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Carte Blanche VIKALP

"L’an dernier, le prestigieux Festival du film documentaire et d’animation de Bombay (MIFF) a décidé que, pour participer à cette manifestation, les films indiens devaient être en mesure de présenter un certificat de censure. Cela revenait à dire qu’en serait exclu le meilleur des films indépendants, tous ceux contenant quelques vérités politiques difficiles à dire et à transmettre, les films traitant d’une sexualité alternative, ceux qui se voulaient expérimentaux dans leur approche ou "déviants" de ce qu’est l’idée officielle du documentaire. Face aux protestations et à la menace d’un boycott international, le MIFF est revenu sur cette censure. Mais il s’agissait en fait d’une mise en scène, une inscription sur papier, non suivie d’effets. En signe de protestation, plus de 250 réalisateurs en provenance de toutes les régions de l’Inde ont organisé une impressionnante manifestation. On vit émerger un festival parallèle, juste de l’autre côté de la rue. Il se donna pour nom "Vikalp : Films For Freedom". Une semaine durant, chaque jour, une salle de cinéma improvisée, avec projecteur loué et coussins éparpillés au sol, des foules de public enthousiaste ont tourné le dos au MIFF et sont venus nous acclamer. Si notre sélection comprend certains des temps forts du festival Vikalp, il rend aussi hommage aux pionniers qui nous ont indiqué le chemin à suivre, bien avant que le documentaire ne trouve, dans notre pays, le public qui lui était dû. Nous sommes donc heureux de vous présenter cette sélection, large spectre de documentaires indiens. Ils vont de l’activisme politique le plus radical aux films traitant de poésie et d’art, à d’autres plus personnels et aux courts métrages expérimentaux qui jouent avec la forme filmique. Ils sont aussi représentatifs des questions que se pose, aujourd’hui, le cinéma indépendant indien. Enfin, ils nous offrent une certaine vision sur notre groupe : celui des Films For Freedom". (Vikalp)

Jabeen Merchant, membre du collectif, sera notre invitée du 6 au 9 octobre. Elle introduira les séances Vikalp et replacera les films dans leur contexte.

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Présentation : Films For Freedom

Les films présentés le 8 octobre à 19h seront précédés d’une présentation du mouvement "Films for Freedom", depuis ’Campaign Against Censorship’ jusqu’à aujourd’hui.



Surabhi Sharma, 2001, video, vo st ang, 74'

Les fabricants de textile, sur lesquels reposait l’économie de Bombay, ont mis clé sous porte. Jari Mari est le nom d’un bidonville proche de l’aéroport de Bombay ; ses rues étroites sont remplies d’ateliers où hommes et femmes gagnent à peine de quoi vivre. Les autorités veulent démolir Jari Mari pour agrandir l’aéroport. Face à la caméra, les pauvres parlent de leur vie d’une manière détachée. Les mains des ouvrières ne cessent de travailler, même devant l’objectif.

+ Cosmopolis : Two tales of a city

Paromita Vohra, 2004, video, vo st ang, 15'

Deux Mumbaikars. Il y a la Bombay ouvrière avec son industrie du textile qui connut un essor international. Mais qu’en subsiste-t-il ? Et la Bombay gastronomique, lieu de confrontation entre Anapurna, déesse de la gastronomie, patronne de Bombay, et sa soeur Laxmi, déesse de la fortune.

