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Avant-Premières

Le jeune prodige du cinéma canadien Guy Maddin offre une relecture originale du récit mythique mille fois filmé de Bram Stocker. Avec son Dracula, fait d’un assemblage d’effets numériques au départ de matériaux filmés en différents formats, il entreprend la synthèse audacieuse d’un cinéma d"avant-garde et d"une chorégraphie originale. Il enrichit le ballet physique et sensuel de Mark Godden, interprété par le Ballet Royal de Winnipeg, de pantomimes et d"intertitres. La narration et la photographie en noir et blanc, rehaussée de quelques touches de couleur vive, caractéristiques de l"oeuvre de Maddin, l"injection d"éclairs écarlates et d"effets sonores spasmodiques qui font irruption dans la musique symphonique de Gustav Mahler, parachèvent une esthétique de l"excès, conforme à la tonalité mélodramatique du récit.

5 / 3,5 Euro

14.03 > 20:30 + 15.03 > 18:30


Rencontre imprévue entre deux agités (l’un, Charlie, en route pour faire sauter la baraque de la popstar qui lui a piqué sa femme, et l’autre, Vincente, gigolo poursuivi par des tueurs pour le même genre de raison), le récit de The Last Great Wilderness prend des allures trépidantes de road movie dans le décor fabuleux des Highlands, avant de virer thriller sombre ou drame psychhologique, lorsque les deux comparses malgré eux se réfugient dans une maison isolée investie par une communauté d’âmes perdues, dépendantes ou en pleine crise émotionnelle. L’intrusion des deux étrangers provoque la révélation des secrets les plus inavouables des résidents...
"The Last Great Wilderness" est en partie financé par Zentropa (Danemark), qui a sans doute apprécié sa narration non traditionnelle et ses portraits hors du commun.

5 / 3,5 Euro

15.03 > 20:30 + 16.03 > 18:30


L"opposition entre individuel et collectif, s"il est un thème immémorial de la littérature, peut prendre une forme très concrète dans certains films. Ainsi, dans le dernier opus de, Mike Yokohama, détective cynique et froid, accepte comme mission de ramener sa fille à un père. Celle-ci, taraudée par les doutes sur son identité, s"isole dans un lieu régi par une jeune femme très énigmatique et où des événements bizarres se produisent. L"atmosphère grise de cette mise au vert angoissante est accentuée par une musique minimaliste qui éveille des sentiments confus et peu rassurante. Shinji Aoyama s"approprie ici le film de genrestigmatise ainsi la société japonaise, écartelée entre l"obligation de la réussite personnelle et l"impossibilité de s"évader de la pression du groupe.

5 / 3,5 Euro

16.03 > 20:30 + 17.03 > 22:30


Shinya Tsukamoto, 2002, 35mm, vo st ang, 75'

"Snake of june" expose le parcours chaotique et aliéné d’un couple. Un maître-chanteur, épiant les jeux érotiques solitaires auxquels se livre la jeune femme, la pousse à en réaliser d’autres. Par la suite, ce chantage atteint l’homme et génère des situations inattendues et violentes. Cependant, l’extrême intensité des séquences créent un espace où la caresse est possible...
La saison des pluies, diluviennes, chaudes et humides, influence profondément l’atmosphère érotique du film où le grain bleu et permanent des images stimule une impression étrange et intime à la fois. Inspiré par la photographie de Mapplethorpe, Tsukamoto révèle les réponses émotionnelles des individus aux prises à la réalisation de leurs phantasmes érotiques.

5 / 3,5 Euro

17.03 > 20:30 + 18.03 > 22:30


Dead Creatures met en scène trois jeunes femmes, Jo, Ann et Ali, qui vivent et survivent dans une banlieue ouvrière de Londres. Après avoir été agressées, elles sont infectées par un virus qui les plonge en pleine déchéance physique et font d’elles des zombies. Leur survie dépend alors de leur approvisionnement en sang et chair fraîche. Leur ballet macabre les met sur la route d’un homme qui n’a qu’un seul but : les détruire...
La transposition du vieux mythe zombie dans un environnement réaliste, la description minutieuse d’un microcosme social marginalisé dans un tissu urbain industriel, le refus de recourir au phantasmé (fascination et désir) permettent à Andrew Parkinson de travailler sa métaphore de la maladie : infection, contagion, déchéance. Son film, ponctué de scènes crues et chocs (violence, sexualité, drogue) aborde le terrain des émotions avec pudeur.

