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Fictions/Prayoga

Bien sûr, les cinéastes ont experimenté en Inde ! Certes, il n’y a pas eu de tradition ou de mouvements avant-gardistes soutenus comme en Europe ou aux Etats-Unis mais plutôt des essais sporadiques, sans fil conducteur apparent. Probablement l’Inde a-t-elle eu d’autres priorités que le cinéma expérimental. Néanmoins, les pouvoirs publics ont ouvert un espace d’expression avec des institutions telles que Films Division, Film & Television Institute of India… La pellicule, onéreuse, n’a pas connu de réels bidouillages en laboratoire. Les expérimentations s’orientent plutôt vers des recherches formelles, techniques ou narratives. Le format digital offre quant à lui une liberté innovante, certes différente de la pellicule, et surtout à moindre coût. Notre sélection oscille entre des oeuvres de cinéastes vouant un culte absolu à la pellicule et des fanatiques du numérique. Le tout offrant un melting-pot de films excentriques et provocants. Le "court", lui, n’est pas en reste tant il a été exploré, par des réalisateurs se tournant vers ce mode d’(auto)production. Pour preuves, les deux compilations que nous avons rassemblées avec Shai Heredia offrent un florilège de quelques perles très représentatives. "The Sun in the Belly" vous fera découvrir un panaché de films sans concessions, qui posent des questions cruciales liées au contexte socio-politique du cinéma en Inde. Des œuvres pionnières, donnant priorité à la créativité et à une politique personnelle radicale. "New genres and new forms", une compilation de films explorant les images animées abstraites, la mythologie, la fiction et la réalité. Des œuvres d’art qui font reculer les frontières génériques et formelles du cinéma, réalisées par des jeunes talents prometteurs. Chuuut ! Nous n’en dirons pas plus. Préférant céder la place et la parole à Shai Heredia, directrice et curatrice du festival "Experimenta" (Bombay), qui viendra introduire, personnellement, ces différentes démarches et vous dressera le paysage topographique "prayoga".

"Prayoga" est l’équivalent approximatif d’"expérimentation" en sanskrit.



Divya drishti

Divine Vision

Sidharth Srinivasan, 2001, vo st ang, 95'

Dans une banlieue en friche de Bombay, un saint homme, charlatan, officie à l"échoppe à thé de Raju. Les habitants du voisinage, empêtrés dans un réseau complexe de liaisons adultères et de désirs inassouvis, lui font une confiance aveugle. Le comble, c"est qu"en perdant la vue, le saint homme découvrira finalement la "voyance". Divya Drishti cherche à analyser la nature même de la vérité et de la croyance. Le résultat est une satire puissante et provocante, qui montre la superstition et l"hypocrisie régnant dans les banlieues de Bombay. Ce film explore les possibilités formelles et esthétiques offertes par la vidéo numérique. Il a été tourné caméra à l"épaule, en son-synchrone et lumières naturelles. Prix du Meilleur Long Métrage au festival Digital Talkies, 2001 et au Kara Film Festival, Pakistan. —

22.09 > 20:00 + 14.10 > 20:00


Urf professor

Alias Professor

Pankaj Advani, 2001, video, vo st ang, 120'

Un tueur à gage, myope et asmathique, presse nerveusement la détente et rate son coup. La victime se rend compte de la manigance et réclame vengeance. Elle ordonne de tuer le commanditaire du meurtre, qui n"est autre que son mariŠ Deux gansters de seconde zone décident de voler une voiture qui leur rapportera le pactole. Ils croisent la route de notre tueur à gage qui abandonne sa grosse bagnole le temps d"un coup de fil. Et le magot contenu dans la valise à l"arrière s"envole avec elleŠ Urf Professor raconte les histoires de quatre hommes et femmes désespérés qui se battent à l"aveuglette contre les caprices du destin. Conte moral, comédie noire, satire sociale et thriller. Un film coup de poing, à petit budget, devant lequel vous resterez scotchés. Le scénario fourmille d"idées et les effets numériques sont habilement utilisés. Le réalisateur s"est formé à l"école de cinéma de Pune (FTII), où il s"est spécialisé en montage. —

30.09 > 22:00 + 16.10 > 22:00


Hun Hunshi Hunshilal

Love in time of Malaria

Sanjiv Shah, 1992, 35mm, vo st ang, 133'

Le Royaume de Khojpuri souffre d"un fléau de moustiques. La piqûre infligée par ces "déshérités et autres marginaux négligeables" (!) dérange la tranquillité de l"honnête citoyen. Hunshilal, un jeune scientifique issu de la classe moyenne, met au point un remède très puissant pour exterminer ces importuns moustiques. Comédie musicale et film politique, Hun Hunshi Hunshilal évoque l"histoire contemporaine, la subversion politique et l"action des multinationales. Ce film à la narration non-linéaire, tourné en couleurs atténuées, explore l"hybridation des genres les plus divers : film de gangsters, film populaire hindi, musique pop, musique traditionnelle gujaratie et théâtre de rue. Sanjiv Shah a étudié le montage à l"école de cinéma de Pune (FTII) et fut l"assistant d"Anand Patwardhan sur "Bombay our City". Lors d"un tournage sur des réfugiés, il a été confronté à la malaria : c"est alors qu"est né l"idée du film.—