06.10 > 20:00


"L’an dernier, le prestigieux Festival du film documentaire et d’animation de Bombay (MIFF) a décidé que, pour participer à cette manifestation, les films indiens devaient être en mesure de présenter un certificat de censure. Cela revenait à dire qu’en serait exclu le meilleur des films indépendants, tous ceux contenant quelques vérités politiques difficiles à dire et à transmettre, les films traitant d’une sexualité alternative, ceux qui se voulaient expérimentaux dans leur approche ou "déviants" de ce qu’est l’idée officielle du documentaire. Face aux protestations et à la menace d’un boycott international, le MIFF est revenu sur cette censure. Mais il s’agissait en fait d’une mise en scène, une inscription sur papier, non suivie d’effets. En signe de protestation, plus de 250 réalisateurs en provenance de toutes les régions de l’Inde ont organisé une impressionnante manifestation. On vit émerger un festival parallèle, juste de l’autre côté de la rue. Il se donna pour nom "Vikalp : Films For Freedom". Une semaine durant, chaque jour, une salle de cinéma improvisée, avec projecteur loué et coussins éparpillés au sol, des foules de public enthousiaste ont tourné le dos au MIFF et sont venus nous acclamer. Si notre sélection comprend certains des temps forts du festival Vikalp, il rend aussi hommage aux pionniers qui nous ont indiqué le chemin à suivre, bien avant que le documentaire ne trouve, dans notre pays, le public qui lui était dû. Nous sommes donc heureux de vous présenter cette sélection, large spectre de documentaires indiens. Ils vont de l’activisme politique le plus radical aux films traitant de poésie et d’art, à d’autres plus personnels et aux courts métrages expérimentaux qui jouent avec la forme filmique. Ils sont aussi représentatifs des questions que se pose, aujourd’hui, le cinéma indépendant indien. Enfin, ils nous offrent une certaine vision sur notre groupe : celui des Films For Freedom". (Vikalp)

Jabeen Merchant, membre du collectif, sera notre invitée du 6 au 9 octobre. Elle introduira les séances Vikalp et replacera les films dans leur contexte.

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Présentation : Films For Freedom

Les films présentés le 8 octobre à 19h seront précédés d’une présentation du mouvement "Films for Freedom", depuis ’Campaign Against Censorship’ jusqu’à aujourd’hui.



Kutty japanin kuzhandaigal

Children of mini Japan

Chalam Bennurakar, 1990, 16mm, vo st ang, 60'

Une petite ville du Tamil Nadu est le producteur principal d’allumettes et de feux d’artifice en Inde. Bienvenue à Sivakasi ! Mais pourquoi la comparer au Japon ? "Parce qu’au Japon on travaille vite, très vite et on est productif". Tel est le discours quotidien des chefs d’usines aux ouvriers. Ce qui saute aussi aux yeux : les ouvriers ne dépassent pas 16 ans. La région aride n’est pas cultivable, c’est donc avec un certain fatalisme que les familles démunies commencent à travailler dès le plus jeune âge. "Montre tes images au gouvernement pour qu’il nous aide", répète une femme devant la caméra. Considéré comme un des films clé du documentaire en Inde, le film joue d’une cinématograhie habile. Il a obtenu la Colombe d’Or au Festival de Leipzig, ainsi que le Prix du Citoyen au Festival de Yamagata (Japon).

08.10 > 18:00


Sunder Nagri

City beautiful

Rahul Roy, 2003, video, vo st ang, 78'

City Beautiful raconte l’histoire de deux familles vivant dans un quartier ouvrier (Sunder Nagri) de Delhi. La plupart des habitants de ce quartier sont tisserands. Au cours des dix dernières années, ils ont assisté à la disparition progressive du métier à tisser manuel, entraînée par la mondialisation. Ces familles, désormais confrontées aux problèmes du chômage et de l’oisiveté des hommes, luttent pour comprendre un monde qui ne cesse de les repousser vers la marge. Le film rend hommage à l’extraordinaire force de la femme au sein du cercle familiale. Rahul Roy est un documentariste renommé. Il est à l’origine de "Campaign against censorship" et membre actif du Freedom Films Group. Son film a été primé au festival Cinéma du Réel.

+ New Empire

Kurush Canteenwala, 2002, video, vo st ang, 35'

New Empire est la chronique d’une rencontre personnelle avec le néo-colonialisme. Cette rencontre a pour cadre le souvenir d’un restaurant iranien, typique de Bombay, situé au coeur de la vieille ville : le "New Empire Restaurant and Bakery". Aujourd’hui, devenu McDonald’s. Le film explore les changements du paysage urbain induits par la mondialisation.

+ Présentation : Films For Freedom
Les films présentés le 8 octobre à 19h seront précédés d’une présentation du mouvement "Films for Freedom", depuis ’Campaign Against Censorship’ jusqu’à aujourd’hui.

