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Films

Steven Soderbergh, 1997, US, 35mm, vo st fr, 92'

Pour l"ouverture du PleinOPENair édition 2003, nous avons choisi un film relativement inconnu - excepté au Nova - d"un réalisateur plutôt connu ("Sex, Lies and Videotapes", "Ocean"s Eleven", etc) : Steven Söderbergh ! Ce fanatique cinéaste ne peut s"empêcher de faire de temps à autre un film hautement personel, qui malheureusement se voit condamné à l"inattention du large public. Mais cela ne veut rien dire, du moins rien sur la qualité intrinsèque de cette comédie absurde autour de l" esprit "Suburb". Fable contemporaine loin de toute description, "Schizopolis" tient plus d"un remake à la "Kentucky Fried Movie" ou autres élucubrations Monthy Pythoniennes, travaillé par Samuel Becket et ensuite réordonné en un chaos hallucinogèneŠ
Dans les grandes lignes "Schizopolis" raconte l"histoire d"une famille banlieusarde schizophrène, de "l"éventualisme" et de son gourou, d"un homme et de son sosie, d"un espion, d"un manque de communication, de journaux télévisés et d"un concept échappatoire. Cet auteur-réalisateur- monteur-interprète nous met face à une société de plus en plus étrangère à elle-même où superficialité et civilisation, profondeur et absurdité deviennent une vérité hilarante.

15.08 > 21:45


The Fountainhead

Le rebelle

King Vidor, 1949, US, 35mn, vo st fr, 114'

Basé sur le roman homonyme de Ayn Rand, ce film fait figure d"ovni tant dans la carrière hollywoodienne de King Vidor que de celle de Gary Cooper. Cooper alias l" architecte Howard Roark, génie moderniste librement inspiré par Frank Lloyd Wright, se heurte à l"esthétisme conservateur ambiant, aux embroglios et manipulations diverses inhérents au milieu de l"immobilier. Plutôt que de compromettre ses idéaux, il n"hésitera ni à travailler comme ouvrier dans une carrière, ni à dynamiter un projet de logements en construction ne respectant pas ses plans originaux. Roark justifiera son acte dans un long monologue passionné défendant un objectivisme néo-nietzschéen prônant une liberté personnelle absolue ; un plaidoyer pour les droits des créateurs contre l"écrasement dans la collectivité. Cette représentation de l"architecte en génie indéniable détenteur d"une vision supérieure en irritera ou amusera plus d"un. Mais ce mélodrame extravagant et romantique filmé dans style expressionniste virtuose et miné de symboles freudiens reste une perle rare et ne manquera de faire écho dans un contexte bruxellois guère plus réjouissant.

16.08 > 21:45


Le pays où rêvent les Fourmis Vertes

Where the Green Ants Dream

Werner Herzog, 1984, DE, 35mm, vo ang st fr, 100'

Cela commence par un paysage désertique où dansent des tornades sur une musique lyrique. Nous sommes quelque part au coeur de l’Australie, terre ancestrale pour les Aborigènes, nouvel Eldorado pour l’homme blanc. Une compagnie minière anglaise vient de s’y implanter en vue d’y exploiter de l’uranium. Leur recherches sont très vite interrompues par les Aborigènes du coin, revendiquant pacifiquement cette terre sacrée où rêvent les Fourmis Vertes. Inspiré de faits réels, "Le pays où rêvent les fourmis vertes" est bien plus qu’un film écologique généreux d’une beauté plastique indéniable. C’est une fable, paradoxalement humoristique quoique sombre dans l’absolu, où Herzog, à l’instar de ses autres films, y développe sa propre mythologie, peut-être moins exacerbée ici, mais tout aussi visionnaire. Et bien que semblant léger dans son traitement, ce film méconnu d’un réalisateur désormais célèbre pour ses illuminations, renferme des interrogations profondes sur la nature immémoriale de l’Humanité, peut-être bien en passe de disparaître faute de pouvoir continuer à rêverŠ

22.08 > 21:45


Jan Svankmajer, 2000, CZ, 35mm, vo st fr, 127'

"Otesanek est un vieux conte de fées populaire tchèque. Le mythe qui le fonde est un des mythes essentiels de notre civilisation : la révolte contre la nature et la dimension tragique de cette révolte". Ainsi Jan Svankmajer explique-t-il le choix d’adapter cette fable surréaliste, genre qu’il affectionne particulièrement, et grâce auquel il parvient le mieux à exprimer la situation catastrophique de notre civilisation. Virtuose du cinéma d’animation dans lequel il évolue depuis 40 ans, Svankmajer a tout animé : le bois, le fer, les légumes, le sable... Avec ce quatrième long métrage, il réalise un chef-d’oeuvre satirique qui combine des techniques d’animations artisanales et déjantées avec des personnages de chair et de sang. A travers l’histoire d’un couple stérile obsédé par son désir d’enfant, le film est une métaphore sur la manipulation de la nature. En bêchant son jardin, l’homme découvre un bout de bois dont la forme évoque la silhouette d’un bébé. Contaminé par un fantasme qui va bientôt vampiriser tout principe de réalité, le couple traite ce petit bout de bois comme un véritable bébé... qui va de fait prendre vie et grandir proportionnellement à son appétit vorace. Les provisions du couple n’y suffiront bientôt plus, et "Otik" devra trouver d’autres aliments pour se rassasier. Le chat, puis le facteur et une assistante sociale seront ses premières victimes... On l’aura compris, le grotesque et l’humour noir sont portés ici à leur firmament. Une occasion unique de (re)voir ce film rare, après sa sortie au Nova. Et dans un cadre... très nature.