01.10 > 22:00 + 08.10 > 22:00


Kaal Abhirati

Time addiction

Amitabh Chakraborty, 1989, 35mm, vo st ang, 120'

Chacun de nous porte ses peurs, petites ou grandesŠ Dans "Kaal Abhirati", le protagoniste a peur de la mort. Cette crainte le terrifie, l"immobilise. Un vaste palais vide de Calcutta. Il dort, il déambule, il dessine. Dans son sommeil, il rêve de sa possible mort. Ses dessins retracent des souvenirs d"enfance. Ses promenades laissent entrevoir des silhouettes en sari blanc : sa mère, sa tante. Ses rêves se concluent toujours par sa propre mort. Dans l"un, il est séduit par une beauté en sari et leur conversation le mène dans un immeuble en construction oùŠ il mourra. Dans un autre, une balade avec une condisciple de classe et le vieil instituteur se termine par une traversée de la chaussée etŠ où il meurt écrasé. Il décide d"en finir. Il faut transcender la crainte de la mort : adieux aux rêves, dessins brûlés, aube régénératrice. Et maintenant. Comment va-t-il vivre ? Le réalisateur Amitabh Chakraborty laisse le temps régir la mise en scène. De longues séquences dévoilent la plasticité d"un univers abstrait, où la plasticité prime : dans le vieux palais, sur les dessins, dans les rues.—

16.10 > 20:00


Compilation

The Sun In The Belly

+ An I Make Short Films

S.N.S Sastry, 1968, 35mm, vo st ang, 16'

Un portrait impressionniste d’un réalisateur de courts métrages. Ce film explore le travail d’un documentariste en Inde, à la fin des années soixante, quelque part entre art et activisme social. Il adopte un point de vue parfois amer, souvent humoristique ou satirique, mais jamais complaisant. Un des phares du cinéma expérimental indien.

+ Etcetera

Ashish Avikunthak, 1995-1997, 16mm, vo st ang, 33'

Etcetera est une tétralogie de films courts réalisés entre 1995 et 1997. Reprenant chaque fois le même principe du plan-séquence, le film se veut une observation des multiples sphères de l’existence humaine et du sens noble que peuvent avoir des actes quotidiens : le travail, la confrontation à soi-même, le rituel, la contemplation.

+ Bomgay

Riyad Wadia, 1996, video, vo st ang, 12'

+ Right Here, Right Now

Anand Gandhi, 2003, video, vo st ang, 29'

24.09 > 22:00 + 07.10 > 22:00


Compilation

New Genres New Forms

+ Passage

Gurvinder Singh, 2004, video, st non sous-titré, 9'

Un homme chez lui désoeuvré. Les bruissements de la vie lui parviennent. Le passage du temps et des sons dans une maison pleine de présences invisibles. Premier film expérimental d’un réalisateur diplômé de FTII (Pune) et membre actif du Freedom Films Group.

+ 18 (+2) Blinks of an eye

Anuradha Chandra, 2004, 16mm, sans dial, , 20'

Au cinéma, la plus petite unité est le photogramme. Pour nous, c’est la seconde... ou le clin d’oeil. A partir d’images et de sons extraits de son environnement (Chicago), la réalisatrice tisse tout un monde de perceptions. Le film s’interroge sur l’impossibilité de mesurer la réalité sans la modifier, sur notre incapacité à nous éliminer des images.

+ Winter Trail

Pooja Kaul, 2002, video, vo st ang, 11'

Une évocation de l’artiste-peintre Amrita Sher-Gil, née en Inde en 1913. Le film met en scène la réalisatrice et son actrice qui joue le rôle d’Amrita. Au cours de répétitions, les deux jeunes femmes s’efforcent de dévoiler la personnalité d’Amrita et sa création artistique. Film de fin d’études à l’école de cinéma de Beaconsfield (UK).

+ Kshya Tra Ghya

Amit Dutta, 2004, 35mm, vo st ang, 22'

La première du film partie évoque les rituels d’un petit garçon qui se rend à l’école, la deuxième aborde les références mythologiques d’un recueil de contes. La structure non-linéaire du récit et les effets spéciaux se conjuguent pour créer un monde abstrait. Les travaux d’étudiants d’Amit Dutta (FTII) ont été présentés et primés dans de nombreux festivals.

+ A Short Season

Ashim Ahluwalia, 2000, 16mm, vo st ang, 30'

C’est le portrait d’un homme de 87 ans et de la ville où il habite. Les faits présentés à l’état brut donnent au film la qualité d’un poème minimaliste sur la mélancolie du vieillissement. Captant l’énergie d’une ville impitoyable et affairée, le film se tient en équilibre entre le "narratif" et l’"expérimental".

01.10 > 20:00 + 14.10 > 22:00


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