08.10 > 19:00


Deepa Dhanraj, 1991, video, vo st ang, 53'

En 1952, le gouvernement indien lança un projet de "planning familial", mis au point en collaboration avec des experts occidentaux. Ce programme se fondait sur l’hypothèse que la reproduction incontrôlée des pauvres et des illettrés était la cause principale de l’arriération du pays ; on pensait en effet que le contrôle des naissances était la clé du succès. Or, le programme n’est pas parvenu à réduire radicalement le taux de natalité. Ce film nous montre le cynisme, la corruption et la brutalité qui ont caractérisé la mise en oeuvre du programme. Deepa Dharanj défend la cause des femmes depuis 1980. Hormis le cinéma, elle s’intéresse aussi à la théorie des médias et à l’éducation primaire. Elle a enseigné la vidéo à des femmes activistes du Sud-Est asiatique.

Dans le cadre de Nazar (voir Rencontres).

09.10 > 18:00


Reena Mohan, 1991, 16mm, vo st ang, 46'

Kamla Gokhale, une des premières actrices de théâtre marathe, fut aussi la première femme à apparaître à l’écran en Inde. Connue sous le nom de Kamlabai, elle interprétait non seulement les rôles principaux du répertoire classique mais aussi des rôles masculins. Devenue vieille et infirme, elle n’a perdu ni son enthousiasme ni sa verve lorsqu’elle raconte ses débuts. Les entretiens sont l’ingrédient principal du film, où le passé se mêle au présent : photographies, reconstitutions, musiques d’époque, extraits des films de Dadasaheb Phalke (un réalisateur novateur du muet). Ainsi sont évoquées les années oubliées du début du XXè siècle. Ce film n’est pas seulement nostalgique, c’est aussi un témoignage sur l’évolution du cinéma et du théâtre en Inde, vue à travers les luttes des femmes.

Dans le cadre de Nazar (voir Rencontres).

09.10 > 20:00


Madhushree Dutta, 2000, video, vo st ang, 60'

Au 12ème siècle, une poétesse du nom d’Akka Mahadevi défie l’ordre établi. Revendiquant son union avec le dieu Shiva, elle refuse le mariage avec un prince et mène une vie d’ascète. A l’époque, ses choix font scandale et donne lieu à des commérages. Le village qui l’a vu naître a érigé un temple où est conservée sa statue. Des pélerins et des disciples lui vouent un véritable culte. Icône des féministes en Inde, Akka incarne les débuts de la conscience féminine. Elle inspire des poèmes, des peintures ou des pièces de théâtre. Le film tente de saisir la personnalité d’Akka par le recours à la mise-en-scène, à la reconstitution et à la comédie musicale. Ce film a reçu le "National Award for Best Anthropological film".

Dans le cadre de Nazar (voir Rencontres).

09.10 > 22:00


Sherna Dastur, 2002, video, vo st fr, 52'

Miss Manju est un routier qui défie tous les stéréotypes sociaux indiens. Mi-Shiva, mi-Shakti, comme Manju se décrit elle-même, elle s"est construit une identité qui va à l"encontre de tous les codes socio-culturels de son pays, gagnant ainsi le respect de ses pairs. Cette nouvelle identité est délibérément masculine et semble s"accompagner de toute une série de clichés virils. Pourtant, Manju est une énigme qui défie cette simple catégorisation. Magnifiquement filmé, avec de nombreux gros plans révélant l"agitation des routes indiennes, ce documentaire est structuré comme un conte poétique qui dresse le portrait de son héroïne, mais aussi du paysage social qui l"entoure.
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13.10 > 20:00


Avijit Mukul Kishore, 2004, video, vo st ang, 63'

