranges glaciers. Exploration du sensible, s’il y a de la solitude chez Garrel, c’est aussi une libération, un monde qui mélange candeur et sauvagerie où l’autisme ne tend plus vers la mort mais vers le salut. "Il n’y avait rien : une caméra et un décor, quelques allusions à un thème dont nous parlions à peine, et il fallait arriver à la création dans l’instant car il n’y avait qu’une seule prise, sans retour possible, comme un acte sacramentel. Philippe était fasciné par l’image grâce à laquelle il revenait à l’origine, à l’essentiel du cinéma" (P. Clementi).

28.01 > 22:00


Ce programme propose un panorama de films expérimentaux contemporains s’intéressant à la fabuleuse diversité et à la fascinante beauté de l’univers végétal. L’incroyable richesse du règne végétal et de ses formes qui se déploient avec une infinie variété, demeure une source d’inspiration éternelle pour de nombreux artistes, des impressionnistes à l’art nouveau en passant par le land art. Fleurs, arbres, champs, mousse, lichens deviennent autant de motifs dont s’emparent chacun à leur manière et avec leur sensibilité propre les cinéastes afin de composer des palettes filmiques étonnantes débouchant sur de magnifiques tableaux animés.

Créée en 1982 par deux cinéastes, Yann Beauvais et Miles McKane, Light Cone est une association dont le but est la distribution, la promotion et la sauvegarde du cinéma expérimental en France et à l’étranger. Sa vocation première est d’offrir la possibilité de louer des films expérimentaux à différentes structures culturelles de diffusion telles qu’associations, cinémas, musées, universités, galeries et festivals. Afin d’assurer cette mission, Light Cone s’est constituée en coopérative de cinéastes garantissant aux auteurs la propriété des supports comme des droits des œuvres déposées en vue d’une distribution. A ce jour, Light Cone distribue plus de 2700 films (copies super-8, 35mm et surtout 16mm, ainsi que vidéos et de l’expanded cinema) réalisés de 1905 à nos jours par plus de 500 cinéastes. L’association prend également en charge la diffusion de ce cinéma par le biais de projections régulières à Paris, de publications et de coproductions de cycles. Elle dispose également d’un centre de documentation ouvert aux étudiants, chercheurs et programmateurs.

18.02 > 20:00


Terry Gilliam, 1998, 35mm, vo st fr & nl, 118'

Tiré du roman culte de l’écrivain Hunter S. Thompson, créateur du journalisme "gonzo", dont l’intérêt majeur est le côté "libre" de son ultra subjectivité, ce film est une allégorie des Etats-Unis au cours de l’année 1971. Un temps de rupture pendant laquelle les espoirs des années 60, et le fameux rêve américain furent balayés pour laisser place à un cynisme politiquement correct. Ce road movie entre Los Angeles et Las Vegas nous place aux côtés de Raoul Duke, journaliste, de son avocat le Docteur Gonzo et de leur décapotable au coffre rempli de toutes les substances envisageables. Un univers qui stimule, dérange, met mal à l’aise ; des plans rapides, jamais droits, des cris, des hallucinations à partager, des réactions étranges, sauvages, amusantes... Un film percutant comme la balle qui a récemment traversé la tête de cet auteur culte.

03.02 > 22:00


Difficile de cacher qu’on l’aime, au Nova, ce cher Jack Stevenson, citoyen américain d’AllerØd (Danemark), collectionneur, distributeur et homme de lettres. C’est tout un ensemble de la culture cinématographique qu’il conserve, étudie, défend et anime. Une séance toute particuliere où les films s’incarnent. Ce soir, il est avec nous pour un programme stupéfiant qui réunit tous les possibles, courts métrages, bandes-annonces, films pédagogiques issus directement des grandes administrations mondiales. Une traversée temporelle de préventions sur la drogue... Une projection animée, un show en somme avec un chamane du cinéma parallèle, voire interlope. A voir ou à revoir sans aucune modération, car personne ne sait si les films présentés seront encore visibles à l’avenir !

04.02 > 20:00


Jacob’s Ladder

L’échelle de Jacob

Adrian Lyne, 1990, 35mm, vo ang , 113'

"La CIA s’intéresse à tout ce qui permet de contrôler les esprits..." (Timothy Leary, 1996). Synthétisé pendant la guerre dans les laboratoires Sandoz en Suisse par le Dr Albert Hofmann, le LSD, comme l’énergie atomique, a d’abord intéressé les militaires, bien avant les chevelus des campus américains, pour le plus grand bonheur de l’humanité. La CIA et l’armée américaine entreprennent les premières expériences sur des "cobayes humains" dès le début de la Guerre froide, d’abord comme sérum de vérité pour les interrogatoires, puis comme incapacitant pour une guerre non conventionnelle. C’est toutefois un produit non psychédélique, le BZ, qui fut testé au Vietnam sur les soldats américains, essentiellement parce qu’il a la capacité de plonger tout individu dans un état de malléabilité totale. Seul hic : les effets du BZ entraînent un état traumatique irrémédiable. C’est ce que raconte le film "L’Échelle de Jacob", voyage obsédant au fond d’un cauchemar entre vie et mort.