23.08 > 21:45


Pour avoir son content de sucreries, Charlie participe à un concours organisé par le propriétaire de la légendaire chocolaterie (Gene Wilder) : 5 tickets d"or sont cachés dans les barres de chocolat Willy Wonka. A la clef : une visite de la mystérieuse usine où travaillent les Oompa Loompa"s. Et une vie de sucreries !
Réalisateur de documentaires, Mel Stuart n"a fait que de rares incursions dans le domaine de la fiction. Son premier long métrage, intitulé "If It"s Tuesday, This Must Be Belgium" ("Mardi, c"est la Belgique"), racontait comment un groupe d"Américains moyens effectuait le tour de l"Europe en dix-huit jours ! Mais c"est son adaptation de "Charlie et la chocolaterie" qui laissera des traces dans l"imaginaire de plusieurs générations de grands et petits.
Comédie musicale étonnante et sarcastique, "Willy Wonka" est pourtant un film maudit. Roald Dahl en était mécontent, l"adaptation n"étant pas tout-à-fait fidèle à la nouvelle originale. Sa sortie en salles fut un vrai bide. Il faudra attendre les années Œ80 pour que ce film devienne culte. A l"heure où Tim Burton annonce qu"il va s"attaquer à un remake (avec Marilyn Manson dans le rôle de Willy Wonka ?), il est incroyablement difficile de s"en procurer une copie en pellicule. Mais le "PleinOPENair" l"a fait pour vous ! Et ce moment magique aura lieu dans un quartier où plânent encore les odeurs de l"ancienne usine Côte d"OrŠ

29.08 > 21:45


Comme point de départ, des lieux de vie (rues, gares, décharges, port et manufactures) dans quatre mégalopoles : Mexico (23 millions d’habitants), Bombay (17 millions), New York et Moscou (9 millions). Et comme point d’aboutissement, la collecte cinématographique de douze histoires de (sur)vieŠ
Sans que nous puissions saisir comment Glawogger a rencontré ses personnages et par quelle alchimie leur parole nous est transmise, leurs témoignages se répondent les uns les autres. Ce sont des hommes et des femmes qui mènent leur combat quotidien avec inventivité, esprit et dignité. Tous, ils ont en commun le rêve d"une vie meilleure. Le film invente un style de tournage et de montage propre à chacun d"entre eux, il mêle les séquences documentaires et les séquences rejouées, il va jusqu"à introduire des personnages qui parlent du film terminé.

30.08 > 21:45


Blue in the Face

Brooklyn Boogie

Situé au coeur de Brooklyn, le débit de tabac d’Auggie Wren (Harvey Keitel) constitue l’axe autour duquel se croisent plusieurs histoires de vie singulières. C’est l’endroit où l’on vient refaire le monde, échanger tuyaux, potins et anecdotesŠ Rendez-vous favori des amateurs de cigares, des turfistes, des grandes gueules et des âmes perdues de ce quartier truculent, on y croise Lou Reed, Jim Jarmusch et même Madonna.
Parce qu’ils s’étaient tellement plus sur le tournage de "Smoke", Wayne Wang, Paul Auster et leurs comédiens décidèrent d’enchaîner aussitôt avec la réalisation de "Blue in the Face", dans le même quartier de New-York. Le tournage dura trois jours et se basa sur quelques saynettes à partir desquelles les acteurs ont improvisé chacun durant dix minutes face à la caméra. Le résultat est la chronique drôle et sensible d’un quartier par ses habitués, un film à la croisée entre documentaire et fictionŠ

05.09 > 21:45


Claude Faraldo, 1973, FR, 35mm, vo , 105'

Avant de se lancer dans le cinéma, Claude Faraldo était livreur. Autodidacte, il a réalisé des films comme « Bof (Anatomie d’un Livreur) », sur une famille ouvrière qui découvre la paresse et la jouissance. Des films qui ne ressemblent à rien de ce qui s’était vu avant. Et à rien qui ne se soit vu après. Mais ces films sont aujourd’hui enfouis dans des fonds de tiroirs de distributeurs, à peu près invisibles. Adapté d’une pièce qu’il a lui-même écrite, « Themroc » provoque une grande secousse : Faraldo s’y laisse aller à une écriture inventive, qui fait constamment semblant de basculer dans l’absurde, pour mieux amener les spectateurs à réagir. Themroc, un ouvrier exploité et abruti, bascule un beau matin dans la révolte. Il se transforme en lion têtu et euphorique, s’enfuit de son usine et provoque perturbation et effroi partout où il passe. Ainsi commence l’odyssée de Themroc, une fable impitoyable qui se passe - fort bien - de dialogues. Michel Piccoli et l’équipe du Café de la Gare (Romain Bouteille, Miou-Miou, Coluche, Patrick Dewaere...) n’y font en effet que grogner, rugir, glousser ou parler un langage inventé. « Themroc » est un poème barbare. Un film drôle et inquiétant, qui s’en prend à la société de consommation et chante avec humour le retour à un état de nature...

06.09 > 21:45


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