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Africa Screams

Jusqu"il y a peu, le cinéma africain était synonyme d"Afrique francophone, comme le Sénégal et le Burkina Fasso. Entrant dans le sillage de la tradition française de films d"art et essai, ces projets étaient pour la plupart produits par des réalisateurs européens, financés par des subsides européens et destinés principalement à un public non africain de festivals de films. Depuis quelques années, cette situation a passablement évolué.

Le développement de l"industrie de la vidéo nigériane et ghanéenne a ainsi permis, dès le début des années 90, de voir fleurir des milliers de films à petits budgets. Réalisés pour un large public africain, ces fictions combinent un goût du sensationnel, même pour les films de série B, avec des histoires propres à la culture autochtone utilisant des paraboles cinématographiques qui se déroulent dans un paysage moralement ambivalent d"une Afrique post coloniale. Ce cinéma de et pour le peuple est un phénomène sans pareil qui démontre un potentiel imprévisible des médias africains.

Les thèmes que l"on retrouve dans ces films se retrouvent sur les affiches populaires : corruption politique, fondamentalisme religieux, accumulation aussi inconsidérée que suspecte de richesses et de luxe, sectes maléfiques et mutations d"homme en animal. Aucun genre n"est oublié : du film de karaté, d"action, de guerre jusqu"à la comédie et les soap-operas.

La programmation du Cinéma Nova se cantonne à un genre bien spécifique : les films d"horreur. Là aussi, nous retrouvons le mélange typique entre la représentation traditionnelle africaine du Mal (la sorcière, le jujuman, le guérisseur) et des motifs et de clichés littéralement « samplés » à partir de l"importante importation de cinéma d"horreur étranger qui ont échappé au contrôle étatique grâce au développement du marché vidéo. Tournés en une semaine, et abusant d"effets spéciaux de maquillage, souvent basiques, ces vidéos « faites-maison » ont facilement supplanté, dans les ghettos et banlieues de Lagos et d"Accra, le modèle hollywoodien.
Le nom du programme rappelle ironiquement le titre du film de série B de Abbott et Costello de 1949 où l"on riait de voir le colonialiste blanc terrorisé par cette Afrique noire inconnue. A travers cette programmation de 8 films, programmés du 18 au 22 juin au Cinéma Nova, en présence de l"un des plus célèbres réalisateurs ghanéens, William Akuffo ­ auteur de la série légendaire des Diabolo ­ et du prolifique producteur/réalisateur nigérien Fidelis Ducker, nous tenterons de partir à la recherche de ce qui fait peur à l"Africain en 2003.

> Africa Screams est une production d"Africalia, en collaboration avec PeyMey Diffusion / BIFFF, le Cinéma Nova et De Markten, Bruxelles. Avec l"aide préciseuse de Tobias Wendl.





Pendant la semaine "Africa Screams", le foyer du Nova accueillera une table d"hôtes quotidienne et un "vidéoclub" où une sélection complémentaire de films nigériens et ghanéens vous seront proposés.



€william akuffo > 19 + 21.06
€richard stanley > 20.06
€fidelis ducker > 22.06



Expo De Markten

En complément de cette programmation vidéo, nous pourrons découvrir du 19.06 au 13. 07 au centre culturel De Markten, une série d"affiches de films d"horreur originaires du Ghana et du Nigeria. Toutes les pièces présentées dans cette superbe exposition sont toutes intégralement peintes à la main.

Transferts

Sectes sataniques, magie noire, envoûtements : frissons garantis ! Dans le cadre de l"exposition "Transferts" (Bozar), et pour la première fois en Belgique, nous proposons quelques exemples parmi les plus représentatifs de la production vidéo d"horreur et de jaquettes de films peintes à la main, originaires du Ghana et du Nigeria.

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