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Alejandro Jodorowsky

Cette année, le 7e parallèle a eu envie de se poser au Mexique, et de ramener, avec son lot d’émotions fortes, un invité de marque singulièrement atypique : Alejandro JODOROWSKY.
Bien sûr, Jodorosky est Chilien d’origine, et passe le plus clair de son temps à Paris. Il n’en reste pas moins que l’essentiel de sa filmographie a été réalisé et produit au Mexique, et que Jodorowsky, presque malgré lui, est devenu un des emblèmes farouchement irréductibles du cinéma mexicain, au même titre que Juan Lopez Moctezuma, également à l’honneur dans cette programmation.
Si les rencontres et les fréquentations permettaient de cerner une personnalité, nous rappelerions que Jodorowsky a côtoyé Roland Topor et Fernando Arrabal, le mime Marceau, Juan Lopez Moctezuma, H. R. Giger, Salvador Dali, Dan O’ Bannon et Jean "Gir" Moebius, pour ne citer qu’eux... Mais le grand Jodo, comme l’appelaient ses collaborateurs de Métal Hurlant, ne se définit pas, au mieux il s’approche.
Poète apatride, clown et marionnettiste au Chili, mime en France, réalisateur au Mexique, collaborateur de Maurice Chevalier, co-créateur du mouvement panique, écrivain et scénariste protéiforme, chroniqueur ésotérique, directeur de théâtre d’avant-garde, provocateur patenté, performeur déjanté dans sa période underground, faux gourou ou vrai manipulateur, mystique blasphématoire, inventeur de formes dévoyées de psychanalyse métaphorique, il possède toutes les facettes dans le désordre, et les ordonne à votre insu avec l’art consommé d’un maître de cérémonie.
Il viendra d’ailleurs en personne vous présenter une séance spéciale de son célèbre Cabaret Mystique, dont vous ne ressortirez pas indemnes, tout sceptiques que vous soyez.
Et question cinéma, vous allez être gâtés : "Fando y Lis", "El Topo", "The Holy Mountain", "Santa Sangre" et leur cortège d’images radicales, psychédéliques et crues, belles et lumineuses, qui apaiseront vos cauchemars et mettront vos rêves en danger. Sans compter un documentaire sur le maître, histoire de vous repaître de ses réponses à vos angoisses existentielles...



Alejandro Jodorowsky, 1968, 35mm, vo st fr, 93'

Basé sur une pièce "panique" d’Arrabal, Fando et Lis est le premier film de Jodorowski. Et il s’en fallut de peu qu’il soit aussi le dernier, puisqu’il faillit coûter la vie à son auteur. Lors de sa présentation au festival d’Acapulco, la projection dégénéra en émeute et Jodorowski échappa de peu à un lynchage, en s’enfuyant caché sous la banquette arrière d’une auto. C’est une fable moderne, dans laquelle deux jeunes gens sont à la recherche d’une cité mythique où tous leurs voeux seraient exaucés. Mais sur leur chemin, ils ne rencontreront que corruption et folie. Ce premier opus du cinéaste chilien est une sorte de divine comédie surréaliste, mettant en scène une kyrielle de personnages dérisoires dont le comportement semble obéir à la logique de l’absurde, et où l’allusion politique est perpétuellement contaminée par l’inspiration fantastique.

5 / 3,5 Euro

21.03 > 22:30


Alejandro Jodorowsky, 1970, 35mm, vo st ang, 125'

Sorte de western spaghetti revisité par un apôtre du surréalisme, "El Topo" est vite devenu une perle noire du cinéma culte, un film d’aventures shooté sous LSD dont les délires psychédéliques, les audaces graphiques et le refus de respecter les convenances cinématographiqes ont rencontré les attentes de la génération flower-power.

"El Topo", un gunfighter qui traverse le désert en compagnie de son rejeton (Jodorowsky père et fils) découvre un massacre, recueille le témoignage d’un mourant, et accomplit sa vengeance. Ce faisant, il libère une femme qui le met au défi de prouver sa valeur en tuant les quatre grands maîtres du désert. La véritable quête mystique d’El Topo commence alors, traversée de fulgurances inoubliables : carnages, souffrance et désir, luxure et mystères, difformités physiques et perversions de l’esprit...

5 / 3,5 Euro

21.03 > 24:30


Qui est Alexandro Jodorowsky ? Difficile de cerner ce touche-à-tout, personnalité complexe, tour à tour clown, mime, sorcier, astrologue, bédéiste, homme de théâtre, cinéaste et poète, doué d’une intuition infaillible sur les mystères de la psychologie humaine. Né en 1930, de parents juifs originaires de l’Europe de l’Est réfugiés au Chili, il quitte son pays natal dès l’âge de 18 ans. En France, il fonde avec Arrabal et Topor le mouvement "panique" dont les célèbres happenings inspireront ses premiers films au Mexique. S’appuyant sur des extraits de films, des planches de dessins et surtout des témoignages de collaborateurs et amis, ce documentaire du cinéaste suisse Louis Mouchet nous entraîne dans le délire de cet artiste qui se défend d’en être un et nous laisse étourdis.

5 / 3,5 Euro

21.03 > 18:30


Depuis 1981, Jodorowsky donne à Paris des conférences libres sur l"interprétation du Tarot. Pour la première fois, Bruxelles sera le théâtre d"une telle expérience psychomagique. Cette rencontre sera de plus l’occasion de lancer un "Acte de la RéEvolution Poétique", un mouvement qui va être rebaptisé expressément à Bruxelles. Il s’agit pour Jodorowsky et Bertoli (expert du mouvement "panique") d’une dissolution/ refonte du mouvement dans un nouveau, plus adapté au troisième millénaire.

2,5 Euro

21.03 > 20:30


Alejandro Jodorowsky, 1973, 35mm, vo st ang, 114'

Holy Mountain, la montagne sacrée, devientcomme c’est souvent le cas chez Alejandro Jodorowsky, l’objet d’un quête initiatique, le lieu d’une conquête spirituelle. Si d’aventure, certaines séquences du film rappelent les décors bédéphéliques des tribulations du Major, l’histoire mystérieuse et intriguante qui nous est contée est le fruit d’un délire érotique et d’une satire politique. La recherche de la vie éternelle et de la vérité alchimique est condensée dans un univers où se croisent des martyrs, des prostituées, des aspirants à l’immortalité et des faux prophètes. A terme, Jodorowsky nous révèle que le sacré est aussi une construction humaine et nous invite à pénétrer dans ses propres reconstructions cinématographiques où la critique acerbe des valeurs de notre société est subtile et explorée avec le talent cinématographique qui est le sien.

5 / 3,5 Euro

22.03 > 22:30


Alejandro Jodorowsky, 1989, vo ang , 114'

Fable psychanalytique sur fond de mystique chrétienne et de paganisme, "Santa Sangre" est peu-être le plus acclamé des films de Jodorowsky, un poème cru et scabreux, magnifique et perturbant.

Un jeune homme, enfermé dans une institution psychiatrique, est traumatisé par une scène vécue dans son enfance : son père a tranché les bras de sa mère, bigote fanatique, avant de trouver la mort à son tour. Il s’échappe et venge sa mère, devenant ses bras meurtriers.

Extrêmement sanglant, scatologique et flamboyant, collision improbable entre le bestial et le sacré, "Santa Sangre" contient des scènes de beauté pure et de violence brutale, et baigne dans une sensualité tour à tour malsaine et voluptueuse. On peut y trouver des métaphores christiques, une ode à la cruauté, des couleurs belles et chaudes comme une maîtresse...

5 / 3,5 Euro

22.03 > 24:30


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prog: 361
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