5 / 3,5 Euro

18.03 > 20:30 + 19.03 > 18:30


Kenichi Asakura est un homme d’affaires d’une correction et d’une ponctualité irréprochables. Pour son malheur, il croise un jour la route de trois braqueurs de banque qui font irruption dans sa voiture et le forcent à les suivre sur les traces de leur comparse qui s’est taillé avec l’argent. Et c’est le début d’une aventure hallucinante...
"Drive", cinquième film de Sabu, reste fidèle à la préoccupation principale du réalisateur : plonger un homme ordinaire dans un chaos indescriptible. Son sens de l’humour particulier provient du décalage entre la violence des situations, et la naïveté maladroite du personnage qui y est plongé et réagit de façon inattendue -en tout cas pas comme un héros aguerri - dans ses tentatives désespérées pour s’en sortir.

5 / 3,5 Euro

19.03 > 20:30 + 20.03 > 18:30


"Suicide Club" commence par une scène hallucinante : le suicide collectif de 54 collégiennes qui se jettent sur les voies d’un train, dans un geyser de sang. La suite confirme ce qu’on pressent après une telle vision : "Suicide Club" est bien le brûlot jusqu’au-boutiste qu’on espère découvrir à chaque édition du festival. Une mystérieuse série de suicides collectifs met la police sur la piste d’un site internet clandestin, ce qui n’empêche pas les drames de s’enchaîner inexorablement... Gore et intelligent, "Suicide Club" est une satyre acide de la société japonaise consumériste, vue sous l’angle d’un de ses fléaux : le suicide. Le point de départ de la réflexion de Sono Sion est le suivant : le sang et le corps font partie des objets de consommation de masse. Mais si la mort est montrée comme une performance, le réalisateur n’oublie pas de rester jouissif et accumule les outrances graphiques qui réjouiront les inconditionnels de "Audition" et "Battle Royale". Sono Sion a derrière lui une bonne poignée de films depuis 1990, et réalise également des vidéos porno gay. Avec les excellents Masatoshi Nagase ("Electric Dragon 80,000 V") et Ryo Ishibashi ("Audition").

5 / 3,5 Euro

22.03 > 20:30 + 25.03 > 22:30


Un jeune couple vient de s’installer dans un grand appartement. Très vite, la jeune femme entend des bruits étranges, croit voir quelques choses, se fait griffer par on-ne-sait qui ou quoi. Son compagnon ne voit ni n’entend rien. La tension s’établit entre les deux jeunes gens qui ne se comprennent pas. "Quand Christian Charret et Laurent Thiry m’ont proposé de réaliser Chut ! (...)l’étincelle de curiosité s’est rallumée (...) écrit quelques années plus tôt et arraché à mes tiroirs par la farouche volonté de Matthieu Rozé, s’adaptait parfaitement à ce défi. Parler du couple, du mensonge, du non-dit, dans le cadre d’un film à suspense frôlant le fantastique. Téléscopage d’univers, donnant la part belle au dialogue et donc, aux comédiens. Huis-clos, oui, mais n’excluant pas le spectacle. Mix en somme, de cinéma personnel et de film de genre." (Philippe Setbon, février 2002)

5 / 3,5 ¤

23.03 > 18:30 + 24.03 > 20:30


Doit-on encore présenter Alex Cox, cinéaste anglais réputé punk pour sa propension à vitrioler sa narration et pour le regard cru et juste qu’il porte sur les représentants d’un courant radical dont il a été un des rares cinéastes à en être le témoin sans condescance ("Sid and Nancy").
2011. Le sud de l’Angleterre a été ravagé par une comète, laissant le Nord en proie à la guerre des gangs et à la décadence. Vindici arrive à Liverpool pour venger sa fiancée assassinée par le Duc parce qu’elle avait résisté à ses avances. Cox ne se prive pas de régler ses comptes avec l’aristocratie anglaise, rongée par l’ambition, l’argent, les privilèges. Hargneux et sanglant, "Revengers Tragedy" ne fait pas dans la dentelle : vengeance et inceste sur fond de luttes pour le pouvoir et d’injustices sociales, un tourbillon excessif non dépourvu d’humour féroce.