Après ses études de cinéma, Mukul entreprend un film ayant pour acteurs involontaires les membres de sa famille. Il y a d’abord sa mère qui travaille dans un collège et qui n’aime pas être filmée. Et puis son père, jeune retraité qui s’occupe désormais de son jardin potager. Et ensuite son frère, cité en exemple parce qu’il travaille dur et qu’il va bientôt se marier. Tour à tour, toute la famille défile devant l’objectif de Mukul qui rêve de faire un grand film artistique sous l’oeil incrédule des siens. Sur un mode plus léger que la plupart des autres documentaires, ce film nous introduit dans l’intimité d’une famille de la classe moyenne. On partage avec elle ses préparations culinaires, ses rituels religieux, sess soirées TV, ses voyages en villégiature. A force de gentillesse et d’obstination, Mukul parvient aussi à recueillir les confidences. Tandis que le jeune réalisateur est occupé à filmer sa mère assoupie, celle-ci lui lache que le cinéma artistique n’est utile à personne.

14.10 > 19:00


Arun Khopkar, 2003, video, vo st ang, 45'

Narayan Gangaram Surve ne connaît ni sa date de naissance, ni sa religion, ni sa caste. Il a été abandonné aux portes d"une usine, peu après sa naissance. Pendant des années, il s"est débattu avec son identité inconnue et son absence de racines. Son esprit, enfin, s"apaise dans l"écriture. Il devient un poète contemporain marathe acclamé. L"industrie textile à Bombay constitue la toile de fond de ce film. Le réalisateur utilise une technique narrative novatrice et se sert brillamment de l"image pour construire un récit complexe, fort, et traduire par des métaphores visuelles les poèmes du héros. Ce film a reçu le prestigieux Lotus d"or au National Film Festival et le National Award for Best Non-Feature Film. —

15.10 > 18:00


Amar Kanwar, 2002, video, vo st ang, 77'

Dans ce film, on voyage à travers le sous-continent indien, dans les états du Maharashtra, de l’Andhra Pradesh, du Nagaland et du Cachemir. Enrichis des particularismes culturels de chaque état, les récits poétiques se fondent les uns dans les autres et laissent entrevoir un language universel et symbolique, celui de l’écriture, de la poésie. Les vers chantent la révolution, l’indépendance, l’oppression. Rarement, l’équilibre entre le visuel et le poétique aura atteint une telle fusion. Les films d’Amar Kanwar sont appréciés et reconnus dans le monde entier.

+ Ebang falguni [The lost lines of a beauty monster]

Sharmy Pandey, 2004, video, vo st ang, 21'

Le film est un poème visuel en pixels pour pénétrer l’univers tourmenté de Falguni Roy. Ses vers, écrits avec les tripes, évoquent l’image rimbaldienne du poète perdu dans la grande ville. La réalisatrice du film, elle-même poétesse, travaille à Calcutta dans une structure alternative qui cherche à promouvoir les jeunes artistes bengalis.

15.10 > 19:00


Pankaj R. Kumar, 1998, video, vo st ang, 76'

A Kalpi, petite ville du nord de l’Inde, le cinéma est une des rares distractions populaires avec les jeux de société à même le trottoir ou les écrans de télévision en vitrine. Il y a trente ans, le père du réalisateur a ouvert une salle de cinéma, la dernière encore en activité. Peu importe le film qui y est montré, les spectateurs (exclusivement masculins) s’y pressent pour quelques roupies. Les séances sont souvent interrompues par des coupures électriques et le projectionniste a tendance à sauter les bobines qui ne comportent pas de scènes de comédie musicale. Le microcosme du cinéma est un prétexte pour dresser le portrait de cette ville qui fut autrefois le théâtre de fameuses batailles et pour partir à la rencontre de ses habitants durement touchés par le chômage. Car, à l’image de la salle de cinéma délabrée, les conditions de vie à Kalpi se sont détériorées. Ce film a reçu le "National Award for Best Audiography".

+ Brihannala ki khelkali [Dancing othello]

Ashish Avikunthak, 2002, 16mm, vo st ang, 18'

Une exploration de la rencontre créative entre deux traditions classiques : le drame shakespearien et le Kathakali, théâtre dansé de l’Inde méridionale. Une hybridation emblématique de l’ironie post-coloniale.

16.10 > 18:00


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lang: fr
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prog: 741
pos: aval