Jacob est un homme dont la vie passe continuellement entre passé, présent et futur : entre la réalité et de terrifiantes illusions causées par son expérience au Vietnam. Lui et les autres soldats de son unité y furent en effet utilisés comme cobayes pour expérimenter des dérivés du LSD dans le but d’augmenter leur pouvoir de tuer. Un regard dépoétisé sur la génération "acide".

04.02 > 22:00


+ LSD : Insight or Insanity ?

Max Miller, 1968, 16mm, vo ang , 15'

Ah ! les jeunes de 68... Ils savent que le LSD est extrêmement dangereux, qu’il endommage les chromosomes, entraîne la folie et pousse au suicide. Malgré tout, et c’est vraiment à n’y rien comprendre, ils trouvent tous ça "cool". Heureusement, une brochette impressionnante de brillants médecins a participé à la réalisation de ce petit film rigoureux et objectif, destiné à éclaircir pour de bon les nombreux malentendus qui planent autour de cette substance malfaisante. Ceux qui continuent à jouer à la roulette russe ne pourront pas dire qu’ils n’étaient pas prévenus.

+ Visa de censure n°X

Pierre Clementi, 1967, video, vo fr , 44'

"Face au miroir magique aux multiples visions, je retrouve le fil de ma mémoire et entrouvre en un instant l’album de famille, de naissance et de mort ...". Dans ce film, sur-impression d’images et pulsions psychédéliques colorées, les photogrammes servent l’illustration des temps pour une mise en abîme du désir de retrouver le chant des origines. Clementi prend à chaque image les trajectoires les plus radicales, vit une expérience avec tout ce que cela comporte d’idéal et de fragile, de liberté et de danger. L’image est là, et la musique résonne.

+ Lucifer Rising

Kenneth Anger, 1966-80, 16mm, sans dial, , 28'

+ Invocation to my Demon Brother

Kenneth Anger, 1966-69, 16mm, sans dial, , 11'

Syncope d’images oscillant entre philosophie indienne, bouddhisme et magie, ’’Lucifer rising’’ a connu plusieurs aboutissements. Il y a d’abord la version de 66, inédite car volée par l’un des acteurs du film, Bobby Beausoleil (1). Le projet sera ensuite refaçonné dans le courant des années 70 et sortira enfin officiellement en 1980. Entre-temps, Kenneth récupère des fragments épars du film volé par Bobby, les remonte, et c’est ... Mick Jagger (2) qui en produit la bande son : minimale, répétitive et étonnamment électronique. Le résultat, ’’Invocation to my demon brother’’, sort en 69 et restera sans doute son film le plus métaphysique. "Mon cinéma vit quand le spectateur oublie qu’il voit une oeuvre d’art ! (...) Par les efforts les plus déchirants, on gagne la couche phosphorescente du mythe qui est au fond de toutes nos existences ..." (K. Anger).
(1) Qui devint plus tard accessoirement membre puis délateur du groupe d’assassins "The Family", dont le leader présumé n’est autre que Charles Manson.
(2) Leader du groupe de rock néanmoins mythique les Rolling Stones.

05.02 > 18:00 + 11.02 > 20:00


Philippe Garrel, 1969, 35mn, vo fr , 105'

Le Christ, la Vierge, la mer. Garrel s’appuie sur un christianisme métaphorique pour l’expression du silence et de l’isolement, thèmes qui, après la déflagration qui suivit mai 1968, lui sont particulièrement chers. Alors que la déception a triomphé des aspirations révolutionniares, que chacun a repris le travail en essayant de ne pas regarder trop dans les coins pour éviter toutes formes de répression, il reste l’amour, les drogues et le souvenir. La vierge enceinte et en mini-jupe, la mère du Christ en noir et la prostituée attractive sont interprétées par Zouzou, égérie des années 60-70. Le Christ désœuvré face à sa tâche de sauveur, par P. Clementi. Un film qui use de la technique du travelling pour nous plonger dans un parcours. Des gestes et des cris. Garrel flotte toujours entre Nouvelle Vague et expérimental, dont la nostalgie n’a d’égale qu’une intense mélancolie, et qui fait de chaque visage une icône surexposée. La bande sonore de ce film culte, rock n’ roll, est composé par le groupe musical Jeunes rebelles et Nico.