5 / 3,5 Euro

23.03 > 20:30 + 24.03 > 22:30


The Uninvited nous présente les tribulations d’une bande d’étudiants qui profitent de leur temps libre pour enquêter sur les légendes urbaines. L’action du film, initialement à Jakarta, se transporte dans un petit village appelé Angker Batu (West Java). Ce lieu abandonné depuis des décennies a été le théâtre d’un sacrifice rituel où un jeune homme a été immolé. Les jeunes citadins tentent de rentrer en communication avec son esprit. Pour y parvenir, ils utilisent une poupée traditionnelle vaudou, un Jelangklung, et provoquent des situations qui les dépasseront.
Inspirés par une légende javanaise, les réalisateurs déploient leur talent, grâce aux possibilités offertes par la caméra digitale. Leur créativité (petit budget de production) parvient à nous effrayer délicieusement, avec les recettes du genre horrifique (cris, climat d’effroi et humour).

5 / 3,5 Euro

25.03 > 20:30 + 26.03 > 18:30


Peu de nations ont une si grande collection de contes populaires que les Islandais, conservés oralement, souvent pendant plusieurs siècles. Parmi ces contes, on trouve les histoires des elfes. Les elfes sont invisibles pour les yeux des humains ­ sauf pour les yeux des humains clairvoyants, ou lorsque les elfes eux-mêmes veulent être vus. D"où viennent les elfes ? Avec cette enquête, basée sur des confessions troublantes, le réalisateur français Jean-Michel Roux nous montre une Islande où la population croit, avec une sincérité étonnante, en l’existence des elfes, mais aussi des fantômes, des monstres aquatiques, des extraterrestres et des anges. Ce documentaire nous fait découvrir un secret de famille qui concerne une nation entière, il nous fait parcourir des limites fragiles, les frontières des forces naturelles qui s"opposent les unes aux autres, les frontières entre le réel et l’imaginaireŠ

5 / 3,5 Euro

26.03 > 20:30 + 27.03 > 18:30


Un comédie d’action venue du Nord avec tous les ingrédients détonnant déjà utilisés dans "In China they eat dogs" réalisé en 1999 par Olsen. Personnages caricaturaux, dialogues décalés, situations tendant légèrement vers l’absurde, fusillades sanguignolantes... Spectaculaire et hilarant diront certains. Harald se voit chargé, par son père adotif, malade en phase terminale, de lui retrouver son enfant naturel. Seulement il se fait que celui-ci est un dangereux psychopathe incarceré dans une prison suèdoise. Tout (et n’importe quoi) sera fait pour satisfaire la dernière volonté du mourant.

5 / 3,5 Euro

27.03 > 20:30 + 28.03 > 18:30


Rosetta Stone, bio-génétique de son état, utilise son propre ADN pour développer un Programme d’Intelligence Artificielle, et crée trois réplicantes à son image, des SRA (Self Replicants Autonomatons). Mi-humaines, mi-softwares, Ruby, Marine et Olive vivent dans un environnement coloré, incapables de distinguer le rêve de la réalité. Dépendante de ses création, Rosetta doit faire face à leur autonomie croissante nourrie par l’innocence, le désir, leur intelligence propre. Comédie vivifiante, "Teknolust" ne met pas en scène des créatures monstrueuses mais au contraire portées par les sentiments, l’amour, la sexualité, et apparaît comme une étrange parabole sur le conditionnement de nos destinées par la réalité virtuelle. Lynn Hershman Leeson retrouve ici son actrice fétiche Tilda Swinton, qui se fend de pas moins de quatre prestations distinctes, clonage oblige...

5 / 3,5 Euro

28.03 > 20:30 + 29.03 > 18:30


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prog: 361
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