05.02 > 22:00 + 18.02 > 18:00


Kenn Russell, 1980, 35mm, vo st fr & nl, 95'

Un film romantique, avec de l’émotion, de la science fiction et plein d’effets spéciaux ! Un documentaire animalier avec de véritables acteurs professionnels ! Il s’agit ici de l’épopée d’une équipe de jeunes scientifiques surdoués qui utilisent un caisson d’isolation sensorielle et des drogues psychédéliques pour un retour vers l’âme première, le cri primitif. Edward Jessup, qui deviendra son propre cobaye dans une quête absolue de vérité enfreindra toutes les règles si chères aux universitaires, passant ainsi pour un fou aux yeux de certains et pour d’autres comme un visionnaire. Un voyage philosophique, métaphysique, une histoire troublante, effrayante, fascinante, qui suscite des interrogations sur notre mémoire génétique, la science et sa quête immuable de vérité. Ce film méconnu et impressionnant n’a rien à voir avec la série télé diffusée en France sous le même titre.

12.02 > 22:00


+ LSD : Insight or Insanity ?

Max Miller, 1968, 16mm, vo ang , 15'

Ah ! les jeunes de 68... Ils savent que le LSD est extrêmement dangereux, qu’il endommage les chromosomes, entraîne la folie et pousse au suicide. Malgré tout, et c’est vraiment à n’y rien comprendre, ils trouvent tous ça "cool". Heureusement, une brochette impressionnante de brillants médecins a participé à la réalisation de ce petit film rigoureux et objectif, destiné à éclaircir pour de bon les nombreux malentendus qui planent autour de cette substance malfaisante. Ceux qui continuent à jouer à la roulette russe ne pourront pas dire qu’ils n’étaient pas prévenus.

+ Visa de censure n°X

Pierre Clementi, 1967, video, vo fr , 44'

"Face au miroir magique aux multiples visions, je retrouve le fil de ma mémoire et entrouvre en un instant l’album de famille, de naissance et de mort ...". Dans ce film, sur-impression d’images et pulsions psychédéliques colorées, les photogrammes servent l’illustration des temps pour une mise en abîme du désir de retrouver le chant des origines. Clementi prend à chaque image les trajectoires les plus radicales, vit une expérience avec tout ce que cela comporte d’idéal et de fragile, de liberté et de danger. L’image est là, et la musique résonne.

+ Lucifer Rising

Kenneth Anger, 1966-80, 16mm, sans dial, , 28'

+ Invocation to my Demon Brother

Kenneth Anger, 1966-69, 16mm, sans dial, , 11'

Syncope d’images oscillant entre philosophie indienne, bouddhisme et magie, ’’Lucifer rising’’ a connu plusieurs aboutissements. Il y a d’abord la version de 66, inédite car volée par l’un des acteurs du film, Bobby Beausoleil (1). Le projet sera ensuite refaçonné dans le courant des années 70 et sortira enfin officiellement en 1980. Entre-temps, Kenneth récupère des fragments épars du film volé par Bobby, les remonte, et c’est ... Mick Jagger (2) qui en produit la bande son : minimale, répétitive et étonnamment électronique. Le résultat, ’’Invocation to my demon brother’’, sort en 69 et restera sans doute son film le plus métaphysique. "Mon cinéma vit quand le spectateur oublie qu’il voit une oeuvre d’art ! (...) Par les efforts les plus déchirants, on gagne la couche phosphorescente du mythe qui est au fond de toutes nos existences ..." (K. Anger).
(1) Qui devint plus tard accessoirement membre puis délateur du groupe d’assassins "The Family", dont le leader présumé n’est autre que Charles Manson.
(2) Leader du groupe de rock néanmoins mythique les Rolling Stones.

05.02 > 18:00 + 11.02 > 20:00


Ce programme propose un panorama de films expérimentaux contemporains s’intéressant à la fabuleuse diversité et à la fascinante beauté de l’univers végétal. L’incroyable richesse du règne végétal et de ses formes qui se déploient avec une infinie variété, demeure une source d’inspiration éternelle pour de nombreux artistes, des impressionnistes à l’art nouveau en passant par le land art. Fleurs, arbres, champs, mousse, lichens deviennent autant de motifs dont s’emparent chacun à leur manière et avec leur sensibilité propre les cinéastes afin de composer des palettes filmiques étonnantes débouchant sur de magnifiques tableaux animés.

Créée en 1982 par deux cinéastes, Yann Beauvais et Miles McKane, Light Cone est une association dont le but est la distribution, la promotion et la sauvegarde du cinéma expérimental en France et à l’étranger. Sa vocation première est d’offrir la possibilité de louer des films expérimentaux à différentes structures culturelles de diffusion telles qu’associations, cinémas, musées, universités, galeries et festivals. Afin d’assurer cette mission, Light Cone s’est constituée en coopérative de cinéastes garantissant aux auteurs la propriété des supports comme des droits des œuvres déposées en vue d’une distribution. A ce jour, Light Cone distribue plus de 2700 films (copies super-8, 35mm et surtout 16mm, ainsi que vidéos et de l’expanded cinema) réalisés de 1905 à nos jours par plus de 500 cinéastes. L’association prend également en charge la diffusion de ce cinéma par le biais de projections régulières à Paris, de publications et de coproductions de cycles. Elle dispose également d’un centre de documentation ouvert aux étudiants, chercheurs et programmateurs.

18.02 > 20:00


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